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L’Etat : l‘ultime contre-pouvoir ? (2/2)

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Frédéric Villaret, docteur en sciences. Spécialité : ingénierie écologique des écosystèmes artificiels. Il est chef d’entreprise et enseignant-chercheur indépendant.

La montée des contre-pouvoirs

Le 6 juin 1944, les États Unis d’Amérique à la tête d’une coalition débarquent sur les plages de Normandie. L’intention est louable : libérer l’Europe de l’Ouest du joug allemand. Mais, ils interfèrent dans une Histoire qui n’est plus la leur. Le gouvernement légitime de la France dirigé par le Maréchal Pétain n’avait rien demandé. La législature qui vota les pleins pouvoirs constituants à Philippe Pétain était composée de la Chambre des députés issue des élections législatives souveraines du 3 mai 1936, – la dernière à ce jour – qui avaient conduit à la victoire le Front populaire. En 1871, tout s’était réglé à l’amiable sans les Yankees. Quant à nos relations avec nos cousins d’outre-Rhin, cela fait plus de 2000 ans qu’elles animent la géopolitique sur les rives du Rhin. Ainsi, à Alésia, chaque fois que l’armée romaine fut malmenée par les Gaulois, c’est la cavalerie germaine que César avait associée à son entreprise qui lui sauva la mise.

C’est ainsi. Selon le vieil adage géopolitique, « on fait toujours la guerre à ses voisins ». Le 12 mai 1945 (*), il n’y a plus d’Allemands en situation de se battre sur le territoire français et pour cause : la Seconde Guerre mondiale s’est terminée officiellement en Europe le 8 mai 1945, à 23h01 (heure allemande), au lendemain de la capitulation sans condition de l’Allemagne, signée le 7 mai à Reims.


La France se retrouve avec deux pouvoirs : un pouvoir réel car il a la force et un pouvoir légal installé pour différentes raisons au détriment de l’Allied Military Government of Occupied Territories (AMGOT). Ce pouvoir réel organise rapidement le territoire selon ses vues. Il encourage l’ostracisation des couches dirigeantes historiques en en faisant exécuter quelques milliers au titre de ce qu’on a appelé l’épuration ; il s’appuie sur des groupes sociaux récemment arrivés en Europe de l’Ouest ayant des liens de « famille » avec des groupes sociaux similaires prospérant aux États-Unis ; il anime une méritocratie pour fournir des cadres dévoués et infiltre le pouvoir légal. Peu de temps avant sa mort, Pierre Messmer, un des héros du second conflit et ancien premier ministre, avouait ne pas avoir été dupe de cette situation. Une partie de l’administration française travaillait contre le pouvoir issu des urnes, obéissant à des ordres venus d’ailleurs.

Mais pas que dans l’administration : la justice, l’enseignement, les médias, la culture, l’entertainment, l’économie furent réorganisés selon des intérêts souvent antagonistes à ceux d’une politique nationale. Des institutions spécifiques furent créées pour fournir des cadres imprégnés des vues du vrai pouvoir. Les programmes young leaders identifièrent et formèrent les personnalités autochtones, hier, immigrées aujourd’hui, susceptibles d’appliquer la politique de l’Empire. Pour l’armée; incertitude ! Est-elle innervée comme d’autres espaces ? Nos pilotes de l’aéronavale sont formés aux États-Unis depuis les années 1990. Louis Sarkozy, fils de Nicolas Sarkozy, ex-président de la Ve République, intégra un lycée militaire aux USA en 2011. Beaucoup de personnalités françaises ont été formatées outre-Atlantique. Qu’en est-il des dirigeants de notre armée ? Sollicités, obéiraient-ils à de nouveaux chefs politiques français ou à ceux de l’Empire ?

Le constat est que les contre-pouvoirs sont devenus le Pouvoir. Ceux-là appliquent une politique mondialiste cosmopolite. Celle-là se caractérise par l’Argent comme marqueur social, le Marché comme arbitre des relations sociales, le métissage social et racial pour créer l’Homme nouveau, le suprémascisme d’une hyper classe, jet society, etc. Ils ont réussi à s’associer les services d’un lumpenprolétariat immigré ou indigène dont le statut social dépend de la pérennité de leur domination. Tout ceci est bien analysé par de multiples auteurs clairvoyants.

Les Américains sont particulièrement bien placés pour juger de la puissance de cette oligarchie. Ainsi, Stephen Bannon, récemment nommé par Donald Trump « haut conseiller et chef de la stratégie » dans la nouvelle administration, exhortait les Américains à s’unir derrière le président au motif que : « Si vous pensiez qu’ils allaient vous rendre votre pays sans combattre, vous vous trompiez » désignant les mondialistes à l’origine des troubles urbains actuels. D’autres faits et analyses pourraient conforter cette approche, mais ils nécessiteraient un plus grand développement. Pour le moment, à lire ailleurs, donc…

En résumé, les dirigeants de l’Empire ayant fait des Etats-Unis leur barycentre ont instrumentalisé les différents contre-pouvoirs indissociables d’une conception démocratique de l’organisation sociale pour en faire le vrai pouvoir désormais capable, et même par la force, d’imposer ces vues à l’Etat légal. Aussi, aujourd’hui, le vrai pouvoir n’est pas le pouvoir légal, mais un ensemble fait de la somme de ce qui était envisagé autrefois comme des contre-pouvoirs. C’est lui qui décide ce qui doit être pensé et fait. Le quinquennat s’achevant illustre à merveille ce constat.

Le cas Hollande

Le socialisme a toujours été animé par deux composantes: le socialisme internationaliste et le socialisme national, identitaire, localiste. C’est l’esprit… Dans ma jeunesse, l’écosocialisme était en vogue. Son ambition : recréer les communautés paysannes enracinées d’antan. Là encore, on ne détaillera pas. Une flopée d’auteurs plus prestigieux les uns que les autres ont apporté leur contribution à cette dualité. Pour résumer, d’un côté il y a Marx and co. inspirés par une vision judéo-biblique de l’avenir de notre monde ; de l’autre, Proudhon, Sorel et d’autres portant une approche plus… locale. L’Histoire de l’URSS illustre à merveille cet antagonisme marqué dans ces débuts par un internationalisme sanglant animé par des juifs sécularisés à la recherche de l’Homme nouveau, pour finir par un bolchévisme identitaire pacifié initié par Joseph Staline, ancien séminariste. En Russie, aujourd’hui, le méga affrontement opposant l’Allemagne et l’URSS de 1941 à 1945 est vu comme un conflit dont la finalité était d’éliminer simultanément le bolchévisme identitaire russe et le national-socialisme allemand naissants.

On ne parlera pas de l’Allemagne, car chez nos voisins les nationaux-socialistes furent éliminés et leurs successeurs ne sont pas en situation de réapparaître aujourd’hui. En France, cette dualité est particulièrement prégnante. Ainsi Lionel Jospin aux propos parfois ambigus sur notre héritage gaulois, malgré un parcours chez les trotskistes, fut sciemment écarté d’une compétition présidentielle qui s’offrait à lui ! Jacques Chirac, plus malléable, lui fut préféré. Quant à la présidence de François Hollande, elle fut entachée de toutes les suspicions.

Rappelons que le candidat du Système était Dominique Strauss-Kahn. Mais il trébucha, laissant la porte ouverte à un François Hollande sorti du fin fond de la France et jusqu’alors cantonné à embrasser les grand’mères de Corrèze. Ce dernier fit l’objet pendant son mandat d’injures qu’aucun chef de l’Etat n’eut à subir auparavant. Les Guignols de l’info, version comique de Mediapart et du Canard enchaîné, furent d’une férocité sans égale. L’affaire Cahuzac lui rappela opportunément qui avait le vrai pouvoir… Il fut mis au pas. Maintenant qu’il est à la retraite, c’est plus calme. Or, François Hollande est un Français ethnique, donc suspect de tous les comportements rappelant « les heures les plus sombres de notre histoire ». D’ailleurs, une fois élu, il s’était vu aussitôt affublé du qualificatif de « fils d’homme d’extrême-droite ». Il a dû donner beaucoup de gages pour survivre pendant ces cinq années qu’il avait ‘volées’.

Aujourd’hui, on n’évoquera pas les cas Le Pen et Fillon, objets de toutes les attentions. Réunis dans un ensemble portant une conception identitaire de notre pays, associés à des éléments de Gauche, héritiers de Proudhon et de Sorel, ils représenteraient une large majorité du peuple français indigène. Dangereux ! Alors le suffrage universel est désormais sur la sellette.

Faire voter les immigrés ou supprimer le suffrage universel

Face à la montée des « populismes », de médiatiques personnes s’interrogent de plus en plus ouvertement sur l’opportunité de maintenir le lien entre démocratie et suffrage universel. En effet, le peuple approuve de moins en moins ce qui se passe et s’interroge sur la justification d’une classe dirigeante démultipliée et coûteuse menant une politique contraire à ses intérêts et à sa sensibilité. Alors pourquoi pas un gouvernement d’experts, moins nombreux et plus faciles à contrôler ?

Ne nous voilons pas la face et laissons de côté les recours à patriotisme, citoyenneté, laïcité, etc. la question politique fondamentale aujourd’hui est raciale. Le constat est implacable. Le populisme monte partout dans le monde blanc. Que ce soit aux États-Unis bouleversés par une mutation démographique fondamentale ces dernières décennies – les Euro-américains, donc les Blancs, y seront minoritaires dans quelques années –, ou en Europe, où les vagues d’immigration successives ont modifié les composantes historiques de sa population, celles-ci ont été organisées depuis les années 1960 avec un but précis : casser les structures historiques s’épanouissant sur nos territoires pour les remplacer par d’autres inspirées d’une vision mondialiste de l’écosphère.

L’alternative fondamentale oppose donc désormais des mondialistes à des identitaires, partout dans le monde.

Les mondialistes ont réussi leur innervation de l’espace socio-politique à l’origine d’une hyper-classe de puissants et de leurs serviteurs acquis aux vertus de ce modèle politique par idéologie d’inspiration biblique et/ou, plus prosaïquement, par intérêt, comme l’ascension sociale par exemple. Ce faisant, ils durent obtenir l’assentiment du peuple pour asseoir leur domination en détruisant les hiérarchies issues de déterminismes ancestraux.

Recourir au peuple est, en effet, le moyen d’installer une nouvelle classe dirigeante. L’évolution de la démocratie a toujours été marquée par une mutation de la nature des rapports de domination sociale. A l’origine reposant sur le suffrage censitaire, la démocratie, aujourd’hui, interroge le lien entre citoyenneté et vote. Ainsi, le vote des immigrés est dans les tiroirs du vrai Pouvoir, c’est-à-dire le vote de personnes issues d’autres civilisations, de surcroît n’étant pas reconnues comme citoyen. Les immigrés ayant le statut de citoyen votent déjà. Ce cheminement fut marqué par le suffrage universel pour toutes les personnes de sexe masculin, puis pour les femmes, puis pour les jeunes (18-21 ans), marquant à chaque fois une mutation des structures de pouvoir et de l’esprit les animant ; mais toujours dans le même sens.

Nous sommes là, en présence d’une des constantes fondamentales de l’Histoire parfaitement éclairée par une approche biosociale du fonctionnement des écosystèmes anthropiques. Initialement, toute structure politique dominante s’appuie sur le peuple pour triompher, puis se replie sur elle-même dans une oligarchie s’auto reproduisant qui, n’assumant plus sa mission d’utilité publique, est éliminée par une nouvelle structure politique s’appuyant sur le peuple ; et ainsi de suite.

Ainsi, Rome succomba car la paysannerie, au cœur du tissu social de l’Empire naissant, fournissant soldats et cadres, s’était retrouvée paupérisée. Les petits fermiers furent conduits à la banqueroute et constituèrent la plèbe de l’Urbs. Le demos à l’origine de Rome, fut instrumentalisée par le jeu des puissants oubliant l’intérêt général au profit de leurs intérêts particuliers. En 410, cette plèbe ouvrit les portes de Rome aux Wisigoths d’Alaric. Cette aristocratie terrienne germanique animera l’espace européen jusqu’aux révolutions bourgeoises initiées par l’Angleterre. Depuis, cette bourgeoisie à l’origine de la Révolution industrielle l’a remplacée.

Pendant la Révolution française, cette aristocratie sera éliminée car sans utilité sociale compte tenu des nouveaux enjeux s’imposant. L’histoire montre que dès qu’une classe dirigeante se contente de s’auto reproduire sans aucune contrepartie sociale, elle est éliminée. Aujourd’hui, au nom d’une idéologie mondialiste heurtant des pratiques sociales millénaires, elle est toutefois en position de force. Aussi, s’interroge-t-elle sur la nécessité de conserver un appui populaire pour se maintenir. Conséquence, le suffrage universel est sur la sellette.

L’oligarchie est confrontée à une alternative décisive aujourd’hui pour contrer la montée du populisme : ouvrir le suffrage universel à des populations immigrées ne devant leur situation qu’à elle ou le supprimer. Il est prouvé maintenant que l’oligarchie américaine a naturalisé des millions de clandestins pour acquérir leurs suffrages. En Europe, les nouvelles vagues de migrants ont sans doute cette fonction, mais cela nous mène droit vers des conflits.

En effet, l’écologie nous enseigne que deux composantes de la dynamique écosystémique sont incontestables : la pérénnité génétique, les équilibres énergétiques. Transgresser l’une et les autres provoque des phénomènes de rétroaction se traduisant par des conflits majeurs.

Aussi, pour éviter cette perspective très contraire à l’idéal paradisiaque que nous promettent les idéologies de la modernité à l’œuvre dans la mondialisation, et prenant acte de leur domination actuelle, il est nécessaire d’envisager la conquête de l’Etat comme le contre-pouvoir du Pouvoir.

Frédéric Villaret
7/03/2017

Note :
(*) date des toutes dernières capitulations des poches allemandes de l’Atlantique, dont Saint- Nazaire, La Rochelle et Royan.

Voir aussi :

L’Etat : l‘ultime contre-pouvoir ? (1/2)
https://www.polemia.com/letat-lultime-contre-pouvoir-12/

Correspondance – Polémia – 14/03/2017

Image : Droit de vote des étrangers ?

Frédéric Villaret

Docteur en sciences. Spécialité: ingénierie écologique des écosystèmes artificiels. Chef d'entreprise et enseignant-chercheur indépendant, il se consacre désormais à proposer une interprétation écologique des enjeux politiques contemporains, notamment pour la fondation Polémia.

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