Accueil | Politique | Lettre à Bruno Retailleau, qui se voit président

Lettre à Bruno Retailleau, qui se voit président

Lettre à Bruno Retailleau, qui se voit président
Lettre à Bruno Retailleau, qui se voit président

Faire un don à POLÉMIA en 2026

Récolté 6 947,00€
Objectif 20 000,00€
Donateurs 207
34,7%

Polémia s'engage sur ce début d'année 2026 à mener 3 premières batailles. Améliorer son IA alternative pour en faire un outil efficace et largement utilisé, créer un dossier et une…

Dans une lettre adressée à Bruno Retailleau, Guillaume d’Aram de Valada lui dit ce qu’il a sur le cœur en évoquant les multiples compromissions d’un politicien qui ne sera, selon lui, jamais à la hauteur du pays qu’il prétend vouloir défendre.
Polémia

 

Monsieur Retailleau,

D’une plume qui grince je vous écris ces quelques lignes d’un isolat languedocien où nous avons appris par le garde champêtre qu’après avoir été élu triomphalement à la tête du parti des « Républicains réunis », vous vous déclarez candidat à la future élection présidentielle.
Votre rival dépité, le sapeur-pompier du Puy-en-Velay, s’est sans doute aussitôt empressé de vous souhaiter le meilleur du pire pour vous encourager !
Ce qui a dû forcément vous rassurer.
Ce Wauquiez, avec son air de ne pas y toucher, est un modèle du genre, on sent tout de suite la sincérité dominant son sourire éclatant de premier communiant. Vous vous ressemblez tellement tous les deux, surtout dans cette sincérité du sourire qui fait plutôt penser à une retraite en rase campagne électorale.
Mais enfin, monsieur Retailleau, de tout cela vous devez sûrement vous en moquer comme de votre premier mandat de conseiller départemental.

Alors, nous y voilà, à peine élu à la tête d’un navire républicain en carton-pâte, où le gaillard d’avant ressemble pourtant à s’y méprendre au radeau de la Méduse, vous osez briguer la fonction suprême.
Désolé, mais lors de votre déclaration du 12 février dernier, je n’ai pas pu m’empêcher d’y voir un employé de pompes funèbres s’adressant à la famille avant l’incinération de leur défunt. Hélas, la gravité du ton ne procure pas toujours l’effet recherché.

Quand vous étiez place Beauvau, les médias nouveaux convertis vous avaient déjà mis en tête de gondole pour 2027 et certains ne tarissaient pas d’éloges sur votre « force de convictions » inébranlable !
En gros, « on allait voir ce qu’on allait voir » !
Ce sont peut-être ces œillades médiatiques qui vous auront poussé à passer de l’autre côté du miroir. Attention, celui des alouettes n’est jamais très éloigné du marigot politicien.
Et le temps a passé et de glissade en glissade, l’opinion vous avait quelque peu remisé dans l’antichambre du musée Grévin. Du costume d’un mousquetaire bravache de la place Beauvau vous étiez rhabillé pour l’hiver en un vulgaire Tartarin de Tarascon !

Quoi qu’il en soit, à moi comme à quelques autres réfractaires, vous n’allez pas nous la faire !
On connaît la chanson depuis des lustres. Voilà des décennies que la droite dite « républicaine » nous joue la symphonie inachevée.
Alors que vous êtes à la tête d’une droite où on n’arrive jamais malgré les promesses inlassablement répétées régulièrement, vous seriez maintenant candidat à une nouvelle supercherie présidentielle !
On pourrait gloser des heures sur l’illusion d’une droite de convictions éternellement entretenue sur l’échiquier politique français.

Faut-il encore vous le rappeler ?
En 1973, alors que vous n’aviez qu’à peine 13 ans, les débuts de l’installation d’une immigration extra-européenne commençaient à s’accélérer. Ce fut l’amorce d’un nouvel esclavage déguisé, voulu par le grand patronat français et orchestré par les gouvernements successifs, dits de droite, des libéraux giscardiens aux gaullistes chiraquiens. Cette descente aux enfers diversitaires ne s’est pas arrêtée.

Comment voulez-vous, monsieur Retailleau, après tant de démissions, de compromissions et finalement de conversion au mondialisme le plus débridé, que le pays puisse croire que la « droite » se soit fait enfin vacciner contre le relativisme exterminateur en retrouvant sa véritable raison d’être ?

Et vous, monsieur Retailleau, qu’avez-vous fait depuis les débuts de votre carrière politique ?
Tout en poussant du menton dans vos déclarations, vous n’avez fait qu’accompagner, voire augmenter la cadence des flux : 336 000 visas d’entrée légale en 2025 ! Soit 50 % d’entrées de plus que sous le funeste ministre de l’Intérieur Christophe Castaner en 2020.
Cette constance dans l’irresponsabilité vous place incontestablement en tête de gondole !

Qu’avez-vous donc fait pour appréhender les conséquences de cette politique d’immigration suicidaire ?
Qu’avez-vous anticipé pour la juguler, la ralentir, voire la stopper ?
Rien !
Vous n’avez fait que l’accompagner, au mieux, la favoriser, au pire ! Et le tout en déplorant un diagnostic toujours plus alarmant !
Votre droite si « décomplexée », pour reprendre la formule de l’inénarrable Jean-François Copé, n’a fait que s’enliser dans une servilité coupable et volontaire d’une politique suicidaire mise en musique depuis 50 ans.

Alors, où est la droite, monsieur Retailleau ?
Au fond du couloir ?
Qui est à droite ?
Est-ce le fantôme désarticulé qu’on agite régulièrement comme l’illusionniste du cirque d’hiver ?

Qui y a-t-il à sauver à droite, monsieur Retailleau, si ce n’est cette volonté quasi schizophrène de prendre, ou de reprendre le pouvoir pour ne surtout rien changer fondamentalement, à part quelques timides coups de serpillière, vite rangée dans le placard !

Non, monsieur Retailleau de l’Intérieur, et autres lieux découverts à marée basse, votre droite n’existe pas, elle n’est juste qu’une variable d’ajustement, au mieux, et une supplétive docile aux impératifs moraux d’un Occident à la dérive, au pire.
Alors, ne vous en déplaise, vous qui espérez accéder à la fonction suprême d’un État en faillite morale et politique, vous ne faites qu’entretenir cette mascarade hémiplégique sans cesse renouvelée comme un sauf-conduit menant dans une impasse !

Vous ne me lirez sans doute pas. Votre emploi du temps chargé reste consacré à faire des promesses dont vous savez pertinemment qu’elles n’engageront que ceux qui voudront bien les recevoir.

Alors, monsieur Retailleau, n’oubliez surtout pas, en vous rasant le matin, qu’il est toujours plus facile de s’imaginer un destin présidentiel que de garder le courage de ses convictions.
Ainsi, à peine étiez-vous élu à la tête de votre armée mexicaine que le gouvernement macroniste, auquel vous apparteniez, lançait sa loi sur « la fin de vie ». Visiblement, cela ne vous a pas vraiment posé de problème de conscience en restant dans un gouvernement qui fait passer notre pays dans une civilisation toujours plus transgressive et mortifère.

Cette « bonne » logique du balancier est finalement consubstantielle à votre droite introuvable qui pousse du menton avant de se ruer ventre à terre pour espérer l’absolution du metteur en scène.

Avant de conclure, permettez-moi de paraphraser Pierre Dac.
Votre avenir, monsieur Retailleau, est incontestablement devant vous, et vous l’aurez dans le dos à chaque fois que vous ferez demi-tour !
Mon éducation et le minimum de courtoisie m’obligent à vous souhaiter de bien vous brosser les dents à la brosse métallique et de vous raser à la serpette durant ces longs mois précédant votre entrée sur la « piste aux étoiles ». Cette toilette rugueuse et matinale vous donnera au moins l’air d’un candidat laborieux ayant traversé vents et marées sur le radeau de la « droite républicaine » pour accoster laborieusement sur vos côtes vendéennes.

C’est avec une certaine émotion et, surtout, avec un certain mépris de Gaulois réfractaire, que je vous prie d’agréer l’expression de ma plus profonde défiance.

Signé : un exilé de l’intérieur.

Guillaume d’Aram de Valada
05/05/2026

Guillaume d’Aram de Valada

Agenda

Rendez-vous le 20 mai à Paris

Bobards 2026

Mots-clefs :

Cet article vous a plu ?

Nouveau dossier

Les 200 familles qui gouvernent la France

200 familles
Une version interactive est disponible en ligne, en accès libre.
Ce dossier est également disponible en PDF en contrepartie d’un don (10 € ou plus), et en version papier à partir de 100 €.

Je fais un don

Soutenez Polémia, faites un don ! Chaque don vous ouvre le droit à une déduction fiscale de 66% du montant de votre don, profitez-en !
Je fais un don