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Elections Presidentielles 2017

Non-assistance à peuple en danger

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Pierre Lours, essayiste et romancier.

♦ Certains hommes politiques ne peuvent se résoudre à voter pour cette marche mortifère aux allures de fraîcheur juvénile.

La marionnette, qui conduit la horde hagarde des votants vers la dissolution de la France dans un monde de profits financiers incontrôlés, jette en chantant dans la fosse commune de l’Histoire le peuple de France, son identité et ses espoirs, pour que naisse enfin l’homme nouveau standardisé, robotisé, lobotomisé, interchangeable et parfaitement manipulable.


Face à cet avenir radieux, qui fascine les jacteurs des radios et télés feignant de porter les hautes valeurs de l’humanisme et de l’honnêteté journalistique alors qu’ils sont enchaînés par survie, par carriérisme ou par aveuglement à ces mêmes intérêts financiers, certains hommes politiques ne peuvent se résoudre à voter pour cette marche mortifère aux allures de fraîcheur juvénile qui laisse poindre sous le masque une cohorte de trognes politicardes angoissées à la recherche d’un abri pour continuer à parasiter, tel le gui sur l’arbre.

Ils soulignent courageusement

– qu’ils ne peuvent rejoindre en marche un train de mesures qu’ils ont jusqu’ici combattues,
– qu’ils pointent notamment les dangers de voir disparaître la France dans une Europe technocratique à la solde de la finance qui prospère sur la misère des peuples,
– qu’ils dénoncent la perte de contrôle sur notre économie, notre monnaie, nos lois, notre façon de vivre,
– qu’ils prédisent qu’il n’y aura pas de majorité parlementaire pour soutenir et faire marcher un gouvernement issu du nouvel édile presidential.

Bref, on se prend à espérer qu’une solution va naître de ces lucides constats.

Eh bien, non ! Alors que l’alternative à ce sombre avenir incarne l’exact contraire du programme si décrié, ces belles âmes politiques, hormis quelques exceptions remarquables comme Nicolas Dupont-Aignan, ne peuvent se résoudre à tirer les conséquences de leur raisonnement sous prétexte que « Choisir la France » serait transgresser un interdit édicté par ceux-là mêmes qui n’ont pas hésité à s’allier avec les héritiers de l’idéologie communiste qui, de Staline à Mao en passant par Pol Pot, a plus d’une centaine de millions de morts sur la conscience… qu’elle n’a jamais eue d’ailleurs.

Et puis, vous imaginez voter pour une candidate populiste, quelle horreur ! Les populistes ne sont-ils pas, selon Soljenitsyne, « ceux qui aiment le people, qui croient en ses forces spirituelles ! Qui mettent ses intérêts éternels au-dessus des leurs, petits et courts. Et qui ne vivent pas pour eux-mêmes, mais pour lui, pour son bonheur ! » (Août quatorze, Éditions du Seuil, page 333).

Dans la vie quotidienne, pour le citoyen ordinaire, quand on ne porte pas secours à autrui alors qu’il est menacé, cela s’appelle « non-assistance à personne en danger ». Aujourd’hui, alors que la France et les Français sont en danger, il est irresponsable de s’abstenir ou de voter blanc alors que le mondialisme sauvage, l’immigrationnisme débridé, le communautarisme à fragmentation et l’européisme technocratique liberticide minent notre patrie. Mais rassurez-vous, représentants du peuple traîtres à vos responsabilités, vous êtes depuis toujours protégés de toutes les conséquences de vos actions ou inactions ; pensez donc, les tribunaux n’y suffiraient pas !

Sauf, évidemment, en période révolutionnaire.

Pierre Lours
2/05/2017

Source : Boulevard Voltaire.fr

Correspondance Polémia – 3/05/2017

Image : Election présidentielle – France 2017