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Les éoliennes industrielles et les citoyens (3/3)

André Posokhow, consultant.

Face à l’accélération de l’implantation d’éoliennes industrielles sur le sol de nos régions qui prend des formes diverses, ces derniers mois trois auteurs ont publié des ouvrages importants sur les énergies renouvelables (ENR) :

–Jean-Louis Butré, président de la Fédération environnement durable (FED), a fait paraître Eolien, une catastrophe silencieuse/Vers une France défigurée chez L’Artilleur ;
–Alban d’Arguin a publié dans la collection Pourquoi Eoliennes, un scandale d’Etat ;
–Enfin, Michel Gay a lancé comme un défi Au diable les énergies renouvelables !

Ces trois livres prennent la question des éoliennes et des ENR sous des angles différents mais qui se recoupent largement.

Polémia vous propose une recension de leur contenu sous la forme de trois articles :

-Les éoliennes industrielles et les citoyens. Les nuisances et les impacts sur l’environnement. Paru sur le site de Polémia le 25 juin dernier ;

-L’éolien industriel en France, le bien commun et l’intérêt général. Paru sur le site de Polémia le 1er juillet dernier ;

-L’idéologie des ENR et de l’éolien industriel : une menace pour notre société et notre civilisation ? Article à caractère général et politique que nous vous proposons aujourd‘hui.

III

L’idéologie des ENR et de l’éolien industriel : une menace pour notre société et notre civilisation ?

Les éoliennes industrielles sont à l’origine de nuisances et d’inconvénients divers pour les riverains et les citoyens. Ce secteur énergétique est, comme nous l’avons vu, contraire au bien commun et à l’intérêt général de notre pays. Les éoliennes reflètent une idéologie, une morale, une volonté politique profondément hostiles à notre société et à notre civilisation que dénoncent J.L.Butré, M. Gay et Alban d’Arguin

Les trois alibis des ENR et de l’éolien industriel

Le réchauffement climatique, un article de foi discuté

Alban d’Arguin souligne que, oui, il y a changement climatique car celui-ci est permanent et a commencé à la création du monde. En revanche il soutient que le réchauffement climatique anthropique, c’est-à-dire créé par l’action de l’homme, source de gaz à effet de serre, « est une thèse dont les tenants n’apportent pas de preuves déterminantes, n’est pas démontrable sérieusement et relève d’un pré-requis, en quelque sorte une idée pure ».

Derrière cette thèse, dit-il, il y a la substitution de toute foi transcendante par un sentiment d’appartenir à la communauté des adorateurs de la Terre et en même temps une peur millénariste et irrationnelle exacerbée par les médias en charge de guider le troupeau pour l’oligarchie dominante, relayés par des militants écologistes politiques, des pseudo-scientifiques corrompus, des gouvernants complices ou pleutres et des affairistes avides de profits faciles.

Les ENR et l’éolien industriel seraient exigés par la fin imminente des énergies fossiles

L’auteur de Eoliennes, un scandale d’Etat souligne que l’un des alibis pour promouvoir les ENR et l’éolien est la thèse de l’extinction très prochaine des sources d’énergie fossile. Depuis le Club de Rome et au début des années 2000, ce fut un mythe largement propagé avec des prophéties faisant état de la fin du pétrole pour les années 2100, voire 2050.

Ce mythe se trouve aujourd’hui contredit clairement par les découvertes récentes et continues de gisements gigantesques comme celui au large du Brésil en 2008. Selon A. Pertuzio, spécialiste des questions pétrolières, les réserves mondiales prouvées de pétrole représentent un ratio de près de 60 ans qui a doublé en 30 ans, sans tenir compte des découvertes à venir. Il en va de même de l’uranium dont les gisements connus sont loin d’être exploités.

Il est étonnant que l’auteur ne cite pas le charbon dont les ressources connues représentent 230 ans de consommation et les réserves de gaz naturel qui représenteraient aujourd’hui un ratio de 60 ans hors nouvelles découvertes.

Le troisième alibi des ENR : l’opposition au nucléaire

Le refus du nucléaire est politique et nous vient de l’extrême gauche et des écologistes dont l’opposition se trouve en contradiction avec leur phobie des gaz à effet de serre. Il est également historique et repose sur la confusion entre l’atome civil et le nucléaire militaire en référence à Hiroshima et Nagasaki.

A. d’Arguin réfute deux peurs des antinucléaires : le spectre de l’accident nucléaire et celui du traitement des déchets :

  • Citant largement Jean de Kervasdoué, auteur de Prêcheurs de l’Apocalypse, l’auteur compare le nombre des décès connus ou à venir de Tchernobyl, catastrophe dont la responsabilité est celle du socialisme soviétique : environ 16.000, avec les 15.000 morts annuels de mineurs du charbon et les 400.000 morts de la pollution du charbon dans la seule Chine. Quant à Fukushima, ce tsunami n’aurait pas entraîné de décès directs dus à l’atome.
  • Pour ce qui concerne la question des déchets, A. d’Arguin insiste sur deux points : seulement 0,2% du total des déchets sont hautement radioactifs et seront stockés à une grande profondeur. La France est un pays exemplaire et ses ingénieurs ont acquis une grande compétence en matière de traitement, de confinement et de stockage des déchets nucléaires, ce qu’a confirmé récemment un rapport de l’Académie des sciences.

Pour A. d’Arguin le combat contre le nucléaire est celui du « Parti de l’étranger ». Il pose, comme Polémia, la question suivante : Et si le parti écologiste comme la Commission européenne n’étaient que les faux nez d’une Allemagne réunifiée, tirant sa puissance de son mercantilisme brutal, sûre d’elle-même et dominatrice, soucieuse de maîtriser et asservir son voisin français, ce que n’avaient pas réussi à faire le Reich wilhelminien et celui qui l’a suivi ?

Les gaz à effet de serre et le bal des hypocrites

L’objectif affiché de la transition énergétique est bien la diminution des gaz à effet de serre, origine supposée du réchauffement climatique. D’un seul coup apparaissent les incohérences.

Car enfin, si le nucléaire a certainement des défauts, il a au moins une qualité : il ne produit pas de CO2. C’est pour cette raison que la France est dans ce domaine la bonne élève de la classe.

Mais surtout, et l’on excusera cette banalité, qui veut faire l’ange fait la bête. L’Allemagne, qui a renoncé au nucléaire pour le remplacer par les ENR, en est un excellent exemple. Chez notre voisin, comme le détaille M. Gay, le développement excessif des ENR aléatoires n’a pas induit une baisse des émissions de CO2. Au contraire, celles-ci ont augmenté du fait de la construction de 23 centrales au charbon et au lignite particulièrement polluantes.

De surcroît ce développement met en péril la stabilité du système électrique allemand et des pays limitrophes comme la Tchéquie, a fait bondir les prix allemands à la consommation (30€/kWh), suppose un investissement colossal de 1000 Md€ et perturbe le marché européen de l’électricité par l’apparition de prix nuls voire négatifs.

Mieux : l’Allemagne, 6e contributeur de CO2 de la planète alors que la France n’est que le 18e, pollue gravement l’Europe et la France ; ses centrales au lignite crachent à pleine capacité des particules fines. Mais plutôt que de mettre en cause notre voisin, les pouvoirs publics préfèrent s’en prendre aux automobilistes.

Alors pourquoi cette hypocrisie ? Pourquoi cette escroquerie à la fois financière et morale ? La réponse se trouve dans ce qu’A. d’Arguin appelle « l’Ecologie citoyenne mondialiste ».

L’Ecologie citoyenne mondialiste (ECM) : un des leviers de subversion du monde occidental

Ecologie politique et gauchisme

Dans les dernières années du bloc communiste sont apparues des ONG chargées d’affaiblir l’Occident en cultivant la peur millénariste du nucléaire. A. d’Arguin cite évidemment « Green Peace ». Parallèlement, l’idéologie libertaire de Mai-68 a fait se lever des générations de gauchistes actifs qui ont nourri les courants du trotskysme, de l’ultra-gauche radicalisée, de la gauche parlementaire et rejoint les rangs de l’écologie politique.

La convergence de la gauche écologiste et de l’universalisme mondialiste

L’universalisme mondialiste a pris le relais de l’idéologie communiste dans son rêve de conquête mondiale de la terre. A. d’Arguin souligne quatre projets mondiaux majeurs qui touchent le libre-échangisme commercial, la liberté des flux financiers, les flux de personnes, c’est-à-dire l’explosion migratoire et le contrôle des énergies à l’échelle planétaire et sous l’égide de l’ONU et de ses périphériques. Il cite H. Juvin :

« La liquidation des sociétés humaines par l’utopie mondialiste, par la politique des droits de l’homme et de l’effacement des frontières, des identités et des discriminations, est bien le travail constant, acharné, efficace, d’un néo-libéralisme européen qui trouve ses alliés les plus constants à l’extrême gauche. »

C’est dans cette perspective que les écologistes politiques de l’ECM cherchent à mondialiser le climat et les énergies et à imposer des ENR dont ils connaissent les conséquences potentiellement funestes sur nos économies et nos territoires.

La convergence de l’ECM et du capitalisme sauvage

Selon M. Gay, depuis de nombreuses années la prétendue libéralisation du marché de l’électricité permettant le développement d’ENR par de juteuses subventions a été mise au point par la collaboration du militantisme écologiste avec des escrocs de haut vol. Il cite la célèbre affaire Enron qui ruina aux USA des milliers de retraités de cette société et provoqua la disparition du plus grand cabinet d’audit international Arthur Andersen.

Une des astuces de l’arnaque consiste à proclamer qu’il s’agit d’une nouvelle et grande politique environnementale destinée à « sauver la planète ». Les promoteurs peuvent ainsi prétendre être guidés par des idéaux écologiquement corrects alors qu’ils sont simplement intéressés par le profit pur et simple.

Les « pères verts »

Selon M. Gay les « pères verts », prêtres d’une écologie radicale, prêchent l’ascétisme dans une vie future meilleure. Leur idéal est la sobriété forcée et la repentance des péchés commis par les hommes à l’encontre de la planète. Ils se nourrissent de l’angoisse naturelle des populations et leur peur de l’avenir.

Certes nos auteurs n’ont pu résister à un jeu de mot plaisant. Mais l’évocation de cinq noms gomme les sourires :

– Al Gore, le truand, selon Claude Allègre, qui produisit un film catastrophe reconnu par la justice anglaise comme malhonnête :
– Le pédophile Cohn-Bendit, voué à la destruction de nos pays, qui vanta avec des chiffres fantaisistes la transition énergétique allemande dans un débat sur France 2 (A. d’Arguin) ;
– Yves Cochet, ministre du gouvernement Jospin, qui fut à l’origine du prix de rachat très favorable imposé à EDF de l’électricité éolienne, ouvrant ainsi la porte à la cupidité des promoteurs (J.L. Butré) ;
– Cécile Duflot, qui a réclamé en 2015 l’érection de 20.000 à 50.000 éoliennes ;
– Denis Baupin, le moraliste bien connu, qui déposa un amendement visant à accorder aux éoliennes géantes le régime de la simple déclaration.

Utopie et mystification

Gay explique très bien que, comme le communisme et ses crimes, l’utopie écologiste se justifie par la noblesse et la générosité des intentions. Mais, à ses yeux

« Cette utopie vit dans un monde de simplification et de falsifications qui rend toutes choses simples et claires. Elle fait vagabonder l’esprit dans le superficiel et la facilité en se payant de mots creux et de faux raisonnements. Elle entretient sans scrupules et ingénieusement l’ignorance pour faire croire à un futur merveilleux où les ENR remplacent les énergies fossiles et fissiles.
L’intelligentsia écologiste a choisi la mystification par passion idéologique, plutôt que la vérité et la justice. »

Le mensonge est devenu le cœur même des stratégies de l’ECM et des médias complices ou corrompus. Nous sommes loin de la conception libérale d’une information garantissant les libres choix des modes énergétiques de nos nations occidentales et de l’exercice de la démocratie dans ce domaine.

L’Ecologie citoyenne mondialiste, une entreprise de destruction

Selon M. Gay, une logique de pouvoir qui ne dit pas son nom, se cache derrière les prétextes idéologiques et peut se résumer ainsi : pour que la planète soit vivable nos sociétés, centrées sur la science, productivistes et consuméristes, ont rendue indispensable la transition énergétique. Afin que celle-ci aboutisse, il faut mettre fin au système industriel, capitaliste et technologique et rompre avec le paradigme de la croissance qui le caractérise.

Le procédé est simple : détruire ce qui fonctionne pour le remplacer par des moyens qui conduisent à des impasses techniques et économiques comme par exemple l’éolien. La société moderne capitaliste n’y résistera pas et implosera de l’intérieur. Le but recherché sera atteint. C’est bien vers un changement de société fondé sur le rationnement et par la contrainte réglementaire que les idéologues de l’ECM veulent conduire les populations de nos vieux pays.

Avec ce changement de société c’est bien une nouvelle civilisation de décroissance et de médiocrité matérielle qui constitue l’objectif final.

Conclusion

En conclusion, je souhaiterais introduire une réflexion personnelle à la fin de cette note de lecture de trois ouvrages importants et passionnants :

Le patriotisme et l’amour de son pays repose, entre autres, sur l’attachement aux sites de sa jeunesse et de sa vie familiale et aux paysages familiers. En revanche, peu nombreux sont ceux qui garderaient intact cet attachement si ceux-ci étaient pollués par des centaines de machines industrielles. N’est-ce pas là un des objectifs clandestins que visent les déracinés de l’ECM et les ennemis des nations ?

André Posokhow
Consultant
9/07/2017

Correspondance Polémia – 11/07/2017

Image : collision entre un avion militaire et une éolienne transformée en épave

André Posokhow

André Posokhow

André Posokhow, Sciences Po Paris, officier supérieur de réserve est expert-comptable diplômé. Au plan professionnel, il a animé son propre cabinet de commissariat aux comptes d’une quinzaine de personnes. Consultant chez Polémia, il est spécialiste de l’invasion migratoire, de l’économie et de l’énergie. André Posokhow a livré en 2013 pour Polémia une étude sur le coût de l’immigration pour les finances publiques de la France.
André Posokhow