Xenia Federova, ancienne patronne de Russia Today en France, est au cœur d’une intense bataille politico-médiatique. Pierre Boisguilbert livre aux lecteurs de Polémia son avis sur cette affaire.
Polémia
Xenia Fedorova, accusée de relayer la propagande russe
Xenia Fedorova intervient sur CNews et Europe 1 et signe également une chronique dans l’hebdomadaire Le JDNews. Elle est accusée par la France d’être « un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes » pour « déstabiliser l’ordre public » en France. Elle a fait l’objet fin juillet d’arrêtés d’expulsion et de gel de ses avoirs, relate Le Monde. La diplomatie russe a condamné jeudi 6 août ce qu’elle qualifie de « persécution politique de journalistes sur la base d’accusations fallacieuses ». « De telles actions sont incompatibles avec la rhétorique en France concernant son attachement aux principes de la liberté d’expression », a estimé le porte-parole adjoint de la diplomatie russe, Alexeï Fadeïev.
« Tout point de vue divergent est qualifié de propagande russe, ce qui s’accompagne de tentatives visant à évincer des journalistes et des médias entiers », a-t-il dénoncé, évoquant une « censure des opinions ne correspondant pas à la ligne officielle ». Il a aussi critiqué « l’acharnement des dirigeants français à attribuer une origine russe à tous les problèmes du pays ».
Cela mérite réflexion. Si la propagande consiste à privilégier un point de vue de l’étranger, miroir mon beau miroir !
Quand la propagande serait toujours celle de l’autre
On peut se demander si ce qualificatif ne s’applique pas à certains chroniqueurs sur d’autres chaînes d’information françaises. LCI, par exemple, est une chaîne de propagande de l’Ukraine en continu et, sur BFMTV, le point de vue de l’Iran est toujours valorisé et dominant. Les deux chaînes sont anti-Poutine et anti-Trump de manière obsessionnelle et s’alignent donc sur la position du gouvernement français et du président Macron. Quand tu dis comme Macron, c’est de l’information ; quand tu prends en compte l’analyse de Moscou, c’est de la propagande. Certains éditoriaux, toujours dans le même sens, suintent le mépris et la haine et certaines analyses sont de toute évidence de la propagande. Quand rien n’est hiérarchisé et sans esprit critique permettant de relativiser ce que l’on croit et ce que l’on souhaite par rapport à ce qui est, on est bien dans la propagande. On frise aussi parfois l’ingérence dans les affaires des autres et des tentatives d’influence sur des élections à venir. Apparemment, cela ne trouble pas l’Arcom. La désinformation, c’est l’autre. Certes, elle est réelle, mais elle n’est pas unique et même le camp du bien peut mentir et diaboliser. La bonne conscience ne suffit pas à excuser des comportements contraires aux règles élémentaires du journalisme qui, lui, ne devrait pas avoir de camp.
Xenia Fedorova n’aura pas le prix Albert-Londres, mais elle ne sera pas seule à ne pas le mériter sur les analyses des conflits de l’Iran à l’Ukraine. Elle sera cependant la seule à être sanctionnée, de cela au moins on peut être sûr.
Pierre Boisguilbert
19/08/2026
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