La droite ne changera rien durablement si elle gagne les élections tout en laissant la gauche définir les termes du débat. Dans ce texte, Balbino Katz rappelle, à travers l’exemple de Vox, une exigence trop souvent oubliée : pour exercer le pouvoir, il faut d’abord savoir quelles idées défendre et quelle civilisation transmettre.
Polémia
Les racines intellectuelles de Vox et l’apport de Gustavo Bueno
Il existe une illusion tenace dans les partis de droite : celle qui consiste à croire que les idées sont un luxe, une distraction d’intellectuels, tout au plus un ornement destiné aux colloques et aux revues, tandis que la politique sérieuse commencerait avec les sondages, les programmes économiques, les investitures et la conquête des mairies. L’histoire politique européenne montre pourtant le contraire. Un parti peut parfaitement prospérer quelque temps sans doctrine ; il peut même profiter d’une crise, recueillir les mécontentements, engranger les suffrages et se rapprocher du pouvoir. Ce qui devient beaucoup plus difficile, c’est d’y durer et surtout d’y accomplir autre chose que la gestion un peu différente de l’ordre qu’il prétendait renverser.
C’est tout l’intérêt de l’étude sur le site espagnol El Manifiesto consacrée aux racines intellectuelles de Vox à partir de la thèse de l’universitaire Nancy Sender. Les deux volets de cette enquête valent moins par la révélation d’une mystérieuse doctrine cachée du parti de Santiago Abascal que par ce qu’ils disent de la nécessité, pour toute force politique ambitieuse, de posséder un soubassement intellectuel. Vox n’est évidemment pas la traduction électorale d’un système philosophique. Il a puisé à plusieurs sources, parfois contradictoires, il les a simplifiées, adaptées, amalgamées. Il possède néanmoins ce dont beaucoup de droites européennes se sont méthodiquement privées : une généalogie d’idées, un vocabulaire, des références, autrement dit une colonne vertébrale.
Le premier volet de l’étude de Nancy Sender s’attarde sur un personnage qui surprendra ceux qui imaginent encore la droite espagnole comme un bloc intellectuellement homogène : Gustavo Bueno. Le philosophe asturien, matérialiste, marxiste hétérodoxe, volontiers provocateur et parfaitement étranger au conservatisme catholique classique, n’avait en apparence rien d’un maître à penser pour Vox. Son influence a pourtant été considérable sur certains milieux qui allaient contribuer à préparer le terrain intellectuel du parti.
Ce que Vox a retenu de Bueno n’est pas son système philosophique dans son ensemble, mais plusieurs de ses concepts les plus politiquement féconds. Le premier concerne la nation espagnole. Pour Bueno, l’Espagne n’est pas une création juridique née de la Constitution de 1978, encore moins un contrat révocable entre territoires qui auraient librement consenti à vivre ensemble. La nation politique préexiste au texte constitutionnel ; celui-ci l’organise, il ne la crée pas. Derrière cette distinction en apparence scolastique se cache une conséquence décisive : si l’Espagne précède la Constitution, aucune région ne peut prétendre disposer souverainement de ce qui ne lui appartient pas en propre.
Le séparatisme catalan ou basque change alors de nature. Il n’est plus seulement une querelle de compétences ou une difficulté à résoudre par quelque réforme institutionnelle bien tournée. Il devient une contestation de l’existence même du sujet politique espagnol. La formule peut être approuvée ou combattue ; elle a, en tout cas, l’immense avantage de fournir une architecture intellectuelle à ce qui, sans elle, ne serait qu’un attachement sentimental à l’unité nationale.
Cette conception irrigua notamment l’environnement de la Fondation DENAES, consacrée à la défense de la nation espagnole et liée aux milieux dont sortira Vox. Elle permet de comprendre pourquoi la défense de l’unité de l’Espagne occupe dans ce parti une place qui dépasse de très loin l’attachement cérémoniel au drapeau ou à la monarchie. Il ne s’agit pas seulement d’un patriotisme d’apparat, mais d’une définition du sujet politique à partir duquel tout le reste devient pensable.
Gustavo Bueno fournit également à la droite espagnole une réinterprétation de l’histoire impériale. Sa distinction entre « empire générateur » et « empire prédateur » peut naturellement être discutée par les historiens ; elle a surtout permis de sortir du récit pénitentiel dans lequel l’Espagne contemporaine avait progressivement enfermé son passé américain. À travers elle, l’Hispanité redevient un objet politique possible, non plus seulement le souvenir empesé d’une grandeur défunte, mais l’idée d’un espace civilisationnel commun reliant l’Espagne et l’Amérique hispanique.
On retrouve cette inspiration, métamorphosée et modernisée, dans la notion d’« Ibérosphère » portée par l’environnement intellectuel de Vox. Là encore, l’essentiel n’est pas de savoir si chacun des cadres du parti a lu Gustavo Bueno de la première à la dernière page. Les idées politiques ne circulent presque jamais avec cette discipline scolaire. Elles passent d’un professeur à un essayiste, d’un essai à une fondation, d’une fondation à un discours ; elles perdent au passage leur appareil conceptuel et deviennent, si elles réussissent, une évidence partagée.
Un troisième apport de Bueno est plus profond encore : sa critique du « fondamentalisme démocratique ». L’expression désigne la tendance moderne à faire de la démocratie non plus un régime politique parmi d’autres, avec ses conditions et ses limites, mais une sorte de religion civile qui se suffirait à elle-même. Bueno rappelait au contraire qu’aucune démocratie n’existe dans le vide. Avant de voter, encore faut-il savoir qui vote ; avant de compter les voix, encore faut-il définir le peuple auquel elles appartiennent.
Autrement dit, le demos ne naît pas de la procédure démocratique. Il la précède. Cette idée, qui serait presque banale si l’Europe contemporaine n’avait pris l’habitude d’oublier les évidences, fournit une arme intellectuelle redoutable contre toutes les conceptions purement procédurales de la souveraineté. Une démocratie n’est pas seulement une addition de volontés individuelles à un instant donné ; elle est aussi la forme politique d’une communauté historique capable de se reconnaître comme telle.
C’est à ce point que l’étude de Nancy Sender devient particulièrement éclairante, car elle oppose implicitement cette fécondité doctrinale à l’indigence intellectuelle d’une large part du centre droit espagnol. Sous le franquisme déjà, une méfiance instinctive pesait sur les intellectuels, toujours soupçonnés de compliquer ce que l’autorité entendait simplifier. La célèbre recommandation attribuée à Franco, se méfier des intellectuels, résume assez bien une disposition d’esprit qui devait, sous des formes évidemment différentes, survivre au régime lui-même.
Alianza Popular, puis le Partido Popular, ont longtemps reproduit cette méfiance. La droite espagnole savait former des administrateurs, des juristes, des économistes, des chefs d’entreprise et de bons gestionnaires. Elle ne voyait guère l’utilité de produire une vision du monde. La culture pouvait être abandonnée à la gauche puisqu’il resterait à la droite l’économie, les entreprises, la fiscalité et, croyait-elle, les choses sérieuses.
Ce marché tacite s’est révélé désastreux. La gauche conservait l’école, l’université, une large part du monde culturel, le cinéma, le vocabulaire, les catégories morales et jusqu’au récit national ; la droite se félicitait de savoir équilibrer les comptes. Elle avait les gestionnaires, ses adversaires avaient les mots. Or celui qui possède les mots finit généralement par décider quelles politiques seront considérées comme légitimes, lesquelles paraîtront honteuses et quelles questions pourront seulement être posées.
Voilà le véritable problème d’une droite sans doctrine. Elle peut remporter les élections, car les électeurs ne votent pas uniquement pour des philosophies. Ils sanctionnent des gouvernements, s’inquiètent de leur niveau de vie, de l’immigration ou de l’insécurité, et peuvent parfaitement porter au pouvoir une formation idéologiquement inconsistante. L’épreuve commence le lendemain de la victoire, lorsque l’élu découvre qu’il doit gouverner dans un univers dont tous les concepts ont été forgés par ses adversaires.
La métapolitique et la bataille des représentations
Le second volet de l’étude change alors de décor et fait apparaître les chemins par lesquels la métapolitique française pénétra une partie de la droite espagnole. Deux noms s’y détachent : Javier Ruiz Portella et José Javier Esparza. Avec eux, l’influence ne prend plus la forme d’une philosophie nationale systématique à la manière de Bueno, mais celle d’une méthode : avant de vouloir conquérir les institutions, il faut comprendre comment se forment les représentations collectives.
C’est l’un des apports essentiels de la Nouvelle Droite française des années 1970 et 1980. Qu’on partage ou non ses conclusions, elle avait compris que le rapport de forces politique ne se réduit jamais au nombre de députés ou au contrôle de quelques ministères. Il existe en amont un autre champ de bataille, plus lent et plus profond, où se décident les mots, les valeurs dominantes, les modèles de comportement, l’image que les peuples se font d’eux-mêmes et de leur histoire.
Portella a contribué à acclimater en Espagne plusieurs thèmes issus de cette réflexion : la critique de l’individualisme libéral, le refus de l’uniformisation du monde, la défense des appartenances, la dénonciation de la réduction de l’homme au consommateur et de la vie collective au marché. Son itinéraire intellectuel, venu de l’extrême gauche et du communisme avant de rencontrer les pensées hétérodoxes françaises, explique en partie l’originalité de cette critique. Elle n’est pas celle d’un conservatisme de notaire inquiet de voir disparaître les bonnes mœurs ; elle s’attaque plus profondément au monde moderne comme machine à dissoudre les formes, les fidélités et les enracinements.
Esparza occupe une place différente. Il a surtout contribué à traduire cette démarche dans le langage de la droite espagnole, à y faire entrer la notion même de métapolitique et à montrer qu’une bataille politique se prépare longtemps avant que les bulletins soient déposés dans l’urne. Son travail historique, sa manière de raconter la Reconquista, son insistance sur l’identité et la continuité espagnoles ont participé à la reconstruction d’un imaginaire dont Vox allait ensuite se saisir.
Il faut ici éviter un contresens fréquent. Dire qu’un parti possède des racines intellectuelles ne signifie pas que ses dirigeants appliquent docilement les livres de quelques auteurs. Les influences véritables sont autrement plus subtiles. Un philosophe invente un concept ; un essayiste le simplifie ; une revue le diffuse ; un journaliste le transforme en formule ; vingt ans plus tard, un responsable politique le prononce sans même savoir précisément d’où il vient. La métapolitique réussit précisément lorsqu’elle cesse d’apparaître comme telle et que ses idées deviennent du sens commun.
Vox n’a d’ailleurs nullement adopté en bloc les positions de la Nouvelle Droite. L’antichristianisme de certains de ses auteurs, leur critique radicale de l’américanisme ou certaines de leurs conceptions européennes sont fort éloignés de l’univers du parti de Santiago Abascal. L’influence s’est exercée ailleurs, dans la conviction qu’un mouvement politique digne de ce nom ne peut abandonner à l’adversaire le droit de nommer le monde.
Miguel Ángel Quintana Paz, également étudié par Nancy Sender, représente une génération plus récente et une autre étape de cette maturation. Philosophe universitaire venu notamment de la pensée herméneutique et postmoderne, il est aujourd’hui intégré à plusieurs structures de l’écosystème intellectuel proche de Vox. Son importance tient moins à une doctrine originale qu’à sa capacité à fournir un vocabulaire cohérent aux conflits culturels contemporains.
Sa formule sur la droite gestionnaire mérite, à cet égard, d’être retenue. Vouloir conquérir le pouvoir politique tout en abandonnant la culture à la gauche reviendrait, explique-t-il en substance, à prétendre gagner un concours gastronomique sans jamais entrer dans les cuisines. Toute la faiblesse des droites européennes est contenue dans cette image. Elles arrivent au restaurant avec leurs comptables, vérifient les dépenses, dénoncent le gaspillage, puis découvrent que d’autres choisissent les ingrédients, écrivent les recettes et fixent ce qu’il est convenable de servir.
Quintana Paz intervient ainsi dans la critique du wokisme, qu’il analyse comme une forme de religion séculière avec ses dogmes, ses péchés, ses excommunications et ses procédures de purification. Il recourt également à Gadamer pour rappeler une vérité que l’idéologie de l’individu désincarné voudrait abolir : personne ne pense à partir de nulle part. Nous venons toujours d’une langue, d’une histoire, d’un héritage, de préjugés au sens premier du terme, c’est-à-dire de jugements antérieurs à notre propre réflexion et sans lesquels aucune compréhension du monde ne serait possible.
De là vient son insistance sur l’héritage européen d’Athènes, de Rome et de Jérusalem. L’important n’est pas ici de savoir si cette triade résume parfaitement la civilisation européenne, entreprise qui ouvrirait d’interminables querelles. Elle signifie que l’homme européen ne peut faire table rase de ce qui l’a produit et qu’une politique digne de ce nom doit commencer par savoir ce qu’elle entend transmettre.
Son « néogibelinisme » illustre parfaitement cette volonté de donner une architecture conceptuelle à une difficulté politique très concrète. Une droite catholique peut-elle s’opposer aux positions de la hiérarchie ecclésiastique sur l’immigration ou sur d’autres sujets sans renoncer pour autant à l’héritage chrétien ? Quintana Paz va chercher dans l’ancienne querelle des guelfes et des gibelins une manière de penser l’autonomie du politique à l’égard du clerc. On peut trouver la référence savante, discutable ou même un peu plaisante ; elle démontre au moins qu’une contradiction est ici traitée par la pensée plutôt que dissimulée sous un communiqué de presse.
Une colonne vertébrale intellectuelle à l’épreuve du pouvoir
À travers Bueno, Portella, Esparza et Quintana Paz, on voit apparaître quelque chose qui ressemble moins à une orthodoxie qu’à un milieu intellectuel. Les divergences entre ces auteurs sont parfois considérables. Bueno était matérialiste et athée ; la Nouvelle Droite française est païenne ou postchrétienne ; Esparza a retrouvé une inspiration catholique ; Vox est sur plusieurs questions géopolitiques beaucoup plus atlantiste que les auteurs français auxquels une partie de son environnement s’est intéressée.
Cette diversité n’infirme pas la thèse, elle la confirme. Une colonne vertébrale idéologique n’est pas un catéchisme où chaque responsable réciterait les mêmes articles de foi. Elle est un ensemble de questions fondamentales auxquelles une famille politique a pris l’habitude de chercher ses propres réponses : qu’est-ce qu’une nation ? Qu’est-ce qui fonde une communauté politique ? Que doit-on transmettre ? Quelles limites donner au marché ? Quel rapport entre démocratie et souveraineté ? Quelle place accorder à l’histoire, aux frontières, aux appartenances et à la civilisation ?
Un parti qui se pose ces questions peut naturellement se tromper. Il peut choisir de mauvaises réponses, subir des divisions et commettre des erreurs politiques considérables. Il possède néanmoins quelque chose qui devient précieux lorsque survient l’épreuve du pouvoir : une hiérarchie des fins. Il sait, au moins approximativement, ce qui peut être négocié et ce qui ne doit pas l’être, ce qui relève de la tactique et ce qui touche à son identité même.
C’est précisément ce dont est dépourvu le parti qui a fait de l’absence de doctrine une vertu. Celui-ci se félicite d’être pragmatique, moderne, délivré des vieilles idéologies. En réalité, il ne gouverne jamais sans idéologie : il finit simplement par utiliser celle des autres, car le vide politique n’existe pas plus que le vide culturel.
Tant qu’il demeure dans l’opposition, cette faiblesse peut rester invisible. Il lui suffit de dénoncer les échecs du gouvernement, de promettre davantage d’ordre, moins d’impôts, une immigration réduite ou une meilleure gestion des services publics. Rien de tout cela n’exige une philosophie particulièrement profonde, et les mécontentements accumulés peuvent même lui offrir des succès électoraux spectaculaires.
La situation change brutalement lorsque vient le pouvoir. L’administration possède ses habitudes et souvent sa propre vision du monde ; les juridictions ont élaboré une doctrine ; l’Union européenne dispose d’un droit, d’institutions et d’une philosophie politique ; les grands intérêts économiques défendent leurs exigences ; les médias imposent quotidiennement leurs catégories morales. Face à cet ensemble extraordinairement structuré, que vaut un parti qui a passé vingt ans à expliquer qu’il ne croyait à rien d’autre qu’au bon sens ?
Chaque recul lui semblera raisonnable. On invoquera le pragmatisme, les contraintes juridiques, les marchés, Bruxelles, la nécessité de rassurer, l’opinion publique ou le rapport de forces. Pris isolément, chacun de ces accommodements pourra se défendre. Additionnés, ils auront simplement reconduit l’ordre que le parti avait été élu pour modifier.
C’est en cela que l’expérience espagnole mérite d’être observée depuis la France. Vox n’a pas la garantie du succès parce qu’il possède un environnement intellectuel ; aucun livre ne protège un parti de ses propres erreurs. Il bénéficie pourtant d’un avantage essentiel : une partie de ses cadres et de son entourage considère encore que les idées politiques ne sont pas une maladie honteuse et qu’un mouvement destiné à gouverner doit savoir ce qu’il entend faire de l’État avant d’y entrer.
La comparaison avec certaines droites françaises vient naturellement à l’esprit. Le Rassemblement national peut continuer de progresser dans les urnes, profiter de l’usure du système politique et même accéder demain aux responsabilités les plus élevées. La question véritable commencera alors. Que restera-t-il lorsqu’il faudra arbitrer entre les impératifs économiques et la souveraineté, entre le droit européen et certaines promesses, entre la logique du marché et la protection d’un mode de vie, entre les injonctions administratives et la volonté affichée de rupture ?
Si l’on a passé des années à expurger toute pensée jugée trop encombrante, à se défier des intellectuels, à traiter toute doctrine comme une menace électorale et à remplacer la vision du monde par des fiches de communication, le réveil risque d’être pénible. Un parti peut parvenir au pouvoir porté par la colère, l’inquiétude ou le désir d’alternance. Il ne transforme durablement un pays que s’il sait où il veut le conduire.
C’est sans doute la leçon la plus importante qui ressort des deux volets de l’étude de Nancy Sender. Les idées ne remplacent ni le talent politique, ni les circonstances favorables, ni l’organisation électorale. Elles donnent cependant un sens à la victoire et, plus encore, permettent de résister lorsque cette victoire cesse d’être une promesse pour devenir une épreuve.
Une formation politique sans pensée peut gagner une élection et même plusieurs. Une formation qui refuse par principe toute colonne vertébrale intellectuelle peut connaître une irrésistible ascension. Elle découvrira seulement, une fois parvenue au sommet, que conquérir le pouvoir est beaucoup plus facile que de savoir quoi en faire.
Balbino Katz
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