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« La Révolution arc-en-ciel en marche », un phénomène totalitaire mondial

« La Révolution arc-en-ciel en marche », un phénomène totalitaire mondial

par | 22 décembre 2019 | Exclusivité Polémia, Politique, Société

Par Camille Galic, journaliste, essayiste ♦ « Tout est toujours allé très mal », professait Jacques Bainville, qui ne songeait pas aux guerres ni aux « milliers de génocides » qui, selon Claude Lévi-Strauss, avaient ponctué l’histoire du monde. Nul n’avait attendu en effet l’avènement du MLF pour contester que du côté de la barbe fût la toute-puissance (barbe que la reine égyptienne Hatchepsout avait impudemment usurpée deux millénaires avant notre ère). Pour ne s’en tenir qu’à la France, les Orléans avaient fait du Palais-Royal le repaire des fripons, des macs et des agioteurs, la prise de la Bastille jeta bas douze siècles d’une France fille aînée de l’Eglise, les éclatantes victoires de Napoléon cachaient mal l’activité fiévreuse d’une foultitude de profiteurs de guerre, la Belle Epoque fut l’âge d’or du saphisme et de la pédérastie mondaine, etc. Mais si tout allait mal, c’était en général à un rythme si lent, sauf pendant la période 1789-1795, et les nouvelles de l’étranger parvenaient si tard qu’elles n’influaient guère sur la société.


Une révolution globale et polymorphe

Rien de tel aujourd’hui où, les progrès du numérique aidant, la révolution anthropologique en cours se déroule sous nos yeux, à un rythme si effréné qu’on peine à suivre son accélération, ses dégâts — et son polymorphisme.

Depuis une quinzaine d’années, d’innombrables livres, dont beaucoup commentés dans Polémia, ont été consacrés à ce tournant décisif dans l’histoire de l’Occident — et donc de l’humanité puisque, quoi qu’on pense, celui-ci joue encore un rôle moteur, pour le meilleur et parfois pour le pire. Mais c’est le mérite de Martin Peltier, sagace observateur de la vie politique au sens large du terme, de montrer dans son dernier ouvrage, La Révolution arc-en-ciel en marche les multiples aspects — religieux, civilisationnels, culturels, raciaux, démographiques — de cette révolution, ou plutôt de cette panrévolution dont les démiurges poursuivent le même but sous les étendards ou les prétextes les plus variés et parfois les plus séduisants. « Il est facile de constater, écrit notre auteur, que nous arrivons à l’une de ces rares configurations historiques où s’ouvre une rupture radicale, une faille béante […], que nous subissons un bouleversement et une régression sans précédents. » Mais qu’on ne s’y trompe pas : « Cet affaissement de l’Europe est le fruit d’une volonté et d’une action, combinées dans une révolution. Nommons-la : c’est la révolution arc-en-ciel en marche. Elle est totalitaire, elle touche le tout de l’homme, jusqu’à l’intime. Elle est mondiale, elle vise tous les pays… Elle est mondialiste, la pensée qui la mène tend à faire de la planète un seul espace politique, moral et juridique. Elle entend détruire les nations et les religions qui existaient avant elle. Elle vise moins à ce que le pouvoir change de mains que de fin. Elle entend créer un homme nouveau sur une terre nouvelle. Avec de nouvelles mœurs, de nouveaux symboles, de nouvelles croyances, de nouvelles peurs. Un nouveau Mal et un nouveau Bien. Une nouvelle morale. C’est une révolution spirituelle. »

La dictature de l’émotion

Fondée sur les Immortels Principes, certes, mais avant tout sur l’émotion. Dans sa Psychologie des foules, Gustave Le Bon avait déjà décelé que l’outil le plus efficace pour manipuler les esprits était d’exploiter la sensiblerie des foules, la quakeresse Beecher-Stowe ayant frayé la voie au XIXème siècle avec La Case de l’oncle Tom, son mélo antiesclavagiste. Mais cet outil est devenu une arme de destruction massive des intelligences et des forces de résistance avec l’irruption des mass-média qui méritent si bien leur nom, et aujourd’hui des réseaux sociaux et des plateformes de pétitions en ligne, tel Change financé par l’Open Society du cosmopolite « philanthrope » George Sörös, où l’on fait pleurer Margot sur la détresse du Bangladesh où il pleut trop et sur celle des ours blancs de l’Arctique, où il fait trop chaud.

Ainsi, Martin Peltier montre comment, à partir de quelques cas tragiques mais individuels, aussitôt amplifiés et dramatisés par les médias unanimes — une jeune femme mutilée par une faiseuse d’anges, l’agression de deux pigeons mâles s’aimant d’amour tendre, le désespoir de deux lesbiennes en mal de maternité, le gribouillage de swastikas sur une synagogue —, un gouvernement met en marche la machine législative. La « chienlit fondatrice » qui militait depuis longtemps contre cette « structure oppressante » qu’est la famille a ainsi obtenu la légalisation de l’IVG, l’avènement du PACS puis du « mariage » homosexuel, l’adoption de la procréation médicale assistée (PMA) que suivra bientôt celle de la gestation pour autrui (GPA). Sans oublier la cascade de lois contre les « crimes de haine » antiraciste en général et antisémite en particulier, en attendant l’assimilation pénale de l’antisionisme à l’antisémitisme — une résolution présentée par le député macroniste Sylvain Maillard a déjà été votée dans ce sens à l’Assemblée nationale le 3 décembre —, ce qui interdira toute critique de la politique israélienne, comme c’est déjà le cas dans plusieurs pays européens et comme le milliardaire Ronald Lauder, héritier de l’empire cosmétique Estée Lauder, président du Congrès juif mondial et proche de Sörös, veut l’imposer aux Etats-Unis où il a lancé le 9 décembre la campagne l’ASAP – Anti-Semitism Accountability Project — financée à hauteur de 25 millions de dollars.

"Nous vivons une révolution mondiale totalitaire" - Le Zoom - Martin Peltier - TVL
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Éradiquer le mâle blanc et combattre l’hérésie climato-sceptique

La méthode est désormais bien rodée, l’objectif bien défini : la substitution au Celte, au Viking, au Latin, au Slave, à l’Arabe, au Comanche, à l’Inuit et au Bantou d’un zombie de préférence transsexuel et métissé, qui, d’un pôle à l’autre, ingurgitera la même malbouffe, souffrira des mêmes maladies, sida et obésité, écoutera ad nauseam les mêmes tubes s’adressant au cerveau reptilien, professera la même religion indéterminée — Progrès, Jeunesse, Fraternité —, partagera à la commande les mêmes indignations et la même illusion des lendemains radieux dès qu’aura sonné « la fin de la primauté européenne, de la suprématie blanche ». Grâce à l’éradication du mâle blanc, présenté comme seul responsable de nos malheurs actuels, que l’on fait tout pour humilier, réduire au chômage et dissuader de perpétuer l’espèce.

Pour cela, une recette infaillible : agiter le spectre du réchauffement climatique, prélude à l’apocalypse planétaire, et insister sur la nécessité de la dénatalité. Certes, le mâle blanc procrée infiniment moins que les bipèdes de l’hémisphère austral, mais ses rejetons polluent beaucoup plus, assure-t-on, que les bébés plus ou moins bronzés comme ne cesse de le répéter le Vert Yves Cochet, qui préconisait le 3 janvier 2019, dans L’Obs’, de « faire moins d’enfants » pour « mieux accueillir les migrants qui frappent à nos portes » et intimait au gouvernement français « d’inverser la logique des allocations familiales ».  « Plus vous avez d’enfants, plus vos allocations diminuent jusqu’à disparaître à partir de la troisième naissance » car « ne pas faire d’enfant supplémentaire, c’est le premier geste écologique », nous adjurait-il.

Une argumentation puisée dans Environmental Research Letters, revue anglo-saxonne comme par hasard, ainsi que l’essentiel de l’abondante littérature, souvent pseudo-scientifique, vouée à la lutte contre le « réchauffement climatique ». Nécessité mise en avant dès 1977, relève Peltier,par Mustafa Tolba, patron du PNUE, le programme environnement des Nations Unies, qui présentait les trous dans la couche d’ozone comme un « problème environnemental mondial » et annonçait que les mécanismes conçus contre ce fléau « serviront très probablement de modèle aux institutions créées pour contrôler les gaz à effet de serre et l’adaptation au changement climatique ».

Plus personne ne parle de la couche d’ozone qui semble s’être reconstituée, mais il fallait habituer les nouvelles générations à considérer le climat — et ses variations, vieilles comme le monde et parfois bénéfiques — avec un effroi millénariste et donc à exclure radicalement les imp(r)udents qui ont « prétendu discuter l’indiscutable » car « le négationnisme climatique n’est pas une opinion, c’est une hérésie ».

Les longues racines de la révolution arc-en-ciel

Ce que confirme le culte voué à l’insupportable gamine suédoise Greta Thunberg, à la fois vestale et oracle de la nouvelle religion, et que le magazine américain Time a de ce chef promue « personnalité de l’année », par des millions d’adolescents inconscients d’être les marionnettes d’un capitalisme mondialiste — mais d’origine fondamentalement unique — qui a de très longue main élaboré la révolution arc-en-ciel. Car celle-ci, et Peltier le démontre fort bien, prend racine dès la fin de la Grande Guerre, épouvantable boucherie, véritable suicide qui laisse l’Europe exsangue, déclenché sous des prétextes patriotiques tel le retour de l’Alsace-Lorraine dans la mère patrie mais à visées avant tout économiques et financières — voir l’article publié ici en 2018 par Eric Delcroix sur le livre capital des Britanniques Docherty et Mac Gregor, « L’Histoire occultée – les origines secrètes de la Première Guerre Mondiale ».

L’aura gaullienne abusant les meilleurs esprits, on a tendance à penser que la dégringolade a commencé avec Vatican II en 1962 et le faux printemps de 1968 organisé au Royaume-Uni par le Pakistanais Tariq Ali, en France par le tandem Geismar-Cohn-Bendit et en Italie par le philosophe Toni Negri, intime des « déconstructeurs » Félix Guattari et de Gilles Deleuze et depuis 2013 fondateur de la plateforme Euronomade (tout un programme).Mais des taupes étaient à l’œuvre bien avant le concile et les événements de mai 68 dans les Eglises et les universités pour préparer les esprits à l’anéantissement de nos sociétés et y applaudir.

Quand on tire, « il ne faut pas se tromper d’éléphant », enseigne Martin Peltier : « Ce à quoi nous assistons aujourd’hui, et qui risque de nous broyer », est une « rupture pensée, voulue, organisée ». Ce n’est « pas une révolution de cinéma, avec des barricades, de méchants capitalistes, des idéalistes au cœur fou » mais une « révolution inversion. Révolution progressive. Révolution dialectique », menée avec « tous les moyens de l’ingénierie sociale, toutes les ressources de la propagande, avec le cinéma, la publicité, le sport, internet », et dont « l’antiracisme, l’antisexiste et l’écologisme sont les trois mamelles monstrueuses et synergiques ».

Nous voici avertis. Contre cette hydre autrement plus dangereuse que celle qu’affronta Hercule car elle emprunte les camouflages les plus sympathiques (défense des plus faibles, des forêts et des animaux — sauf, notez-bien, ceux victimes de l’abattage halal ou casher), aurons-nous le courage mental de lutter ?

Camille Galic
22/12/2019

Martin Peltier : « La Révolution arc-en-ciel en marche », octobre 2019. 284 pages, 26 euros, éditions DIE, info@die-livres.com

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