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Xavier Eman met en scènes la fin d’un monde

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Camille Galic a lu avec délectation le nouvel ouvrage de Xavier Eman. Accrochez-vous car tout le monde en prend pour son grade !
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Aussi drôle que cruel

« Pressons-nous de rire de tout, de peur d’être obligés d’en pleurer… », préconisait Beaumarchais. Sage conseil que suit Xavier Eman dans ses chroniques d’Éléments dont il est le rédacteur en chef adjoint, en même temps que rédacteur en chef de Livr’Arbitres. Même si son rire est parfois proche des larmes, de rage ou de désespoir, devant le spectacle maintenant offert par l’homo — ou plus exactement le iel — occidentalis en général et français en particulier.

Sous le titre désenchanté de Une fin du monde sans importance, tome III, une trentaine de ces courts textes vient d’être publiée. S’agit-il de saynètes ou plutôt de fabliaux ? s’interroge le préfacier Alain de Benoist. Cependant que, dans sa postface, Michel Marmin parle d’historiettes dessinées.

Ce qui est aussi mon avis, tant certaines d’entre elles m’ont rappelé les bandes dessinées, aussi drôles que cruelles, où excellait Chard, dont un dessin orne d’ailleurs la couverture de cette Fin d’un monde. Mais on peut aussi évoquer Les Caractères, volume publié en 1688, où Jean de La Bruyère fustigeait non seulement « les mœurs de ce siècle » mais également ses contemporains, nobles, bourgeois ou vilains.

Croquis de ce temps mauvais

Xavier Eman ne fustige pas. Il se borne à camper des personnages — le plus souvent des hommes — dans leur bureau, la rue ou leur intérieur, mais le résultat n’est pas moins dévastateur. Sous sa plume apparemment neutre, mais assassine, apparaissent les vices et la férocité de notre « dictamolle » (ne pas rater les novelettes sur la tyrannie covidiste et ses victimes, d’ailleurs plus collatérales que directes), et les travers, voire les tares, de nos semblables, et parfois de nous-mêmes, car la gauche inclusive et immigrophile, si caricaturale, n’est pas la seule cible de son ironie ravageuse qui n’épargne ni les adultes ni leurs rejetons. En quelques traits, l’auteur fait vivre ces fantoches que leur veulerie, leur conformisme, leur confusionnisme mental, leur refus du réel mais parfois aussi leur obsession complotiste (voir « Résistant !»), peuvent conduire à la mort. Subie ou donnée. Le sel de ces historiettes réside en effet dans leur chute finale.

Conseil d’ami : si, dès une nouvelle lue, on a bien sûr envie d’aborder la suivante, mieux vaut éviter d’engloutir le livre d’une traite mais au contraire le consommer lentement et à petites doses, comme on siroterait un vénérable Middleton — non, il ne s’agit pas de l’illustre Kate princesse de Galles mais d’un pur malt irlandais, l’un des plus chers du monde —, pour en apprécier toutes les saveurs. Et mesurer le désespoir, drapé d’une élégante froideur, qu’inspire à l’auteur l’agonie, qu’on espère réversible, de ce qui fut une civilisation si brillante.

Camille Galic
21/04/2026

Camille Galic

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