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Face à l’échec du principe de laïcité : l’impératif d’identité, par Bruno Mégret

Face à l’échec du principe de laïcité : l’impératif d’identité, par Bruno Mégret

Par Bruno Mégret, polytechnicien, haut fonctionnaire, essayiste ♦ Le discours officiel tenu sur l’immigration, l’islam et l’intégration repose essentiellement sur le principe de laïcité. Une antienne laissant à croire que l’antagonisme séparant l’immigration extra-­européenne du peuple français se réduirait à cette notion et que tous les problèmes liés au fameux « vivre ensemble » seraient résolus si les immigrés se ralliaient à cet étendard.

 

Rien n’est plus faux. Car, s’il n’est pas question ici de contester le concept de laïcité qui instaure la séparation des églises et de l’État, concept qui appartient à notre patrimoine philosophique depuis des lustres, force est cependant de constater qu’il se révèle totalement inopérant pour clarifier les enjeux liés aux questions migratoires. Le discours sur la laïcité présente en effet trois failles majeures.

Immigration : le principe de laïcité est néfaste et inopérant

La référence à la laïcité conduit d’abord les acteurs du Système à placer toutes les religions sur un pied d’égalité. Une pratique qui assure à l’islam, présent sur notre sol depuis quelques décennies seulement, une promotion extraordinaire le hissant au même niveau que le christianisme, lequel a façonné notre civilisation pendant près de quinze siècles. De ce point de vue, le discours officiel sur la laïcité apparaît donc néfaste puisqu’il conduit à pénaliser notre identité tout en favorisant celle des nouveaux venus.

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Ensuite, la laïcité s’avère être un instrument doctrinal difficile d’emploi quand on en vient à vouloir l’appliquer aux réalités concrètes. Le burkini est-­il ou non conforme au principe de laïcité ? Le débat ne cesse d’être rouvert. S’agissant du voile à l’école, les textes qui l’interdisent ne le nomment même pas explicitement, utilisant à la place la formule « signes religieux ostentatoires ». En vérité, le principe de laïcité est inopérant et laisse donc d’innombrables polémiques s’instaurer à propos de chaque nouvelle manifestation publique de l’identité musulmane. Une confusion qui est d’ailleurs largement exploitée par les activistes islamiques et qui, de surcroît, discrédite largement le discours officiel.

Enfin, la laïcité n’est pas une thématique qui pousse à l’adhésion, au rassemblement et à la cohésion autour de notre nation. Expliquer aux jeunes musulmans que la France se résume aux valeurs de la République et principalement à la laïcité est une aberration qui ne peut susciter que l’indifférence, le rejet, voire le mépris. Notion abstraite et incompréhensible pour beaucoup, la laïcité ne peut pas servir de creuset pour transformer les immigrés en Français à part entière.

Le discours officiel fondé sur la laïcité ne peut donc conduire qu’à l’échec. Un échec qui d’ailleurs est aujourd’hui patent. Aussi faudrait-­il adopter un discours radicalement différent fondé, lui, sur le concept d’identité. Celui-­ci permettrait d’asseoir quelques principes clairs que chacun pourrait comprendre et reconnaître comme légitimes, à défaut de les admettre.

Le droit à l’identité : un principe clair et opératoire

Il s’agirait d’abord de revendiquer un droit à l’identité. Chaque peuple a le droit de préserver son identité, un principe sous-­jacent d’ailleurs au processus de décolonisation du siècle dernier. Mais aujourd’hui c’est la France qui connaît de graves menaces pour la survie même de sa civilisation et qui doit donc brandir son droit à l’identité. Ce qui veut dire que sa politique et son discours en matière d’immigration doivent être subordonnés à l’impératif d’identité.

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Ensuite, il faut définir officiellement les principales composantes de l’identité française et reconnaître le christianisme, qu’on soit chrétien ou non, pratiquant ou non, comme une composante essentielle de notre identité nationale.

Sans remettre en cause le principe de séparation des églises et de l’État et en se situant en dehors de toute considération religieuse, il convient donc de prendre en compte cette réalité qui doit assurer au christianisme dans notre vie nationale une place qu’on ne saurait donner à l’islam.

L’islam incompatible avec notre identité civilisationnelle

Le principe d’identité doit par ailleurs nous conduire à affirmer clairement que l’islam, qui a lui aussi, indépendamment de toute croyance religieuse, une dimension civilisationnelle, n’est pas compatible avec notre identité nationale car il est porteur d’une autre civilisation.

Cette référence au principe d’identité permettrait ainsi de définir clairement la place que doit occuper l’islam dans la société et de trancher une fois pour toutes les questions pratiques qui s’y rattachent. À cet égard il faut donc considérer que l’islam, ses attributs et ses pratiques, n’a pas sa place dans l’espace public français. Il en résulte que les musulmans, qui ont naturellement le droit de pratiquer librement leur religion, doivent le faire exclusivement dans le cadre de leur vie privée et ne sauraient exiger que nos règles publiques s’adaptent à leurs croyances. En conséquence, toutes les manifestations publiques de l’identité musulmane doivent être proscrites, qu’il s’agisse des vêtements portés à l’extérieur de chez soi, des menus spéciaux dans les cantines, des horaires réservés dans les piscines ou de tout autre affirmation de l’identité musulmane.

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L’islam confiné dans la sphère privée

Remplacer, dans le discours officiel sur l’immigration, le principe abstrait, désincarné et théorique de laïcité par celui d’identité, charnel, enraciné et global, permettrait donc de disposer d’un critère général et clair pour définir sans ambiguïté, et une fois pour toutes, quelle doit être la place de l’islam dans notre pays : celle d’une religion qui, pour ne pas obérer le droit du peuple français à son identité, doit rester confinée dans la sphère privée.

Ce principe permettrait par ailleurs d’offrir aux étrangers qui prétendent demeurer en France un modèle clair et attractif auquel ils pourraient se référer et adhérer. Loin de la chimère philosophique de la laïcité, il leur serait présenté la perspective concrète de s’assimiler à une grande nation qui a traversé les siècles et dont l’identité est un trésor civilisationnel unique au monde. Un trésor dont peuvent être fiers tous ceux qui décident d’en faire leur héritage.

Bruno Mégret
18/07/2022

Bruno Mégret
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