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La liberté selon Macron ? Une imposture

Entre omissions et récupération immigrationniste, Macron célèbre les soldats extra-européens débarqués en Provence

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Par André Posokhow, consultant ♦ Lors des commémorations du débarquement du 15 août 1944 en Provence, auquel ont pris part des soldats extra-européens issus des colonies, Emmanuel Macron n’a pas manqué de célébrer la mémoire de ces soldats particuliers ainsi que « la part d’Afrique » de la France. Un discours qui n’a pas manqué de faire réagir André Pososkhow.
Polémia


Une récupération politique cauteleuse

L’incorrigible Macron a glissé des propos doucereux et inquiétants au cours de son discours.

Quelle est la signification exacte du terme  « gratitude impérissable » alors que la participation des soldats africains remonte à 75 ans ? Cette gratitude est-elle appelée à devenir perpétuelle ? Devrons-nous l’exprimer dans les siècles des siècles aux descendants de ces soldats africains et à l’étape suivante aux Africains en général ?

Ainsi nous devrions ajouter à cette repentance hautement nocive dont la gauche et Macron se sont fait les chantres, une « reconnaissance » dont on voudrait savoir quelle forme elle doit prendre. Le mot « dette » a été prononcé. Dette purement morale ou financière ? Ou plus simplement Macron veut-il légitimer encore plus son ouverture des frontières à l’invasion migratoire ?

Car il y a récupération immigrationniste lorsque Macron affirme que «  la France a une part d’Afrique en elle » et se tourne vers la jeunesse de France pour que celle-ci se considère comme « obligée » par cette histoire de la « faire fructifier contre tous les obscurantismes ».

Il oublie qu’il existe en France une jeunesse nombreuse et violente qui est effectivement une part d’Afrique. Cette jeunesse a déclenché une guérilla contre notre pays qu’elle considère comme conquis et lui appartenant. Le sacrifice des soldats africains en Provence et dans d’autres lieux ne saurait justifier ces agressions et cette occupation auxquelles Macron et sa bande apparaissent indifférents.

C’est l’Armée française qui a débarqué en Provence et non des soldats de telle ou telle origine

Ce ne sont pas les seuls soldats maghrébins ou africains qui ont débarqué en Provence comme voudraient le faire croire des historiens idéologisés de la gauchosphère. C’est l’Armée française.

Celle-ci a depuis le XIXe siècle incorporé des personnels des colonies dans ses rangs. Plusieurs grandes puissances ont fait de même. Ce fut le cas des Britanniques avec les Hindous, des Espagnols avec les Maures, des Italiens et des Allemands.

Les Français ont créé après la conquête de l’Algérie suivie de celle de la Tunisie et du Maroc l’Armée d’Afrique dédiée à l’Afrique du nord. C’étaient  des troupes fidèles, vaillantes et dévouées à leurs chefs à condition qu’ils le méritent. Le film « Fort Saganne » en est certainement l’une des meilleures illustrations.

Les troupes coloniales héritières des compagnies ordinaires de la mer créées en 1622 par Richelieu ont très tôt incorporé,des Africains dénommés Sénégalais.Ceux-ci ont constitué l’essentiel des colonnes qui ont investi notre Afrique noire. Sans eux pas de conquête coloniale !

Armée d’Afrique et unités coloniales étaient le plus souvent des troupes de métier. Elles n’ont jamais fait défaut même dans les pires circonstances comme en 1940. Elles faisaient partie intégrante de l’Armée française, vivaient en symbiose avec elle et portaient en général un très grand attachement à leur encadrement français, cerveau et colonne vertébrale de ces unités, à l’Armée et à la France. Ce n’était pas des soldats colonisés comme j’ai eu l’occasion de l’entendre dire de manière scandaleuse lors d’une émission télévisée mais des tirailleurs, des spahis, des goumiers d’unités glorieuses de notre Armée d’autrefois. Ils étaient les soldats de l’Empire français.

Des injustices, il y en eut. Inutile de les rappeler, la gauchosphère s’en charge complaisamment à longueur d’articles et d’émissions. Mais ces combattants de tous nos conflits vouaient respect et amour à la France. Ils n’auraient pas ressenti ces sentiments si les dirigeants politiques français s’étaient vautrés, comme ceux d’aujourd’hui, dans le lisier d’une contrition veule, masochiste et  faussement historique.

Les défaillances de mémoire de Macron

Trop occupé à prêcher cauteleusement pour sa paroisse immigrationniste, Macron a commis quelques oublis.

Tout d’abord pourquoi autant de soldats d’outre-mer ? Parce que leurs unités étaient tout ce qui restait de l’Armée française de 1940 du fait d’une défaite soigneusement préparée par les comitards incompétents de la IIIe République. Là aussi il y a un devoir de mémoire qui n’est pas respecté quant aux responsabilités de ce désastre.

Autre occultation, s’il y a eu une Armée française en Provence c’est grâce à un grand soldat désigné en en septembre 1940 comme délégué général et commandant en chef en Afrique, le général Weygand auquel succéda à la fin de 1941 le futur Maréchal Juin. C’est lui qui, avec de faibles moyens et sous l’œil des commissions d’armistice rebâtit un instrument militaire qui permit de reconstituer l’Armée française.

On aimerait que soient rappelés les faits d’arme de cette Armée d’Afrique en Italie et surtout pendant la campagne de Tunisie au cours de laquelle elle tint sans équipements dignes de ce nom et avec de lourdes pertes les dorsales tunisiennes face aux assauts italo-allemands ce que tout le monde ignore en en attribuant les mérites aux seuls Anglo-Saxons et FFL.

Le principal mensonge par omission est l’oubli de la mobilisation extraordinaire du dévouement et des sacrifices des nombreux Pieds noirs (seul leur nom est cité par Macron) pendant ces campagnes.

Les nombres des combattants par origine sont incertains et variables selon les dates et les batailles. Il est loisible de citer ceux de l’historien Paul Gaujac dans « l’armée de la victoire » (page 31).

Le bilan de la mobilisation de l’Afrique du Nord au 1er novembre 1944 était pour les Maghrébins de 233 000 soit 1,6 % de leur population.  Il y avait sous les drapeaux 176 500 Européens dont on avait mobilisé les classes 19 à 45, soit 13 % de leur population.

On sait comment les Pieds noirs ont eu droit à la reconnaissance et la gratitude métropolitaines : par un crime d’Etat.

En conclusion : restaurer la mémoire de la colonisation

En réponse aux délires pénitentiels de Macron et de la gauchosphère il faudra un jour restaurer à nouveau l’image et la mémoire de la colonisation française.

Bien entendu on ne peut moralement s’associer à la déclaration que fit Léon Blum en 1925 à la Chambre des députés :« Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d’attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture. »

Pour notre part nous citerons le blog de Bernard Lugan sur l’Algérie :

« En 1962, la France a légué à l’Algérie un héritage exceptionnel et non des « Broutilles » et des « choses sans valeur », à savoir 54 000 kilomètres de routes et pistes (80 000 avec les pistes sahariennes), 31 routes nationales dont près de 9000 kilomètres étaient goudronnés, 4300 km de voies ferrées, 4 ports équipés aux normes internationales, 23 ports aménagés (dont 10 accessibles aux grands cargos et dont 5 qui pouvaient être desservis par des paquebots), 34 phares maritimes, une douzaine d’aérodromes principaux, des centaines d’ouvrages d’art (ponts, tunnels, viaducs, barrages etc.), des milliers de bâtiments administratifs, de casernes, de bâtiments officiels, 31 centrales hydroélectriques ou thermiques, une centaine d’industries importantes dans les secteurs de la construction, de la métallurgie, de la cimenterie etc., des milliers d’écoles, d’instituts de formations, de lycées, d’universités avec 800 000 enfants scolarisés dans 17 000 classes (soit autant d’instituteurs, dont deux-tiers de Français), un hôpital universitaire de 2000 lits à Alger, trois grands hôpitaux de chefs-lieux à Alger, Oran et Constantine, 14 hôpitaux spécialisés et 112 hôpitaux polyvalents, soit le chiffre exceptionnel d’un lit pour 300 habitants. Sans parler d’une agriculture florissante laissée en jachère après l’indépendance, à telle enseigne qu’aujourd’hui l’Algérie doit importer du concentré de tomates, des pois chiches et de la semoule pour le couscous…
Tout ce que la France légua à l’Algérie avait été construit à partir du néant, dans un pays qui n’avait jamais existé et dont même son nom lui fut donné par la France. Tout avait été payé par les impôts des Français. »

Enfin à un journaliste français du Figaro magazine qui lui demandait en février 1990  comment était l’Algérie avant l’indépendance, Hocine Aït Ahmed un des fondateurs du FLN répondit :

« Avant ? Vous voulez dire du temps de la colonisation ? Du temps de la France ? Mais c’était le paradis ! Des fleurs, des fruits, des légumes partout, des restaurants. Maintenant nous manquons de tout : de crèches, d’écoles, d’hôpitaux, de dispensaires, mais le parti et la police ont des immeubles neufs… »

André Posokhow
20/08/2019

Source : Correspondance Polémia

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André Posokhow

André Posokhow

André Posokhow, Sciences Po Paris, officier supérieur de réserve est expert-comptable diplômé. Au plan professionnel, il a animé son propre cabinet de commissariat aux comptes d’une quinzaine de personnes. Consultant chez Polémia, il est spécialiste de l’invasion migratoire, de l’économie et de l’énergie. André Posokhow a livré en 2013 pour Polémia une étude sur le coût de l’immigration pour les finances publiques de la France.
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