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Le Figaro face aux violences, chronique d’une lâcheté médiatique

Le Figaro face aux violences, chronique d’une lâcheté médiatique

par | 18 avril 2026 | Société

Le Figaro face aux violences, chronique d’une lâcheté médiatique

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La séquence ouverte par les récentes pages du Figaro consacrées à la « flambée des violences » n’est pas un simple épisode médiatique. Elle constitue un symptôme. Non pas tant de la situation sécuritaire, désormais connue, que de l’incapacité organique des médias dominants à nommer ce qu’ils observent.
Balbino Katz

Le rôle de l’immigration occulté

Les faits sont pourtant exposés avec un luxe de détails. Les données du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure, cet organe officiel du ministère de l’Intérieur qui agrège les remontées de la police et de la gendarmerie, dessinent une trajectoire claire. La délinquance ne se contente plus de croître, elle se transforme. Les villes moyennes, naguère préservées, sont désormais rattrapées. Les violences de rue s’installent. Les cambriolages explosent. Les bandes se structurent. Le phénomène change d’échelle, et de nature.

Mais au moment d’interpréter, le discours s’interrompt.

L’immigration n’apparaît qu’à la marge, réduite à quelques notations locales, jamais pensée comme un facteur structurant. Ce silence n’est pas une lacune. Il est la clef du système. Il permet de maintenir intacte une grille de lecture devenue intenable, tout en donnant l’illusion d’une information complète.

Car les chiffres officiels, eux, ne se taisent pas. Ils montrent que les étrangers représentent environ 8 % de la population, mais près de 17 à 18 % des personnes mises en cause. Cet écart n’est pas marginal, il est constant, documenté, répété année après année. Dans certaines catégories, il devient massif. Les cambriolages de logements atteignent fréquemment des proportions de 35 à 40 % d’étrangers parmi les mis en cause. Les vols dans les véhicules suivent des ordres de grandeur comparables. Les vols violents sans arme dépassent régulièrement les 30 %. Même pour les infractions les plus graves, homicides ou tentatives, les écarts demeurent significatifs.

Plus encore, la structure même de cette population n’est pas neutre. Une majorité des étrangers mis en cause provient du continent africain, avec une part dominante du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne. Les taux de mise en cause par habitant y apparaissent, selon les infractions, plusieurs fois supérieurs à ceux de la population française. Ces données ne relèvent ni de la polémique ni de l’interprétation. Elles émanent de l’appareil statistique de l’État.

Refuser de les articuler à l’analyse générale revient à produire un discours amputé.

L’autocensure d’un média de droite traditionnel

Ce mécanisme n’est pas nouveau. Guillaume Faye avait déjà décrit cette incapacité des élites médiatiques à affronter les conséquences de l’immigration de peuplement, préférant se réfugier dans des explications secondaires, économiques ou judiciaires, pour éviter la question identitaire. De son côté, Alain de Benoist n’a cessé de rappeler que toute société qui renonce à se penser comme une continuité historique s’expose à sa propre dissolution. Ces analyses, longtemps marginalisées, trouvent aujourd’hui une confirmation empirique dans les faits eux-mêmes.

Dans ce dispositif, certains médias jouent un rôle de verrou. Chaque fois qu’un acteur franchit la ligne et relie les faits à leurs causes, la réaction est immédiate. La chaîne CNews en est l’exemple le plus visible. Elle concentre sur elle une hostilité constante, accusée non pas tant d’erreurs que d’avoir brisé un tabou. Les campagnes menées par Mediapart et par une partie de la gauche militante dépassent la simple critique, elles visent à délégitimer, voire à faire taire. L’idée même d’une interdiction n’est plus un impensé, elle est formulée, discutée, banalisée.

Dans un tel climat, l’autocensure devient une norme professionnelle.

Ce que l’on observe dans Le Figaro n’est donc pas une faiblesse ponctuelle. C’est l’expression d’un système où la peur de nommer a remplacé la volonté de comprendre. Décrire sans relier, accumuler sans conclure, montrer sans désigner, telle est désormais la méthode.

Il faut alors revenir aux signatures. Jean-Marc Leclerc et Paule Gonzalès ont posé leur nom au bas de ces pages. Ils ne peuvent ignorer ce qu’ils décrivent. Ils ne peuvent davantage ignorer ce qu’ils omettent. Un jour, lorsque cette période sera examinée avec le recul de l’histoire, leurs articles figureront parmi ceux qui auront approché le réel sans jamais le nommer. Par prudence, par calcul, ou par adhésion à une vision du monde devenue incapable d’affronter ses propres conséquences, ils auront participé à ce grand contournement. Et ce choix, aujourd’hui enveloppé dans les formes policées du journalisme de référence, ne pourra indéfiniment les soustraire à leur part de responsabilité.

Face à cette cécité organisée, des structures comme l’Observatoire du journalisme jouent un rôle décisif. En analysant les biais, en mettant au jour les angles morts, elles permettent de comprendre comment s’élabore ce discours tronqué. De même, des médias alternatifs comme TV Libertés ou Breizh info ou des sites de réflexion comme Polemia contribuent à réintroduire dans le débat public des éléments que la presse dominante s’interdit d’aborder.

La fracture est désormais ouverte.

D’un côté, une presse de référence qui persiste à décrire le réel en le vidant de sa substance. De l’autre, des acteurs qui prennent le risque de le nommer. Entre les deux, un public qui voit, qui compare, et qui tire les conséquences.

Il ne s’agit plus d’une divergence d’analyse. Il s’agit d’un refus du réel.

Et ce refus, comme toujours dans l’histoire des civilisations, précède les ruptures.

Balbino Katz – via Breizh-Info
18/04/2026

Balbino Katz

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