Françoise Monestier revient sur le congrès du Rassemblement national à Orléans, marqué par une forte mobilisation militante. À quelques mois de l’élection présidentielle de 2027, elle analyse les obstacles judiciaires, politiques et médiatiques auxquels Marine Le Pen doit faire face. Entre espoir d’une alternance nationale et multiplication des offensives contre le RN, la bataille présidentielle s’annonce particulièrement âpre.
Polémia
Enthousiasme et croyance
Près de dix mille militants enthousiastes et survoltés, la mine réjouie et le cœur chaud, ont applaudi à tout rompre Marine Le Pen, Jordan Bardella et Éric Ciotti, les trois orateurs qui ont conclu les travaux du congrès d’Orléans, ville chère aux fidèles de Jeanne d’Arc.
Ces derniers ont redonné espoir à cette France des terroirs et des clochers, des belles demeures et des HLM, du pays des frites et de celui du cassoulet, bref de cette terre qui refuse aussi bien un pays anonyme et vagabond, version Macron, que la nouvelle France vendue par Mélenchon et son acolyte dionysien Bagayoko. Un sacré champion de la tolérance, d’ailleurs, qui veut interdire au RN de prendre la parole pendant la campagne présidentielle et poursuivre, en cas de victoire de LFI, tous les patriotes qui tiendraient des propos ne convenant pas à ce musulman immergé dans le trotskisme…
Toutes ces femmes et tous ces hommes, jeunes et moins jeunes, voulaient entendre parler d’un vrai changement de cap, d’une rupture définitive, d’une « renaissance », pour reprendre l’expression de Marine Le Pen, après ces dix ans de macronisme qui ont abouti à un pays fracturé, à la veille de tomber dans une guerre civile et ethnique déclenchée par le trotskiste Mélenchon, qui contrôle des dizaines de milliers de militants d’extrême gauche et des millions de Franco-musulmans unis par la haine des valeurs occidentales.
Ces deux jours de fraternité française et de retrouvailles entre vieux camarades de combat et nouveaux partisans du Rassemblement national avaient des airs de Fête des Bleu-Blanc-Rouge, malheureusement remisée depuis des lustres par les nouveaux responsables du RN et qui a miraculeusement refait surface. Ils ont effacé momentanément les soucis et les peines de chacun, heureux de penser que, dans six mois, « la France au bord de l’abîme, entre faillite et résignation, ne sera plus qu’un mauvais souvenir ».
La provocation de Trappes
Mais la fusillade de Trappes, la veille du congrès d’Orléans et une semaine après les pillages et les émeutes qui ont détruit une bonne partie du pays, a quelque peu terni la joie ambiante. Ce crime raciste, perpétré par un individu cocaïnomane habitué à la consommation de stupéfiants, a été immédiatement récupéré par Emmanuel Macron, qui s’est dépêché de faire le déplacement à Trappes et d’apporter ainsi son soutien à Mélenchon et à l’ultragauche. Et son acolyte Aurore Bergé, chargée de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, a suivi les pas du président. Est-ce pour se racheter aux yeux de l’ultragauche d’avoir reconnu que le racisme antiblanc existait (affaire de Crépol) qu’elle a entonné le péan du racisme antinoir ?
Tout s’est enchaîné très vite : minute de silence dans l’hémicycle, mensonge du journal Le Monde — contredit formellement par le parquet — affirmant que des tracts du Rassemblement national avaient été retrouvés dans la voiture du meurtrier, propos insultants du maire arabo-musulman de la ville à l’égard de tout ce qui n’est pas LFI et même hommage national.
Ajoutez à cela l’interdiction du colloque consacré à la remigration par Jean-Yves Le Gallou et Polémia et le refoulement à l’aéroport du Bourget de Martin Sellner, l’un des chantres de la remigration, et vous comprendrez que la machine infernale est en marche.
Bref, on se serait cru le 10 mai 1990, au lendemain de la profanation de Carpentras, suivie d’une manifestation à laquelle le président Mitterrand avait participé et au cours de laquelle des manifestants brandissaient un pantin de Jean-Marie Le Pen. Le meneur de l’affaire de Carpentras n’est jamais passé en jugement : Jean-Claude Gos est mort avant, dans un providentiel accident de voiture. Rachid Belkir, présenté comme le responsable de l’accident de moto dans lequel Jean-Claude Gos, considéré comme le meneur de la profanation, avait trouvé la mort en décembre 1993, a été retrouvé dans le Rhône en octobre 1995. Son corps portait deux blessures par balle à la poitrine et ses pieds étaient lestés de ciment.
Ce fut le départ d’une aggravation des atteintes à la liberté d’expression et de la mise en cause du Front national de l’époque, totalement étranger à cette profanation. Deux mois plus tard, les députés accouchaient de la loi Fabius-Gayssot, qui montait d’un cran dans la pénalisation de la liberté de penser.
Pareil cette fois-ci avec Aurore Bergé, qui doit jubiler, car elle prépare, d’ici à la fin de l’année 2026, une nouvelle loi contre le racisme et l’antisémitisme. Le drame de Trappes lui permet de muscler le futur texte afin de le rendre encore plus conforme aux desiderata des lobbies dits antiracistes, qui veulent voir écrit noir sur blanc que quiconque dénonce le « grand remplacement » doit être lourdement condamné pénalement.
Diverses persécutions
Pour parachever le tableau, on découvre dans Le Monde du 27 octobre un entretien avec Didier Guérin, magistrat honoraire près la Cour de cassation. Deux jours après le lancement de la campagne présidentielle de Marine Le Pen, il affirme que cette dernière « est inéligible jusqu’à la décision de la Cour de cassation sur son pourvoi » et balaie ainsi d’un revers de main l’avis de Rémy Heitz, procureur général près la Cour de cassation, qui affirmait, le 9 juillet dernier, sur France Inter, que la candidate du Rassemblement national n’était pas condamnée définitivement et était donc « présumée innocente tant que la décision n’était pas définitive ».
Autant dire que toutes ces « malveillances » judiciaires vont s’accumuler d’ici à l’élection. Les avocats de Marine Le Pen ont aussitôt réagi en affirmant que l’analyse de Didier Guérin bafoue le principe fondamental de l’effet suspensif du pourvoi et regrettent que le magistrat n’observe pas le principe de réserve qui lui incombe, car ce magistrat multiplie les entretiens dans la presse, comme récemment dans L’Obs ou dans la revue Droit pénal.
Et n’oublions pas que la volonté mariniste de remettre au goût du jour le référendum d’initiative populaire pour réviser la Constitution est férocement combattue par le président du Conseil constitutionnel, Richard Ferrand, qui croise le fer avec elle et ne veut pas entendre parler d’une telle solution. En 1969, lorsque de Gaulle avait utilisé l’article 11 pour soumettre son projet de réforme du Sénat, Georges Vedel, grand spécialiste du droit public et très critique du « présidentialisme majoritaire » de ce dernier, avait invoqué une « coutume constitutionnelle » en parlant du référendum.
Dernière trouvaille des adversaires de celle qui est donnée gagnante le 3 mai prochain dans n’importe quel cas de figure : Libération a sorti des poubelles de l’histoire le dragon qui a pour nom SERP, la Société d’études et de relations publiques, maison d’édition de disques historiques créée par Jean-Marie Le Pen dans les années 1960 et dirigée dans les années 1990 par sa sœur Marie-Caroline, en pleine crise mégrétiste. Peu importe que l’on trouve dans le catalogue des chants révolutionnaires, anarchistes ou communistes — par exemple les Chœurs de l’Armée rouge ! — et même israéliens. Mais peu importe, puisqu’on trouve également des hymnes allemands. La boucle est bouclée.
Françoise Monestier
04/11/2026
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