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Les États-Unis prennent la tête d’un front contre le terrorisme gauchiste

Les États-Unis prennent la tête d’un front contre le terrorisme gauchiste

par | 18 août 2026 | Géopolitique

Les États-Unis prennent la tête d’un front contre le terrorisme gauchiste

Après des analyses concernant l’Amérique latine et une réflexion critique sur le fascisme, Charles Granfeu s’intéresse au discours tenu par Marco Rubio lors du Sommet international de la lutte contre le terrorisme d’extrême gauche, qui a réuni des politiciens, des policiers et des experts de soixante pays le 16 juillet dernier à Washington. Quelques extraits marquants des déclarations du Secrétaire d’État américain précèdent l’analyse du chroniqueur.
Polémia

Le terrorisme islamiste

Marco Rubio a prononcé un discours axé sur le devoir de l’État de protéger sa population, en soulignant que la lutte contre les terroristes, en Occident, avait surtout été orientée contre l’islamisme radical depuis la date emblématique du 11 septembre 2001.

À partir de 2015, au moment de l’apogée de l’État islamique, « les attaques islamistes aux États-Unis ont diminué des deux tiers […] et le nombre de personnes assassinées par le jihadisme a diminué de 97 % ». « La stratégie de nos actions contre-terroristes a fonctionné. »

« La menace n’a pas disparu, bien sûr, elle continuera d’exister, en particulier tant que nous tolérerons que les systèmes d’immigration importent directement leurs menaces contre nos nations respectives. »

Le terrorisme d’extrême gauche

« Néanmoins, depuis bien longtemps, notre doctrine du contre-terrorisme a connu un angle mort. […] L’idée que la menace terroriste puisse venir de l’extrême gauche est traitée comme un délire de la droite, ou pire, comme une dangereuse conspiration fasciste. Elle est traitée de cette façon par nos médias, nos académies, nos universités et de nombreuses institutions traditionnelles. N’en doutez pas, vous verrez la couverture médiatique de cette même conférence être traitée exactement de la même façon, malgré la réalité objective claire et incontestable des chiffres et des statistiques. »

« Ainsi, une bombe posée par un groupe néonazi est un acte odieux et assassin, et de fait il l’est, mais qu’une bombe soit posée par un révolutionnaire marxiste, et ce ne sera qu’un tragique excès d’idéalisme. »

« C’est la raison pour laquelle, dans mon pays, tant de personnes en position de pouvoir ont, de manière répétée, ignoré des actes de violence et même de terrorisme, comme s’ils représentaient une forme légitime d’expression politique dès lors qu’ils servaient une cause de gauche. »

« Durant les événements dits de George Floyd à l’été 2020, pendant que les extrémistes et les criminels pillaient et saccageaient les grandes villes américaines, mettant le pays quasiment à genoux, les procureurs locaux, dans tout le pays, ont renoncé à engager des poursuites contre les auteurs de ces actes de violence et de terreur. »

« C’est ce qui explique une image infâme, peut-être vous en souvenez-vous, où pendant qu’une présentatrice d’une agence très importante était au milieu d’un quartier consumé par les flammes, la ligne de script qui défilait en-dessous affirmait que la majorité des manifestations étaient pacifiques. […] Cette époque doit finir. »

« Quelques-uns de vos gouvernements sont en désaccord public avec nous, parfois même de façon très profonde sur les questions du commerce, de l’énergie ou de l’immigration », mais « vous êtes venus ici parce qu’il y a deux semaines, en Grèce, une femme âgée de 72 ans a été brûlée à plus de 80 % par un cocktail Molotov, dans son propre domicile, avant de mourir parce que sa fille a osé se porter candidate pour une élection ». À Berlin, « les lumières se sont éteintes pendant plus de cinq jours, la coupure d’électricité la plus importante depuis la Seconde Guerre mondiale », à cause d’« une attaque qui a laissé des dizaines de milliers de foyers sans électricité dans le froid glacial, ce qui a entraîné la mort d’une femme de 83 ans ». « Plus tard, un jeune Français a succombé à des lésions cérébrales traumatiques, battu à mort dans les rues de Lyon par un groupe de voyous militants d’extrême gauche. » « Vous êtes ici parce que des responsables politiques sont attaqués, battus, poignardés et tués par armes à feu dans vos rues, que des commerces ont été détruits, que des lignes de chemin de fer ont été sabotées, des policiers lynchés et brûlés vifs. » « Cela est réel et cela empire, cela ne peut plus être nié, ni ignoré ». L’heure est venue « d’écraser ce mal pour toujours ».

Ce terrorisme n’est d’ailleurs pas une nouveauté récente, ni « une fiction politique de conservateurs », car, « durant la majeure partie de l’ère contemporaine », il a été « la forme dominante de violence politique », tant en Amérique latine qu’en Europe avec les Brigades rouges italiennes, la Fraction armée rouge allemande, les terroristes marxistes grecs, etc. « Et ici, aux États-Unis, nous nous souvenons du même règne de terreur mortel, justifié par les mêmes slogans et motivé par les mêmes idées perverses. »

« Entre 1960 et 1980, 93 % des attaques terroristes en Occident sont venues de cette même extrême gauche, ce sont des chiffres qui devraient choquer la majeure partie des Américains aujourd’hui, si on ne nous avait pas enseigné que ce type de violence n’existe tout simplement pas ou a été amplement exagéré. […] Aujourd’hui, nous sommes confrontés à une nouvelle vague de ce mal ancien. »

« Ce ne sont pas des données abstraites » : tentative d’assassinat contre Donald Trump, assassinat de l’influenceur conservateur Charlie Kirk, tirs mortels et usage d’explosifs contre des agents de l’immigration, massacre commis dans une école catholique pendant que des élèves priaient, etc.

Ce « mal » est « motivé par la haine », et par-dessus tout par celle de sa propre civilisation. « C’est la révolte des pires contre les meilleurs, celle des faibles et des lâches contre les forts et les bons », qui « se vengent du monde, […] cherchant à détruire ceux qui réussissent ». « C’est ça, le gauchisme radical », quels que soient les noms qu’il se donne, « une aspiration à détruire ce que les plus grands hommes ont construit, à ruiner ce qui est beau et juste, […] à nous imposer leur laideur. » « L’ancienne analyse était erronée, rien de cela n’est motivé par l’idéalisme, ce n’est pas le sujet, c’est même le contraire. »

« Cette conférence est internationale, parce que nous sommes confrontés à une menace internationale et transnationale. » « Les militants “antifa” et leurs camarades voyagent dans toute l’Europe et les Amériques pour participer aux attaques des uns et des autres, pour diffuser leur propagande, partager leur matériel d’entraînement et les informations sur leurs cibles à travers des canaux cryptographiés, ils se déplacent en utilisant des réseaux clandestins d’hébergement et de financement. » Un État comme Cuba est « intrinsèquement relié » à ces groupes extrémistes.

« Ainsi, nous n’avons pas d’autre choix que d’affronter cette menace ensemble. […] Sous la présidence de Donald Trump, pour la première fois, les États-Unis sont en train de construire l’infrastructure, la coopération et la stratégie pour mettre à bas la plaie du terrorisme gauchiste. »

Analyse

Au-delà des actions violentes inspirées par la matrice marxiste et ses diverses déclinaisons idéologiques, le discours de Marco Rubio évoque la gauchisation systémique du socle culturel de la société occidentale. Un des enjeux consiste donc à déconstruire les mécanismes d’une pensée révolutionnaire qui a réussi à s’infiltrer dans toutes les strates des sociétés démocratiques, au point d’en pervertir les normes.

Le secrétaire d’État laisse entendre que la lutte contre le terrorisme d’extrême gauche n’est pas qu’une simple question de sécurité publique, mais qu’elle constitue également une lutte de nature idéologique.

Celle-ci passe obligatoirement, d’une part, par le désarmement rhétorique des discours qui justifient les actions violentes, et, d’autre part, par la déconstruction de tous les paradigmes qui ont perverti nos normes occidentales, notamment celle d’un supposé « humanisme », devenu de fait un véritable anti-occidentalisme. Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter les déclarations des inénarrables députés de La France insoumise, qui en sont la plus claire et la plus grotesque démonstration.

On peut d’ores et déjà regretter que le combat idéologique évoqué par Marco Rubio ne soit pas soutenu, en toile de fond, par un conglomérat de penseurs investis dans le débat contemporain. C’est à ce niveau que la « gauche » a toujours gardé l’avantage, et rien n’aboutira sans une « armée de la pensée ». Il s’agit d’obliger progressivement la « gauche » à se défaire des concepts et de la rhétorique spécieuse qui fait d’elle une complice idéologique et passive du spectre révolutionnaire, une tâche gigantesque qui ne se fera évidemment pas en quelques mois, ni en quelques années.

L’extrémisme de gauche ne constitue pas le dévoiement d’une pensée de gauche « raisonnable » et digne de participer au débat démocratique. Au contraire, c’est cette dernière qui est le fruit de la distillation homéopathique du dogme révolutionnaire, après la révolution soviétique. Il s’agissait, en un mot, de détacher le marxisme du soviétisme.

La « révolution de la pensée » prônée aux États-Unis par l’École de Francfort, composée d’intellectuels allemands ayant fui le nazisme, et la French Theory issue de l’École française du post-structuralisme, sont les ancêtres du wokisme.

L’initiative de l’administration américaine peut donc être comprise comme un contre-feu s’opposant à une stratégie gramsciste visant à promouvoir sournoisement une pensée révolutionnaire.

Si le marxisme révolutionnaire a remporté d’indéniables succès idéologiques, pourquoi a-t-il encore besoin d’une lutte armée ? La réponse est double. En premier lieu, sa matrice se réengendre constamment en une multiplicité polymorphe de mouvements qui tentent de détruire tout ce qui serait susceptible de s’opposer à l’avancée révolutionnaire. D’autre part, l’objectif d’éradication de l’Occident, clairement énoncé, implique une stratégie du leurre constante. Ainsi, au moment où l’on croit avoir neutralisé ses troupes armées, la pensée révolutionnaire progresse au cœur même des institutions démocratiques, tandis que les menaces de violences demeurent afin d’intimider ses opposants (selon un mode d’action similaire à celui utilisé par les islamistes).

Le fait que ce soit Marco Rubio qui énonce ce discours n’est pas un hasard, lui le fils de modestes immigrés cubains, fervent catholique, considéré comme un « dur » parmi les Républicains. Son projet de lutte internationale contre le terrorisme d’extrême gauche s’articule avec la construction du « Bouclier des Amériques », une association de douze pays du continent américain visant à mettre en commun des moyens financiers, militaires, policiers et de renseignements pour lutter contre le crime organisé, en premier lieu le « narco-terrorisme ».

La porosité entre le narcotrafic, le terrorisme international et des États latino-américains d’obédience marxiste est d’ailleurs notoire, sur fond de proclamations anti-occidentalistes et anticapitalistes. Ce conglomérat obscur, confus et tentaculaire, presque indéfinissable puisqu’il est polymorphe et sociologiquement informe, constitue une véritable usine à venin contre l’Occident, qu’il s’agit de transformer en « chiffe molle » avant de le piétiner.

Charles Granfeu
18/08/2026

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