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Des lycéens à Ceuta, les choix idéologiques des médias

Des lycéens à Ceuta, les choix idéologiques des médias

par | 16 octobre 2026 | Société

Des lycéens à Ceuta, les choix idéologiques des médias

Des manifestations patriotiques espagnoles aux désordres lycéens français, que choisissent de montrer les grands médias ? Pierre Boisguilbert dénonce un traitement de l’information guidé par les préférences idéologiques des rédactions et s’interroge sur les conséquences politiques de ces images, diffusées ou occultées.
Polémia

Ceuta : une ferveur patriotique passée sous silence

Avez-vous vu des images, dans les grands médias audiovisuels, du voyage du roi et de la reine d’Espagne dans les territoires espagnols de Ceuta et Melilla ? Non, même pas sur CNews. C’est une erreur pour certains, une volonté d’occulter pour les autres. Car, quand on consulte les réseaux sociaux et les chaînes espagnoles, le spectacle est saisissant. Un roi simple, acclamé par un peuple qui veut rester espagnol et dénonce la submersion migratoire.

On comprend que ces images ne plaisent pas à l’idéologie contraignante qui domine en France. Pas plus que les rassemblements massifs dans les grandes villes espagnoles en faveur de Ceuta. Des foules immenses, certains jeunes le bras tendu et scandant, pour la première fois depuis bien longtemps, le nom de Franco.

Du temps de Franco, cela ne serait pas arrivé… Ça, c’est sûr. Les estimations historiques évoquent environ 70 000 à 80 000 soldats marocains ayant servi dans le camp franquiste pendant la guerre civile espagnole. Leur participation a été déterminante au début du conflit : les troupes stationnées au Maroc ont été transportées en Espagne en 1936, notamment grâce au pont aérien organisé avec l’aide allemande et italienne. Il s’agissait de Marocains recrutés dans le protectorat espagnol, notamment dans les régions du Rif et du nord du Maroc. L’armée d’Afrique comprenait également la Légion espagnole et constituait l’une des forces les plus expérimentées de Franco au début de la guerre.

Les migrants clandestins auraient réfléchi à deux fois, et le régime, lui, n’aurait pas laissé faire. Cela pèsera dans les prochaines élections législatives espagnoles anticipées.

« Enfin, l’Espagne va dire ce qu’elle pense », s’est réjoui lundi matin le chef de file des conservateurs, donné grand favori dans les sondages. « Il ne s’agit pas de voir le PP l’emporter sur le Parti socialiste, mais de voir l’Espagne l’emporter sur Sánchez », insiste-t-il. Il faut choisir entre « corruption ou décence » et « décadence ou prospérité ».

Tout indique qu’il sera en position de former un gouvernement de coalition avec les nationalistes de Vox, dopés par la question de Ceuta. Et cette perspective ne servira pas de repoussoir. Les enquêtes d’opinion indiquent en effet que cette alliance a cessé d’incommoder la frange la plus modérée de l’électorat de droite, pressée avant tout de se débarrasser du gouvernement actuel.

Émeutes lycéennes : les médias pris au piège de leurs images

Se débarrasser du pouvoir actuel constitue également une perspective française, avec, toutefois, le maintien d’une stratégie du repoussoir qui pourrait handicaper le camp national.

Pour le moment, Marine Le Pen engrange des bénéfices politiques grâce aux images de ces vrais-faux lycéens en insurrection contre le tri sélectif, si l’on en juge par le nombre de poubelles brûlées. Les médias sont victimes des images… Ils suivent les émeutiers tout en affirmant que ceux-ci ne représentent pas les lycéens, lesquels seraient raisonnables et gentils. Ils détruisent ainsi leur propre argumentaire à travers leurs propres images.

Pauvres lycéens acculturés — ce qui n’est pas leur faute — et manipulés par les gauchos-islamistes, dont ils se sentent solidaires. L’intégration à l’envers fonctionne dans la jeunesse, et c’est le pari de Mélenchon.

Les poubelles sont les vedettes de l’insurrection de la rue gauchiasse, avec les photographes. Mais d’où sortent donc tous ces photographes, parfois au contact des forces de l’ordre et plus nombreux qu’elles ? Sont-ils tous journalistes ? Bien sûr que non. Certains sont des militants dissimulés, cherchant la bavure pour accabler la police.

Une police qui n’en peut plus et qui n’est pas loin de mettre le bouclier au sol. Le pouvoir tremble devant des casseurs. Il devrait cependant avoir davantage peur du dégoût des forces de l’ordre, car, quand on soutient le désordre, on prend toujours des risques.

Et quand on vit dans un temps de bas-empire, il ne faut pas décourager les prétoriens.

Pierre Boisguilbert
16/10/2026

Pierre Boisguilbert

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