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Le pape en terrain miné à Saint-Denis

Le pape en terrain miné à Saint-Denis

par | 23 septembre 2026 | Politique, Société

Le pape en terrain miné à Saint-Denis

Derrière l’accueil du pape à Saint-Denis, quelle place pour les chrétiens ? Dans ce texte, Françoise Monestier dénonce la récupération politique de la visite par Bally Bagayoko et LFI, et y voit le risque de les reléguer au rang de « dhimmis ».
Polémia

Une absence remarquée

Alors que le maire de Saint-Denis — le Franco-Malien musulman Bally Bagayoko, qui revendique d’être le maire « insoumis » de la « nouvelle France » — s’apprête à recevoir lors d’un « temps d’accueil républicain » le pape Léon XIV dans la ville dont la basilique est la nécropole royale où reposent la majorité des rois, reines et enfants royaux de France, Emmanuel Macron joue les filles de l’air. En effet, il déclare forfait en indiquant qu’il ne sera pas présent lors des différentes messes célébrées par le souverain pontife, notamment place de la Concorde avant la veillée de prières du Stade de France qui devrait réunir 80 000 personnes. Brigitte Macron et Sébastien Lecornu (entre deux réunions sur le prix du gasoil et les grèves programmées à partir de la semaine prochaine) le remplaceront. L’histoire ne dit pas si Brigitte ira communier. En 2023, la présence de Macron à la messe célébrée par le pape François à Marseille lui avait valu une bordée de critiques au nom de la « laïcité républicaine » de la part de ceux-là mêmes qui vont accueillir Léon XIV — tout le gratin socialo-communiste et LFI —, qu’il s’agisse de Stéphane Troussel, le président socialiste du département, ou du député communiste Stéphane Peu.

Les caprices d’un enfant gâté

Sacré symbole que cette désertion présidentielle. L’enfant-président n’a pas supporté, en fait, que le pape refuse de lui servir de faire-valoir pour une rencontre qu’il avait décidé de concocter avec les artisans qui ont restauré Notre-Dame. Le pontife voulait éviter, à juste titre d’ailleurs, qu’Emmanuel Macron ne prenne toute la lumière comme il l’avait fait en 2024 lors de la réouverture de l’église qui avait failli partir en fumée le 15 avril 2019. Un autre motif de contrariété — et non des moindres pour Emmanuel Macron — réside dans le fait que le Saint-Père n’a pas caché son opposition à la loi sur l’euthanasie votée au Parlement grâce à la pression présidentielle et aux différents groupes de pression maçonniques qui ont réussi à imposer leur volonté.

Les courageux combats menés par de nombreux parlementaires, sénateurs comme députés, n’ont cependant pas réussi à vaincre la bête immonde, qu’il s’agisse de la quasi-totalité des élus mélenchonistes et socialo-communistes, du marais macroniste et malheureusement de la petite camarilla « tanguyniste » qui a voté comme un seul homme (19 sur 122 députés du RN) cette peine de mort programmée pudiquement et tartuffement nommée « loi sur l’aide à mourir ».

Un sacré manipulateur

Dans un entretien accordé le 11 septembre dernier — quelle fâcheuse coïncidence ! — au journal gaucho-chrétien La Vie, toujours en pointe contre « l’extrême droite », Bally Bagayoko, dont le parti ne rate jamais une occasion de voter toutes les lois qui défont les fondements chrétiens de notre pays, a choisi de parler de religion. La veillée de prières au Stade de France ? « C’est un évènement planétaire. De mon vivant, rencontrer, ou en tout cas avoir l’honneur d’accueillir le Pape est quelque chose d’inestimable. » Cette visite revêt pour lui « une symbolique particulière en tant que maire de la commune nouvelle de Saint-Denis, héritier de l’immigration et de religion musulmane ». Tout est dit et il coche toutes les cases. Pas étonnant d’ailleurs de la part d’un élu dont la formation politique a fait de l’immigration de masse et de l’islam la base de son combat politique et, tout particulièrement, dans ce département de Seine-Saint-Denis où l’islam est devenu la première religion. En une phrase, il récupère la mise et détruit plus de mille ans de civilisation chrétienne tout en affirmant défendre le patrimoine religieux chrétien en France et en versant des larmes de crocodile puisqu’il souhaite que l’État français prenne soin du patrimoine religieux français et de « toutes ces églises que compte la France et qui se dégradent avec le temps ».

Un discours aux antipodes de celui que tiennent ses camarades Ersilia Soudais, Thomas Portes ou Mathilde Panot. Toujours dans cet entretien, il affirme assister à des messes, à des enterrements et à des mariages catholiques. Bref, un modèle de tolérance et de bienveillance qui cadre mal avec les violences d’un Raphaël Arnault ou les menaces verbales de Mélenchon. Cerise sur le gâteau, Bagayoko ne se présente pas comme un musulman particulièrement pratiquant, mais décrit une foi héritée de ses parents et affirme que « la communauté chrétienne de Saint-Denis fait partie de notre route ». Bref, un agneau qui veut faire oublier ses relations étroites avec des trafiquants de drogue et l’enquête pour détournement de fonds relative à son pseudo-emploi à la RATP pendant de nombreuses années.

L’ambiguïté de LFI

Alors que, depuis des lustres, les amis de Mélenchon agitent l’épouvantail de la laïcité et ne manquent jamais une occasion de tomber à bras raccourcis sur tous ceux qui, à leurs yeux (sauf les musulmans bien sûr), enfreignent la sacro-sainte loi de 1905, la venue du pape à Saint-Denis ouvre grandes les portes de l’opportunisme politique à La France insoumise. Le parti trouve là une occasion de rappeler son combat pour les droits des migrants et son souhait d’une France non blanche, Léon XIV n’ayant pas caché son hostilité à l’égard de Trump dans sa volonté de renvoyer chez eux les Latinos clandestins. Monseigneur Étienne Guillet, évêque de Saint-Denis, se réjouit des propos du maire de Saint-Denis tandis que des responsables LFI qui veulent rester dans l’anonymat sont également ravis et ne font pas mystère de ce bon coup politique. L’un d’entre eux souligne avec une certaine honnêteté… ou un certain cynisme : « Le pape ne porte pas les lignes politiques qui sont les nôtres mais il fait bouger la ligne politique de l’Église. On le lit, il peut être un point d’appui. C’est normal de l’écouter. » Il peut, en effet, être un point d’appui pour contrer tout ce qui, de près ou de loin, s’apparente à un combat en faveur de la remigration comme le montrent les récents succès électoraux en Allemagne. Toujours dans cet esprit de récupération politique cher aux trotskistes de LFI, Jean-Luc Mélenchon lui-même dit avoir renoncé à une certaine forme d’anticléricalisme et a même, avec le cynisme qu’on lui connaît, défendu des croyants après les critiques sur la représentation de la Cène aux Jeux olympiques de Paris en 2024. Tant pis s’il les qualifiait encore tout récemment de « tout blancs, tout moches »…

Des concessions au système ?

Les organisateurs de la veillée de prières papale ont confié à SOS Calvaires la fabrication d’une croix géante — plus de quatre mètres — et l’on ne peut que s’en féliciter, mais dans le même temps, ils ont refusé — voilà de quoi réjouir tous ceux qui détestent le Puy du Fou et son immense succès — l’exposition de l’anneau de Jeanne d’Arc acheté à prix d’or par la famille Villiers en 2016. La cause de ce refus ? « Il n’y a pas de certitude historique le concernant », explique Philippe Néouze, le prêtre qui supervise la veillée dionysienne. Aux JMJ de Lisbonne en 2023, les organisateurs avaient été moins regardants puisque le célèbre anneau avait été exposé et vénéré dans une église de la capitale portugaise. À Lourdes, autre point de passage du pape, l’évêque a retiré à la Fraternité Saint-Pie X l’autorisation de célébrer publiquement la messe et les sacrements dans l’enceinte du sanctuaire. En octobre 2025, un pèlerinage islamo-chrétien avait eu plus de chance, étant accueilli à bras ouverts dans le même sanctuaire. Enfin, on ne saurait oublier la visite de Léon XIV à Metz pour une réunion consacrée à la défense du système européen et à la déification de l’européen et cosmopolite Robert Schuman que le prédécesseur de Léon XIV avait déclaré vénérable en 2021. Ce passage par Metz programmé par le Vatican ravira les européistes de tout poil qui contestent les racines chrétiennes de l’Europe. Comme le note Blandine Chelini-Pont, professeur d’histoire contemporaine : « Alors que les fameuses “racines chrétiennes” sont investies en France et ailleurs par des mouvements nationalistes et populistes, Léon XIV semble plutôt demander à l’Europe de préserver l’État de droit. L’Europe non comme forteresse chrétienne, en somme, mais comme rempart contre la brutalité des empires. »

Une curieuse coïncidence

Le système politico-médiatique profite de la visite papale et de son détour par la ville des rois de France pour annoncer la création, aux frais du contribuable, d’un « Puy du Fou de gauche », comme le souhaitaient depuis des années les gauchistes de tout poil qui veulent réécrire l’histoire à leur main et lancer une énième bataille culturelle. À commencer par l’historien Patrick Boucheron qui s’est déjà fait la main aux Jeux olympiques de 2024. Stéphane Troussel, le président socialiste du département, a ainsi dévoilé le lancement, pour 2027, d’une série de cinq spectacles au nom évocateur « Populaires, toutes nos histoires ». Bref, un pavé dans la mare des vilains populistes. Son complice ? Le financier d’extrême gauche Mathieu Pigasse dont on connaît le rôle néfaste dans la prochaine présidentielle grâce à Radio Nova ou aux Inrockuptibles dont il est propriétaire. Guillaume Mazeau, l’un des historiens impliqués, n’y va pas par quatre chemins : « il faut déconstruire l’image d’une France blanche, masculine, exclusivement catholique ».

Tout est dit. Au programme, le 22 mai 2027, trois semaines après le résultat de la présidentielle, devant la basilique de Saint-Denis, la déification de la profanation de ce lieu sacré avec la volonté de présenter « ce moment d’émancipation et de libération après mille ans de monarchie ». On attend le pire. Sont également programmés une histoire musicale des migrations en France ou un hommage aux luttes féministes dans notre pays. Bref, une réécriture façon trotsko-coco de notre histoire. En janvier dernier, François Ruffin, vieux copain de lycée d’un certain Macron et ancien complice de Mélenchon, avait lancé l’idée de la création d’un Puy du Fou de gauche. Il serait en droit de demander des droits d’auteur puisque ses vœux ont été malheureusement exaucés.

Françoise Monestier
23/09/2026

Françoise Monestier

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