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Le salafisme est une idée mais la critique de l’immigration serait un crime ?

Le salafisme est une idée mais la critique de l’immigration serait un crime ?

Par Christian Vanneste, professeur de philosophie, homme politique, ancien député UMP, président du Rassemblement pour la France, président de La Droite Libre ♦ Le 27 mars dernier, le Premier ministre intervenait à l’Assemblée pour répondre aux questions des parlementaires sur les assassinats islamistes qui venaient d’être perpétrés dans l’Aude.
Edouard Philippe répondit en particulier à ceux qui voulaient interdire l’islam radical, le salafisme. Il le fit avec componction, en s’appuyant, plein de dignité sur la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, dont il cita l’article 10 : «  Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi », et en tira la conclusion suivante : « On ne peut interdire une idée mais sanctionner les comportements qu’elle entraîne s’ils sont contraires aux lois de la République. »
Ce grand moment d’éloquence fut largement applaudi par la claque en marche, toujours aussi bêtement disciplinée. Pourtant, le chef du gouvernement venait de débiter une énormité qui révélait ce que de plus en plus de Français commencent à soupçonner : son extraordinaire incompétence.

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Le salafisme, une simple idée innocente ?

En l’occurrence, il se trompait ici par les deux bouts. D’abord, si une idée peut être interdite lorsqu’elle menace les lois de la République, alors le salafisme peut et doit être interdit, puisque le salafisme s’appuie sur le texte fondamental de l’islam, le coran, et sur les pratiques initiales du prophète et de ses compagnons, relevés dans les hadiths.

Il exige l’application des préceptes et l’imitation des modèles qui y figurent. Il est alors facile de montrer que le meurtre des mécréants, en particulier des « associationnistes », des chrétiens et des juifs, bref de tous ceux qui résistent à la conversion et à la soumission, y est encouragé.

L’infériorité de la femme, l’esclavage, la prise de butin, l’humiliation des vaincus, voire l’extermination des hommes et le partage de leurs femmes et de leurs enfants sont manifestement tenus pour choses normales. Bref, il y a une totale incompatibilité entre ces idées et les lois de la République, notamment parce que le salafisme, loin de s’opposer à la discrimination, la revendique, entre les religions et entre les sexes par exemple.

Alors, le grand légiste de Matignon dira qu’il s’agit d’idées et non de comportements, frappé d’une curieuse amnésie qui lui fait oublier que les 4 assassinats de l’Aude, les horreurs commises par les djihadistes dits « français » en Irak et en Syrie, les attentats de Toulouse et Montauban, de Charlie Hebdo, de « l’hyper casher », du Bataclan, de Nice etc… sont bel et bien des comportements et qu’ils sont les produits respectueux du salafisme contre chrétiens et juifs, contre Français, même musulmans. Le salafisme tombe donc pleinement sous le coup de la loi, et sa sanction observe tout-à-fait l’article 10 du préambule de notre Constitution.

Un deux poids, deux mesures insoutenable

Mais ce qui rend ce discours grotesque ou odieux, c’est l’extraordinaire aveuglement qui conduit Edouard Philippe à prétendre, à propos du salafisme, qu’on ne peut punir une idée mais seulement des comportements, alors que l’évolution de plus en plus pernicieuse de la loi sur la liberté de la presse, non seulement permet de sanctionner les idées et ceux qui les émettent, mais autorise des associations à jouer le rôle de chiens de garde du système répressif de l’opinion qui a, ainsi, été instauré.

De nombreuses personnalités ont été poursuivies, après des plaintes de ces associations militantes, et avec souvent l’assentiment, voire l’acharnement du Parquet, capable d’ailleurs d’intervenir spontanément contre l’expression d’une pensée qui n’a, cependant, été suivie d’aucun comportement répréhensible.

Deux poids, deux mesures, tel est le fonctionnement d’une justice dont la partialité est une injure à la démocratie et à l’Etat de Droit, cette mascarade française que le Premier ministre entend cautionner. C’est ainsi que Nicolas Dupont-Aignan s’est retrouvé, après beaucoup d’autres devant les juges pour avoir osé parler « d’invasion migratoire ». Il risque une amende de 5000 euros, avec sursis. Il faut dénoncer vigoureusement cette aberration française qui, en l’occurrence, additionne cinq scandales.

Premier scandale : il s’agit d’une opinion sur un fait objectif que constitue l’augmentation des migrants dans notre pays. Qu’un citoyen y soit opposé fait partie de la libre expression des idées dans une démocratie authentique. La pénalisation d’une idée qui n’a point entraîné la moindre violence à l’égard des immigrés est une horreur juridique.

Deuxième scandale : le droit pénal doit être précis et ne pas laisser place à des interprétations tendancieuses. L’appel à la haine et à la discrimination est une formule déjà trop large, mais les magistrats se permettent de l’interpréter pour poursuivre des intentions cachées. Dire qu’il y a trop d’immigrés n’appelle nullement à la haine, ni à la discrimination. C’est un constat, qui en l’occurrence ne pourrait être discriminatoire qu’envers les étrangers par rapport aux Français, ce qui n’a rien d’inconstitutionnel.

Troisième scandale : le terme « invasion » est une figure de style, une hyperbole, ce que la caricature est au dessin. L’absurdité dans laquelle nous sommes tombés va nous conduire à défendre le dessinateur qui n’a pas de légitimité particulière, mais à condamner le représentant du peuple lorsqu’il force un peu le trait d’un discours : c’est le monde à l’envers.

Quatrième scandale : Nicolas Dupont-Aignan est député. Le pouvoir actuel tente déjà de jouer de la démagogie antiparlementaire, mais en permettant à un fonctionnaire de justice, à un magistrat du Parquet de faire la leçon à un député sur ce qu’il doit dire, il ébranle un pilier essentiel de la démocratie : la fonction tribunicienne, le droit pour un élu du peuple de dire parfois, et sans risque, ce qu’une partie du peuple pense sans oser le dire.

Cinquième scandale enfin : les propos du parquet ne sont pas de nature juridique, mais politique, et témoignent d’une imprégnation idéologique de nature à faire perdre toute confiance dans notre justice. C’est ainsi que le procureur ose stigmatiser la critique parfaitement légitime d’un opposant politique envers la politique migratoire des socialistes. Il la dénonce, comme « reprenant tranquillement à son compte une théorie complotiste et raciste née dans le tréfonds de l’extrême-droite » et considère qu’on doit la sanctionner pour « ne pas ouvrir les vannes à la parole raciste décomplexée ».

C’est un condensé d’idéologie : les amalgames sémantiques, les termes volontairement péjoratifs, la discrimination politique. Tout y est. Ce n’est pas du droit, mais de la politique. En quoi est-ce un complot de voir la montée de l’immigration ? Est-il question de race ? De quel droit interdire aux idées d’extrême-droite de s’exprimer ? La justice a-t-elle le souci de protéger les Français ?

En somme, la justice, telle que l’entend notre Premier ministre, et telle qu’elle fonctionne malheureusement, ne peut sanctionner le salafisme mais doit éradiquer ceux qui auraient l’audace de laisser supposer que l’immigration pourrait bien être le terreau du salafisme, et du danger réel qu’il représente. Que le locataire de Matignon range la Constitution dans les rayons obscurs de sa bibliothèque. Il y a belle lurette que notre pays ne la respecte plus !

Christian Vanneste
15/04/2018

Source : Nouvelles de France

Crédit photo : RaphaelQS [CC BY-SA 4.0], from Wikimedia Commons


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