La présentation du 36e rapport de l’Institut Thomas-More est aussi nécessaire que dure à entendre… « En 1975, la France était prospère, industrielle, respectée et souveraine Un demi-siècle plus tard, le pays est, à moins d’un an de l’élection présidentielle, au bord de plusieurs ruptures – économiques et financières, mais aussi sociétales, culturelles, religieuses, démographiques et sécuritaires. Comment en est-on arrivé là ? » C’est pour répondre à cette question terrible que l’Institut Thomas-More a publié ce rapport que Tarick Dali, administrateur de cet institut, nous présente dans le texte ci-dessous.
Polémia
Un travail que les politiciens n’ont jamais voulu faire
Quels que soient le domaine étudié et les critères retenus, le monde entier constate que la France, naguère puissance industrielle de premier plan, écoutée et respectée, s’enfonce chaque jour un peu plus, au point même d’offrir à ses habitants un niveau de vie désormais inférieur à la moyenne européenne.
En décidant de publier ce document intitulé « 1975-2025, les 50 décisions qui ont coulé la France », l’Institut Thomas-More s’est lancé dans un travail que les responsables politiques n’ont jamais voulu faire, bien que certains d’entre eux aient évoqué, mais sans aller plus loin, « un droit d’inventaire », car ils auraient été contraints de reconnaître leur propre responsabilité. Ce document est, avant tout, un travail de journaliste, pas de sociologue, pas d’idéologue, pas de politicien, encore moins de juge ou de procureur de la classe politique. Deux des trois coordonnateurs de ce dossier sont des journalistes. L’Institut Thomas-More a donc voulu fournir l’information la plus complète possible sur cinquante années de mauvais choix.
Un constat précis et lucide
Ce qui a guidé les auteurs de ce rapport, une vingtaine d’experts de tous domaines, est la volonté de dresser un constat précis et lucide de ce qui a conduit la France à la situation dans laquelle elle se trouve, justement parce qu’il ne s’agit pas d’un énième constat décliniste ou, pour le dire à la façon d’Éric Naulleau, parce que « tout est foutu », mais, bien au contraire, d’un outil destiné à permettre le rebond de notre nation. Depuis cinquante ans, la France a toujours préféré la décision de court terme, avec pour horizon la prochaine échéance électorale, fût-elle une simple élection locale. Cela a abouti, et chaque jour ce syndrome s’aggrave, à un phénomène de plus en plus spectaculaire, celui du « un fait divers, une loi ; une innovation, une taxe ! ». Il est stupéfiant de voir que tous les responsables politiques, de tous horizons, sont toujours particulièrement inventifs lorsqu’il s’agit, sous le coup de l’émotion suscitée par un fait divers tragique, de proposer un nouveau texte législatif.
Une inflation législative néfaste
Bon an mal an, le Parlement vote chaque année plus d’une centaine de lois nouvelles. Mais c’était déjà le même nombre il y a soixante ou soixante-dix ans, au début de la Ve République. Entre-temps, très peu de textes ont été abrogés. On en arrive à un enchevêtrement de textes et de normes qui se contredisent et entravent tout esprit d’initiative ou d’innovation. Ce mouvement, engagé il y a déjà plusieurs décennies, s’est encore aggravé depuis une trentaine d’années lorsque s’est ajouté, à cette inflation législative, le désir de chaque président de la République nouvellement élu de s’attaquer à la Constitution. Oubliant que celle-ci est la loi fondamentale, censée être gravée dans le marbre pour que la démocratie fonctionne selon un certain nombre de règles et de principes, les différents hôtes de l’Élysée en ont fait un catalogue des revendications et des lubies de lobbies divers et variés. Le général de Gaulle n’avait procédé qu’à trois révisions de la Constitution, Georges Pompidou à aucune, Valéry Giscard d’Estaing à deux et François Mitterrand à trois. Autrement dit, huit révisions constitutionnelles au cours des trente-cinq premières années et… dix-sept autres depuis 1995. Le président Chirac, à lui tout seul, a modifié douze fois la Constitution. Ajoutons à cela que le Conseil constitutionnel, lui-même, s’est arrogé le droit d’interpréter la Constitution de façon de plus en plus large.
Pendant ce temps, les problèmes de la France et des Français ne sont pas traités. L’inflation législative provient-elle d’une demande de nos concitoyens ? Pas du tout. Parmi les mesures les plus néfastes qui ont été prises au cours de ces cinquante années, les Français avaient-ils exigé les 35 heures ? La retraite à 60 ans ? Le collège unique ? Non. Mais seulement quelques syndicats, sortis de leur rôle de défense des salariés, lesquels ne sont pas dupes puisqu’ils ne se syndiquent plus, pour devenir les courroies de transmission d’idéologies diverses et variées. Aujourd’hui encore, on voit la présidente de l’Assemblée nationale, Mme Braun-Pivet, se gargariser à chacune de ses interventions médiatiques en faveur de l’euthanasie qui répondrait à « une profonde attente des Français ». Personne ne lui fait remarquer que, jusqu’à ce que Macron mette le sujet sur la table, on ne voyait pas grand monde réclamer un tel texte.
C’est face à la carence flagrante de diagnostic des causes des difficultés de la France que l’Institut Thomas-More s’est lancé dans ce travail qu’il estime d’utilité publique. On ne peut soigner et guérir la France qu’en faisant le constat précis et complet de ce qui l’a rendue malade.
À quelques mois de la prochaine échéance présidentielle, ce document est d’intérêt général. Il est le premier volet, celui du constat, indispensable avant la publication d’un second document qui répondra, à la fin de cette année, par des propositions concrètes, à la question de savoir comment réparer ces cinquante années d’errements.
Tarick Dali
10/07/2026









