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Le Gallou122013

Comment abattre la tyrannie médiatique ?

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Allocution d’ouverture de Jean-Yves Le Gallou

à la Ve Cérémonie des Bobards d’Or,

le 11 mars 2014

 ♦ Nous vivons dans une démocratie d’apparence. En réalité le régime que nous subissons est une tyrannie : une tyrannie médiatique. Les médias sont le principal instrument du pouvoir : ce sont les troupes d’occupation mentale qui colonisent nos esprits ; ils se prétendent les dispensateurs du beau, du bien et du vrai ; ils sélectionnent les « élites », si l’on ose dire, politiques ; ce sont eux qui asservissent le peuple à l’idéologie politiquement correcte, à l’idéologie cosmopolite, marchande, mondialiste, immigrationniste, homosexualiste.


Cette tyrannie, il va nous falloir la renverser.

C’est possible parce qu’elle est affaiblie par les évolutions économiques et technologiques.

Avec l’émergence d’Internet, le développement des réseaux sociaux et la miniaturisation des outils audiovisuels, les médias de l’oligarchie sont soumis à une concurrence croissante.

Les résultats sont là :

Pertes financières et d’audience des journaux : Libération en dessous de 100 000 exemplaires de diffusion, et encore, en comptant les 40 000 journaux distribués gratuitement ; Le Monde en perte et la presse quotidienne régionale mal en point. Côté audiovisuel : irrésistible déclin de TF1 et chute d’audience –moins 360 000 abonnés en 2013 – des canailles de Canal+.

Perte de crédibilité aussi : selon un sondage IPSOS, 72 % des sondés estiment que les journalistes sont « coupés des réalités et ne parlent pas des vrais problèmes des Français », 73 % pensent qu’ « ils ne sont pas indépendants » et « ont tendance à céder aux pressions du pouvoir politique », et 58 % considèrent qu’ « ils font mal leur travail ». Fermez le ban ! Mais quelle lucidité chez nos compatriotes !

Et cela parce que, face aux médias officiels, il y a une formidable diversification de l’offre – en France comme chez nos voisins européens :

Multiplication des blogs. Naissance de médias alternatifs nationaux, régionaux ou locaux. Elargissement de l’offre audiovisuelle : les chaînes historiques sont désormais concurrencées par les chaînes en continu, les chaînes numériques et maintenant les chaînes alternatives.

Tel est le paysage médiatique et technologique sur lequel nous devons agir.

Voici la feuille de route que je vous propose :

1-  Développons encore l’esprit critique de nos concitoyens. Sapons ce qui leur reste de confiance dans les médias. C’est évidemment l’un des objectifs des Bobards d’Or : dénoncer les travers des médias par le rire. C’est aussi ce à quoi contribuent l’ACRIMED et l’OJIM, ces remarquables observatoires des médias.

2-  Montrons sans relâche les mensonges des médias grâce au contrôle des faits (fact checking) instantané via Internet. Quand la Manif pour tous et le Printemps français ont condamné l’enseignement du genre à l’école, les médias bêlant ont dénoncé, je cite, une « rumeur ». En quelques heures les internautes ont apporté de multiples preuves des faits avancés. Nous savons désormais que pour les médias officiels « rumeur » est un mot de novlangue qui signifie « faits qu’il faut cacher ».

3-  Surveillons de près l’AFP, sorte de préfecture de police de la pensée, où opèrent des professionnels du deux poids / deux mesures et des cadors de la désinformation. Créons un observatoire indépendant des dérives idéologiques, policières et politiques de l’AFP.

4-  Montrons les travers des grands seigneurs des médias. Faisons apparaître leurs revenus, leurs compromissions, leurs ridicules. Dénonçons les cumulards qui répandent la même parole faisandée d’un média à l’autre. Appliquons-leur, à eux aussi, la transparence ; imposons des déclarations d’intérêt pour les journalistes et les médias.

5-  Assurons la promotion gratuite de ceux qui discréditent le mieux les médias de l’oligarchie par leur suffisance, leur arrogance et leurs excès. Ah ! Patrick Cohen, Caroline Fourest, Christophe Barbier, Bruno Roger-Petit, Frédéric Haziza, Yann Barthès, merci, merci d’en faire trop ! Continuez !

6-  Appelons les choses par leur nom: n’hésitons pas à parler de médias menteurs et de journalistes collabos ; les médias de propagande sont malmenés dans les manifs, c’est bien normal car les gens de Canal+, par exemple, ne sont pas des journalistes, ce sont des propagandistes, des diffamateurs, des délateurs, des désinformateurs, de vulgaires relais des pouvoirs dominants. Utilisons systématiquement le nom de médias de propagande pour qualifier la presse du système.

7-  Cessons de ménager les médias de propagande. Cela ne sert à rien. Bravo à Dupont-Aignan de bousculer Apathie ou Haziza ! Bravo à Marine Le Pen de résister à leurs oukases ! Bravo à la Manif pour tous, au Printemps français ou à Jour de colère de déplacer des foules immenses malgré le mépris des medias de propagande! Merci à ces médias de leur silence : ils apportent ainsi la preuve bénéfique qu’on peut se passer d’eux et que leur faire des risettes ne sert à rien.

8-  Semons le doute dans le camp adverse. Portons-y la contradiction – pour les journalistes eux-mêmes et pour leurs lecteurs – en intervenant dans les commentaires ou sur les réseaux sociaux des médias de propagande, sans agressivité ni invectives mais avec des faits, rien que des faits. N’oublions pas que l’Union soviétique est tombée quand les apparatchiks qui la dirigeaient ont cessé d’y croire. Déstabilisons les croyances de la médiacratie, à travers Twitter notamment.

9-  Et surtout réinformons l’opinion sans relâche avec rigueur et précision : la réinformation, ce n’est pas une désinformation en sens contraire, c’est la remise des faits en perspective dans toute leur diversité. Je salue ici toute la réinfosphère sans qui rien ne serait possible.

10-  Enfin professionnalisons les médias dissidents en lançant une école de journalisme alternatif.

Voilà le programme que je vous propose pour l’année à venir !

Mais, d’ici là, place au divertissement.

Place à la Ve Cérémonie des Bobards d’Or que je déclare ouverte.

 Jean-Yves Le Gallou
11/03/2014

Image : Jean-Yves Le Gallou
Président fondateur de la fondation Polémia