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Fiorina, une jeunesse fracassée

Fiorina, une jeunesse fracassée

par | 21 décembre 2019 | Exclusivité Polémia, Société

Par Camille Galic, journaliste, essayiste ♦ Le 31 décembre s’achèvera le vote pour l’attribution du second Prix des lecteurs et amis de Présent décerné par ce quotidien, et qui était échu l’an dernier à Jean-Marie Le Pen. Parmi les livres en lice, Tir à vue de Fiorina Lignier, qui participa, en février dernier, à l’édition 2019 des « Bobards d’or », après avoir été défigurée et éborgnée le 8 décembre 2018 par un CRS sur les Champs-Elysées, lors de l’acte III des Gilets jaunes, auprès desquels cette étudiante de 20 ans manifestait pour la première fois. L’article consacré à ce livre par notre amie Camille Galic a paru dans Présent le 26 novembre dernier. Si vous êtes ami et lecteur du seul vrai quotidien national, rien ne vous empêche de lui envoyer un mail pour voter Fiorina !


« Bouleversé » par leur triste sort comme il l’a été par celui des nouveaux Misérables (exclusivement immigrés et persécutés par des policiers de la BAC) mis en scène par le Malien Ladj Ly dans le film éponyme déjà couronné à Cannes par le Prix du jury et présenté par une France masochiste à l’académie américaine des Oscars, Emmanuel Macron recevra-t-il à l’Elysée avec tous les égards Fiorina Lignier (21 ans) et Lilian Dissié (17 ans) dont les visages ont été explosés l’hiver dernier par des tirs de lanceur de balle de défense en marge de manifestations  de Gilets jaunes ?

2 500 (au moins) blessés, mutilés et gueules cassées

Le 8 décembre 2018, Fiorina, jolie fille et brillante étudiante amiénoise en philosophie qui venait de rencontrer le  grand amour, était éborgnée par un tir de LDB qui lui emporta la moitié du visage, dont les os furent « brisés en dizaines de morceaux » et les nerfs sensitifs atteints. Un an de désarroi et d’espoirs souvent déçus. Si la reconstruction de sa face est assez satisfaisante« entre les sept plaques, les vis, la grille » qui la structurent désormais,la victime devra finalement être énucléée et, la conjonctive s’étant à plusieurs reprises déchirée, le remplacement de l’œil n’est toujours pas définitif malgré maintes tentatives. Un an de souffrances morales et surtout physiques que même la morphine ne parvient pas à calmer, avec impossibilité de se risquer au soleil (la canicule estivale fut pour elle un enfer) ou dans l’eau. Un an perdu pour ses études, un an d’attente fiévreuse. Imagine-t-on la détresse, la révolte d’une jeune femme ainsi frappée à l’aube de sa vie adulte ?

Et pourtant, publié sous le superbe titre Tir à vue, le témoignage qu’elle a dicté à son fiancé n’a rien de geignard ni de misérabiliste. En grande partie parce que ce fiancé, justement, n’a cessé de l’assister et de l’accompagner dans ses multiples « excursions » hospitalières, souvent au détriment de ses propres études. Mais aussi parce que Fiorina est une battante, convaincue que « là où il a une volonté, il y a un chemin », si bien que son courage a séduit bien au-delà des Gilets jaunes d’abord rencontrés « sur les ronds-points de la Somme », en réaction au Pacte de Marrakech, qui « va amener toujours plus de migrants », et parce que son avenir, elle « veut le vivre dignement » — d’où sa décision d’aller manifester ce 8 décembre, pour la première fois et bien sûr la dernière, sur les Champs-Elysées.

Si Aude Lancelin, ancienne du Nouvel’ Obs’ passée au Média de Mélenchon, dont elle a depuis été congédiée, a été la seule à gauche à lui manifester de la sympathie, elle a reçu l’aide morale et financière de l’association Solidarité pour tous animée par Anne-Laure Blanc depuis les Manifs pour tous, cependant que Jordan Bardella, Alain de Benoist et surtout Jean-Yves Le Gallou s’employaient à faire connaître son cas.

D’autres victimes, indignées par la dureté de l’épreuve infligée, auraient cédé à l’injustice. Fiorina accable « Emmanuel Macron et Christophe Castaner sans lequel ce livre n’aurait pas été possible » écrit-elle ironiquement, puisqu’ils sont les premiers responsables de la mobilisation — dénoncée à plusieurs reprises dans Présent — des hommes de la BAC, non formés au maintien de l’ordre, mais elle se garde d’« accuser l’institution policière tout entière ». Et elle rend même hommage aux gendarmes mobiles qui, « bien entraînés et n’utilisant que très peu les LBD 40 », n’ont « fait que très peu de blessés graves » sur les 2 500 blessés officiellement reconnus, dont des dizaines de mutilés et gueules cassées à vie.

Gilets Jaunes. Il faut lire « Tir à vue » de Fiorina Lignier !

La dérive des Gilets jaunes

Fiorina Lignier juge avec la même distance la dérive du mouvement des Gilets jaunes, « au départ apartisan et asyndical ». Mais, flairant le moyen de se remettre en selle, la gauche d’abord réticente « finit par phagocyter le mouvement et imposer ses thèmes. Les revendications ont changé, tout comme la couleur politique des manifestants », poussant les pionniers à « s’en éloigner »pour laisser place aux antifas, aux Black blocs et aux racailles — n’en déplaise au secrétaire d’Etat Nuñez qui, après l’Acte III, refusait sur RTL l’admettre la présence de pilleurs allogènes « au prétexte de “ne pas stigmatiser ces quartiers” », alors qu’il insistait sur les déprédations commises par une fantasmatique « extrême droite ».

On le voit, Tir à vue n’est pas seulement un cri de souffrance et de désespoir. C’est aussi la réflexion d’une jeune Française intelligente et bien informée (son livre est nourri de chiffres et de citations) sur un phénomène qui, une année durant et avec toutes ses lourdes conséquences, aura tenu la Macronésie en haleine et, selon un ministre, « donné à Brigitte les pétoches ». Spontanément, « de borgne à borgne », Jean-Marie Le Pen avait envoyé pour Noël à Fiorina un exemplaire de Fils de la nation avec une très gentille dédicace. Jean-Marie avait obtenu en 2019 le premier Prix des lecteurs de Présent. Cette année, je vote résolument pour Fiorina. Un choix qui ne doit rien à la sacro-sainte parité !

Camille Galic
21/12/2019

Tir à vue — La répression sous Macron, par FiorinaLignier. Ed. Via romana, 246 pages, 19 €.

Camille Galic

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