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« Le Pouvoir politique et l’islam », par Jean-Pierre Bedou

« Le Pouvoir politique et l’islam », par Jean-Pierre Bedou

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Par Camille Galic, journaliste, essayiste ♦ Le décret pris par le gouvernement Chirac le 29 avril 1976 sous l’autorité du président Giscard pour autoriser le regroupement familial au profit des travailleurs immigrés fut sans doute l’un des textes les plus peccamineux pris sous la Ve République.


Le crime du regroupement familial

Il enclenchait en effet les pompes aspirantes de l’immigration au moment même où l’on sacrifiait chaque année plus de 200 000 Français à naître. Une situation qui allait faire régresser notre pays, alors quatrième puissance économique mondiale, au 7ème rang en 2019, après l’Inde. Car le boulet de l’immigration, auquel nous devons aussi l’encombrement de nos écoles, de nos hôpitaux et de nos prisons — dont la capacité serait bien suffisante s’il s’agissait d’accueillir les seuls indigènes de ce pays — a aussi, par son coût exorbitant, freiné l’investissement industriel et la recherche.

C’est un autre aspect du problème, mais essentiel, que, dans son dernier livre, Le Pouvoir politique et l’islam* (sous-titré : Un fiasco permanents de nos gouvernants), aborde Jean-Pierre Bedou, déjà auteur de Comprendre les chemins de la délinquance (éd. Chronique sociale 2015) et de Quand Marianne se voile : peut-on intégrer l’islam (éd. Téqui, 2017).

« Quand Marianne se voile/Peut-on intégrer l’islam ? » de Jean-Pierrre Badou

Ce général de gendarmerie a suivi longtemps, de par ses fonctions, l’évolution de nos hôtes et son constat est accablant : si, à l’origine, les musulmans africains ou maghrébins venus travailler en France étaient modérément pratiquants, leur conscience mahométane n’a cessé de s’exacerber à mesure que, regroupement familial aidant, l’on est passé de la première à la troisième génération. Celle-ci toujours plus encline à voir dans l’islam, devenu en quelques lustres la deuxième religion de France, le ciment d’une communauté conquérante exigeant toute sa place — sinon toute la place, les plus jeunes souhaitant même, selon un récent sondage la substitution des fameuses lois de la République par la Charia… Qu’ils seraient d’ailleurs bien marris de se voir appliquer, en cas de vol par exemple puisqu’un tel délit expose en Arabie saoudite à l’amputation d’une main.

Un gouffre financier

Pour tenter de soustraire ces néo-Français à l’influence des imams en les convainquant qu’ils étaient des « enfants de la République », les gouvernements successifs ont multiplié les dispositifs. « Les lois se sont succédé, amenant parfois quelques améliorations, écrit notre auteur, mais surtout défaisant ce que les prédécesseurs avaient concocté. Un empilement de dispositifs administratifs, de contrats de ville, d’agences et de missions diverses, souvent sans cohérence entre eux et sans suivi global, avec beaucoup de bureaucratie, n’a pas permis aux gouvernement successifs d’agir avec efficacité. Un travail en profondeur et sur la durée n’a pu véritablement être réalisé en raison de divergences politiques […] mais aussi de décisions ministérielles prises souvent sans concertation commune les unes avec les autres », malgré l’ampleur des subventions publiques : « Plus de quarante milliards d’euros ont été dépensés dans les rénovations urbaines [les fameuses réfections d’ascenseur qui, selon Michel Rocard, suffiraient à régler le problème], plus d’un milliard dans l’éducation prioritaire. Un véritable tonneau des Danaïdes », continuellement dénoncé par la Cour des comptes, « sans grand succès, il faut l’avouer » puisque les capitaux ainsi dilapidés n’ont pas « réussi à juguler les problèmes des banlieues et l’installation croissante de la religion musulmane dans les cités car le chômage [20 à 30% des actifs] est toujours présent, la précarité est toujours là, permettant la progression irréversible du fondamentalisme islamique sur cette déshérence économique, sociale, et ses violences inhérentes, avec un rejet par les jeunes de notre système social et culturel ».

Un rejet tel qu’une vidéo où un prédicateur d’Ile-de-France soutient qu’il suffit de répéter trois fois par jour une sourate du Coran, « avec conviction et détermination », pour être épargné par le coronavirus, a été visionnée des dizaines de milliers de fois, le précepte étant sans doute pieusement suivi, au mépris de la sécurité des autres ! Le Covid-19 n’est-il pas une « religion de Blancs » selon certains imams ? Ce dont les convainc l’ahurissant propos de Laurent Nunez, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur Castaner, affirmant fin mars que « ce n’est pas une priorité que de faire respecter dans les quartiers les fermetures de commerces et de faire cesser les rassemblements » car « il ne faut pas mettre le feu aux banlieues en essayant d’instaurer un strict confinement » découlant de l’épidémie de Covid-19 ».

Tentatives multiples mais fiasco permanent

Pour faire pièce à l’influence croissante des imams, l’empilement des dispositifs en matière sociale s’est accompagné depuis trente ans d’un empilement de tentatives visant, selon M. Bedou, à « essayer d’institutionnaliser la religion islamique pour éradiquer la multiplicité de ses courants (islam maghrébin dit consulaire, frères musulmans, salafistes, Tabligh…), pour permettre une meilleure intégration de ses fidèles et pour éviter un communautarisme religieux ». Mais, de Pierre Joxe, créateur en 1989 sous Mitterrand du CORIF (Conseil de réflexion sur l’islam en France), à Gérard Collomb en 2018 en passant par Charles Pasqua en 1993, Jean-Pierre Chevènement en 1999, Nicolas Sarkozy en 2003 avec son Conseil Français du Culte Musulman ou Manuel Valls en 2016, « jusqu’à présent ces tentatives ont globalement échoué », qu’il s’agisse  d’obtenir « l’arrêt des revendications liberticides d’une partie extrémiste des musulmans déjà exprimées » , ou « une représentation unique de la religion islamique ».

Ces échecs sont sans doute dus à un certain irénisme, François Hollande nouvellement élu voulant croire que l’islam, « religion compatible avec nos lois et avec notre démocratie », devait simplement « se réorganiser pour être un partenaire de l’État et mettre en place le financement des lieux de culte tout comme la formation des imams, tout comme être indépendant de la tutelle des pays étrangers ». « Des souhaits prônés en permanence depuis de nombreuses années sans résultats positifs ! », commente notre auteur, quant à la réforme de « cette religion aux multiples dogmes ». Ainsi n’y a-t-il « pas encore de représentation unique de l’islam » alors que « pendant ces années de tergiversations, le radicalisme musulman n’a cessé de progresser ».

Islamisation de la France : on ne pourra pas dire que l’on ne savait pas

Que faut-il alors pour aboutir ? « Une forte volonté politique » car « trop de voies dérogatoires ont été accordées par les pouvoirs publics, souvent pour assurer la paix sociale ou pour favoriser un clientélisme électoral ».

Le constat est juste, mais rien ne dit qu’il sera entendu tant les mauvaises habitudes ont la vie dure. D’autant que, s’ils se disputent sur les dogmes, les musulmans de diverses obédiences et de diverses ethnies, de l’Afrique au Pakistan, se retrouvent, forts de leur nombre grandissant, pour refuser aux « mécréants » toute incursion et toute ingérence dans la pratique et l’organisation de leur religion. Mais le seul président français à avoir accompli deux septennats successifs ne leur avait-il pas dit qu’étant « chez eux chez nous », ils n’avaient aucun compte à rendre ?

Camille Galic
19/04/2020

(1) Jean-Pierre Bedou : Le Pouvoir politique et l’islam, 165 pages avec bibliographie, 16,50 euros. Éditions Nombre 7, contact@nombre7.fr ou 04 66 05 87 18.

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Camille Galic

Camille Galic

Diplômée des Langues orientales, directeur de l’hebdomadaire Rivarol de 1983 à 2010, Camille Galic a aussi collaboré à des publications comme Le Spectacle du monde et Le Crapouillot. Sous son pseudonyme Claude Lorne, elle a rédigé en 2012 Les Médias en servitude pour la Fondation Polémia, dont elle est une contributrice régulière depuis 2011. Chroniqueuse au quotidien Présent, elle a publié en 2013 un Agatha Christie (éd. Pardès, coll. « Qui suis-je ? »).
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