Éric Delcroix, avocat et contributeur régulier de Polémia, a récemment publié Droit, race et chaos ethnique. Cet ouvrage aborde frontalement des questions que le politiquement correct interdit d’évoquer. Françoise Monestier, journaliste et pilier de Polémia, a lu ce livre. Compte-rendu et analyse.
Polémia
Un ouvrage chirurgical
« L’antiracisme obligatoire, empli de ses certitudes morales sans cesse prêchées, vient nous imposer un dogme qui en est l’exact contraire : les races n’existent pas, elles sont le produit de constructions sociales comme les sexes (genres) et toute analyse qui prétend l’inverse doit être bannie, car hérétique », écrit Pierre-Marie Bonneau, avocat au barreau de Toulouse, dans sa préface du dernier livre d’Éric Delcroix, Droit, race et chaos ethnique (1). On ne saurait mieux définir l’esprit de cet essai où sont analysés cinquante ans de lois « antiracistes » et trente ans de lois mémorielles qui ont abouti à la quasi-disparition (voire à la disparition) de toute liberté d’expression et à la pénalisation de toute opinion qui dévie du droit chemin imposé par ces mêmes lois et les différents groupes de pression antiracistes — de la LICRA au MRAP en passant par les associations proches de LFI. Avec une précision chirurgicale, l’avocat, aujourd’hui à la retraite, décortique l’arsenal juridique mis en place depuis 1972, truffe son ouvrage de références historiques et politiques et décrit le cheminement intellectuel de tous ceux qui, aux États-Unis particulièrement et désormais surtout en France, ont cuisiné cette mauvaise tambouille qui contamine et empoisonne l’ensemble de nos institutions étroitement imbriquées dans ces différentes manipulations.
Une drôle de collusion
En décrivant « l’ordre moral antidiscriminatoire » sous la férule duquel nous vivons depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, Éric Delcroix montre comment, finalement, « dans l’Occident décadent, l’antifascisme a si bien survécu à ses concepteurs communistes et circonstanciels qu’il est devenu le trait d’union indissoluble entre les partis marxistes ou postmarxistes, d’une part, et les partis dits bourgeois ou libéraux, d’autre part ». Et son rejeton, l’antiracisme, qui n’existait pas avant 1945 et l’alliance Thorez/de Gaulle, ayant permis l’installation du Parti communiste dans les plus hautes sphères de l’administration française, est de plus en plus prospère. On le constate quotidiennement quand on voit combien cet enfant naturel de Beauvoir et de Sartre, mais également de Cohn-Bendit et d’autres acteurs de Mai 68, imprègne profondément également tous les pays européens. À commencer par la Grande-Bretagne, en pleine guerre ethnique provoquée par une submersion migratoire de taille XXL déjà en germe quand Enoch Powell prononçait son fameux « discours des fleuves de sang » en 1968.
Et que dire de l’odieuse capitulation de la classe politique aux manettes en Allemagne, dont les militants de l’AfD sont systématiquement persécutés et poursuivis pénalement quand ils ne sont pas attaqués à l’arme blanche, comme récemment le député Michael Meister à Rostock ?
Quant à la France, n’oublions pas le jeu pervers du pouvoir macroniste ou celui de nombreux responsables LR (style Darmanin) qui caressaient dans le sens du poil les troupes trotskistes de Mélenchon aux législatives de 2024, à seule fin de barrer la route aux candidats du Rassemblement national et qui, maintenant, poussent des cris d’orfraie en voyant la « nouvelle France » de Bally Bagayoko et consorts aux commandes de Saint-Denis et de la plupart des villes de Seine-Saint-Denis, dans lesquelles la chasse aux Blancs est ouverte comme d’ailleurs dans beaucoup de communes gagnées par la peste rouge/verte.
Un « grand remplacement » grandeur nature dont la courageuse dénonciation, voici quelques années, par Renaud Camus avait valu à ce dernier d’être rejeté dans le camp des pestiférés.
La Convention de New York contre la Déclaration universelle des droits de l’homme
« Sous l’égide des Nations unies, la Convention de New York fut établie en 1965 sous l’ère de Lyndon Johnson et proposée à la signature des États en 1966, contre toutes les discriminations raciales mais aussi contre tout essentialisme, c’est-à-dire contre tous nos êtres collectifs », souligne Éric Delcroix.
À partir de cette date, en effet, une nouvelle révolution envahit progressivement nos sociétés et l’antiracisme concocté à la fin du XIXe siècle par l’anthropologue Franz Boas, adversaire résolu de Darwin et marxiste de conviction, s’épanouit à ciel ouvert. Les vainqueurs de 1945, Moscou comme Washington, voyaient ainsi triompher « la volonté de démanteler les nationalismes européens au nom de l’antifascisme, fondateur de l’antiracisme ».
Ce renversement de l’ordre intervenait en contradiction avec la Déclaration universelle des droits de l’homme votée en 1948 par cette même ONU. La machine se mettait en route avec la complicité d’une certaine droite et pour le plus grand plaisir d’une gauche socialo-communiste qui n’en espérait pas tant, mais aussi de lobbies – comme le MRAP et la LICRA – qui sortiront triomphants et enrichis de ces différentes passes d’armes.
Le mal français
En France, cette Convention ratifiée en 1971 après la mort de Charles de Gaulle, sonnera le glas de nos libertés, Pompidou regnante, le 1er juillet 1972 avec l’adoption de la loi Pleven, alors garde des Sceaux et disciple de l’agent américain Jean Monnet qui fit tant de mal à notre pays.
Cette loi fait la chasse à toutes les discriminations raciales, ethniques, nationales, religieuses et sera complétée notamment par la loi Perben 2 en 2004, qui en rajouta une couche avec « toutes les discriminations naturelles (sexe, mœurs, infirmités) », et auparavant par la loi Lellouche qui, en 2001, aggravait les peines punissant le racisme et l’antisémitisme sans oublier, bien sûr, la loi Fabius-Gayssot de 1990.
Les lois mémorielles — notamment la loi Taubira sur l’esclavage — finiront de consolider l’édifice qui a mis en place le racisme antiblanc et privilégié la préférence étrangère. Plus question aujourd’hui de tenir les propos que Charles de Gaulle tenait à Alain Peyrefitte en octobre 1959 (2) : « C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns… Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. » Et Jean Giraudoux subirait lui aussi les foudres de la LICRA s’il était encore de ce monde, lui qui écrivait en 1939 (3) : « Le pays ne sera sauvé que provisoirement par les seules frontières armées ; il ne peut l’être définitivement que par la race française… une politique n’atteint sa forme supérieure que si elle est raciale, car c’était aussi la pensée de Colbert et de Richelieu. »
Une nuit du 4 août antiraciste
Après avoir mis au rebut le concept de « patries charnelles », jugé obsolète et raciste, pour le remplacer par les « valeurs républicaines » que même Marine Le Pen et ses proches défendent mordicus face aux attaques de l’extrême gauche et des écolo-trotskistes, le Système a mis en place une police de la pensée et une nouvelle religion inquisitoriale, transformant les sept péchés capitaux en racismes capitaux, « les sept racismes au sens extensif et essentialiste du terme sont la discrimination 1° raciale, 2° nationale, 3° religieuse, 4° sexiste, 5° homophobe, 6° transphobe, 7° physique ou mentale », comme le rappelle Éric Delcroix.
Bien sûr, ce n’est pas une « liste à la Prévert », mais bien plutôt ce qui permet aux tenants de la « Nouvelle France » comme Mathilde Panot d’affirmer, péremptoire, que « la France blanche et chrétienne n’a jamais existé, jamais » ou à Bally Bagayoko qu’il est légitime de siffler la Marseillaise. Ce qui permet également à Marine Tondelier de demander la mise en place de « cours d’éducation à la vie affective et sexuelle dès la maternelle » et de vouloir « une nuit du 4 août 2027 d’abolition des privilèges climatiques ».
Aucune poursuite ne sera engagée contre eux, le pouvoir ayant trop peur de bousculer ces nouvelles vaches sacrées et n’utilisant le terme de négationnisme que lorsqu’il s’agit de certaines périodes de l’histoire. Cette nouvelle religion n’est possible que parce que règne dans le monde politique une nouvelle terreur comparable à celle qu’avait dénoncée Anatole France dans Les Autels de la peur, un petit ouvrage paru en feuilleton dans le Journal des débats (du 2 au 16 mars 1884) et dans lequel cet homme de gauche à l’immense talent décrivait la folle journée du 14 juillet 1789 : « Le Cours-la-Reine était désert. Dans ce bruit plus faible qu’un soupir, il devinait des cris de mort, de haine, de joie, d’amour, des appels de tambour, des coups de feu, enfin tout ce que, du pavé des rues, les révolutions font monter vers le chaud soleil de férocité stupide et d’enthousiasme sublime. » On connaît la suite.
La France a eu un avant-goût de ce climat de terreur domestique au moment du vote à l’unanimité de la proposition de loi Mathieu Lefèvre/Caroline Yadan en mars 2024, qui avait pour objet de réprimer encore plus durement les propos dissidents tenus en privé. Pourtant, face à cette extension terrifiante du champ du crime contre la pensée, les 17 députés frontistes se sont courageusement abstenus… Il était loin le temps où Marie-France Stirbois, seule députée frontiste élue au scrutin majoritaire après la dissolution de 1988 voulue par Chirac, avait livré une bataille d’amendements contre la liberticide loi Gayssot.
Faudrait-il, dès lors, jeter le manche après la cognée et croire que la défaite d’une pensée libre est certaine ? Oui, si les esprits libres renoncent à mener la bataille. Non, si ces mêmes esprits libres décident de continuer à ferrailler comme ils en auront l’occasion bientôt avec la discussion du projet de loi Bergé — reprise d’une nouvelle proposition de loi Yadan — qui se propose d’élargir le délit de révisionnisme en criminalisant l’interprétation de Robert Aron sur le régime de Vichy. Interprétation peut-être discutable mais dominante jusqu’en 1970 et attribuant « l’épée à Londres et le bouclier à Vichy ». Tout en introduisant une peine d’inéligibilité pour certaines infractions pour permettre d’écarter du suffrage les hommes politiques trop critiques sur l’immigration.
Françoise Monestier
23/06/2026
(1) 124 pages avec index, 12 €. Éd. Akribeia, www.akribeia.fr
(2) Alain Peyrefitte, C’était de Gaulle, tome 1, La France redevient la France, Éditions de Fallois Fayard, 1994.
(3) Jean Giraudoux, Pleins pouvoirs, Gallimard, 1939.
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