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Sarah Knafo préconise une politique de rupture à la Javier Milei

Sarah Knafo préconise une politique de rupture à la Javier Milei

par | 19 octobre 2026 | Médiathèque, Politique, Société

Sarah Knafo préconise une politique de rupture à la Javier Milei

Le casse du siècle (Éditions Fayard, 281 pages, 19,90 euros) est présenté par son auteur, la députée européenne et ancienne magistrate de la Cour des comptes Sarah Knafo, comme un « livre révolutionnaire » destiné à faire « tomber tous les masques » de ceux qui ont dévasté les finances publiques de la France depuis un demi-siècle. Ce manifeste libéral s’est rapidement hissé en tête des ventes de cette rentrée de septembre.
Johan Hardoy

« Un casse légal »

Sarah Knafo prend pour exemple un salarié percevant un salaire net mensuel de 2 079 euros et dont l’employeur verse 3 922 euros. Sur une carrière, la différence entre ces deux sommes s’élève à plus d’un million d’euros.

[Nota : il convient de souligner que l’écart entre le salaire net et le coût total pour l’employeur ne constitue pas une somme entièrement confisquée par l’administration, puisqu’il comprend notamment des cotisations qui financent les retraites, l’assurance maladie et d’autres protections collectives.]

Le « net imposable » de ce salarié est d’ailleurs de 2 306 euros et comprend 80 euros de CSG/CRDS non déductibles, soit un « impôt sur l’impôt ».

Ainsi, les prélèvements croissent et se multiplient. En 1791, le taux concernant les droits de succession était fixé à 1 % de l’héritage. De nos jours, il peut atteindre 45 %, alors que l’abattement de 100 000 euros par enfant n’a pas été relevé depuis 2012, malgré la croissance des prix de l’immobilier. « L’impôt sur le revenu, plafonné à 2 % en 1914, culmine désormais à 45 %, soit plus de vingt fois plus. »

L’argent prélevé devrait normalement être utilisé pour les services publics essentiels (santé, éducation, sécurité, etc.), alors que les Français connaissent « des urgences saturées, des écoles qui instruisent mal, des forces de l’ordre à bout de souffle et un sentiment général d’effondrement ».

De plus, la dette vient d’atteindre 3 500 milliards d’euros, dont 1 100 milliards entre 2017 et 2024, « sous le seul passage de Bruno Le Maire à la tête de Bercy ».

« Suivre l’argent »

Pour savoir où vont les sommes dilapidées, Sarah Knafo débute son « enquête » en appliquant une règle : regarder d’où vient l’argent et par où il transite, afin de comprendre « à qui profite le casse », car il est urgent d’y mettre fin.

Elle insiste sur trois principes essentiels en s’adressant aux Français :

1/ « Vous êtes la seule ressource de l’État », car « l’argent public, c’est votre argent ». Le patrimoine de l’État a été financé par les Français d’hier.

2/ « Le pouvoir d’achat n’est pas l’argent que l’État vous donne, mais celui qu’il ne vous prend pas ». « Quand un politicien promet de “financer” un nouveau cadeau, demandez-vous : avec l’argent de qui ? ». « Chacun de ces chèques qui tombent du ciel est financé avec l’argent de la prochaine hausse d’impôts ou avec de la dette, ce qui revient au même. »

3/ « Ce n’est pas parce que l’État dépense plus que vous obtiendrez davantage ». Les ministres ont ainsi pour habitude de présenter leur bilan en affichant les milliards d’euros dépensés, les lois votées, les postes créés, sans évoquer leurs résultats concrets en matière de service rendu à leurs concitoyens.

Le gaspillage de l’argent public

Le salarié au salaire net mensuel de 2 079 euros verse 439 euros par mois pour la santé si l’on prend en compte les cotisations de l’employeur. Après divers prélèvements (Urssaf, CNAM, ARS, etc.), 405 euros arrivent à l’hôpital, dont seulement 270 pour le soin direct aux patients. Du fait des tâches administratives ou logistiques qu’elle doit effectuer, « l’infirmière que vous croisez dans le couloir est obligée de passer autant de temps sur des formulaires qu’à votre chevet. Appliquez cette proportion aux 270 euros et il n’en reste que la moitié, 135 euros, réellement consacrés au soin direct ».

Par ailleurs, nos dirigeants ont choisi de mettre en œuvre des politiques qui se sont révélées catastrophiques, notamment dans la filière nucléaire (la France devrait être « le Qatar de l’électricité ») et le domaine industriel (notre pays tirait « 22 % de sa richesse de son industrie en 1980 et moins de 10 % en 2024 »).

La France est également l’un des tout premiers contributeurs nets de l’Union européenne, « avec 7 à 9 milliards d’euros qu’elle donne de plus qu’elle reçoit chaque année ». Certes, « avec notre argent, la machine bruxelloise finance des montagnes de gabegies », mais les dirigeants français ont une forte propension à évacuer leur responsabilité et à ne pas mettre en œuvre les réformes nécessaires en prétextant que « Bruxelles nous l’interdit », ce qui est faux « neuf fois sur dix ».

« La France est, sur la quasi-totalité des indicateurs, le mauvais élève de l’Union. Le déficit public le plus élevé. La dette la plus mal maîtrisée. Le taux de prélèvements obligatoires record. La croissance la plus faible des grands pays. Le chômage structurel le plus persistant. Et pourtant, tous nos voisins vivent sous les mêmes traités, sous les mêmes directives, sous la même Commission. »

L’immigration de masse « n’est pas la cause de tous nos problèmes, même si elle en aggrave beaucoup ». Il est pourtant nécessaire d’y mettre fin car elle pose, outre son coût pour la collectivité, « d’autres problèmes graves, identitaires, religieux, culturels ». Il convient donc de supprimer les aides aux clandestins (qui ont « enfreint nos lois et violé nos frontières ») et les subventions aux associations d’aide aux migrants, tout en mettant à exécution toutes les OQTF en faisant pression sur les pays d’origine si nécessaire.

Une bureaucratie inefficace et coûteuse

Le sociologue allemand Max Weber a démontré que la bureaucratie constituait l’un des attributs de l’État rationnel moderne, fondé sur la règle écrite et impersonnelle plutôt que sur l’arbitraire du souverain ou la tradition.

Sarah Knafo n’incrimine donc pas l’administration en tant que telle, mais « l’esprit bureaucratique ». Quand la bureaucratie devient envahissante, « la règle ne protège plus mais entrave », « le formulaire n’existe plus pour rendre un service mais pour justifier le poste de celui qui l’a créé. C’est cette dérive qui nous vole ». « Le pire, c’est que le phénomène a tendance à prendre de l’ampleur si on le laisse vivre, car le but de la bureaucratie est de grandir. »

L’Éducation nationale, qui n’a « jamais bénéficié d’un tel budget », emploie 1,2 million de personnes dont 332 800 n’enseignent pas. La situation s’est également dégradée en matière de sécurité (« un policier français peut rédiger des procès-verbaux plus de la moitié de son temps ») et de justice (« une affaire ordinaire de violences prend plus de deux ans à être jugée définitivement »), malgré l’augmentation des budgets respectifs.

« Ramenons l’Administration à ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : un serviteur, et non un maître. L’État retrouvera ses dimensions légitimes : suffisamment fiable pour nous protéger contre les dangers publics, suffisamment modeste pour nous laisser vivre et prospérer. »

Une dépense publique croissante

L’argent est « jeté par la fenêtre » depuis plus de cinquante ans, « quel que soit le gouvernement, quelle que soit la majorité, quelle que soit la conjoncture », « par pure inertie d’une machine incapable de freiner ».

Sarah Knafo cite de nombreux exemples de gaspillage des deniers publics, comme l’habitude des administrations de dépenser inutilement en fin d’année pour éviter que leur budget soit réduit l’année suivante, ou quand la France verse une aide au développement à la Chine, octroie un prêt de 20 millions d’euros « pour rénover la climatisation d’une banque en Thaïlande » et finance des projets d’éducation sur l’égalité des sexes en Irak.

La dette de l’Agence française de développement s’élève à 60 milliards d’euros. Le directeur général de cette structure de 2 650 personnes est payé 17 500 euros par mois, tandis qu’« un siège somptuaire de 50 000 m², en plein Paris », est actuellement en construction pour « près de 1 milliard d’euros ».

« Combien d’autres agences, de comités, d’autorités, d’observatoires, de hauts conseils finançons-nous ? Faisons le compte. 434 agences nationales. 329 organismes centraux. 24 autorités administratives indépendantes. 318 instances consultatives. Soit plus de 1 100 structures au niveau national, qui s’ajoutent aux ministères eux-mêmes. Et au niveau local, ce chiffre est démultiplié. »

« Personne en France ne saurait citer trois recommandations du Conseil économique, social et environnemental (CESE) et même pas une seule qui aurait été suivie d’effets. 34 millions d’euros par an pour une institution dont aucun Français ne sait dire l’utilité. Sans compter les Ceser (régionaux) qui coûtent 31,2 millions d’euros. »

D’autres dépenses découlent du choix doctrinal de l’État de soutenir une filière en la subventionnant. « Le bilan ? La France subventionne ses industries depuis quarante ans, et elle se désindustrialise depuis quarante ans. » Il existe pourtant une autre méthode pour soutenir une filière stratégique : la commande publique.

Dans le domaine du numérique, l’initiative ne doit plus venir de l’État, mais s’inspirer de l’exemple américain, où « le civil invente, le privé développe et finance, et au bout de quelques années, quand la technologie est mature et éprouvée, l’État et l’armée s’en saisissent et la soutiennent par commande publique ».

Des activités financées par les contribuables pourraient utilement être transférées au privé. À France Travail, 22 000 personnes (sur 55 000 agents) sont chargées de collecter les offres des entreprises pour les mettre en relation avec les demandeurs d’emploi : « Près de 90 % des nouveaux contrats de travail » sont pourtant signés sans jamais passer par cet organisme, dont la mission historique « a été rendue obsolète par la technologie. […] L’Administration a simplement oublié de le constater et la structure, au lieu de fondre, a grossi. »

« L’audiovisuel public raconte quasiment la même histoire », avec un coût de près de 4 milliards d’euros par an. « Il serait tout à fait possible d’imposer un cahier des charges à un acteur privé pour s’assurer que ces chaînes diffusent des programmes culturels ou régionaux. »

Le clientélisme

Les élus distribuent plus de 23 milliards par an aux associations, soit « plus que la France dépense chaque année pour sa police » et deux fois plus que pour sa justice.

« Parmi ces associations, celles qui viennent en aide aux migrants ont reçu plus de 1 milliard d’euros de la part de l’État en 2024, sans compter ce qu’elles ont obtenu des collectivités locales et de la CAF. »

Des fonctionnaires trop nombreux

« Faisons le compte. Sur les 5,9 millions d’agents publics, combien exercent réellement des missions essentielles ? Environ 870 000 enseignants, tous niveaux confondus. Environ 270 000 militaires. Environ 250 000 policiers et gendarmes. Environ 42 000 pompiers professionnels. Environ 9 000 magistrats. Environ 750 000 personnels soignants hospitaliers. Au total, 2,2 millions d’agents sur 5,9 millions. » Les autres « administrent l’administration ».

Depuis 1980, les effectifs du ministère de l’Agriculture, par exemple, sont passés d’environ 18 000 à 36 000, alors qu’il y a trois fois moins d’agriculteurs en France depuis cette date. Il convient donc de ne plus remplacer les emplois jugés inutiles lors des départs en retraite, démissions, fins de contrat, mutations, etc., compte tenu du fait que l’intelligence artificielle va permettre de plus en plus de « rendre le même service avec moins, et [de] le rendre mieux ».

La folie normative

Aujourd’hui, « nul ne peut connaître la loi ». « Ce n’est pas un accident. Pendant des décennies, des dizaines de milliers de fonctionnaires, de parlementaires, de membres de cabinet, de hauts magistrats ont été récompensés pour produire de la norme. Jamais pour en supprimer. »

« Chaque année, l’État publie au Journal officiel 67 000 pages de réglementation nouvelle ». « Le volume du droit français a doublé en vingt ans, passant de 25 à 48 millions de mots. […] Le Code du travail français compte plus de 4 000 pages et de 11 000 articles. »

Selon la Fondation Ifrap, « le coût total de la complexité administrative atteint environ 100 milliards d’euros par an ».

Un système social qui décourage le travail

« Le mille-feuille social français compte plus de 1 200 dispositifs d’aides différents, gérés par des dizaines d’organismes, avec des règles incompréhensibles, des conditions contradictoires et des effets de seuil absurdes. Personne n’y comprend plus rien. Pas même les agents de la CAF qui distribuent les aides. Pas même les bénéficiaires qui les perçoivent. »

« À force d’empiler les aides, les exonérations et les tarifs sociaux, on a construit un tel revenu hors travail que l’effort, pour certains, n’est plus obligatoire. […] Voilà la fabrique de l’assistanat. »

La fraude sociale est également massive, de l’ordre de 50 milliards d’euros par an selon le magistrat Charles Prats, qui précise que la France compte 8,2 millions d’assurés sociaux de plus que d’habitants et que, parmi eux, certains n’y vivent pas ou même n’existent pas du tout.

« Dépenser moins pour taxer moins »

Cette formule résume la pensée de Sarah Knafo en cette matière. En effet, « si on baisse les dépenses sans baisser les impôts, on continue d’étrangler l’économie. Si on baisse les impôts sans baisser les dépenses, on creuse le déficit ».

Elle présente ainsi une série de mesures chiffrées en vue de réduire la dépense publique de plus de 130 milliards d’euros, « pour que les Français puissent enfin s’enrichir du fruit de leur travail ».

Son programme propose une méthode comportant quatre leviers : la légitimité du mandat présidentiel, la légitimation par référendum (une voie utile contre le pouvoir des juges et les blocages syndicaux, notamment), une équipe restreinte de dix ministres et la vitesse d’exécution des réformes, car « les six premiers mois sont déterminants ».

Pour vaincre l’inertie de la haute administration dans l’application des réformes, 70 postes stratégiques seront confiés à des personnes de confiance présentant toutes les garanties de compétence professionnelle, d’adhésion au programme et de capacité à tenir contre les pressions. Ces responsables seront évalués sur des indicateurs de résultats mesurés trimestriellement.

Au niveau européen, « la France doit nommer des représentants durs, rompus aux rapports de force, qui défendront les intérêts français en premier. […] Si la France est enfin gouvernée, ce n’est plus la France qui craint Bruxelles, c’est Bruxelles qui doit composer avec la France ».

En conclusion de l’ouvrage, le « Tribunal du contribuable français » rend un verdict ordonnant finalement « que la porte soit refermée derrière les casseurs, sans possibilité de retour », et que le citoyen français soit rétabli « dans son droit de ne plus jamais regarder son argent comme avant ; de ne plus jamais oublier qu’il l’a gagné, que c’est le sien et que la propriété est inviolable ».

Johan Hardoy
19/10/2026

Johan Hardoy

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