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Drôle de partenariat à la DGSI

La DGSI a signé un contrat avec une entreprise financée par la CIA

♦ En décembre dernier la Direction Générale de la Sécurité Intérieure a confirmé qu’un contrat avait été signé avec la start‑up étatsunienne Palantir. Fondée en 2003, Palantir est spécialisée dans l’exploration et le traitement de données à grande échelle. Dès le départ, Palantir a été lié au monde du renseignement étatsunien puisque les premiers investissements lui ayant permis de se développer émanaient d’un fond de la CIA et que parmi ses premiers clients on retrouvait la NSA.

Qu’est‑ce que cela veut dire pour la France ?

Ce contrat de 10 millions d’euros entre la DGSI et une entreprise liée étroitement aux services de renseignement étatsuniens soulève plusieurs questions. Tout d’abord, une question d’indépendance et de sécurité nationale. En effet, si Palantir est avant tout une entreprise qui cherche à s’implanter sur de nouveaux marchés et à acquérir plus de crédibilité, elle n’en reste pas moins un outil de puissance étatsunien et la délégation de missions lié à la sécurité intérieure française pose problème, surtout après les révélations d’Edward Snowden.

Mais cela soulève une autre question de taille

Effectivement, le directeur général de la DGSI déclarait en mai dernier, je cite : « Nous ne manquons pas de données ni de métadonnées, mais nous manquons de systèmes pour les analyser ». Fin de citation. Il y a donc une demande pour ce genre de services en France, mais aucune offre adéquate, ce qui traduit un manque de stratégie à l’échelle de l’Etat. Là où les Etats‑Unis ont su anticiper et pousser le développement d’entreprises de collecte et d’analyse de données en masse, la France a un train de retard et n’a mis en place aucune stratégie de grande échelle. La conséquence directe de ce manque de vision est que les entreprises françaises de ce domaine sont peu performantes et que c’est une entreprise liée et poussée par l’administration étatsunienne qui s’occupe aujourd’hui du traitement de données pour la DGSI. Ce manque de vision stratégique de l’Etat vient s’ajouter à la longue liste d’actes de myopie totale sur les questions de défense et de sureté, allant de Morpho à Areva.

(Source : Radio courtoisie, Bulletin de Réinformation du mardi 14 février 2017)