Thierry DeCruzy, auteur de Démondialiser la musique, évoque le déclin français. Au-delà des discours sur la menace russe, il dénonce une dépossession politique et culturelle des peuples européens. Un phénomène qu’il décrit comme une défaite sans combat.
Polémia
En retard d’une guerre
Dans son traité de stratégie, le général chinois Sun Tzu explique que le sommet de l’art de la guerre est de vaincre l’ennemi sans combattre. Si les écrans sont une fenêtre sur le monde, ils sont aussi un écran empêchant de voir la réalité et donc que la guerre menée contre nos peuples n’est pas celle qui est médiatisée.
En 2026, le président de la République déclare que la France est en guerre, que la Russie est l’ennemie et qu’il faut se préparer à l’affronter. Ainsi, la France serait menacée par une Russie en guerre depuis plus de 4 ans contre son voisin ukrainien sans parvenir à le vaincre et elle présenterait un danger pour le reste du continent ? Si les drones sont une innovation imprévue de la guerre du XXIe siècle, dans son format actuel, l’armée française est capable de tenir un front de 80 kilomètres pendant 3 jours, pas plus. Des officiers évoquent la question de l’emploi des unités aéroportées dans les conflits actuels. Mais là n’est pas le problème. Les militaires suivent les directives des politiques et les études prospectives ne prennent en compte que les paramètres autorisés, alors que la créativité de l’ennemi s’en affranchit. Ainsi, la France et l’Europe sont déjà en retard d’une guerre, si ce n’est de plusieurs, et depuis longtemps.
« L’art de la guerre consiste à soumettre l’ennemi sans combat »
Avant d’anéantir l’adversaire, il faut lui faire perdre l’envie de se battre. « L’art de la guerre consiste à soumettre l’ennemi sans combat. » Vaincre l’ennemi sans combattre signifie occuper son territoire et lui dicter sa loi. Peu importent les moyens, seul le résultat compte.
Il suffit d’observer l’évolution du pays sur les 4 dernières décennies pour constater des changements qui relèvent d’une défaite militaire qui ne dit jamais son nom.
La population française est en cours de disparition avec l’effondrement de la natalité. Des populations allogènes ont été installées en masse sur l’ensemble du territoire national à la charge du contribuable qui n’a jamais été consulté. La première mosquée est construite à Paris en 1926. En 2026, plus de 2 300 lieux de culte, dont environ 900 mosquées, sont recensés. Une pandémie planétaire a été organisée, enfermant les administrés chez eux par la peur exagérée d’une contamination, et sans avoir besoin de construire des camps. L’histoire est réécrite (déconstruite), le sens des mots est inversé, les savoirs essentiels ne sont plus enseignés (réformes de l’orthographe, calcul, algèbre). École, santé, économie, sécurité, les services vitaux sont démantelés sans réaction notable. Les repères civilisationnels séculaires subissent des changements irréversibles. Les populations qui subissent ces transformations sont culpabilisées comme si elles avaient été vaincues par une armée étrangère.
Une puissance étrangère, aussi puissante qu’elle n’est pas identifiée
Suivant les critères du Chinois Sun Tzu, le pays a tout simplement été vaincu sans combattre. Il est passé sous le contrôle d’une puissance étrangère, aussi puissante qu’elle n’est pas identifiée. Le constat est objectif et la suite du programme est prévisible pour chacun, sans avoir besoin d’être devin. La désignation de l’ennemi russe n’est qu’une diversion évitant d’affronter l’ampleur des dégâts et entretenant l’anxiété. L’erreur serait de chercher l’ennemi dans un État, car nous sommes dans l’ère de la mondialisation et rares sont les États ayant conservé leur souveraineté. Être en retard d’une guerre signifie être resté à l’époque des États souverains sans vouloir admettre que les peuples n’ont plus le pouvoir de se gouverner. Pour la France, le niveau de la dette en est une illustration. Néanmoins, la fiction est maintenue. Les campagnes électorales offrent un spectacle de politiques jouant un rôle, au sens propre, sans exercer leur fonction. Même si elle est contestée à ses marges, l’hégémonie médiatique contribue à entretenir des repères institutionnels qui ne sont plus qu’un décor. Ils permettent de gagner du temps afin de rendre la situation irréversible. Plus de quarante ans (déjà 40 !!!) après son retour dans le paysage politique français, le courant national n’a eu aucune incidence sur la réalisation de ce programme de démantèlement du pays. Son rôle n’aura été que celui de la soupape de sécurité évitant de faire échouer l’opération en cours.
Des techniques de sidération
Un subtil numéro de prestidigitation a été joué, les institutions n’ont pas changé, elles ont simplement été débranchées. Le peuple vote, mais les véritables décisions ne sont plus prises par ceux qui sont élus. Suivant les critères imposés, le constat est incontestablement complotiste, mais le résultat saute aux yeux. Même si quelques grenades ont aussi été nécessaires, des techniques de sidération sont utilisées pour neutraliser les populations. De Palerme à Calais en passant par Ceuta, des maternités aux écoles, la transformation en cours est d’autant plus efficace qu’elle ne dit pas son nom. Quelques divertissements (fêtes de la musique, rave-parties, Jeux olympiques, Eurovision, Coupe du monde de football et autres), de grandes opérations médiatiques (11 Septembre, Bataclan, Charlie), des guerres (Irak, Afghanistan, Ukraine, Iran), une pandémie planétaire, l’attention est constamment détournée et le programme se déroule sans encombre.
Pouvoir nommer l’ennemi
Avant une opération, les militaires commencent par nommer l’ennemi. Un ennemi qui n’a pas de nom ou qu’il est interdit de désigner ne peut pas être combattu. Il faut donc commencer par dénoncer qui conduit ce programme de destruction méticuleuse des peuples européens et de leur civilisation. En France, le référendum européen de 2005 avait illustré une substitution des institutions. Ainsi, l’Europe est dirigée par une présidente non élue, dont les électeurs n’ont pas à savoir à qui elle rend des comptes. Pendant la pandémie de 2020, des agences de conseil avaient pris le relai des administrations. À la dernière fête de l’Huma, avec son talent de tribun, Mélenchon a dénoncé les banquiers, oubliant sa consigne de vote du 2e tour en 2024… pour un banquier. Le terme de gouvernance mondiale traduit cette dilution des mécanismes de prise de décision. En Europe, le bilan de cette gouvernance montre que ce pouvoir s’exerce contre les peuples ; reste à savoir s’ils sont encore en état de se révolter.
Thierry DeCruzy
25/09/2026
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