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Le pape François, les réfugiés et les guerres de religion

Le pape François, les réfugiés et les guerres de religion
Le pape François, les réfugiés et les guerres de religion

Les déclarations répétées du pape François réjouissent nos journalistes bobos. À les entendre le message du pontife radicalement favorable aux réfugiés serait la marque du vrai chrétien. Les plus ignorants de ces commentateurs partisans s’aventurent dans la théologie pour railler la perplexité des catholiques « d’extrême droite et de la droite réac », qui feraient fi, disent-ils, du « sacro-saint dogme de l’infaillibilité pontificale qui veut que le pape ne puisse pas se tromper en matière de foi et de morale ».

Le général de Gaulle disait à leur propos : « Tout ce qui grouille, grenouille, scribouille, n’a pas de conséquence historique ». L’essayiste espagnol Javier Esparza nous rappelle opportunément que pour les vrais catholiques l’infaillibilité pontificale présuppose une assistance spéciale de l’Esprit Saint dans des conditions soigneusement définies. La vérité est que le pape n’est infaillible que lorsqu’il définit des doctrines de foi et de morale. En dehors de cela, et en matière de jugement, c’est un homme comme les autres et en conséquence ses opinions sont discutables.

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Le pape François répète que le monde est en guerre. Il dit que ce n’est pas une guerre de religion, parce que « toutes les religions veulent la paix », mais que la cause de la guerre est la lutte pour le pouvoir et pour le contrôle des ressources économiques. Il dit aussi qu’il faut accueillir les réfugiés qui fuient la faim et la guerre.

Les catholiques, on le sait, considèrent que le pape est infaillible lorsqu’il définit des doctrines de foi et de morale dans le contexte concret d’une « solennelle déclaration pontificale » (la fameuse « ex-cathedra »). En dehors de ce cas précis, et en matière de jugement, le pape est un homme comme les autres et en conséquence ses opinions sont discutables, quand bien même celles-ci reposent sur son autorité personnelle. Non seulement elles sont discutables mais il est bon de les discuter dans un esprit de recherche désintéressé de la vérité.

Jorge Mario Bergoglio est un prêtre Argentin de près de 80 ans qui a passé la presque totalité de sa vie dans son pays natal. C’est un homme qui, comme tous les hommes, est conditionné par ses circonstances, c’est-à-dire par son temps et son espace. Son expérience personnelle de l’immigration musulmane est typiquement hispano-américaine. Elle est très semblable à celle que nous avions en Europe il y a quarante ans. Les immigrés d’origine musulmane étaient alors des personnes qui venaient vivre en Europe pour faire le travail que les autochtones dédaignaient et qui essayaient de s’intégrer dans la société d’accueil

Aujourd’hui, c’est encore ce qui se passe dans une bonne partie de l’Amérique où les musulmans immigrés (à peine 3 millions dans une population totale de près d’1 milliard) ne constituent pas des communautés étrangères à la société d’accueil. Dans le cas concret de l’Argentine, pays ou la présence musulmane est la plus grande, il y a environ 600 000 personnes pour une population totale de près de 42 millions d’habitants c’est-à-dire un pourcentage démographique sans importance, socialement anecdotique. Avec une semblable expérience vitale, il est aisé de comprendre qu’on peut ne percevoir aucun problème dans l’immigration musulmane. Cette situation était aussi celle de l’Europe… mais il y a quarante ans.

Aujourd’hui, en revanche, les choses ont changé. Premièrement : le pourcentage de la population musulmane a augmenté exponentiellement. Deuxièmement : cette population, a crée, en bonne partie, ses propres communautés détruisant ainsi les vieux modèles d’intégration. Troisièmement : la radicalisation identitaire s’est développée en son sein débouchant sur la sympathie pour le djihadisme. Quatrièmement : depuis un an, nous avons dû faire face à une affluence massive d’immigrants faussement importés sous l’étiquette de « réfugiés ». Cinquièmement : la vague de violence que nous vivons depuis récemment définit par elle-même la nature du problème. Sans doute est-il difficile d’accepter cette réalité lorsqu’on a la mentalité d’il y a 40 ans, mais c’est ce qui est.

Cette réflexion vaut aussi pour l’autre hypothèse du pape François celle sur les guerres et leurs origines. La plupart des Écoles de pensée du XXe siècle ont interprété les conflits sous l’angle matérialiste de la lutte pour les ressources. Ce n’était pas une interprétation incorrecte mais elle était incomplète. Les idées, les principes et les croyances (et également les religions) ont aussi leur importance. Surtout quand une religion (ou un courant particulier de celle-ci) prêche ouvertement la guerre comme voie légitime pour imposer sa foi aux autres. Et c’est exactement le cas de l’islam. En cela, le pape Benoit XVI avait frappé juste dans son discours historique de Ratisbonne. L’islam n’est pas une religion « comme les autres » : c’est une théologie politique qui incite implicitement à la recherche et à la conquête du pouvoir, comme vient de le rappeler opportunément le cardinal Burke. Qu’on l’apprécie ou non, la encore c’est la réalité d’aujourd’hui. Et Dieu merci dans ce domaine les catholiques ne sont pas obligés de suivre le pape. Sagesse de l’Église !

Javier Esparza

Article de Javier Esparza publié dans La Gaceta le 28 juillet 2016 et repris significativement dans Infovaticana le 2 août 2016, traduit par Arnaud Imatz pour Polémia.

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