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Présidentielle 2027 : radioscopie d’un piège à cons

Présidentielle 2027 : radioscopie d’un piège à cons

par | 2 août 2026 | Politique

Présidentielle 2027 : radioscopie d’un piège à cons

Et si la véritable bataille de 2027 ne se jouait pas dans les urnes, mais dans l’après-élection ? Une stratégie du chaos savamment orchestrée pourrait être l’ultime assurance-vie du macronisme. Une analyse insolite, prospective et glaçante d’Hubert Calmettes, expert en communication politique.
Polémia

L’inévitable prurit national-populiste

La Macronie pourrait avoir déjà fait une croix sur une possible victoire du bloc central en 2027. Des candidats-héritiers peu convaincants, aussi captivants qu’une notice d’assurance, champions incontestés du charisme minimaliste, un bilan apocalyptique sur tous les fronts et surtout cette attente diffuse dans l’opinion d’une rupture claire et nette, un ras-le-bol aux relents prérévolutionnaires : autant d’éléments contextuels qui pourraient conduire nos gouvernants à considérer l’élection 2027 comme un nécessaire et inévitable prurit national-populiste. Tout ceci avec un objectif principal qui serait l’instrumentalisation de l’après-élection et la préparation d’un recours, véritable retour en grâce du bloc central en réaction.

En effet, ne sous-estimons pas le cynisme qui anime le locataire de l’Élysée, probablement prêt à capitaliser sur la faiblesse de ses successeurs de tous bords (candidats et nouveaux élus) afin de régénérer son image au plan national et européen.

Laisser le RN accéder au pouvoir dans un contexte ingérable

Entre Jordan (qui aurait pu être le candidat du Système libéral, premier insurgé devenu « peopolisé », normalisé et raisonnable avant même d’avoir gagné) et Le Pen, la rebelle récidiviste, le « Système » a tranché.

Une Marine élue, mais mal élue (boulet de la « candidate-délinquante » subtilement astiqué par le Pouvoir et les médias subventionnés, réticence de la droite bourgeoise sur le programme économique…) se retrouverait confrontée à des finances publiques dégradées, des créanciers plus rétifs que jamais, une croissance nulle, des pénuries curieusement différées, des tensions sociales majeures, un prétendu « antifascisme » de rue violent aux relents de guerre civile. Objectifs : discrédit rapide des « extrêmes », focalisation sur l’inévitable violence générée par ces mouvements de tous bords, sur l’écart entre promesses et contraintes de gouvernement, marqueur d’incompétence.

Après quelques trimestres de turbulences, le Peuple exsangue réclamerait un retour à la raison ! Battue dans les urnes, la Macronie reviendrait par la fenêtre de la nécessité : exit son bilan antérieur, exit la « Macrophobie » généralisée et le souvenir d’un « extrême centre » liberticide ; l’homozappeur, addict à la consommation et aux écrans, a flingué près des deux tiers de ses capacités de mémorisation depuis les années 90 ! Il oublie, veut le changement pour le changement, et son insatisfaction permanente est désormais consubstantielle de son comportement d’électeur : il ne vote plus par adhésion, mais par défaut ; il ne se bat plus pour un projet, mais pour sa dose.

Différer autant que possible l’explosion économique

Déficits records, dette publique massive, dépendance totale aux marchés financiers… Objectif : repousser l’heure des comptes (artifice budgétaire, communication rassurante jusqu’à l’élection, rideaux de fumée géopolitiques, gestion des réserves pour masquer les pénuries). Quels que soient les audits réalisés par les nouvelles équipes au pouvoir, la perception générale d’une situation brutalement dégradée serait de nature à entamer rapidement leur crédibilité.

Verrouiller l’appareil d’État

La mise en place d’un « deep state » à la française, à la veille de l’élection, n’est certes pas anodine. Des nominations à des postes stratégiques sont, à cet égard, très évocatrices : Conseil constitutionnel, hautes autorités administratives, institutions de régulation, grands corps de l’État, direction des administrations, magistrature supérieure. Cela marque à l’évidence la volonté d’installer à des postes clés des personnalités — une armée de soldats résistants issus du même écosystème politico-administratif. Quelle que puisse être l’alternance à venir, nous savons déjà où pourrait se lover demain le véritable pouvoir, avec une capacité d’influence, voire de blocage.

Vers un 3e tour social

La Macronie a déjà anticipé qu’en cas de victoire « nationale-populiste » en 2027 se mettrait en place un vaste mouvement de contestation orchestré par l’extrême gauche, revigorée par son champion, excellent tribun trotskiste, qui pourrait faire un score tout à fait honorable à l’élection (manifestations permanentes, mobilisations associatives, pressions syndicales, campagnes médiatiques, recours juridiques, journalistes chauffés à blanc avant liquidation…). Toute réforme deviendrait le prétexte à une confrontation totale, avec l’espérance secrète d’une vraie bavure policière inévitablement présentée comme un marqueur du retour de la « bête immonde ».

Le pari n’est déjà plus celui de la réussite du pays, mais celui du discrédit de l’alternative

À la fin de son règne, la Macronie renonce à convaincre les Français ; elle prépare l’échec programmé de ses adversaires. Le chaos n’est plus un risque, mais un moyen, une ressource politique. Les crises, blocages et tensions des marchés deviennent des instruments permettant d’organiser les conditions de l’impuissance des nouveaux gouvernants, même si cela devait se faire au détriment de la Nation, format dépassé pour un libéral mondialiste. C’est bien, du reste, la même logique machiavélique qui anime ce pouvoir aujourd’hui dans sa folie guerrière et dans l’instrumentalisation d’une menace extérieure cherchant à faire diversion sous l’effet drapeau.

Les Français pourraient ainsi, une fois de plus, redevenir les figurants d’un scénario déjà écrit, celui d’une alternance piégée. Un piège à cons où l’électeur ne ferait que valider, par son vote de protestation, un retour programmé au point de départ. Le véritable débat de 2027 n’est donc pas seulement électoral, il est civilisationnel : deux visions de la France sont en opposition, celle d’un Peuple souverain capable de décider de son destin, qui aura compris qu’il ne suffit pas de gagner l’élection pour reprendre le contrôle du pays, et celle d’une Démocrature sous tutelle où les citoyens sont autorisés à voter, mais non à choisir.

Hubert Calmettes
02/08/2026

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