L’enfer est pavé de bonnes intentions. Il est évident que certains juges veulent sauver leur République idéologique du « péril » de la droite. On ne reviendra pas sur les affaires Fillon et Sarkozy, puisque l’actualité est aujourd’hui le procès en appel de Marine Le Pen.
Pierre Boisguilbert
Un procès politique
La puissance des juges est manifeste. Ils peuvent éliminer de la compétition démocratique la candidate favorite à l’élection présidentielle, l’élection phare. Les médias systémiques approuvent, au nom de l’État de droit. Marine Le Pen elle-même s’incline, changeant quelque peu sa ligne de défense dans l’espoir d’une clémence en appel.
La députée du Pas-de-Calais, condamnée en première instance à quatre ans de prison et cinq ans d’inéligibilité dans l’affaire des emplois fictifs d’assistants d’eurodéputés, a cessé de clamer son innocence pour admettre qu’elle avait peut-être, involontairement, commis un délit, mais que le Parlement européen n’avait jamais donné l’alerte, résume Le Monde, sans revenir d’ailleurs sur le scandale absolu de l’exécution provisoire.
Mais si Marine Le Pen, victime de lois votées par des députés aujourd’hui repentants, est écartée de la présidentielle, la magistrature contaminée par le syndicalisme dominant devrait-elle s’en réjouir ? Pas si sûr. En effet, si ce n’est elle, ce sera Bardella.
Jordan Bardella, favori devant Marine Le Pen ?
Or, aujourd’hui, une chose est établie par les sondages : Jordan Bardella a plus de chances de gagner que la fille de Jean-Marie, qui porte encore le nom des maudits du système.
« Jordan Bardella peut gagner à ma place », déclarait Marine Le Pen à La Tribune du Dimanche, peu avant le passage à la nouvelle année, au sujet de son éventuelle candidature à l’élection présidentielle de 2027.
Jugée dans un second procès qui débute ce mardi 13 janvier dans l’affaire dite des assistants parlementaires du RN, la cheffe de file du parti a-t-elle accepté son sort ? Si son avenir judiciaire demeure très incertain, sur le plan politique, Marine Le Pen semble s’être résolue à céder la place pour la prochaine échéance nationale.
Jordan Bardella, personnalité politique préférée des Français, ferait aujourd’hui un bien meilleur candidat que sa mentore pour représenter le RN, selon un sondage de l’institut Verian pour Le Monde et la revue L’Hémicycle, paru le dimanche 11 janvier. Le président du RN « a le plus de chances de remporter l’élection présidentielle » pour 49 % des Français, contre 18 % pour Marine Le Pen.
Jordan Bardella commence 2026 en tête du peloton. Il occupe la première place du baromètre Cluster17–Le Point du mois de janvier, avec 38 % d’opinions favorables (-1 %), devant Marine Le Pen (38 %) et Marion Maréchal (28 %).
« Le RN, et plus largement l’espace de la droite identitaire, tire parti de la crise politique », tranche Jean-Yves Dormagen, président de Cluster17.
À titre personnel, Jordan Bardella a gagné neuf points de popularité depuis janvier 2025.
« Dans le prolongement du procès Le Pen, il est identifié comme potentiel futur leader, décrypte Jean-Yves Dormagen. Il bénéficie également d’un soutien plus important que Marine Le Pen dans les électorats Reconquête et RN. »
La jeunesse, défaut ou atout ?
Il est, finalement, plus fédérateur. On voit donc monter le procès en jeunesse et en incompétence. Pour l’incompétence, quand on voit où en est la France avec des “compétents” comme Juppé, Macron ou Bruno Le Maire, cela prête à sourire. Quant à la jeunesse, après le désastre Macron, il est vrai qu’un doute peut subsister chez l’électeur.
Cependant, comme le disait César : « À trente-trois ans, Alexandre a conquis le monde, et moi je n’ai encore rien fait. » Si l’on avait attendu qu’Alexandre ait soixante ans pour monter sur le trône, aurait-il osé son épopée ? Pas sûr.
Et comme l’a écrit Corneille — que plus personne n’étudie dans l’école de la déconstruction de l’héroïsme — :
« Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années. »
Bardella est-il bien né ? À lui de le démontrer.
Quant aux juges, il serait amusant que leur élimination programmée de la fille du Borgne débouche sur l’élection d’un Bardella peut-être plus clairvoyant qu’ils ne le croient. Certains seront alors tentés — c’est déjà en cours — de lui coller quelques casseroles judiciaires pour l’affaiblir, car le calendrier ne permettra plus de l’empêcher.
Et puis ce serait politiquement insupportable : après Ménélas, hélas ; mais après Attila, holà.
Décidément, on a tort de ne plus étudier Corneille…
Pierre Boisguilbert
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