Il y a quelques jours avait lieu la Fête de la musique. Cet événement a fait réagir Guillaume d’Aram de Valada.
Polémia
De la fête au vacarme généralisé
Une fois encore, la Fête de la musique de ce dernier 21 juin aura été l’illustration quasi parfaite de notre décadence avancée.
Il suffisait d’observer, dans les rues de Paris, le spectacle hallucinant de ces foules bigarrées — le mot est faiblement choisi — pour se rendre compte que la musique n’est au fond qu’un prétexte à la célébration du bruit.
Les hurlements et autres gesticulations des corps désarticulés, compressés les uns contre les autres, au son assourdissant de tambours métalliques, illustrent de façon pathétique l’aboutissement d’un processus d’abaissement méthodique de « l’Homo festivus » avant sa mise à mort définitive.
Philippe Muray nous donnait les clés pour comprendre ce qui s’impose sous nos yeux :
« L’Homo festivus : j’ai donné ce nom-là à l’habitant moderne de notre époque, parce qu’il me semble qu’on est dans une période de bouleversements complets. La fête, qui était une rupture dans le continuum de la vie quotidienne, est devenue le tout de la vie quotidienne. »
Dans tous les « bars » subventionnés où coulent à flots les substances hallucinogènes des lendemains qui chantent, les tenanciers ont malicieusement remplacé « la lutte des classes » par « la lutte des identités » et le triomphe de « la nouvelle France », si chère au Chávez des pauvres.
Et gare à ceux qui se lèveraient contre cette coupe réglée de l’amnésie forcée !
Les animateurs en chef du grand charivari, des libéraux aux adorateurs de la déesse Raison, entendent bien continuer à écrire les partitions.
Aucune fausse note identitaire ne saurait être tolérée !
Quoi de plus logique ?
Du communisme dur au communisme mou
Il faut revenir un peu aux fondamentaux, en s’attardant notamment sur l’idéologie communiste du siècle dernier, qui continue largement d’influencer la société.
Le communisme, dans sa version originelle la plus dure, s’appliquait surtout à martyriser les corps, faute de pouvoir totalement dominer les esprits. Pour ce faire, ses partisans zélés n’avaient pas lésiné sur les moyens.
On peut affirmer que « faire la fête » n’était pas au menu quotidien. C’est le moins que l’on puisse dire.
Le communisme, dans sa version la plus molle et la plus sournoise, entendait tenir et contrôler les esprits. C’est le résultat de ce travail opiniâtre opéré par les illuminés de la révolution permanente.
Quand le « dur » s’attache à fantasmer le fascisme à tous les coins de rue, le « mou » s’applique à servir d’anxiolytique et de pilule du lendemain.
Ainsi, le communisme, dans ses deux versions, « dure et molle », entend bien garder la main.
Faut-il quand même rappeler au passage que notre « glorieuse » Révolution française fut sa principale inspiratrice ?
Alors, malgré toutes ses simagrées sécuritaires, la République accompagne, autorise toutes sortes de gesticulations de rue. Elle temporise, elle relativise, elle cajole jusqu’à même cautionner parfois, et ne fait que compter les points, tout en se gardant bien de siffler la fin de la récréation !
Malgré les dégradations et autres agressions constatées au lendemain de ce 21 juin 2026, le « glorieux » Lecornu nous disait :
« Ça s’est relativement bien passé ! Tout était sous contrôle ! »
C’est d’une simplicité redoutable !
Et le tribunal administratif, s’opposant à la préfecture de police de Paris, avait même permis la « privatisation » de la place de la République pour LFI, le parti de la dissolution permanente de la nation française.
Les partisans de Mélenchon s’en sont donné à cœur joie durant des heures en déversant leur haine ordinaire du pays profond.
Le tout en hurlant : « Nous sommes tous antifascistes… et la République, c’est nous ! »
Leur « Internationale » devrait se transformer bientôt :
— C’est la fête finale, trémoussons-nous, et demain, l’intersectionnalité sera le genre humain !
Après avoir prôné « l’open bar » de toutes les libertés possibles, les « damnés de l’éther », pour reprendre la lumineuse expression de Philippe Muray, se sont substitués aux « damnés de la terre ».
Leur enivrante et « glorieuse » diversité, avec leurs familles supplétives de déracinés d’importation, ne sert qu’à un nihilisme de fin du monde.
En pensant s’approprier le peuple comme le jouet de leur utopie délirante, les tenants du « jouir sans entraves » l’ont définitivement perdu.
Désarmement intérieur et horizon de confrontation
Le peuple est généralement prêt à tout, du meilleur comme du pire.
Il semble néanmoins, peu à peu, refuser de se voir disparaître dans un melting-pot hallucinogène sans avenir et sans âme.
Le corps social se soigne comme il peut d’un « Parkinson » inoculé de décennie en décennie sans qu’il ait su s’en prémunir.
Après le temps des cocktails Molotov est venu le temps des humeurs passagères, des manipulations de masse et de la bipolarité cérébrale !
L’agitation extérieure, quelle qu’en soit la température, n’est qu’une conséquence d’un désarmement intérieur profond.
L’enseignement et la pratique de la foi catholique, devenue minoritaire à force d’abandon de ses propres immunités spirituelles, ont fait place nette à une foi eschatologique où l’Espérance ressemble à un énorme ballon de baudruche arc-en-ciel toujours prêt à exploser !
Ainsi, l’homme instrumentalisé, mélenchonisé, s’euphorise niaisement en entrant dans un paradis artificiel aux portes duquel des drag-queens bariolées servent de gardiennes du temple !
C’est l’absolution de la « nouvelle église des fiertés » par la consécration de l’irresponsabilité généralisée.
On a remplacé la messe dominicale et ses processions d’antan par des célébrations déjantées où le thuriféraire fait le tour de l’autel « des droits de l’homme » avec un encensoir rempli d’ecstasy !
Quand le seul levier d’une vie consiste à idéaliser en permanence « la fête », le cerveau se remplit de bruit, de vacarme, et finit par perdre tout esprit de discernement.
Et les neurones sont, comme ces mortiers d’artifice, prêts à exploser en l’air dans un immense fou rire délirant !
Peu importe la laideur pourvu qu’il y ait la névrose !
Et le pire, c’est que ça marche !
Vaste imposture !
Alors le temps passe et la « madeleine de Proust » semble se perdre à jamais dans nos souvenirs enfouis d’une France fleurdelysée.
Le spectacle régulier de ces désordres autorisés et, osons le dire, presque souhaités, nous précipite un peu plus vers une confrontation violente qui apparaît inéluctable.
Inutile de se voiler la face, les ingrédients d’une dislocation de la paix civile sur notre sol sont de plus en plus criants.
La guerre civile est incontestablement la pire des guerres ; on ne s’en relève jamais vraiment. Celle provoquée par la Révolution française, quoi qu’on en pense, a laissé des traces dans les esprits et nos institutions.
On le mesure chaque jour.
Et toutes ces démonstrations schizophrènes ne sont que les prémices d’une confrontation probable.
Sur la scène politique, les incantations partisanes des uns, et surtout des autres, se résument à la destruction de tout ce qui peut leur être opposé.
C’est dans la force et la puissance que notre nation s’est construite. Du nord au sud, la monarchie carolingienne, capétienne, a construit notre nation.
La République jacobine n’a fait qu’en hériter par effraction.
C’est comme ça.
Le sang a beaucoup coulé, des guerres fratricides ont cimenté notre histoire nationale et font ce que nous sommes avec ce sentiment d’appartenance indispensable à notre besoin vital de racines fortes et profondes.
Maintenant, qu’il faille plutôt servir une cause à laquelle on croit plutôt qu’une nation à laquelle on appartient, c’est la seule et véritable question existentielle !
Prenons un exemple.
Si j’avais vécu au XIe siècle dans le Languedoc, de quel côté me serais-je battu, ou pas ? Contre le pouvoir royal de Philippe Auguste venu éradiquer l’hérésie cathare, ou du côté des comtes de Toulouse qui ont pris la défense de ces mêmes cathares au nom surtout de la défense de leurs intérêts territoriaux ?
La guerre civile qui couve sera terrible et sanglante, si elle a lieu, ce qui n’est pas certain. Notre police et notre armée, sous les ordres du pouvoir en place, auront un choix à faire, comme toujours : le camp de Philippe Auguste ou celui des cathares ?
À la différence non négligeable que la lutte pour nos descendants est sans commune mesure avec celle de la secte cathare.
Et je précise que je n’ai aucune sympathie particulière pour le catharisme.
Aujourd’hui, il s’agit bien, pour nous, de survivance ethnique, culturelle et politique. De la survie même de notre seule patrie charnelle : la France.
Guillaume d’Aram de Valada
02/07/2026









