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Regard écologique sur le métissage (1/5)

Frédéric Villaret, docteur en sciences, essayiste

♦ Le métissage est encouragé au nom du mondialisme cosmopolite ; mais est-ce vertueux écologiquement ?

Le métissage aujourd’hui – Difficile d’échapper à la doxa métissolâtre. Les publicitaires raffolent de métis et de couples mixtes : généralement une Européenne blanche associée à un Africain noir. On n’évoquera pas le cinéma faisant du couple inter-racial et du métis l’avenir de nos sangs. Les médias dominants nous imposent une conception métissée de notre avenir.

Au même titre que le consumérisme compulsif, c’est une des composantes irrécusables du mondialisme cosmopolite. L’élection de Barack Obama, présenté comme afro-américain mais en réalité un métis afro-européen, était porteuse d’une dimension symbolique voulue par nos « élites ».


La mutation est flagrante. Encore hier, le cinéma US s’interdisait la mise à l’écran de couples mixtes. De nombreux Etats américains prohibaient les mariages inter-raciaux. En Europe, la question ne se posait même pas. Il n’y avait quasiment pas d’allogènes chez nous. Aujourd’hui, tout est fait pour encourager ces pratiques au-delà même de ce qui se ferait « naturellement ». Quelles sont les motivations à l’origine de cette politique ?

Pour l’écologiste, ce métissage participe à la crise écologique en cela qu’il nécessite une surartificialisation de nos écosystèmes pour permettre à ces « hybrides » de survivre. L’exemple du Grolar nous permet de comprendre pourquoi.

Le Grolar

Pour éclairer l’inadaptation d’hybrides à des milieux naturels, les biologistes se sont intéressés au Grolar.

Le Grolar n’est pas un individu ayant abusé de « nourriture rapide » US (fast-food), mais le nom désignant l’hybride issu du croisement entre un ours polaire (Ursus maritimus), donc blanc, et un ours brun (Ursus arctos arctos).

Le premier est confiné aux espaces arctiques, là où dominent des températures froides toute l’année, imposant neige et glace. Le second prospère dans le climat tempéré, allant des confins du climat arctique jusqu’au sud de l’Europe en Espagne ou dans les Balkans.

Ces hybridations produisant le Grolar sont fréquentes, les deux populations se côtoyant dans les aires septentrionales. Le réchauffement climatique les a amplifiées car les aires tempérées remontent au nord au détriment du climat polaire. Or, les hybrides n’ont quasiment aucune chance de survie en milieu naturel. En effet, l’ours polaire a deux qualités essentielles pour survivre en milieu polaire : il est blanc, il nage bien. Cela lui permet de se dissimuler au regard de ses proies et de parcourir la banquise facilement. Or, le Grolar est brun grisâtre, donc repérable sur la banquise, et n’est pas bon nageur. En climat tempéré, en revanche, il est trop clair pour se dissimuler et ne court pas aussi vite que l’ours brun de souche. Donc, il est détecté facilement par ses proies potentielles qui de toute façon lui échappent au moment de l’attaque. Que ce soit sur la banquise ou dans la forêt, il est condamné.

En revanche, il survit dans des zoos. Là, il y est hébergé, soigné, nourri et préservé des aléas de la vie naturelle dans des locaux spécifiques. Aussi, à ce jour, et malgré des hybridations fréquentes en milieu naturel, le Grolar n’est visible que dans ces milieux artificialisés que sont les zoos.

La morale de cette histoire est que ce que la Nature condamne, l’Homme peut le faire vivre dans un milieu très artificialisé. Or, cette artificialisation est à l’origine des crises écologique et environnementale caractérisant notre époque.

Pourquoi le métissage aurait-il une relation avec la crise écolo-environnementale de notre temps ?

Comme cela a déjà été écrit des milliers de fois, la crise écolo-environnementale s’est imposée à notre conscience dans les années 1960. A cette époque, le baby-boom des peuples blancs et le développement économique condamnent la nature et créent des menaces sur nos conditions de vie. C’était l’époque où les poissons de nos rivières nageaient sur le dos dans une mousse blanchâtre. Pour mémoire, les dommages à la nature sont réunis dans la notion de crise écologique, alors que les dommages à l’environnement portent une conception plus anthropocentrée. La poursuite de ce phénomène avec l’explosion démographique dans les pays non blancs et leur développement économique portent cette crise à l’échelle de la planète entière. Les controverses sur le réchauffement climatique ou la dégration des indices de diversité écologique sont des symptômes actuels prouvant que, depuis, ces crises n’ont fait que s’amplifier. Un recensement du Great Elephant Census révèle que le nombre de pachydermes vivant dans les savanes d’Afrique a chuté de 30% entre 2007 et 2014.

Les causes de ces crises sont connues : la croissance démographique, le développement économique. Pour un écologiste, ce développement est un processus d’artificialisation des écosystèmes à l’origine d’impacts environnementaux irrépressibles, dont la Nature est la première victime. L’anthropisation de l’écosphère se poursuit encore.

Les êtres hybrides étant foncièrement inadaptés aux milieux naturels, dont ils transgressent en quelque sorte les lois écologiques, ne survivent qu’en milieux artificialisés. Ils obligent par conséquent à une surartificialisation inopportune amplifiant les désordres écologiques et environnementaux. Pourtant, le métissage est une pratique naturelle. En effet, le succès de la Vie, en général, est de toujours explorer de nouvelles configurations susceptibles d’être adaptées à de nouvelles configurations écosystémiques. Pour parler en termes peut-être hermétiques, le métissage est une manifestation de la composante entropique irréductible de tout système en non-équilibre thermodynamique – donc les systèmes vivants – participant à l’exploration de l’espace des phases du milieu dans lequel ils s’inscrivent. Voilà, c’est dit. Dans la littérature anglophone, les spécialistes de ces questions résument cette situation par « order from disorder ». Cette approche permet de comprendre pourquoi l’hybridation est une composante essentielle du monde vivant.

Frédéric Villaret
6/12/2016

Correspondance Polémia – 15/12/2016

Image : Barack Obama

Frédéric Villaret. Docteur en sciences. Spécialité: ingénierie écologique des écosystèmes artificiels. Chef d’entreprise et enseignant-chercheur indépendant, il se consacre désormais à proposer une interprétation écologique des enjeux politiques contemporains, notamment pour la fondation Polémia.