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La France en bandes molletières

La France en bandes molletières

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« Comme dans les années 1930, la gauche anglophile, affairiste et radicale est de nouveau au pouvoir en France. »

♦ Certes, l’histoire «ne repasse pas les plats», comme disait si drôlement Céline. Néanmoins, la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui la France rappelle l’entre-deux-guerres. Car dans les années 1930 la France décroche sur tous les plans. Comme aujourd’hui.


La France décroche

Dans les années 1930, la France décroche au plan diplomatique et militaire.

Elle se campe sur un Traité de Versailles de plus en plus contesté et ne voit pas poindre le réveil des nationalités et des nationalismes, qui va tout emporter. Au plan militaire, elle décroche aussi, car sa base industrielle de défense vieillit. Et aussi parce que la doctrine militaire française n’a pas tiré toutes les conséquences de la Grande Guerre de 1914/1918.

La France décroche enfin au plan démographique car elle ne se remet pas des hécatombes de la «der des der».

La France qui tombe

En 2014 la France décroche à nouveau.

Elle décroche économiquement et socialement des autres pays de l’Union européenne et de l’OCDE : le taux de croissance stagne, le chômage progresse, la conflictualité sociale reste forte et la fiscalité se situe parmi la plus élevée des pays de l’OCDE. Son apparente santé démographique – si on la compare à la catastrophe que connaissent les autres pays européens – reste factice puisqu’elle repose principalement sur les naissances d’origine étrangère. Ses performances scolaires et universitaires déclinent constamment.

La France ne décroche plus : elle tombe.

La France en bandes molletières

Dans les années 1930 la France mène une politique déflationniste et accuse son retard social, ce qui conduira au Front Populaire. Elle se trouve déjà distancée par l’Allemagne, devenue une caserne et une ruche bourdonnante, quand les Français partent en congés en écoutant Tino Rossi.

Aujourd’hui, comme dans les années 1930, la France veut ignorer que les relations au sein du «couple franco-allemand» se sont brutalement inversées à ses dépens, le bellicisme en moins.

Car contrairement à ce que nous fait croire l’UMPS, nous ne sommes plus en 1963 : c’est-à-dire au temps du Traité de l’Elysée, lorsque la France dominait politiquement, militairement et économiquement en Europe et quand l’Allemagne, vaincue et occupée, quémandait une reconnaissance internationale et l’amitié française.

En 2014 la «deustch Qualität» domine totalement la France de papy Hollande, une France devenue l’homme malade de la zone euro et la risée de l’Europe.

Car aujourd’hui nos bandes molletières sont économiques, fiscales, syndicales et sociales.

La France à la remorque

Dans les années 1930 la France abandonne progressivement son indépendance diplomatique pour se placer à la remorque de l’Angleterre face à la montée des fascismes. Cela conduira à pousser l’Italie dans les bras de l’Allemagne, à la déclaration de guerre de 1939 – l’Angleterre mettant la France devant le fait accompli – et à la défaite. Des catastrophes dont nous n’avons pas fini de subir les conséquences.

Aujourd’hui la France se place dans le sillage de l’hégémonisme américain. Elle a adopté l’idéologie des Anglo-Saxons : le néo-libéralisme. Elle renie son histoire diplomatique et ses intérêts géopolitiques pour entrer de plus en plus dans le «grand jeu» atlantiste : retour dans l’OTAN, abandon de toute politique arabe, contribution à l’isolement de la Russie, participation à une lutte contre le «terrorisme» ou contre les «dictateurs» qui ne sert qu’à propager le chaos partout pour le plus grand bénéfice des vrais patrons.

On écoute encore un peu la voix de la France sur la scène diplomatique car elle a de beaux restes. Mais ce n’est plus De Gaulle qui parle : seulement Fabius.

La grande illusion

Dans les années 1930, la France s’illusionnait sur sa puissance et son empire colonial. «Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts», proclamaient ceux qui dans quelques mois… fuiraient sur les routes de l’exode avant de quitter la France en abandonnant les Français à leur triste sort.

En 2014 la France vit la même dangereuse illusion, le mythe de la France plurielle et du foot pluriethnique se substituant à celui de l’empire colonial de jadis.

La politique à bout de souffle

Enfin, dans les années 1930, le système politique français implose lentement. Sauvée in extremis par la Guerre de 1914 et l’union sacrée qui en découle, la Troisième République – celle des notables, des loges et des instits – retombe vite dans ses errements naturels : affairisme, scandales à répétition, régime des partis, poids des lobbies, incapacité à faire des choix.

Certes, la Cinquième République apparaît plus solide au plan institutionnel que la Troisième mais pour un résultat finalement identique : une coupure profonde entre le pays réel et le pays légal, l’incapacité à conduire les réformes qui s’imposent, une profonde crise morale.

Comme dans les années 1930, la gauche anglophile, affairiste et radicale est de nouveau au pouvoir en France.

Comme dans les années 1930, les politiciens se complaisent dans les monuments aux morts, les commémorations et les envolées lyriques sur nos «immortelles valeurs»: ils préfèrent regarder en arrière plutôt que d’affronter l’avenir.

La France «radsoc» de François Hollande commémore la «mémoire», les tirailleurs sénégalais, les fusillés de la Grande Guerre et le Débarquement de Normandie.

L’horloge du pouvoir s’est arrêtée sur l’année 1944, comme hier sur 1918. Pour ne pas voir les usines qui ferment, les Français qui grondent et les djihadistes qui s’arment.

Mais qu’on se rassure : le généralissime Gamelin*-Hollande est encore une fois à la manœuvre !

 Michel Geoffroy
25/06/2014

(*) Commandant en chef français à la déclaration de guerre de 1939.

Correspondance Polémia – 28/08/2014

Image : Le général Gamelin et le président Hollande