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« Progressiste » : un mot massue

« Progressiste » : un mot massue

Par Henri Josseran, historien ♦ Dans le dessein de discréditer facilement ses adversaires, les « lépreux nationalistes », Emmanuel Macron, et les siens, se sont annexés le terme « progressiste », dont il pense qu’il contient le mot définitif, le mot massue, « progrès ». Terme qui pour lui comme pour tout les XIXème siècle et XXème siècle réunis, est forcément et par excellence l’arme de destruction massive… Il est vrai qu’il n’a rien inventé et ne fait que suivre Harvard et Berkeley, New York et San Francisco, les disciples de Sanders et de la « French Theory » qui le brandissent comme un oriflamme…

En France, depuis le début du vingtième siècle, le terme n’a désigné que deux formations politiques. L’une aujourd’hui totalement oubliée, regroupait une poignée de députés, de droite par l’électorat et la ligne coloniale, représentatif des milieux les plus affairistes, mais se proclamant volontiers de « gauche », et s’alignant donc le plus souvent sur la majorité radicale laîque.

L’autre beaucoup plus près de notre temps, a infiniment plus de signification. Ce fut sous la IVème République essentiellement, « l’Union Progressiste ».

Fondée et animée par Emmanuel d’Astier de la Vigerie et Pierre Cot, ce n’était qu’un déguisement ou plutôt un camouflage. Le vrai fondateur était le Parti Communiste qui fournissait les voix, l’assiette politique, le positionnement. Mais la mission était celle qui lui était impartie par l’action internationale de l’URSS. Quant aux hommes, ils avaient très souvent individuellement partie liée avec elle depuis longtemps.

Dans cette petite dizaine de parlementaires, l’URSS possédait probablement les meilleurs relais d’opinion, les hommes les plus influents par rapport au « Système » d’alors – la IVème République formidablement parlementaire. Là se trouvaient directement ou indirectement les réseaux. Ceux qui influençaient, ceux qui étaient influents, en un mot les marquis et les banquiers. Il était évident que pour Moscou, ces gens ne pouvaient pas appartenir au PC. Ce n’était pas assez distingué.

Inutile de décrire leurs actes : à la fin de la IVème pratiquement tout le monde savait à quoi s’en tenir. L’abaissement du pouvoir parlementaire avec la Vème leur fit perdre leur influence, et les défaites de la Gauche en général amena leur disparition. Pour Moscou, il y avait d’autres moyens d’influence notamment grâce à des noyautages divers et variés y compris de l’appareil de l’Etat.

En résumé, les « progressistes » n’étaient que les agents des totalitaires.

Il pourrait bien en être de même de ces nouveaux « progressistes », pions dévoués et ignorants, de forces économiques, internationales, multiformes, orgueilleuses et sûres d’elles, qui transcendent ce que l’on appelait au XXème siècle, l’Argent. Aujourd’hui, ceux qui les mènent, une véritable classe, souvent dénoncée – remarquablement par Michel Geoffroy – donc de moins en moins obscure, a connu de nombreux revers tant dans le Nouveau Monde que dans l’Ancien.

Mais malgré leurs échecs, suivant la logique qui est dans leur nature, ce vocable « progressiste » montre clairement qu’ils persistent à rêver de toujours plus de biens, de richesses, de pouvoir sur toutes les nations, sur tous les hommes, sur toute la « Planète ».

Mais pourquoi donc ? Pourquoi parler autant de liberté pour mieux la bafouer, de droit pour le rendre exclusif, de démocratie pour la renier en ne retenant que ce qui les arrange grâce à de multiples combinaisons, reniements étranges et forfaitures cachées?

Pour plus de profit. De profit exclusivement pour eux, bien sûr ! Voilà le nouveau totalitarisme…

Henri Josseran
06/06/2020

Source : Correspondance Polémia

Crédit photo : Domaine public

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