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Face à la crise algérienne, des dirigeants français pétrifiés

En goguette à la Villette : la manifestation algérienne mystère

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Par Laurence Maugest, essayiste ♦ Quand une balade en amoureux vire au kafkaïen ! Notre contributrice Laurence Maugest nous livre un récit éclairant sur 48 heures parisiennes très particulières.
Polémia


Dimanche en folie

 Le 8 septembre dernier, nous sommes allés nous balader au bassin de la Villette. Idée farfelue qui m’est venue à l’écoute d’une autre balade, celle de Frédéric Taddeï, entendue le matin même sur Europe 1, où le réalisateur de l’auberge espagnole (*) (j’aurais dû me méfier) ventait les allures méditerranéennes de ce petit port.

J’entends déjà s’élever la voix des ironiques qui vont me faire un procès en naïveté. Que nenni, je ne suis pas un lapereau de 6 mois et, c’est pétri de lucidité, donc de méfiance, que j’ai soufflé cette douce idée à l’oreille de mon mari.
Nous partons alors pour la traversée de Paris qui durera presque 2h car nous habitons au sud de la capitale.
Nous slalomons allègrement entre les zones de chantier, les quilles qui capturent, apparemment pour rien, quelques hectares de chaussée, les trottinettes qui téléportent des bobos, raides comme des I, endimanchés d’oisiveté en ce jour officiellement chômé.

L’humeur guillerette et innocente sombre dans le regard sombre de mon mari  qui supporte tous les jours cette même traversée de Paris. Il ne pense pas à Jean Gabin, encore moins à ce misérable Jambier, mais se demande « pourquoi la Villette ? » Est-ce que j’ai quelque chose à lui reprocher ? Des comptes à régler ? Ou bien, en définitive, ai-je perdu la tête?

Les choses ne s’arrangent pas à proximité du bassin car nous restons longtemps « à proximité » de cet hypothétique bassin. Des sens interdits, en légion,nous empêchent d’y accéder.
Fin limier des dédales hidalguesques, mon mari parvient à nous mener à la zone aquatique recherchée où nous trouvons à nous garer. Nous allons pouvoir déambuler au bord de l’eau en tentant, toutefois, d’oublier le risque d’amende car aucun panneau n’indique les modalités de notre parking.

C’est dimanche, la détente est de mise. Nostalgique à vie de la Corse, je me concentre pour ne penser qu’à Bastia et constate brutalement que les avions imaginaires aussi peuvent être détournés, car, en fait, nous avons atterri à Alger.
Cédric Klapisch a raison, « les allures méditerranéennes » sont bien présentes, voire envahissantes. Mais, il ne s’agit pas là des apaisantes lueurs et des paysages « encygalés » et enracinés que l’on aime tant. Non, nous observons la face obscure de ces pays de lumière, piétinée par le cosmopolitisme qui cultive les envieux et les redresseurs de tort.

Une manifestation bruyante, accompagnée de youyous et de revendications pour «une autre démocratie » nous accueille, enfin, nous attend, ou plutôt, nous brutalise un peu. Drapeaux algériens sur le dos, une masse d’individus scandent des slogans pro-algériens, anti-français et anti-européens et font bien du bruit dans le cœur de Paris, au sein de l’indifférence boboïde habituelle.

Que signifie une telle manifestation de la part de ces personnes qui ont obtenu l’indépendance de leur pays en 1962, au prix de tant de larmes et d’injustices ? Pourquoi revendiquent-ils un type de démocratie sur notre terre de France alors que leur pays les attend, de l’autre côté de la belle bleue, pour mettre en place la démocratie de leur choix ?

Ils me rappellent ces grands adolescents qui s’en prennent à leurs parents pour chercher des excuses à leurs insuffisances, ce qui ne fait qu’aggraver leur immaturité persistante. En agissant ainsi, les algériens montrent qu’ils n’ont pas réglé leurs complexes de nature œdipienne d’anciens colonisés.

Lundi, les soucis

De retour dans ma campagne, j’appelle la mairie du XIXe arrondissement afin de mener ma légitime enquête.

Je subis 6 minutes et 37 secondes d’attente, stressée par une voix enregistrée qui me rappelle, en boucle, toutes les assistances proposées aux parisiens. Parmi elles, et à ma grande stupeur, l’accent est mis sur le service dédié aux encombrants évalué, par la voix artificielle, comme efficace. Ceci, non seulement augmente ma tension,mais va jusqu’à me faire douter de mon sens des réalités. En effet, pauvre Paname me semble bien obstrué, voire asphyxié, en premier lieu par ses élus. Ce dithyrambe, mal venu, sur l’entreprise des incommodants fait naître dans mon esprit quelques images peu charitables.

Je poursuis l’attente. Dès que j’ai une voix humanoïde en ligne, je lance la question qui me brûle les lèvres : « La mairie est-elle informée de cette manifestation algérienne de la veille » ?
Officiellement, ils ne sont informés de rien, il me faut appeler la préfecture de Paris. Je m’y emploie, en dépit des 6 centimes d’euro par minute.

J’ai enfin en ligne le service des manifestations où une femme, peu affable, me signale que je dois communiquer mon nom avant d’obtenir une information. En définitive, je trouve la procédure normale et je décline mon identité sans souci particulier. Suite à cela elle précise « qu’elle n’est pas en mesure de communiquer des renseignements de ce type ».

Un sentiment très net d’avoir été dupée m’étreint. Après un temps bref de solitude et de pourparlers avec moi-même, je réplique ce qui va de soi : « Alors,  pourquoi m’avoir demandé de me présenter ? »

Elle me répond : « Nous ne gardons pas votre nom… »

Comme cette réponse est loin de me convenir, je continue : « Alors, d’autant plus, pourquoi me l’avoir demandé, étant donné que, dans tous les cas de figure, vous affirmez que vous n’êtes pas à même de transmettre des renseignements sur les manifestations ? Votre comportement est illogique. Il est évident que, pour je ne sais quelle raison que je me refuse d’imaginer malhonnête, vous avez tout fait pour savoir qui je suis. Ne serait-ce pas une forme de manipulation ? »

Son script, semble-t-il, n’envisage pas ce type de question ou plutôt impose dans ces situations de raccrocher au nez de l’interlocuteur gênant. C’est ce qu’elle fit.

Donc, j’ai rappelé ce service de la préfecture particulièrement respectueux et accueillant afin de raconter ma mésaventure à la standardiste. Belle aubaine ! J’ai en ligne la même personne qui m’a orientée, préalablement, vers le département dédié aux manifestations. Elle me dit qu’elle n’est pas étonnée par le refus et me communique une adresse courriel pour envoyer toutes réclamations éventuelles.

Je note que, cette fois, le script est plus élaboré et qu’une ligne de fuite, moins brutale, est utilisée pour se débarrasser des gêneurs. Je fis part de mes analyses à mon interlocutrice en lui précisant qu’il est bien roublard de transmettre une adresse courriel, que je subodore « trou noir » où rien jamais ne ressortira. Mon petit message, que j’enverrai par principe, sera englouti dans le monde impitoyable de la municipalité parisienne qui maltraite depuis des années les familles originaires de Paris, les automobilistes, les piétons et les commerces de proximité qui ne vendent pas de kebabs…

Mais, je fais du mauvais esprit car, ce même dimanche, sur les berges de ce port artificiel, qui, définitivement, n’évoque en rien les bords de la Méditerranée, un prospectus me fut donné afin de me solliciter à voter pour le « budget participatif » du 19e arrondissement. (**) Une urne était à disposition et recevait les vœux des promeneurs parisiens.

Ce qui, Dieu m’en préserve, n’est pas mon cas.Je n’aurai pas à me tordre les neurones pour choisir d’investir entre  « des vélos-bureaux » dans les écoles, une cuisine partagée « Assou Kahau » dans le quartier Flandre, l’aménagement d’une promenade « végétalisée » boulevard Macdonald, l’amélioration du cadre de vie du quartier Algérie…  Le quartier « Algérie » ?  Eureka ! Tout s’éclaire. C’est bien aux algériens de choisir, dans leur quartier, la démocratie qui leur convient. Il leur sera bientôt, inutile de manifester, ils sont de plus en plus chez eux.

Les parisiens n’ont pas à se plaindre, ils sont également sollicités à participer aux choix les concernant.

Il demeure que, en dehors de l’accessibilité aux transports pour handicapés de l’église Place de Bitche et les aménagements des écoles, ou encore des trottoirs (les survivants aux marteaux-piqueur), ce qui reste aux Parisiens comme choix se réduit comme peau de chagrin végétalisée et bigarrée selon les vœux tyranniques de la mairie de Paris qui affiche une démocratie tapageuse et mangeuse de papier.

En définitive, il s’agit d’une illusion de démocratie, d’une consultation de façade car les questions proposées dans le débat ne touchent pas les véritables problèmes des parisiens qui n’ont jamais été sondés sur ces sujets qui les intéressent au premier plan (immigration, propagation des favelas aux portes de la capitale, transports en tout genre…).

Les projets bucoliques n’ont-ils pas quelques vertus soporifiques ? Frisons-nous l’overdose de camomille « bio » ?

C’est peut-être bien là le vœu des équipes municipales afin de cultiver l’atonie des Français pour laisser la place aux Algériens, creuser les chaussées parisiennes en rond et enrichir, sans vergogne, les magasins de trottinettes.

Laurence Maugest
19/09/2019

 (*) Cédric Klapisch

(**) Site Internet au sujet de la campagne « dite participative » des parisiens qui détaille le contenu du prospectus reçu.

Source : Correspondance Polémia

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