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Jean-Yves Le Gallou : « Une candidature Zemmour pulvériserait le front républicain »

Jean-Yves Le Gallou : « Une candidature Zemmour pulvériserait le front républicain »

par | 19 juin 2021 | Politique, Société

Entretien avec Jean-Yves Le Gallou réalisé par Breizh-Info ♦ Le média breton Breizh-Info a récemment publié un entretien avec Jean-Yves Le Gallou, président de la Fondation Polémia. Candidature d’Éric Zemmour, Rassemblement national, succès de CNews, I-Média… De nombreux sujets sont abordés au cours de cet entretien.
Polémia

Breizh-info.com : Vous avez récemment évoqué l’hypothèse, que vous jugez positive, d’une candidature d’Éric Zemmour à la présidentielle. Pour quelles raisons ?

Jean-Yves Le Gallou : Pour trois raisons.

1 – D’abord, pour que les vraies questions soient abordées sans faux-semblants lors de l’élection présidentielle : qui d’autre que Zemmour utilise les vrais mots (Grand Remplacement, islamisation) pour décrire le réel ? Qui d’autre que Zemmour inscrit son discours aujourd’hui – et peut-être son action demain – dans une perspective de défense de la civilisation et de préférence pour l’expression française de la civilisation européenne et chrétienne.

Zemmour réhabilite la – le – politique qui ne peut se réduire à des coups de com et à l’élevage de chats.

2 – Sur un plan électoral, Zemmour pourrait œuvrer à la recomposition du paysage politique en offrant un espoir à un triple électorat disponible :

– les souverainistes, un peu orphelins de leurs chefaillons ;

– les LR qui ne peuvent se résoudre à la dérive macroniste de leurs dirigeants et de l’hyperconformisme de leurs candidats potentiels (Pécresse, Bertrand) ;

– les abstentionnistes qui partagent beaucoup de points de vue du RN mais qui font un blocage sur l’ex-FN ou sur Marine Le Pen.

D’un point de vue plus sociologique, une candidature Zemmour apparaîtrait complémentaire de celle du RN : plus séduisante pour les CSP +, les classes âgées mais aussi tous les jeunes activistes des réseaux sociaux.

3 – Stratégiquement, une candidature Zemmour pulvériserait « le front républicain », magouille politique et bazar idéologique responsable depuis 40 ans de l’impuissance politique de la droite et à l’origine du chaos migratoire et donc du chaos sécuritaire.

Présidentielle. Avec un Z comme Zemmour ?

Breizh-info.com : Récemment, ce dernier a expliqué qu’il fallait sortir des traités internationaux qui nous lient, notamment sur l’immigration, mais également abolir les lois qui répriment la liberté d’expression, ou de recherche en France. Est-ce que Zemmour serait dans cette perspective un candidat révolutionnaire ?

Jean-Yves Le Gallou : Révolutionnaire, je ne sais pas, mais candidat de rupture assurément ! Tout candidat ou candidate qui veut réellement agir doit s’engager à :

– rétablir la souveraineté du peuple (et de ses représentants) et donc abolir la dictature des juges (Conseil constitutionnel, Conseil d’Etat, CEDH). Cela doit être fait par referendum. Tout le reste est balivernes !

– abroger les lois liberticides ;

– supprimer les subventions aux associations nuisibles, ce que se sont engagés à faire certains candidats RN aux régionales (Mariani, Bay, Garraud, notamment).

La candidature de Zemmour pourrait briser le cordon sanitaire du « front républicain »

Breizh-info.com : Pourquoi selon vous Marine Le Pen et le RN ne se sont jamais engagés dans cette voie, de l’abrogation systématique de tout ce que la gauche et la droite ont mis en place de nocif pour notre société ?

Jean-Yves Le Gallou : Marine Le Pen a parfois la comprenette un peu difficile. Elle n’a pas saisi que c’est le diabolisateur qui est le maître de la diabolisation. Et que, quoi qu’il fasse, le diabolisé n’y échappera pas. Marine Le Pen ne cesse de pasteuriser son discours mais Darmanin voit Satan dans le RN et en Île-de-France les affiches du lisse Bardella sont partout maculées avec la mèche et la moustache d’Hitler. Il faut en finir avec le point Godwin et ne pas s’excuser en permanence. 75 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, il serait peut-être temps de passer à autre chose… Les écrevisses ont beau marcher à reculons, elles finissent toujours par être cuites.

Breizh-info.com : La campagne électorale actuelle pour les régionales et départementales, outre le fait qu’elle ne semble pas intéresser grand monde, se focalise, notamment, autour de la notion de « violence politique ». Est-ce fondé ? Vous qui êtes en première ligne dans l’arène politique depuis plusieurs décennies, trouvez-vous que le climat actuel soit plus violent que celui des années 70 notamment ?

Jean-Yves Le Gallou : La violence politique ? J’en vois deux : celle des « antifas » et celle des racailles de banlieue. Ce n’est pas nouveau. Le FN y a toujours été exposé. Et avant, lors des élections municipales de 1983, il y eut énormément de bagarres entre colleurs d’affiches opposant la droite modérée (RPR-UDF) aux socialo-communistes. Et je ne parle du meeting d’Ordre nouveau en 1973 sur l’immigration sauvage. Meeting qui fut attaqué par des centaines de nervis de la Ligue communiste dont le chef du service d’ordre Henri Weber finit adulé par les médias et… sénateur.

Reste la giflette à Macron qui a récolté ce qu’il a semé en abaissant la fonction présidentielle.

On est loin de l’attentat du Petit-Clamart contre le général de Gaulle dont l’auteur malheureux, le colonel Bastien-Thiry eut l’honneur d’être fusillé. Bref, on a les attentats qu’on mérite…

Breizh-info.com : Vous êtes parmi les pionniers de ce que l’on peut appeler « la presse de réinformation » ou la presse alternative en France. Lorsque vous voyez CNews, ou Valeurs actuelles, exploser les audiences sur des thématiques qui, jusqu’ici, étaient souvent diabolisées, réduites « ad Hitlerum » même au début des années 2000, y voyez-vous une victoire des « soldats de l’ombre » de la réinformation qui ont fait le lit de ceux qui, aujourd’hui, s’expriment devant des millions de téléspectateurs ?

Jean-Yves Le Gallou : J’ai toujours mené des combats d’avant-garde. Et c’est toujours satisfaisant de voir la diffusion progressive de ses idées, de ses méthodes, de ses thèmes, de son vocabulaire, même si cela prend du temps… Trop de temps.

Ceci étant, le succès de la presse alternative a aussi des causes techniques :

– la libération de la parole (malgré le retour de la censure) sur Internet et les réseaux sociaux ;

– la diversification du paysage audiovisuel ;

– la pression de la demande : je ne connais pas Bolloré mais agit-il par conviction ou par intérêt pour trouver un marché ? Je ne sais pas, les deux peut-être.

Breizh-info.com : Le rôle de la presse alternative n’est-il pas, toutefois, de mettre en garde ou tout du moins de continuer d’apporter un regard et un esprit critique contre une forme d’uniformisation de la propre pensée du citoyen « rebelle », qui pourrait adopter CNews un peu comme on entre en religion, et n’écouter plus « qu’un seul son de cloche ». Dit plus simplement, notre rôle n’est-il pas de continuer à inciter à la multiplication des sources d’information, mais aussi d’analyse, pour que notre société, y compris si elle bascule à droite comme c’est le cas actuellement, reste saine d’esprit ?

Jean-Yves Le Gallou : Nous devons toujours avoir un coup d’avance ! Et garder l’esprit critique.

I-Média n°353 – Genou à terre et bobard du racisme systémique

Breizh-info.com : Quel bilan, enfin, tirez-vous de cette saison d’« I-Média », que vous coanimez sur TVLibertés, avec Nicolas Faure, et qui va s’achever ?

Jean-Yves Le Gallou : Une année plaisante grâce à Nicolas Faure qui est un bosseur talentueux.

Une année riche avec la désinformation et les bobards sur les émeutes raciales aux États-Unis (Black Lives Matter), les bobards en blouse blanche sur le Covid, et les fraudes électorales aux dépens de Trump.

Une année difficile aussi avec l’extension du champ de censure aux élections américaines et à la politique sanitaire. Et avec pour résultat le shadow banning c’est-à-dire le bannissement invisible qui vous rend moins visible.

Entretien avec Jean-Yves Le Gallou réalisé par Breizh-Info
19/06/2021

Source : Entretien publié le 16/06/2021 sur Breizh-Info.com

Jean-Yves Le Gallou

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