Accueil | Société | Harcèlement de rue. Journal d’une jeune femme à Marseille

Harcèlement de rue. Journal d’une jeune femme à Marseille

Harcèlement de rue. Journal d’une jeune femme à Marseille

par | 13 novembre 2021 | Société

Par Laurène Jacquerez ♦ « Té bél ! » Voilà la phrase qui a marqué les deux mois de séjour à Marseille de Laurène Jacquerez. Découvrez son « journal » édifiant dans lequel on (re)découvre à quel point le harcèlement de rue – très majoritairement le fait d’extra-européens – est un calvaire pour les femmes. Définitivement, Marseille semble rimer avec « m’harcèle ».
Polémia

 

Marseille 2021

À Marseille on est Marseillais, c’est bien connu.
J’allais donc être Marseillaise pendant deux mois avec mon ami.
Location à deux pas du Vieux Port.


Jour 1 –
Beau temps, soleil, légère brise.

Je sors dans la rue en robe (détail important) et je reçois mon premier cadeau au bout de 35 mètres : « Té bél. »
Puis 45 mètres et un nouveau « té bél ».
Je suis heureuse.

Jour 2 – Beau temps, soleil, pas de vent.

Je sors dans la rue en jupe et talons, et je reçois mon cadeau au bout de 120 mètres : « Té bél. »
Puis au retour de ma promenade : « Té jôli. »
Je suis moins heureuse.

Jour 3 – Beau temps, soleil, brise moyenne.

Je sors sur le balcon pour m’aérer et je reçois un cadeau inattendu au bout de 72 secondes : « Té bél. »
Je rentre.
Je suis ronchon.

Jour 4 – Beau temps, soleil, pas un souffle.

Je sors faire les courses au Monoprix d’en face et je reçois mon cadeau quotidien au bout de 55 mètres : « Té bél. »
Regard noir de mon complimenteur que je n’interprète pas encore.
Au retour, et par deux fois, je reçois le même compliment : « Té bél », « Té bél ».
Je ne comprends pas.

Jour 5 – Beau temps, soleil, pas d’air.

Changement de tenue : pantalon et chemise. Mon cadeau quotidien arrive quand même au 200e mètre : « Té bél. »
Agressivité dans la voix qui clairement m’interroge sur ce que je fais là.
Au retour, pas de « té bél ».
J’en parle à mon ami. Changement de stratégie.

Jour 6 – Beau temps, soleil, vent fort.

Je choisis mon moment pour sortir, pantalon et pull léger, et je me bouche les oreilles avec mes écouteurs.
Je sens les regards perçants qui se posent sur moi.
Je n’entends pas les « té bél ».
Je ferme les yeux.

Jour 7 – Beau temps, soleil, vent chaud.

Je suis au fort Saint-Jean. Je lis. On m’accoste dans une langue que je ne comprends pas.
Je lève l’ancre. Je me réfugie à la maison. La colère monte.

Jour 8 – Beau temps, soleil, même vent chaud.

J’appréhende. Je reste chez moi.
Pas de « té bél ».
Je suis moi-même.

Jour 9 – Beau temps, soleil, vent du nord.

Je vais à la laverie. Rue étroite et langue étrangère. Regards insistants. Le cadeau quotidien ne tarde pas, légèrement différent : « Hé t’as d’bô zieu. »
Je frissonne.

Jour 10 – Beau temps, soleil, brise marine.

Discussion avec mon ami.
Résultat : je n’emprunte plus certaines rues.

Jour 11 – Beau temps, soleil, brise salée.

Je sors sur le Vieux Port. Je suis repliée sur moi-même.
Pas de « té bél » mais à la place un regard noir glaçant.
Il veut dire : « Reste chez toi, la rue n’est pas ta place. »
J’aimerais être invisible. 

Jour 12 – Beau temps, soleil, vent faible.

Je ne sors pas.
Je n’ai rien à faire dans cette ville.
J’ai peur.

Jour 13 au jour 60 – Beau temps, soleil, vent variable.

Sorties rares et éphémères. Plaisir absent.
J’endure Marseille.

Jour 61 – Beau temps, soleil, petite brise.

J’ai compté les jours comme un prisonnier dans sa cellule. Nous partons.
Je respire à nouveau, il était temps.

Jour 62 – Marseille est un souvenir.

Je renoue avec les robes. Je suis enfin une femme.

Enfin libre.

 

Conclusion :

À Marseille on est plus Marseillais !
J’invite ces dames du gouvernement à passer un week-end prolongé à Marseille avec moi.
Mesdames Schiappa, Borne, Wargon… Je vous remercie de m’indiquer les dates qui vous conviennent.

Laurène Jacquerez
13/11/2021

Cet article vous a plu ?

Je fais un don

Soutenez Polémia, faites un don ! Chaque don vous ouvre le droit à une déduction fiscale de 66% du montant de votre don, profitez-en ! Pour les dons par chèque ou par virement, cliquez ici.

Je m'abonne

Trois fois par semaine dans votre boîte aux lettres électronique, la Lettre de Polémia.
 

Les diabolisés… sont majoritaires ! – Nicolas Faure [Forum de la Dissidence 2021]

Le samedi 27 novembre 2021, le VIIe Forum de la Dissidence, organisé par Polémia, s'est tenu dans...

La « Bibliothèque littéraire du jeune Européen » par Alain de Benoist et Guillaume Travers

Entretien réalisé par Éléments ♦ Difficile de transporter une bibliothèque avec soi. C’est...

Enfants masqués à l’école : lâcheté générale !

Par Claude Meunier-Berthelot, enseignante, essayiste ♦ L'hystérie sanitaire autour du...

Éric Zemmour sur TF1 : un guet-apens honteux

Par Pierre Boisguilbert ♦ La stratégie médiatique anti-Zemmour est claire et risque d’être...

Noyade de 27 migrants dans la Manche : la solution australienne

Par Paul Tormenen, juriste et spécialiste des questions migratoires ♦ Le 24 novembre,...

Institut Iliade. « Un manifeste pour susciter le réveil des Européens de souche »

Entretien avec Guillaume Travers, professeur d'économie, collaborateur de la revue Éléments et...

Vaccination des enfants : halte à la folie !

Par Nicolas Faure, animateur du média Sunrise ♦ Alors que l’hystérie sanitaire semble...

Idéologie « woke » et rhétorique du « privilège blanc » : vers un climat pré-génocidaire ?

Entretien avec Georges Guiscard, réalisé par Présent ♦ Privilège blanc, racisme systémique,...

Immigration. La religion des droits de l’homme est-elle en train de vaciller ?

Par Paul Tormenen, juriste et spécialiste des questions migratoires ♦ Depuis quelques mois,...

Inscrire la préférence nationale et civilisationnelle dans la Constitution, la proposition de Jean-Yves Le Gallou

Entretien avec Jean-Yves Le Gallou, président de la Fondation Polémia, réalisé par Breizh-Info...