Accueil | Exclusivité Polémia | Pandémie-écologie : le temps des démocraties punitives

Pandémie-écologie : le temps des démocraties punitives

Pandémie-écologie : le temps des démocraties punitives

Par Pierre Boisguilbert, journaliste spécialiste des médias et chroniqueur de politique étrangère ♦ Nos libertés sont brimées comme jamais, pour notre bien naturellement. On a mis en place une sorte de goulag sanitaire, qui va avec le déconfinement se transformer en un immense camp de rééducation. Incapable de nous protéger, nos démocraties libérales nous enferment puis nous punissent. Auront-elles sauvé des vies ? Rien n’est moins sur. On verra plus tard d’ailleurs s’il y a eu, comme en Espagne, en France et ailleurs, une sorte d’extermination non voulue, mais de fait, des personnes âgées les plus fragiles. L’absence de tests dans les Ephads en France, comme le manque de protection de leur personnel, restera sans doute comme un signe fort du naufrage de notre technostructure qui a fait du vieux un investissement capitaliste.


Le constat est tout de même terrifiant : « plus de libertés aux pays des libertés ». Nous sommes dans un totalitarisme sanitaire accepté par la population via la peur. Ce n’est pas la solidarité — admirable quand elle ne relève pas de l’exhibitionnisme Facebook — mais bien la trouille qui mène le monde occidental aujourd’hui. Ce serait acceptable si cela correspondait à une efficacité réelle. Mais ce n’est pas le cas, comme le prouve au quotidien le scandale des masques. On met en cause aussi l’efficacité de l’enfermement civique quand on voit que dans d’autres pays comme la Suède, où les citoyens sont restés finalement plus libres, le nombre de morts n’est pas pire. Notre méthode, imposée par la pénurie et mal gérée par nos politiques, n’était à l’évidence pas la meilleure.

Après les mandarins, les ayatollahs verts

Mais quand le virus sera passé, retrouverons-nous nos libertés perdues ? Rien n’est moins sûr. On va passer de la pandémie punitive à l’écologie punitive. Tout se met en place. On nous explique déjà que, si on meurt par les bronches, la planète, elle, respire mieux. Il y aurait donc un aspect écologique positif du Covid-19, grand ennemi du genre humain mais ami de la planète. Tous les totalitarismes affirment vouloir faire le bien de l’humanité sans se soucier du bien-être des hommes. On peut donc craindre la naissance d’une dictature verte au sortir de la crise sanitaire. Les déclarations se multiplient dans ce sens. Certains souhaitent que la décroissance imposée par la maladie soit maintenue ensuite, et que la reprise ne soit que très limitée. Quitte à prendre le risque de déboucher sur un génocide social.

Quand les médecins auront enfin quitté les plateaux télés, les idéologues prendront la relève. Ils voudront eux aussi nous imposer un mode de vie correspondant à leurs objectifs et limitant nos libertés. Ce sont les ayatollahs de l’écologie punitive qui vont s’imposer afin de noussoumettre à leur radicalité verte.

Se déconfiner, c’est bien. Se libérer, c’est mieux

Pour nos libertés, après la peste donc, le choléra. Sauf si le peuple se révolte. Ce n’est pas impossible. Ce que l’on voit aux Etats-Unis pourrait se produire un peu partout et notamment en France. Le régime serait bien sûr incapable de s’opposer à une désobéissance civile massive au nom de la liberté daller et venir dans son propre pays. Le déconfinement craque d’ailleurs même là ou il était respecté. Le traitement spécifique réservé aux banlieues immigrées illustre la lâcheté du pouvoir et l’injustice d’un deux poids deux mesures. Un pouvoir lâche et incompétent qui, après s’être couché devant l’hystérie médiatico-sanitaire, pourrait tout céder aux Greta Thunberg en folie.

Comme quoi il ne faut pas se déconfiner mais d’abord se libérer avant de tomber en servitude définitive.

Pierre Boisguilbert
06/05/2020

Source : Correspondance Polémia

Crédit photo : Domaine public

Cet article vous a plu ?

Je fais un don

Soutenez Polémia, faites un don ! Chaque don vous ouvre le droit à une déduction fiscale de 66% du montant de votre don, profitez-en ! Pour les dons par chèque ou par virement, cliquez ici.

Je m'abonne

Trois fois par semaine dans votre boîte aux lettres électronique, la Lettre de Polémia.
 

Blanquer à l’Éducation nationale, la dictature en marche

Par Claude Meunier-Berthelot, enseignante, essayiste ♦ C'était couru d'avance ! Pour qui...

Les médias veulent descendre Éric Zemmour

Par Pierre Boisguilbert ♦ Depuis plusieurs jours, l’offensive politico-médiatique contre...

« Les immigrés font le boulot que les Français ne veulent pas faire » : slogan éculé et mensonger

Par Jean-Yves Le Gallou, président de la Fondation Polémia ♦ « Les immigrés font le boulot...

États-Unis : le vent de la défaite souffle dans le camp démocrate

Par Didier Beauregard, journaliste et essayiste ♦ Les démocrates sur la sellette attendent...

BHL-Zemmour : devoir de mémoire contre devoir d’histoire

Par Pierre Boisguilbert ♦ Eric Zemmour aime les Français, Bernard-Henri Lévy hait « tout ce...

17 octobre 1961 : un « massacre » imaginaire, par Bernard Lugan

Par Bernard Lugan, historien spécialiste de l'Afrique, notamment auteur de Algérie, l'histoire à...

Union européenne : taper du poing sur la table, avant de la renverser !

Par Paul Derey ♦ Les critiques de l’Union européenne sont omniprésentes à droite, mais les...

Immigration : comment expulser tous les étrangers en situation irrégulière ?

Les débats de l’élection présidentielle en 2022 (3) Par Paul Tormenen, juriste et spécialiste des...

L’Union européenne, source de nos problèmes… vraiment ?

Par Paul Derey ♦ L’ancien commissaire européen et deux fois ministre des Affaires...

Fact checkers ou désinformateurs ? Trois questions à Jean-Yves Le Gallou

Entretien paru par l'Observatoire du journalsime ♦ “Fact checkers”, vérificateurs,...