Alors que l’enquête sur l’incendie de Notre-Dame est toujours au point mort, Guillaume d’Aram de Valada revient sur cet événement tragique et sur la nocivité d’Emmanuel Macron.
Polémia
Le supplice d’une géante de pierre et de bois
Rappelons-nous. Il y a sept ans, les flammes attaquaient Notre- Dame de Paris. En cette fin d’après-midi dramatique d’avril 2019, le bois avait hurlé à la mort, de douleur, au fil de l’incendie qui prenait. Les pierres, tout autour de cette merveilleuse charpente en bois noble issu des forêts du vieux pays de France, restaient muettes, avec leurs gargouilles accrochées et tourmentées comme à l’approche de l’an mille.
La charpente de cette merveille architecturale multi- séculaire s’embrasait et ses braises s’écroulaient aux pieds de ses fondations en pierre qui tenaient encore debout.
Le socle de pierre avait tenu l’édifice et lui avait permis de renaître après les travaux de rénovation.
Ce jour-là, les témoins étaient pris aux tripes, impuissants et médusés devant le feu qui enlaçait et étouffait les poutres légendaires.
Les gens présents dans les rues, autour du cœur de Lutèce, pétrifiés par ce sinistre spectacle, semblaient avoir retrouvé, comme figés par l’effroi, un socle identitaire à l’image enfouie de nos racines profondes.
Notre -Dame de Paris reste une des illustrations les plus symboliques du génie européen qui a fait si souvent regarder vers le Haut. Notre berceau européen, de ses origines grecques et romaines, sans oublier ses racines celtes et nordiques, est rempli de cette verticalité sacrée.
Les Bénédictins y ont largement pris leur part, des rives méditerranéennes aux côtes du Donegan, des collines des Asturies aux steppes du grand Nord, et des rives de la mer noire aux montagnes des Carpates, dans les traces de ceux qui avaient précédé leur foi Tridentine en gardant cette relation si singulière au Sacré qui fait les racines profondes de notre civilisation.
Que dire à ceux qui ne vivent que dans le souci de l’immédiat et dans le superficiel amnésique ?
Que tous les incendies n’effaceront jamais le coudoiement des anciens rites et de la catholicité, bien présent ici, dans cette belle île de la Cité, en bord de Seine.
Le cœur saigne devant un tel déchirement. Il ne peut véritablement cicatriser qu’à la lumière de notre force retrouvée.
Le reste n’est que péripétie.
Ce monument tant aimé, frappé en son cœur de chêne et sauvé par ses murailles de pierres, demeure le symbole vivant des racines créatrices de notre identité si souvent oubliée.
Dans une même ferveur, nos meilleures entreprises du bâtiment, nos meilleurs compagnons et autres artisans d’art ont permis de « ressusciter » à l’identique cette verticalité de l’architecture gothique.
Le caprice destructeur d’Emmanuel Macron
Néanmoins, c’était sans compter sur l’éternelle mégalomanie juvénile d’Emmanuel Macron qui a cru devoir imposer le remplacement des vitraux de Viollet-le-Duc par des vitraux contemporains, en déclarant, pompeusement, vouloir « inscrire Notre-Dame dans le XXI -ème siècle ».
Ce caprice présidentiel va à l’encontre des autorités compétentes des monuments historiques ayant assuré formellement le bon état de conservation de ces ouvrages d’art, représentant une des références majeures de l’architecture « Viollet-le-Duc » et ne nécessitant aucunement leur remplacement.
Les vitraux, précisément, avaient plutôt bien résisté aux flammes et aux lances à eau des pompiers durant la phase la plus critique.
Leur rénovation, par les ateliers de verrerie et de vitraillerie, s’est réalisée dans les meilleurs conditions et leur repose fut exécutée dans les délais prévus.
Pourquoi les redéposer maintenant si ce n’est pour les blesser à nouveau et les faire disparaître ?
Et ceci pour la modique somme de 4 millions d’euros en restant fidèle au « quoi qu’il en coute » macronien !
Une pétition a été lancée pour s’opposer catégoriquement à cette volonté élyséenne, signée plus de 335 000 français.
Rien à faire, le locataire actuel de l’Elysée en a décidé autrement.
Espérons que les recours devant le tribunal administratif auront gain de cause et que ce funeste projet finira dans les oubliettes.
Il est vrai que préserver la transcendance, dans une république obsédée par le laïcisme le plus obtus, reste un exercice périlleux quand la spiritualité est constamment ramenée à ladite « sphère privée ».
Cette question de vouloir substituer des vitraux du XIXème siècle, non endommagés, pour les remplacer par des vitraux du XXI -ème siècle relève du plus grossier des stratagèmes : prétexter la modernité au détriment de la conservation.
Il est vrai que ce mot « conservation » semble être totalement étranger à l’univers macronien. « Conserver » s’associe à « Préserver » notre patrimoine architectural religieux. Vouloir remplacer l’existant revient tout simplement à l’abandonner voire à le détériorer.
Celui qui prétend représenter les plus hautes fonctions de chef de l’État devrait s’obliger à Servir notre héritage historique en respectant sa permanence au fil du temps qui passe plutôt qu’exiger de le travestir pour une dérisoire gloriole éphémère.
La cathédrale Notre -Dame de Paris n’est pas un musée, encore moins un lieu de visite touristique ordinaire.
Sa vocation nous dépasse et nous relie à une promesse, celle de ne jamais la rabaisser.
« On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure. », disait Georges Bernanos.
Guillaume d’Aram de Valada
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