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Le projet d’un monde nouveau : pas de politique sans mystique ?

Le projet d’un monde nouveau : pas de politique sans mystique ? [rediffusion]

Période de vacances d’été 2017 – Pendant la période de vacances d’été, Polémia se met au repos du lundi 10 juillet au jeudi 31 août 2017. Voulant éviter à nos lecteurs tout assoupissement pendant ladite période, notre équipe a planifié un calendrier de mises en ligne d’articles déjà diffusés au cours des mois passés mais dont l’intérêt est toujours d’actualité et qui auraient pu échapper à certains d’entre eux…

« Ce dont il s’agit c’est que l’esprit de l’art – son émotion, son saisissement, son mystère, son énigme, sa vitalité, sa jouissance, sa joie, sa puissance… – soit celui qui imprègne notre vie, notre domaine public, notre Res Publica, notre communauté, notre destin. » ♦ Nous voici à la croisée des chemins entre deux époques dont l’importance correspond à peu près au passage de l’âge de pierre à l’âge des métaux (Ernst Jünger). Voici un texte profond que l’essayiste espagnol Javier Portella a rédigé en français. Il est long. Il peut prêter à controverses. Il est à lire la plume à la main. Au-delà de l’introduction nos lecteurs le trouveront en intégralité en PDF. « Il ne suffit pas de dénoncer les errements de ce monde im-monde qui n’est presque plus un monde. Il ne suffit pas de dire NON. Il faut dire OUI. Mais comment dire OUI lorsque personne ne sait comment remplir le OUI ? ». Autrement dit, il n’y a pas de politique sans mystique. Polémia


Jamais je n’avais ressenti rien de pareil. Jamais comme ce soir-là, à Rome, je n’avais éprouvé d’aussi près la force vivante de ce que signifie être entouré d’une communauté. Et une communauté, ce n’est pas une simple addition de gens ; ce n’est pas un agrégat, par exemple, d’amis et de connaissances mus par des idées et des inquiétudes partagées. Une communauté, c’est un destin porté par tout un projet existentiel, historique, politique… Jamais comme ce soir-là – tandis que Sébastien et Adriano égrenaient sous mes yeux étonnés les dix années d’existence de CasaPound – je n’avais ressenti ce que signifie de ne pas être seul au monde.

Comme nous le sommes tous aujourd’hui.

Mais comme personne ne l’était lorsque Rome était Rome, lorsque la Grèce était la Grèce, lorsque Florence était Florence : lorsque les hommes étaient des hommes, des individus affirmés dans leur plus haute personnalité, par le fait même d’être et de se sentir partie prenante du grand Tout – polis, romanitas, cità… ; lorsque les hommes, autrement dit, faisaient substantiellement partie de ce Tout au sein duquel la vie était empreinte de sens. Non, ces hommes-là n’avaient rien à voir avec les moutons individualistes d’aujourd’hui, avec ces hommes-masse qui tremblent en craignant d’être engloutis par le Tout sans lequel, pourtant, rien ni personne ne saurait être.

Revenons à la communauté dont la présence me frappa si fort ce soir-là à Rome. Je m’empresse pourtant de le reconnaître : c’est vrai, ne vous froissez pas, mes amis… avec vous aussi – en France surtout, mais en Espagne également, même si vous êtes ici moins nombreux – j’ai ressenti parfois quelque chose de pareil. Par exemple, et très notamment, lors de la cérémonie d’adieu, le mois de mai 2013, à Dominique Venner (c’est pour cela aussi que notre ami s’est sacrifié : pour que nous puissions éprouver quelque chose de pareil, pour que, un jour au moins, nous sachions ce qu’est d’être ensemble, projetés, placés devant l’histoire).

Un jour au moins… Voilà la différence. Car une fois la cérémonie terminée, il nous a bien fallu rentrer chez nous, retourner à la solitude où aucun véritable Projet n’émerge ; cette solitude qui est pourtant enveloppée, certes, de mille idées, mille inquiétudes, mille dénonciations… absolument justes, absolument bien élaborées, absolument indispensables.

Et absolument insuffisantes.

Car les idées ne suffisent pas si elles restent des idées, si elles ne débouchent pas sur un Projet, sur une Image qui permette de les visualiser, de se faire une idée du monde pour la réalisation duquel on est en train de lutter. Un Projet, une Image : je ne parle pas de programmes, d’objectifs détaillés – cela finira bien par arriver quand il arrivera. Je parle d’un Projet qui ne se borne pas à dénoncer la ploutocratie et son usure, la laideur et sa vulgarité, le non-sens et son absurdité, l’égalitarisme et son inanité.

Je parle d’un Projet qui nous montre ce qu’il faut mettre à sa place.

Et un tel projet, soyons sérieux, n’existe nulle part. Prenons enfin le taureau par les cornes et reconnaissons-le : personne n’a de Projet, personne ne peut offrir une Image de ce qui un jour, peu importe la date, chassera le monde d’aujourd’hui. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : de changer de monde, de sensibilité, de rêves, de principes, d’espoirs… ; pas seulement de remplacer des gouvernements, pas seulement de modifier des politiques (…). Lire la suite en format PDF en cliquant ICI

Javier Portella
16/04/2014

Correspondance Polémia – 24/04/2014

Image : Le siège de CasaPound à Rome (CasaPound est un centre social d’inspiration nationaliste-révolutionnaire et néofasciste né à Rome le 26 décembre 2003 avec l’occupation d’un immeuble sis dans le rione de l’Esquilino).

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