Une France catholique que l’on disait moribonde revient sur le devant de la scène. Dans cette ferveur populaire, Pierre Boisguilbert voit le réveil d’un peuple que les médias préféraient ignorer.
Polémia
Une France que l’on croyait effacée
Le pape Léon XIV semble avoir multiplié les catholiques comme Jésus les pains. Que l’on soit croyant ou non, la foule rassemblée par le pape a laissé sans voix. Qui n’a pas été surpris ? Ce n’était pas seulement une foule : c’était le vieux peuple historique, toujours vivant, le cœur battant, applaudissant la police et ramassant les papiers gras plutôt que de brûler les poubelles.
En réalité, le pape a rendu visible une France que les médias idéologiques s’emploient à invisibiliser. Ils la considèrent comme réactionnaire et dépassée ; ils la rêvent morte. Pourtant, cette France existe et bouge encore. Elle est même jeune, comme l’a prouvé le rassemblement au Stade de France. Une jeunesse qui revient à ses racines et veut affirmer sa spécificité religieuse. L’islamisation médiatique de notre société y est certainement pour quelque chose. Il y a là un véritable choc en retour dont bénéficie l’Église, souvent malgré elle, parfois même à rebours de ses propres orientations.
Les images ne trompent pas : certes, de nombreux Français d’origine africaine font partie du peuple catholique, mais la foule était surtout celle de la France d’avant et, à dire vrai, de toujours. Le pape, n’en déplaise aux médias, n’était pas au Kenya, mais dans une France de toutes les couleurs, où le blanc reste aussi une couleur, et même la couleur dominante.
« France, lève-toi et marche… » C’est le message que l’on retiendra, au-delà des affirmations doctrinales qui n’ont surpris que ceux qui croient que leurs préférences sociétales doivent tenir lieu de bible à tous. Le pape en France : on n’ose parler de « divine surprise », mais, pour les catholiques comme pour les amoureux de la France éternelle, on n’en est pas loin.
Les médias convertis au culte de l’audience
Franchement, ce week-end prolongé a été très long et très douloureux pour les médias. Rien que pour cela, la visite du pape a été une bénédiction. Ils ont pourtant tout fait pour récupérer l’événement, tentant d’imposer les thèmes de l’immigration et des violences sexuelles. Ils ont cherché dans la foule des visages de la diversité. Mais la vague était trop puissante : elle a tout emporté.
Les médias ont souffert jusqu’au coup final : la condamnation, à Lourdes, de la loi française sur l’euthanasie. On a vu certains laïcards progressistes s’étouffer en ravalant leur rage sur les plateaux de télévision, à l’image de l’inénarrable Nicolas Domenach, viré de LCI et passé sur BFM.
Les miracles se sont multipliés : les chaînes spécialistes de Trump, de Poutine et de l’Ukraine se sont soudain révélées spécialistes de la religion catholique. Ils sont formidables, ces journalistes qui passent en vingt-quatre heures de la religion cathodique à la religion catholique !
En fait, les médias n’ont qu’une seule religion : l’audience. Ils ne s’y sont donc pas trompés. Faute de bouffer du curé, ils ont bouffé du pape vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
À dire vrai, comme ils en font toujours trop pour ne pas faire moins que les autres, on a frôlé l’indigestion. Voulaient-ils, à coups de commentaires répétitifs et de kilomètres de micro-trottoirs sans intérêt, nous dégoûter de la visite du pape ? J’ai fini par le penser. « Vous aimez le pape ? Tenez, reprenez-en et étouffez-vous avec ! »
Mais non : ils sont simplement prisonniers du modèle médiatique.
Pierre Boisguilbert
28/09/2026
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