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L’identité, cible de toutes les attaques

L’identité, cible de toutes les attaques

Par Laurence Maugest, essayiste ♦ Nous parlons beaucoup de souveraineté à juste raison. Mais, la priorité est la nature de l’identité que la souveraineté défend. Qui rêve d’une France souveraine devenue musulmane ? L’essentiel est la sauvegarde de la continuité de notre identité charnelle, culturelle et spirituelle. Notre identité est attaquée dans tous ces registres qui la composent.
Deux universalismes se retrouvent pour laminer ce qui nous fait : le cosmopolitisme – la grande globalisation du monde – et l’islamisme. Un monstre à plusieurs têtes, une gorgone qui nous laisse sans répit.

 

Rétrospective d’un crime annoncé

Éducation nationale : propagande et lutte contre la famille

Depuis que nous ne parlons plus « d’instruction » mais « d’éducation », nous savons qu’il y a une opération de formatage des cerveaux de nos enfants sur les bancs de l’école. Du développement durable qui envahit les programmes de géographie à une sélection très politiquement correcte des sujets traités en histoire avec le tropisme constant de la repentance et une approche peu gratifiante de notre passé.

Ce qui est privilégié dans les murs de l’Éducation Nationale est de transmettre aux jeunes les codes de la société multiculturelle qu’elle défend. Il s’agit moins d’apprendre à travailler en société que d’intégrer ce qu’elle doit être : multiraciale, LGBT…

L’obsession de la tolérance et du « vivre ensemble » généralise des particularités qui devraient rester marginales. C’est ainsi que l’Éducation Nationale travaille à la mise en place d’une société arc-en-ciel d’une façon, en définitive, très autoritaire. En effet, le développement naturel des plus jeunes est largement biaisé par les obsessions de l’État. C’est sans doute à cause du caractère parfaitement artificiel du « vivre ensemble » que nous subissons, aujourd’hui, son échec cuisant. Un échec malheureusement tous les jours de plus en plus dramatique.

Et la tyrannie progresse. Sous le prétexte d’éviter la propagation de l’islamisme, l’école va devenir obligatoire dès trois ans. Si cette mesure n’empêchera jamais des adultes fanatisés de transmettre leurs idées folles aux plus jeunes, elle servira, en revanche, le souhait de l’Education Nationale qui fut très clairement exprimé par Vincent Peillon : « retirer le plus tôt possible les enfants de leur milieu familial ».

C’est au sein de la singularité familiale que l’identité des jeunes se forme. Nous constatons que l’Éducation Nationale va de plus en plus loin pour éviter ce processus, ô combien, naturel.

L’identité avant la souveraineté

La différenciation hommes-femmes prise pour cible

Évidemment, la jeunesse est encore une fois, étant la plus vulnérable, la plus visée. L’idéologie du genre cherche essentiellement à fragiliser l’identité sexuelle qui ne va plus de soi. Ce type de problème existe, c’est un fait, chez de rares personnes qui souffrent d’une divergence entre leur sexe apparent et celui qu’elles vivent. On parle alors de dysphorie de genre.

Les idéologues du genre infusent des idées au sein de la société susceptibles de déstabiliser les personnes les plus faibles. Les angoisses et les états d’âme naturels que traversent beaucoup d’adolescents sont abusivement interprétés comme un souci d’identité sexuelle. Sous le joug de la mode du genre, on oublie que les symptômes de dysphorie sont le plus souvent temporaires. C’est ainsi que certains jeunes demandent à changer de sexe et le regrettent cruellement (*). Parfois, ils vont jusqu’au suicide. Les transsexuels et le taux de suicides au sein de leur population ne font d’ailleurs que progresser.

Mais, au-delà de ces cas gravissimes, l’ensemble des jeunes est malmené, dans leur maturation et dans leurs relations aux autres, par la remise en cause de l’identité sexuelle naturelle.

Plus généralement encore, c’est toute la société qui est déstabilisée par l’effondrement d’une de ses bases fondatrices : la différentiation sexuelle et la relation homme – femme. « La théorie du genre signe la mort du sexe ». (**)

La guerre faite à notre identité culturelle et spirituelle

Cela fait des décennies que les médias et l’Éducation Nationale tentent de dissoudre notre histoire catholique. L’Observatoire de la christianophobie (***) témoigne de la somme d’attaques que subit le monde chrétien au quotidien. Nous ne comptons plus les œuvres théâtrales, cinématographiques, les humoristes qui se donnent à leur sport préféré : attaquer le monde catholique et ses réalisations.
Cette méfiance voire ce mépris ou encore ces moqueries travaillent à l’éradication de la réalité chrétienne de notre passé.

Le comble est que cette stratégie de déracinement a, in fine, préparé le terreau de l’Islam. Cet Islam qui nous est maintenant imposé dans tous les champs de notre société et qui ressemble en rien à ce qui nous constitue en réalité. Source de terreurs de plus en plus fréquentes, de syndromes de Stockholm aberrants, il nous mène tout droit à d’autres type de dysphories, identitaire, spirituelle et culturelle, toujours sources de souffrances.

Ce que nous sommes. Aux Sources de l’identité européenne

Rituels funéraires et identité charnelle

 La crémation est pratiquée depuis la nuit des temps. Mais, elle fut longtemps intégrée dans un culte des morts visant, le plus souvent, la libération de leur âme. Nous constatons actuellement une augmentation conséquente des incinérations. Ce qui est troublant, ce sont les explications évoquées par les personnes qui effectuent ce choix. La raison écologique – ne pas envahir la terre – et suivie par les soucis économiques. La crémation a un coût moins élevé que l’inhumation. Nous pouvons supposer que ce type « de gestion des cadavres » convient bien à notre société qui s’évertue à écarter la mort de son quotidien. Il est vrai que nous sommes très loin des rituels d’accompagnement des morts qui signent la continuité transcendantale de la vie. Simplement, parce que cette transcendance a justement disparue au profit d’intérêts bien matériels qui n’intéressent que les vivants.

Les questions écologiques telles qu’elles sont rabâchées et instrumentalisées par les « Verts » sont presque antinomiques de la conception païenne de la Terre. Les païens avaient une vision holistique de l’univers : faisant partie du monde, ils redonnaient leur chair au monde. (****) Dans le milieu de l’écologisme, c’est bien différent. Il s’agit de préserver notre habitacle, la Terre est vue comme un bien « utilisable ». Dans ce monde-là, Gaïa n’a plus d’âme et nous, nous en perdons notre identité charnelle.

Génétique, remigration… Le discours identitaire expliqué

Les « valeurs républicaines » contre l’identité française

Suite à une série de crimes odieux, dont le paroxysme est la décapitation d’un professeur d’histoire à la sortie de son école, des manifestations s’organisent où l’on défend « les valeurs républicaines » qui font pourtant notre malheur. Ces réactions paradoxales, certainement pas « à la hauteur » du danger qui est en face de nous, signent l’essoufflement de notre nation.

Les fleurons des « valeurs républicaines » sont salués : « le vivre ensemble », source de cécité, ou encore la passivité naïve et flasque qui aiguise les crocs méprisants de nos ennemis.

La République, qui est née dans le sang, nous mène vers ce qui sera peut-être les heures les plus sanglantes de notre histoire. En 1914, les hommes s’engageaient pour défendre la France. On ne s’engage pas pour défendre le terme générique de « République » qui soutient davantage les « valeurs » universelles délétères du mondialisme que nos fondamentaux patriotes, historiques et enracinés. Ces fondamentaux qui sont la sève identitaire abandonnée par les politiciens qui vont jusqu’à oublier de nommer la France dans leurs discours dédiés à ces crimes affreux. Ces harangues qui ne sont que des répétitions de mesures qui n’ont jamais fonctionnées. Ces déclarations d’intentions qui resteront stériles car leurs auteurs n’ont plus aucune idée de ce qu’est la France.

Dans les tensions géopolitiques actuelles, cette dissolution de nos identités fait de nous des futurs vaincus.

Laurence Maugest
25/10/2020

(*) L’apparition d’un nouveau phénomène encore peu documenté, bien que présent sur les réseaux sociaux, est celui des « désisteurs » et des « détransitionneurs ». De plus en plus de transexuels demandent à retrouver leur sexe initial.
(**) Manuel de sagesse païenne Thibault Isabel
(***)https://www.christianophobie.fr/
(****) L’homme moderne nihiliste qui vient de nulle part, n’a pas à laisser de traces de son passage et part seul vers son néant. Avec une telle perspective, nous comprenons mieux la folie que fait naitre un petit virus.

 

Source : Correspondance Polémia

Crédit photo : GodefroyParis [CC BY-SA 4.0]

Laurence Maugest

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