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États-Unis : le vent de la défaite souffle dans le camp démocrate

États-Unis : le vent de la défaite souffle dans le camp démocrate

par | 20 octobre 2021 | Politique

Par Didier Beauregard, journaliste et essayiste Les démocrates sur la sellette attendent pétrifiés les midterms de novembre 2022, avec la perspective de perdre la majorité dans les deux chambres (Sénat, Chambre des représentants) : voilà ce que véhicule la rumeur publique aux États-Unis. Les élus démocrates se tiennent à distance de Joe Biden et ne veulent surtout pas s’afficher avec son soutien, relèvent certains observateurs.

 

Trois événements, soulignent ces derniers, ont ruiné l’image du président aux États-Unis : la débâcle honteuse du retrait américain en Afghanistan, la crise migratoire à la frontière mexicaine et la peur de l’inflation liée à la hausse des prix de l’énergie ; sans compter, bien sûr, la litanie des insuffisances physiques et mentales qui campe le personnage improbable de « Sleepy Joe ». Le socle de son électorat, noir et féminin, se détournerait de lui : les Noirs en raison des difficultés sociales du quotidien, les femmes, certaines activistes tout du moins, parce qu’il a lâchement abandonné les femmes afghanes à leur triste sort.

Cette détestation croissante de l’homme de la Maison-Blanche déborde désormais de manière triviale dans l’espace public. La vidéo où il semble incapable de grimper les quelques marches d’une passerelle d’Air Force One a fait, en mars dernier, le tour du monde. Mais, plus récemment, une vidéo est devenue virale aux États-Unis, qui montre, dans un quartier noir, face à une file interminable de voitures qui attendent devant une pompe à essence, un homme en train de rugir, en apostrophant les automobilistes qui ne protestent pas : « I want my Trump back ! », tout en s’en prenant à la politique de Biden qui prive les gens d’électricité et de carburant. Plus brutale encore, la contestation actuelle qui, partie des terrains de football américain de la ligue universitaire, se répand sur l’ensemble des stades du territoire, avec des foules qui scandent en rythme : « F… Joe Biden ». Un élan primaire de détestation, jamais vu jusque-là, au cœur d’un espace qui incarne la quintessence d’un patriotisme viril américain.

Les médias français, déstabilisés par la torpille US qui a fait sombrer nos sous-marins australiens, ont désormais du mal à nous vanter les mérites d’une sagesse diplomatique retrouvée avec une nouvelle administration Biden qui respecterait enfin ses bons alliés européens. Mais, ils se montrent fort discrets sur le changement accéléré du climat politique américain, tant leur engagement inconditionnel contre Trump et pour Biden a été massif et partisan. Le story telling que les médias nous ont vendu serait-il faux de bout en bout ? Biden n’est pas un vieux sage pétri d’humanité et Kamala Harris, dit-on, n’est en rien un recours au naufrage de Biden, tant son arrogance de grande bourgeoise rend son image négative, alors que les critiques émanent de son camp même. Alors qu’elle a la charge des dossiers de l’émigration, on lui a durement reproché de ne s’être jamais rendue sur la frontière sud pour rencontrer les gens et juger, in situ, de la situation. Celle que l’on nous a vendue comme une icône de la diversité ne représente en rien le monde noir américain ni celui des pauvres. Bref, la question qui sous-tend la déroute démocrate annoncée est bien celle du retour de Trump sur le devant de la scène politique américaine. Un contre-pied redoutable à la machine de guerre médiatique qui a porté la candidature de Biden et la victoire démocrate en 2020.

Didier Beauregard
20/10/2021

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