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La diversité n’est pas une chance pour la France (mais pas seulement)

La diversité n’est pas une chance pour la France (mais pas seulement)

par | 4 octobre 2026 | Politique

La diversité n’est pas une chance pour la France (mais pas seulement)

Depuis 40 ans, la France est perfusée par la propagande du « vivre-ensemble » et de la « richesse de la diversité ». Les émeutes des lycéens issus des banlieues de l’immigration viennent balayer ce narratif. Mais après tout, les travaux du sociologue Putnam (2007) montrent qu’à court terme, la diversité ethnique tend à réduire la confiance et le capital social. Putnam souligne toutefois les bénéfices culturels et économiques possibles de l’immigration et de la diversité à long terme. Mais voilà, la France a formé en 30 ans 300 000 sociologues (excusez du peu) mais aucun n’a cru utile – ou n’a eu le courage – de faire traduire les travaux de Putnam. Misère de l’université. Notre correspondant Bruno Calvet fait le point.
Polémia.

Stasi et Putnam : deux approches et deux méthodes très différentes

Le livre de Bernard Stasi paru en 1984 : « L’immigration : une chance pour la France » ne fut pas un grand succès en librairie : quelques milliers d’exemplaires vendus, pas de réédition, pas de version traduite en langue étrangère. Pourtant cette pensée continue à imprégner des partis politiques français, mais aussi – et c’est plus grave – certains procureurs…

Par exemple, dans l’affaire des policiers brûlés de Viry-Châtillon (8 octobre 2016), l’avocat général (procureur) a dit lors de ses réquisitions : « les accusés sont aussi les enfants des citoyens d’horizons différents qui font la richesse de notre pays ». Une déclaration politique dans une réquisition pour un procès criminel : quelle honte.

En revanche, « Seul au bowling » (« Bowling Alone » que nous désignerons par SAB) de Robert Putnam paru en 2000 fut lui un succès (plus d’un million d’exemplaires vendus, traduction dans de nombreuses langues, mais pas en français – nous y reviendrons), succès dépassé par certains de ses autres ouvrages de sociologie. Cependant, aucune de ses œuvres n’a connu autant de lecteurs que sa publication de 2007 : E pluribus unum – Diversité et communauté au XXIe siècle.

Les sujets traités étaient différents : Stasi parle d’immigration essentiellement à travers son expérience personnelle d’énarque ayant choisi la naturalisation à l’âge de 18 ans, Putnam se concentre sur la diversité, prenant ainsi en compte les Afro-Américains et les natifs (divers mais pas immigrés).

Les travaux de Putnam concernent le « capital social » : une mesure de la confiance que nous avons dans les gens avec lesquels nous interagissons.

Putnam et al. : beaucoup de travail, de rigueur et de tristesse

Dans EPU (E pluribus unum), le travail de l’équipe de Putnam s’appuie sur une grande quantité de données concernant 41 communautés réparties dans l’ensemble des USA.

Putnam fait preuve d’une grande rigueur scientifique et il est tout à fait perceptible qu’il est navré par la plupart de ses conclusions. En une phrase : plus les gens qui nous entourent sont ethniquement divers, moins nous leur faisons et surtout moins nous nous faisons confiance.

Les résultats cités dans EPU

Plus les gens qui vivent autour de nous sont ethniquement divers, moins nous avons de capital social et cette baisse a des effets très significatifs.

Les conséquences sont nombreuses, en voici quelques-unes (liste non exhaustive) :

  • moins de confiance dans les autorités locales, les leaders locaux et les médias locaux ;
  • moins d’efficacité politique – c’est-à-dire moins de confiance dans notre propre influence ;
  • moins d’inscriptions sur les listes électorales, mais plus d’intérêt et de connaissances sur la politique et plus de participation dans des marches de protestation et des groupes de réformes politiques ;
  • moins d’attentes dans la coopération avec les autres pour résoudre les dilemmes de l’action collective ;
  • moins de chances de participation à un projet communautaire ;
  • moins de chances de participer financièrement ou d’être volontaire à une action caritative ;
  • moins d’amis proches et moins de confidents ;
  • moins de bonheur et de qualité de vie ressentis ;
  • plus de temps passé à regarder la télévision et plus d’adhésion sur le fait que « la télévision est mon plus important moyen de distraction ».

Certaines activités sociales ne semblent pas affectées par la diversité, en particulier la pratique religieuse.

Ces résultats ont été vérifiés et sont indépendants des niveaux de pauvreté et de criminalité (ces deux éléments étant corrélés entre eux).

Autrement dit, entre deux groupes homogènes en termes de pauvreté et/ou de criminalité, l’augmentation de diversité a les effets listés précédemment sur le capital social (baisse de l’altruisme, repli sur soi, baisse des amis, etc.).

Universalité des résultats

Même si quelques nuances existent, EPU montre que l’impact de la diversité sur le capital social est indépendant

  • de la place dans l’échelle sociale ;
  • du sexe ;
  • de la couleur de la peau ;
  • de l’appartenance partisane ;
  • et enfin de l’âge.

Il semble que la diversité ait un plus grand impact que la couleur de la peau : dans ce cas, Putnam concentre son étude sur les Afro-Américains (diversité) à distinguer de l’immigration.

La formule de Putnam pour résumer les résultats d’EPU est très imagée et parlante : « La diversité fait ressortir la tortue en chacun de nous ». L’image est très parlante : une tortue se déplace lentement, a très peu d’interaction sociale et se réfugie dans sa carapace à la moindre perception de danger.

Notons que Putnam ne parle pas des solutions tentées aux USA pour pallier non les causes de la baisse du capital social, mais ses conséquences. Par exemple les politiques de discrimination positive, abandonnées depuis par la plupart des universités américaines devant leur inefficacité et les protestations de certains groupes ethniques (les Asiatiques, du fait de leurs réussites dans les matières scientifiques, étaient pénalisés).

Quelle pertinence des travaux de Putnam pour la société française d’aujourd’hui ?

Nous retrouvons beaucoup des soucis de la société française actuelle dans les conclusions de Putnam.

Putnam précise que la diversité ethnique a beaucoup plus d’impact sociétal que la diversité économique. Ceci est consistant avec le plus faible taux de criminalité observé dans les communautés rurales que dans les communautés urbaines à niveau économique équivalent en France.

Donc, si la résolution des problèmes économiques actuels apporterait du bien-être à tous, elle ne réglerait pas l’essentiel des problèmes sociaux.

Putnam reconnaît tristement (il est démocrate) que les effets de la diversité sont dramatiques à court et à moyen terme. Dans ses conclusions, il essaye de nous vendre l’intérêt à long terme de l’immigration, donnant un seul exemple de réussite d’intégration : les USA.

Il est assez facile d’imaginer ce que peuvent en penser BLM (Black Lives Matter) ou les natifs d’Amérique du Nord.

Comment se servir de ces travaux pour améliorer la société française ?

Les résultats sont extrêmement préoccupants (voire terrifiants en ce qui concerne les enfants) : « plus le capital social est élevé, meilleure est la santé des enfants, ils sont plus en sécurité et mieux éduqués, les gens vivent plus longtemps, leurs vies sont plus heureuses et la démocratie et l’économie fonctionnent mieux. » (Bowling Alone : chapitre 17, p. 296–307).

La conclusion d’EPU se veut optimiste : la diversité (au sens de Putnam) semble augmenter la créativité, à long terme la société américaine a été bénéficiaire des apports des immigrés (mais il reste les problèmes des Afro-Américains et des natifs).

Des recherches plus approfondies peuvent faire apparaître des solutions pour mitiger les effets négatifs de la diversité et augmenter/générer ses effets positifs.

Quelles attentes vis-à-vis de la recherche française et européenne ?

En France, il y a peu de mesures qui s’approchent de près ou de loin du capital social, tandis que les USA disposent de l’Index de Capital Social depuis 2000.

Des études comme Enabee (Étude nationale sur le bien-être des enfants – 2022) ou ESS (European Social Survey : enquête sociale européenne, tous les 2 ans depuis 2002) ont le mérite d’exister, mais sont plus axées sur l’aspect psychologique que social, et sont assez éloignées de la notion de capital social.

Il serait intéressant de mettre en place un ou plusieurs indicateurs mesurant le capital social, ce qui nous permettrait de mieux comprendre ce qui est en jeu dans notre société, grâce à la profondeur que les travaux de Putnam permettent (les publications ont commencé au milieu des années 1990, nous avons donc une trentaine d’années de recul).

Recherches en sciences sociales en France : du Bourdieu et du gauchisme

Dans un pays où le livre de B. Stasi est paru il y a plus de 40 ans, on est en droit de se demander où sont les études sociologiques qui viendraient confirmer ses dires – et donc contredire les travaux de Putnam.

Depuis le début des années 2000, environ 318 000 sociologues ont obtenu un diplôme de niveau L3+ en France et pas d’étude mettant en évidence la diversité heureuse ? Pas de contestation des résultats d’EPU ou de SAB ?

Dans ce tableau, nous faisons une comparaison entre la notion de capital social d’après Bourdieu en tant que ressource individuelle et non pas comme un bien collectif, comme le voit Putnam.

AspectBourdieuPutnam
Niveau d’analyseIndividuel / classes socialesCollectif / communautés / sociétés
NatureRessource de pouvoir et de distinctionBien public (confiance, engagement civique)
Vision de l’inégalitéCentrale (reproduction des privilèges)Secondaire ou absente
Caractère des réseauxExclusifsInclusifs (idéalement)
Orientation théoriqueConflit, domination, reproductionIntégration, coopération, démocratie

On voit donc la totale incompatibilité des deux approches.

La sociologie en France reste dominée par la pensée de Bourdieu, même si l’hégémonie absolue de 1960 aux années 2000 est teintée de contestation aujourd’hui.

94 % des professeurs/enseignants-chercheurs français en sociologie se déclaraient de gauche en 2015 (Que pensent les penseurs ? François et Magni-Berton PUG 2015).

Tout ce qui pourrait porter atteinte à ce que nous pouvons maintenant appeler le mythe de la diversité heureuse doit donc être mis sous le tapis.

C’est à travers ce prisme que l’absence de traduction française (et donc de demande) de SAB est compréhensible : nos socio-gauchistes font la politique de l’autruche…

Les chiffres sont parlants : 318 000 sociologues diplômés en France depuis la parution de SAB et il ne s’en est même pas trouvé quelques centaines pour justifier une édition française (alors que le tirage total du livre dépasse le million d’exemplaires).

Autonomisation des recherches en sciences sociales

En sciences sociales, il y a clairement une autonomisation des enseignants, des chercheurs et des enseignants-chercheurs associée à un militantisme de gauche.

En février 2021, Frédérique Vidal (ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation) demande un bilan de l’ensemble des recherches académiques sur l’islamogauchisme.

Le CNRS refuse d’obéir et affirme que l’islamogauchisme est un slogan politique qui ne correspond à aucune réalité scientifique.

Que faire ?

Les résultats valident le choix des populations « autochtones » à disposer d’elles-mêmes et ainsi de refuser la mixité sociale : qui voudrait être moins heureux ? Qui voudrait que ses enfants soient en plus mauvaise santé ?

Il est tout à fait légitime de questionner les buts réels des gouvernements français successifs. En effet, il est difficile d’imaginer qu’ils n’aient pas été au courant des conclusions de Putnam, tant elles ont eu un retentissement international.

Le but premier d’un gouvernement ne pouvant être que le bonheur de son peuple – à quoi d’autre pourrait-il servir ? – comment ont-ils pu laisser le malheur venant de la diversité infuser et s’installer dans notre société ?

Il est temps de cesser la politique de l’autruche.

Il faut utiliser les ressources disponibles (nos nombreux sociologues) pour lancer des études afin de déterminer quelles solutions à court, moyen et long terme adopter pour améliorer la santé de toute notre société.

Il faut ensuite débattre avec les citoyens pour déterminer l’ordre dans lequel ils souhaitent voir ces solutions s’appliquer.

Dans cet esprit, que doit-on penser des partis politiques qui critiquent les mouvements comme les manifestations religieuses catholiques ou les banquets ouverts à tous (comme Le Canon Français) ?

Parce que nous voyons bien, à travers les recherches de Putnam, que tout ce qui peut contribuer à générer du capital social est à rechercher.

Bruno Calvet
04/10/2026

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