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L’Institut Iliade nous invite à vouloir une autre Europe

L’Institut Iliade nous invite à vouloir une autre Europe

par | 10 avril 2024 | Europe

L’Institut Iliade nous invite à vouloir une autre Europe

Le XIe colloque de l’Institut Iliade le 6 avril dernier a connu un grand succès : très nombreuse assistance tant pour écouter les interventions que dans les stands d’exposition ou pour débattre avec les auteurs dédicaçant leurs ouvrages. Car le colloque n’est pas seulement un temps de réflexion mais aussi un moment rare de convivialité et de communauté, défiant toutes les censures. L’Institut Iliade avait choisi pour thème « l’Europe de nos enfants ». Oui, l’Europe que nous voulons léguer à nos enfants, mais pas n’importe laquelle, mais pas n’importe comment.

L’Union européenne contre l’Europe

Dans son introduction, le président de l’Institut Iliade, Philippe Conrad, a tracé le cadre des travaux : face à une Union européenne qui impose son idéologie de la déconstruction, la réécriture mondialiste de notre histoire, et qui nous impose un avenir de vassalité et de régression, nous devons promouvoir une autre Europe, qui respecte nos identités nationales et qui nous permette de nous projeter à nouveau dans le monde.

Christophe Réveillard a ainsi montré que l’Union européenne n’était l’Europe ni dans son esprit ni dans son origine : elle vise à maintenir les peuples européens en sujétion, en détruisant le politique et en interdisant toute puissance. Elle n’est qu’une machinerie[1] qui s’appuie sur les principes de non-discrimination et de libre circulation pour nous broyer, et non pas une communauté de destin.

Pierluigi Locchi l’a brillamment exposé : l’Europe est à la fois notre origine et notre destin, à la fois un mythe et un projet. L’unité des peuples d’Europe a existé dans un passé lointain, que l’on a redécouvert au xixe siècle avec la linguistique indo-européenne, elle n’a donc rien d’utopique. Et dans le monde multipolaire qui vient nous n’avons d’autre choix que d’engager une nouvelle dynamique européenne, ou de sortir de l’histoire définitivement.

Renaître comme Européens ou mourir comme Occidentaux : voilà l’alternative vitale !

La richesse pérenne de notre identité

L’Europe ne saurait en effet se réduire à quelques « valeurs » abstraites ou à un marché ouvert à tous les mauvais vents, comme le prétendent les oligarques.

Notre identité est bien plus riche, comme Olivier Battistini l’a développé : une unité des contraires, de la philosophie grecque et de la religion chrétienne, de la sagesse et de la morale, des antagonismes qui ont constitué le grand ressort de la créativité européenne dans l’histoire.

Ce qu’être Européen veut dire

Benedikt Kaiser et Olivier Eichenlaub ont aussi rappelé que l’Europe se caractérisait par la multiplicité organique des appartenances : familles, région, nation, Europe, rien n’est donc contradictoire dans notre identité, sauf pour des idéologues mondialistes. Pour redonner vie à l’Europe, pour bâtir l’Europe que nous voulons pour nos enfants, il faut donc être en mesure de dépasser les oppositions entre peuples ou territoires, que le Système s’efforce d’entretenir pour nous affaiblir, et faire réémerger une conscience commune, un état social européen à même de mettre au pas l’oligarchie et la « forme capital » dont elle est issue.

Bernard Lugan, en concluant la matinée, a rappelé l’échec de l’idéologie progressiste qui anime l’Union européenne et notamment du vieux mythe de l’assimilation, alors que les autres civilisations rejettent désormais nos prétendues valeurs, y compris chez nous du fait de l’immigration de peuplement.

Il devient donc urgent de fonder un nouveau paradigme européen qui soit adapté à notre temps.

L’après-midi du colloque était consacré à définir les fondements de l’autre Europe qu’il faut faire advenir.

L’Occident contre l’Europe

En reprenant la sociologie de Ferdinand Tönnies, opposant communauté et société, Pierre Gentillet a analysé la vanité de l’Europe libérale de Bruxelles, qui repose sur le principe d’interchangeabilité de la population et sur la liquéfaction des rapports sociaux. Or le peuple est d’abord un sujet politique avant d’être un sujet de droit, et il ne suffit pas de s’installer sur notre continent pour se prétendre européen. C’est pourquoi aujourd’hui le discours libéral est à l’agonie car il n’a plus aucune prise sur le réel. La communauté redevient donc une idée neuve en Europe.

Et Jean-Yves Le Gallou a montré que c’est parce que le discours de l’oligarchie a perdu en crédibilité que le Système radicalise la censure et la réduction des libertés en Europe. Face à ce « totalitarisme sans le goulag », comme l’écrit Mathieu Bock-Côté, il faut au contraire revenir aux sources des libertés européennes : pas de vérité imposée sans libre débat, pas d’intrusion des juges dans la vie privée, défense des libertés concrètes et non pas de la Liberté abstraite des idéologues, rétablissement d’une véritable liberté de la presse. Il faut donc à l’Europe un choc de liberté et d’identité.

Constatant que l’Occident, c’est-à-dire l’espace formaté et dominé par les États-Unis est en crise aujourd’hui et que les autres civilisations le détestent de plus en plus, Lionel Rondouin a montré que la révolte croissait aussi en Europe contre des gouvernants qui sacrifient l’intérêt national pour des nuées idéologiques et qui sacrifient les Nôtres aux intérêts des Autres.

« La défaite de l’Occident » : encore un effort, Emmanuel Todd !

Pour échapper à la décadence occidentale de plus en plus manifeste, l’Europe doit donc à son tour se repenser en « empire du milieu » : retrouver le sens de sa tradition comme le font toutes les civilisations émergentes, s’affirmer comme un pôle d’équilibre, et ne pas prétendre imposer ses valeurs aux autres. Bref, il s’agit de rompre avec tout ce qui caractérise justement l’hybris occidentale !

Une analyse partagée par Thibaud Gibelin : l’Europe se trouve aujourd’hui soumise à un empire qui n’est pas le sien, l’empire américain, qui n’a rien d’européen ni dans son idéologie ni dans ses finalités et qui refuse la diversité du monde.

Face à cet empire, nous devons justement retrouver l’empire de nous-mêmes en renouant avec les fils de notre identité et de notre tradition. Car l’heure n’est plus à la restauration mais à l’éternel recommencement.

Soyons rebelles !

Alors comment faire advenir ce renouveau européen ?

En étant rebelles, affirmera Marion du Faouët dans sa conclusion, appelant à une révolution intellectuelle, morale et politique. Et en refusant la fatalité.

Pas une révolution de la table rase progressiste que le Système nous impose en permanence, mais un véritable retour à notre point d’origine, à la grande tradition de notre identité. Une révolution pour nous relever, pour une Europe debout.

Une révolution de l’humilité, car il faut tenir notre place sans faillir malgré les épreuves ; une révolution radicale car il faut s’attaquer à la racine de nos maux ; une révolution communautaire enfin pour affirmer concrètement l’unité de tous les Européens.

Bien sûr, on ne peut prétendre résumer en quelques mots des interventions très riches, agrémentées de séquences de respiration esthétique et culturelle. Mais, à quelques mois des élections européennes, ce XIe colloque de l’Institut Iliade, par sa tenue et à mille lieues des habituels enfumages politico-médiatiques, a incontestablement contribué à élever le débat et à faire percevoir les vrais enjeux.

Alors, à nous de faire advenir l’Europe que nous voulons pour nos enfants !

Michel Geoffroy
10/04/2024

[1] De Gaulle parlait du « machin » européen à propos de Bruxelles.

Michel Geoffroy

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