Les récents sondages sur la prochaine présidentielle montrent un regain de popularité d’Edouard Philippe, récemment réélu maire du Havre. Dans son style truculent habituel, Pierre Boisguilbert réagit à ce retour en grâce médiatique.
Polémia
On va bouffer du Philippe pendant un an. Il faut s’y faire. Les médias du système ont trouvé leur candidat, le seul qui peut, paraît-il, battre le diable : le Rassemblement national. C’est lui qu’il faut battre, et pas LFI ni Mélenchon, qui veulent euthanasier la France historique. On comprend tout.
Philippe sera donc le héros et le sauveur de la démocratie qui, depuis des décennies, accompagne un déclin qui frise maintenant la disparition. On trouvera bien quelque chose si c’est Bardella contre ce dernier. On a l’impression que la pièce est déjà écrite. La joie du HuffPost est révélatrice d’un immense début de soulagement du « camp du bien ».
« Le parti de Jordan Bardella s’est agité ce dimanche 29 mars, après la publication d’un sondage sur la présidentielle 2027. Largement en tête au premier tour (quel que soit son candidat), le parti d’extrême droite y est donné perdant au second en cas de duel avec l’ancien Premier ministre Édouard Philippe. Dans cette enquête d’opinion Elabe pour BFMTV et La Tribune Dimanche, six configurations de duel de second tour sont proposées. Jordan Bardella est confronté à Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann, Bruno Retailleau et Édouard Philippe. Marine Le Pen est testée deux fois, face au maire du Havre et à Gabriel Attal.
Résultat ? Le parti d’extrême droite est donné gagnant dans quatre cas de figure sur six, très largement (71,5 %) dans une confrontation avec Jean-Luc Mélenchon, et avec une avance de 2 à 16 points en cas de duel face à Gabriel Attal, Bruno Retailleau ou Raphaël Glucksmann. Un seul candidat parvient à s’imposer contre le ou la représentante du Rassemblement national : Édouard Philippe. Le maire du Havre, tout juste réélu (il en faisait une condition pour se présenter), l’emporterait d’une courte tête (51,5 %) devant le président du Rassemblement national, et un peu plus largement (53 %) face à Marine Le Pen. »
Moralité : on est sauvé, on a une chance de continuer comme avant.
Pour le député RN Jean-Philippe Tanguy, « il n’y a pas l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette entre le programme de Macron en 2017 et celui d’Édouard Philippe ». « Je vois bien leur stratégie, qui consiste à dire que c’est une petite rupture avec Emmanuel Macron, à faire croire que c’est différent. Je pense que les Français et les Françaises ne seront pas dupes. (…) Si c’est lui qui doit affronter Marine Le Pen ou Jordan Bardella, on aura beaucoup de choses à dénoncer », a-t-il assuré sur BFMTV.
Mais ce ne sera pas la seule embûche sur la route du maire du Havre. On voit mal ses rivaux se ranger derrière lui. Darmanin ne passera pas son tour, pas plus qu’Attal ou Retailleau. Ils n’en ont pas l’intention, mais y seront peut-être obligés pour sauver leur République.
Philippe a donc une chance de gagner, à condition qu’il soit le seul candidat en lice. Et là, c’est loin d’être gagné. Le système reprend espoir, mais il n’est pas encore sorti de la machine à perdre, si efficace, de la droite et du centre.
Pierre Boisguilbert
30/03/2026
Crédit image : Jacques Paquier [CC BY 2.0]






