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Affaire Zemmour : « Les pires ennemis de la liberté d’expression, ce sont les journalistes » [Entretien avec Jean-Yves Le Gallou]

Affaire Zemmour : « Les pires ennemis de la liberté d’expression, ce sont les journalistes » [Entretien avec Jean-Yves Le Gallou]

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Entretien avec Jean-Yves Le Gallou ♦ En pleine tourmente médiatique, autour de ce que les médias appellent « une nouvelle affaire Zemmour », pour mieux dissimuler le lynchage dont ils se rendent coupables, Pierre Cassen (Riposte Laïque) a posé quelques questions à Jean-Yves Le Gallou, auteur, entre autres, de La tyrannie médiatique et animateur d’I-Média sur TV Libertés.


La société des Journalistes du Figaro et le SNJ sont des mouchards

Riposte Laïque : Il y a quelques jours, sur I-Média, vous commentiez la future venue d’Éric Zemmour sur CNews, et annonciez que cela affolait les médias.
Puis il y a eu l’intervention-choc d’Éric à la Convention de la Droite. Depuis, la mobilisation de la caste, pour empêcher sa venue, bat son plein. Quel est votre regard sur cette situation qui voit des journalistes professionnels réclamer à leur direction de virer un confrère, et faire pression sur un média pour qu’ils annulent un contrat signé en bonne et due forme ?

Jean-Yves Le Gallou : Robert Ménard, victime des mêmes procédés il y a sept ans, avait déclaré : « les pires ennemis de la liberté d’expression, ce sont les journalistes ». C’est exactement ce à quoi on assiste à nouveau avec l’affaire Zemmour. C’est à cela qu’on reconnaît une société totalitaire : le pouvoir politique n’intervient pas directement, ce sont les corporations elles-mêmes qui « s’autorégulent » et chassent leurs « brebis galeuses ». Dans l’URSS de Staline, c’est l’Union des écrivains qui faisait le ménage parmi les siens. Au Figaro, la Société des journalistes (SDJ), codirigée par l’ineffable Durand-Souffland (premier vainqueur des Bobards d’Or en 2010) est à la tête de la chasse aux sorcières. Il est secondé par Patrick Bêle (ça ne s’invente pas !) président du SNJ. Ces types sont des mouchards. Rappelons-nous la formule du grand Soljenitsyne : « Commençons par tuer les mouchards ! ». Soljenitsyne pensait au goulag de la Kolyma, fort heureusement nous ne subissons, nous, que le goulag mental. Raison de plus pour l’affronter avec courage !

I-Média n°266 – Eric Zemmour, l’homme à abattre

Dans le discours de Zemmour, tout est fort, tout est juste

Riposte Laïque : Qu’avez-vous pensé, au fait, du discours d’Éric Zemmour, sur l’immigration et l’islam ?

Jean-Yves Le Gallou : Tout est fort. Tout est juste.
Je retiendrai particulièrement quatre points :
1- Les problèmes français (chômage, bas salaires, insécurité, déséducation, etc.) ne sont pas tous créés par l’immigration mais ils sont tous aggravés par l’immigration.
2- Les problèmes d’immigration sont amplifiés par l’islamisation.
3- L’islam utilise tous les moyens et toutes les faiblesses de l’État et du pouvoir judiciaire pour étendre son emprise. « C’est l’alliance de la djellaba et de la kalachnikov. »
4- Si les Français ne se réveillent pas, ils deviendront minoritaires dans leur propre pays.

Bref, Zemmour a planté le dernier clou au cercueil de l’assimilation. L’assimilation, on pouvait l’envisager il y a quarante ans. Aujourd’hui il est manifeste que cela ne marche pas. Bien sûr, quelques individualités empathiques avec la France s’assimilent. Mais l’histoire qui se fait est écrite par des minorités agissantes hostiles. Et qu’il faut combattre sans crainte d’être accusé de « racisme » ou d’« islamophobie » qui ne sont rien d’autre que des mythes incapacitants.

Eric Zemmour : « La société progressiste est une société liberticide » [Discours intégral]

Dédiabolisation piège à cons !

Riposte Laïque :  Le moins qu’on puisse dire est qu’on est loin de la dédiabolisation…

Jean-Yves Le Gallou : Effectivement. Mais si la dédiabolisation consiste à participer à l’entreprise de camouflage de la réalité et d’endormissement général, alors il faut s’en garder. Soyons clair, avec les médias de grand chemin qui occupent l’espace français, il est illusoire d’espérer se dédiaboliser, sauf à renoncer à être utile en quoi que ce soit. Dédiabolisation, piège à cons !

La transgression est intellectuellement et politiquement essentielle

Riposte Laïque : Vous avez dû suivre de très près les travaux de la Convention de la Droite, et notamment, outre le discours d’Éric, celui de Marion. Certains craignent que cela soit encore un colloque sans lendemain. Quel est votre regard sur cet événement, et votre réponse aux pessimistes ?

Jean-Yves Le Gallou : Beaucoup espéraient que Marion se jette à l’eau et se déclare pour la présidentielle de 2022. Elle ne l’a pas fait. D’où la déception que je comprends, sinon partage. Mais réfléchissons un instant : si elle s’était avancée maintenant, elle se serait exposée trop tôt.

Pour le reste, cette Convention a eu un grand mérite : bousculer les limites du politiquement correct, déplacer les frontières du politiquement incorrect. Erik Tegner, l’un des trois organisateurs de la Convention de la droite, a eu raison de souligner cela, alors qu’il s’exprimait sur les critiques liées au discours de Zemmour : « La droite ne pourra jamais se reconstruire sans renouer avec une forme de transgression. Le discours d’Éric Zemmour sur l’islam et l’immigration scandalise les médias et l’élite bien-pensante depuis samedi : j’ai envie de dire tant mieux ! »

La transgression est doublement essentielle :

  • Intellectuellement parce qu’il faut nommer les choses.
  • Politiquement parce que c’est la seule manière de mobiliser les abstentionnistes qui ne croient plus les « éléments de langage » policés.

Marion a d’ailleurs été transgressive, elle aussi, en assumant pleinement le terme « Grand Remplacement » que les médias veulent bannir.
Je cite : « Le premier défi est le Grand Remplacement. Ce compte à rebours démographique a son corollaire avec le grand ensauvagement de notre société multiculturelle. Face aux revendications des minorités opposons le primat de la France ». Son discours a été d’une grande hauteur de vue : « Nous avons le devoir de nous concentrer sur les grands défis du siècle : le Grand Remplacement, le grand déclassement, le grand épuisement écologique, le grand basculement anthropologique, et le grand affrontement des puissances ».

Marion Maréchal : « Le premier grand défi, le plus vital, est le Grand Remplacement ! »

Chirac a bien servi le système et bien desservi la France

Riposte Laïque : Jacques Chirac est donc mort et enterré. Vous avez été, des dizaines d’années durant, dans une opposition politique sévère au président du RPR, devenu président de la République. Quel est votre regard sur le traitement médiatique qui, pendant plusieurs jours, a suivi l’annonce de sa mort ? Avez-vous vraiment eu l’impression, comme l’ont dit nombre de journalistes, que les Français ont été si nombreux que cela à lui rendre hommage ?

Jean-Yves Le Gallou : D’un certain point de vue, Jacques Chirac a été le dernier Président français : de grande prestance, chaleureux, bon vivant, amateur de femmes, de bons repas, de têtes de veau, d’électeurs et de vins (de Corona aussi). D’où une certaine ferveur populaire.

Mais il a aussi mis fin à la France. Son long règne comme Premier ministre, maire de Paris et président de la République est l’histoire d’un long déclin : regroupement familial (1975), explosion des dépenses publiques (1974/1976), abandon de la réforme de l’université (1986), abandon de la réforme de la nationalité (1987), extension de la culpabilité de l’Allemagne à la France avec la déclaration du Vel d’Hiv (1995), retour progressif dans l’Otan (2005). Pour le reste il s’est comporté en bon président de conseil général, comme maire de Paris, puis comme président de la République où il a eu comme priorité, de 2002 à 2007, les accidents de la route, le cancer et le handicap. Moins gaulliste que lui tu meurs !

Au final Chirac a bien servi le système et bien desservi la France. C’est précisément pour cela que les médias ont chanté ses louanges. Avec un unanimisme d’esprit très Corée du Nord !

Riposte Laïque : Pensez-vous que les prochaines élections municipales qui arrivent soient un moment propice pour que des maires de grandes villes, mais aussi de petites villes, connus par leur engagement immigrationniste, soient sanctionnés par leurs électeurs, et remplacés par des équipes patriotes hostiles à l’invasion ?

Jean-Yves Le Gallou : Pour les maires des petites villes, oui j’espère. Pour les maires des grandes villes, ce sera plus difficile, hélas, compte tenu de la boboïsation des métropoles. Sauf peut-être dans le midi : Marseille, Perpignan.

Riposte Laïque : On peut présumer que vous avez quelques prochaines initiatives en cours de préparation ? Pouvez-vous nous en parler ?

Jean-Yves Le Gallou : Samedi 23 novembre, Polémia organise le Ve Forum de la dissidence consacré à la Dictature Macron et aux voies de la résistance.

Riposte Laïque : Souhaitez-vous ajouter quelque chose, Jean-Yves ?

Jean-Yves Le Gallou : Oui, il faut lire et faire connaître le dernier livre de François Bousquet : Courage ! Manuel de guérilla culturelle, une lecture entraînante et stimulante. Même si je sais qu’à Riposte laïque, on ne manque pas de courage !

Propos recueillis par Pierre Cassen
04/10/2019

Source : Riposte Laïque

Crédit photo : Institut Iliade

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