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Il y a près de quatre ans, Polémia annonçait la dictature Macron

Il y a près de quatre ans, Polémia annonçait la dictature Macron
Il y a près de quatre ans, Polémia annonçait la dictature Macron

Le samedi 23 novembre 2019 avait lieu, à Paris, le 5e Forum de la Dissidence organisé par Polémia. Le thème était largement prémonitoire : « Face à la dictature Macron, les voies de la résistance ». Alors que l’évidence de cette dictature Macron éclate en plein jour aux yeux de tous les Français ayant un cerveau à peu près en état de marche, il nous semble important de réunir dans cet article ci-dessous l’ensemble des interventions de cet après-midi de novembre 2019. En quelques heures, les interventions se sont succédé, offrant un large éventail d’analyses et de pistes de résistances. Michel Leblay, bien connu des auditeurs de Radio Courtoisie, était sur place et a pris des notes sur chaque discours. Un gros travail que nous republions, accompagné des vidéos de toutes les interventions. Alors que les dérives liberticides d’Emmanuel Macron s’amplifient chaque jour, le contenu de ce colloque nous apparaît primordial.
Polémia

 

Intervention de Michel Geoffroy : une dictature molle – Le moulag

Michel Geoffroy a montré, dans son propos, que la France d’Emmanuel Macron, sous l’apparence de la démocratie, vit, en fait, sous la férule d’une dictature molle : le moulag.

Pourquoi la dictature ? – Michel Geoffroy au Forum de la Dissidence 2019

L’absence de coercition physique, encore que la répression à l’encontre du mouvement des Gilets jaunes fut brutale, pourrait laisser croire au caractère outrancier du vocable de dictature. Pourtant le respect des formes démocratiques qui masque un appareil juridique particulièrement répressif vis-à-vis d’une expression libre rend cette dictature d’autant plus insidieuse qu’elle n’est pas perçue comme telle. En fait, l’Europe et la France plus d’autres encore parmi les Etats du continent, s’enfoncent dans un despotisme d’un nouveau genre. Celui-ci qui vise à museler l’affirmation d’une volonté populaire tient principalement à deux causes :

  • le pouvoir d’une super-classe mondiale dont Bruxelles est la figure, qui détourne les Etats de leur mission, garant du Bien commun, pour les transformer en un ordre répressif au service de certaines minorités et de certains intérêts ;

Par ce rôle alors dévolu à l’Etat, le peuple qui se refuse à subir le néo-libéralisme mondialiste devient un ennemi ; d’où la diabolisation du populisme qui n’est qu’un mot novlangue pour dire démocratie.

  • l’immigration de peuplement et son corollaire la société multiculturelle qui ruine l’idée de démocratie fondée sur le démos, le peuple.

Or dans une société multiculturelle, le peuple n’est plus cet ensemble humain partageant les mêmes traditions, la même langue et la même identité. Devenus xénocrates, les gouvernements donnent la priorité aux Autres sur les Nôtres.

Une France paroxystique

Au regard de cette situation générale, la France apparaît à Michel Geoffroy comme paroxystique, du fait

  • des institutions de la Vè République qui accordent des pouvoirs considérables au Chef de l’Etat que celui-ci n’équilibre pas par la reconnaissance d’une légitimité au moyen du référendum que permettent ces mêmes institutions ;

Il faut rappeler qu’au premier tour de l’élection présidentielle de 2017, Emmanuel Macron n’a réuni que 18% des électeurs inscrits et la LREM 13,4% au premier tour des élections législatives qui ont suivi.

  • de la disparition progressive des contre-pouvoirs qui pondéraient traditionnellement l’action de l’exécutif et de sa majorité législative ;

Ces contre-pouvoirs (Médias, cultures, syndicats, associations, ONG, Eglises, Justice, partis) sont aujourd’hui devenus des rouages du pouvoir car ils obéissent à la même idéologie.

  • d’un appareil de propagande et de censure sans précédent dans l’histoire de notre pays.

A cet égard, Michel Geoffroy a dressé la liste des textes liberticides adoptés ou en voie d’adoption depuis 2017 de la transposition dans le droit commun des mesures sécuritaires de l’état d’urgence au projet de création d’un Observatoire de la haine en ligne. Il y ajoute une éventuelle modification de la loi de 1881 relative à l’injure et à la diffamation.

L’appareil de censure mis en place a un caractère sans précédent puisqu’il recourt à la collaboration d’opérateurs privés que sont les réseaux sociaux. Selon l’expression de Martin Peltier, il s’agit d’un totalitarisme participatif qui use de tous ces abonnés des réseaux sociaux qui épient les propos de leurs semblables. Ce totalitarisme participatif s’inscrit dans la société de vigilance qu’Emmanuel Macron appelle ouvertement de ses vœux.

Malgré les apparences, se garder de tout pessimisme

Face à ce constat, il faut se garder de tout pessimisme sidérant. Le moulag est avant tout une dictature de l’impuissance. Et Michel Geoffroy a cité Emmanuel Todd : dans l’UE et l’euro, le pouvoir de Macron est fictif : son seul pouvoir est de taper sur les Français.

Mais si le développement de ce moulag est le fait d’un homme et d’une oligarchie qui le soutient, les Français ont leur part de responsabilité car ils ont acquiescé tout même s’ils ne sont que 9% à avoir perçu une dynamique d’amélioration depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Mais il ne s’agit là que de leur condition matérielle. En effet, il faut remarquer que la révolte des Gilets jaunes n’a pas été initiée par la question des libertés publiques mais avant tout par des préoccupations fiscales et sociales.

En conclusion, Michel Geoffroy cite Saint Augustin : A force de tout voir on finit par tout supporter. Ceci doit conduire chacun à un salutaire examen de conscience. Face au système, il n’est pas de petite capitulation, non plus de petite résistance.

Intervention de Philippe Bornet : dictature et tyrannie

Le futur appartient à celui qui a la plus longue mémoire, telle fut la présentation de l’intervention de Philippe Bornet. C’est en s’appuyant sur la connaissance de l’histoire que l’auteur de Demain la dictature prévoit le futur. Rétrospectivement, il apparaît une très grande différence entre la dictature et la tyrannie. Ainsi, sous la Révolution française Louis XVI fut accusé d’être un tyran, non d’un dictateur.

Macron, le représentant d'un système tyrannique - Philippe Bornet au Forum de la Dissidence 2019

Les conditions de la dictature

Pour qu’elle soit instaurée, la dictature qui est l’exercice d’un pouvoir autoritaire, nécessite douze conditions, à savoir : le désordre dans la rue, l’impéritie du gouvernement, le mécontentement dans l’armée et la police, la guerre ou la menace de guerre, l’échec et la peur des élites, le prestige d’un général, la séduction de l’intelligentsia, le crédit des pouvoirs financiers, la désignation d’un coupable, la répartition du butin, le changement de Constitution, l’approbation populaire. A ce jour, la France en arrive au septième point : la séduction de l’intelligentsia.

Afin de préciser ce qu’est la dictature par rapport à ce qu’elle fut dans l’antiquité romaine et son évolution au cours de celle-ci, Philippe Bornet a souligné que le concept a changé de nature avec Sylla. Il est devenu disruptif, à l’image de l’étincelle dans un circuit électrique qui aboutit à modifier la caractéristique de l’isolant. C’est-à-dire que la dictature conduit, lorsqu’elle se prolonge à transformer le modèle de gouvernement par le passage de la dictature de commissariat à la dictature avec pouvoir constituant. Ce fut le cas avec Bonaparte qui institua une monarchie (en l’occurrence l’Empire).

Les Français sont-ils prêts à accepter une telle mutation ?

Selon un sondage récent, 41 % des Français inclineraient vers un pouvoir autoritaire. L’Histoire montre que la France est poignante : elle aime les hommes à poigne ; elle aime l’ordre.

La France soumise à un système tyrannique

Dans le contexte présent, la France est soumise à un système tyrannique où la superclasse mondiale, évoquée par Michel Geoffroy, a délégué son pouvoir à Emmanuel Macron. Celui-ci ne saurait être comparé à un tyran comme il y en eut dans l’histoire. Mais ce système tyrannique dont il est le représentant gouverne le pays par la force. Par une nouvelle référence au classicisme romain qui distinguait, l’auctoritas et la potestas, l’autorité et la puissance, le tyran n’incarne que la potestas.

Mais un gouvernement doit inspirer au peuple un sentiment de déférence, de respect voire d’amour qui tient à l’auctoritas, se faire obéir sans contrainte : ménager la liberté du peuple et l’efficacité du pouvoir.

Pour poursuivre dans cette distinction entre dictature et tyrannie par rapport à la situation présente, Philippe Bornet a observé que le propre d’une dictature est d’être parfaitement légale et de reposer sur une assise populaire. Or Emmanuel Macron et son régime manquent totalement d’autorité, c’est pour cela qu’ils versent dans l’autoritarisme.

A la question qui lui était posé sur d’éventuels candidats à la dictature, Philippe Bornet a répondu par une conclusion pessimiste : il n’y a pas de dictature sans guerre et nous ne connaîtrons le nom d’un futur dictateur qu’après cette guerre.

Libertex 2019 – L’indice de la liberté d’expression

Jean-Yves Le Gallou a présenté un classement relatif à la liberté d’expression, établi par Polémia et qui réunit neuf pays (Etats-Unis, Japon, Danemark, Italie, Hongrie, Royaume-Uni, Russie, Allemagne, Italie, France). Ce classement est fondé sur des indices anglo-saxons qui peuvent conduire à des biais, favorables au monde anglo-saxon, mais qui a permis le calcul d’un indice synthétique. Cependant, les écarts constatés entre les pays montrent que les biais ne sauraient affecter substantiellement les positions relatives des uns et des autres.

Présentation du Libertex 2019 par Jean-Yves Le Gallou - Forum de la Dissidence 2019

Les Etats-Unis (84/100) sont en tête du classement. Il faut préciser que cette position bénéficie du premier amendement de la Constitution américaine qui garantit la liberté d’expression, d’un indice global fondé sur des critères anglo-saxons et de la non-intégration de formes de censure privée.

S’agissant du Japon (76/100), il s’agit d’une société homogène sans véritable censure.

Le Danemark dont l’indice s’élève à 74/100 est le plus libre parmi les Etats scandinaves et il a fait preuve de la meilleure résistance face aux menaces islamistes.

Si le Royaume-Uni (69/100) est avantagé par le choix des critères de référence (anglo-saxons), il faut remarquer qu’il a été le premier pays, dès 1968, à promulguer des lois attentatoires à la liberté d’expression. De plus, il est marqué par la détention du journaliste Tommy Robinson.

La Russie (52/100) et également la Hongrie (70/100) subissent, par rapport à la position qu’elles occupent dans le classement, la sélection de critères anglo-saxons comme base de calcul.

Devancée par l’Allemagne (52/100), pays fort contraint en termes de liberté d’expression, la France se situe à la dernière place des neuf pays retenus pour son ouverture à la liberté d’expression. Pour elle, égrener la liste des textes restrictifs depuis la loi dite Pleven de 1972, est un exercice qui ne cesse de s’allonger. La dernière couche de l’arsenal mis en place depuis d’un demi-siècle est le projet de loi Avia aux termes duquel la puissance publique délègue un pouvoir de censure à des organismes privés.

Intervention de Nicolas Faure – La dictature des minorités

Nicolas Faure a axé son intervention sur la dictature des minorités en débutant par deux exemples : l’action d’une actrice néo-zélandaise en faveur d’une distribution plus inclusive pour la série du Seigneur des anneaux, en cours de réalisation ; l’annulation d’une conférence de Sylvianne Agacinski à Bordeaux, hostile à la PMA et à la GPA.

Ces exemples, choisis parmi d’autres, illustrent l’état actuel d’une société soumise à une dictature des minorités où s’efface l’intérêt commun. Pour autant, il ne s’agit pas de n’importe quelles minorités puisque le concept peut recouvrir tout le champ politique et culturel. Ces minorités mises sur un piédestal sont celles supposées soumises à un rapport de domination. C’est là la vision du monde des promoteurs du concept de minorité dans son acception politique présente : la société serait traversée par des rapports de domination.

La dictature des minorités - Nicolas Faure au Forum de la Dissidence 2019

La minorité n’est pas une notion quantitative mais un concept idéologique

En ce sens la minorité n’est pas une notion quantitative mais elle s’applique à des catégories particulières dont la mise en valeur est un instrument de déstabilisation sociale. Ainsi les populations d’origine extra-européenne, principalement celles venues du continent africain surtout si elles sont musulmanes, les femmes, les LGBT sont considérés comme dominés. Au contraire, les Européens, les hommes, les catholiques, les cisgenres relèvent de la catégorie des dominants.

Pour chaque individu, qu’il se rattache aux dominés ou aux dominants, une raison singulière justifie sa classe de rattachement.

Cette exaltation des minorités, de certaines minorités, repose sur un fondement idéologique : l’égalitarisme, doublé d’un ethnomasochisme.

La victoire de l’égalitarisme

Si ce qui constitue la dictature des minorités a réussi à s’imposer, elle le doit d’abord à la défaite idéologique de ce qui est nommé la droite. Perdante de la bataille idéologique née de la seconde guerre mondiale, sa défaite fut scellée par 1968 et ses conséquences. La victoire idéologique est alors celle de l’égalitarisme, élément central de la matrice idéologique de la société moderne.

L’égalitarisme, c’est cette croyance religieuse selon laquelle les hommes ne sont pas des sujets déterminés par leur biologie mais uniquement par leur environnement, c’est-à-dire par des facteurs sociaux, familiaux, éducatifs, etc. De cette vision du monde découle tout le reste et logiquement le cosmopolitisme.

Dans cette approche, l’ordre naturel auquel s’attachait l’être humain, fruit d’une essence, d’une tradition et d’un héritage, devient une simple construction sociale susceptible d’être occultée ou mieux d’être abattue.

L’étude des courants philosophiques à la base de cette idéologie, égalitariste, et des philosophes qui les ont échafaudés montre la prégnance de l’influence marxiste et de son matérialisme même si la référence au marxisme a quasiment disparu comme ambition de modèle social.

Idéologie du ressentiment, l’égalitarisme est aussi le moyen pour un milieu d’universitaires et d’intellectuels, face à un esprit européen éreinté par les guerres du XXè siècle, de procéder à la sape idéologique d’une civilisation qui est la leur, ce que Nicolas Faure appelle l’ethnomasochisme.

Comment abattre cette dictature des minorités

Mais cette dictature des minorités n’est pas insurmontable. L’abattre relève d’un processus en quatre phases :

1/ Comprendre le mécanisme idéologique à l’œuvre
2/ Accepter et comprendre la défaite idéologique de la droite
3/ Réaffirmer que les dogmes égalitaristes et cosmopolites sont à la fois obscurantistes et nocifs pour les sociétés européennes
4/ Combattre les causes et pas les conséquences et donc combattre l’égalitarisme et le cosmopolitisme et pas seulement l’islamisation de la France par exemple

Seul cet enchaînement d’une réflexion critique permet de défaire à la base les fondements d’une idéologie dévastatrice pour notre société et notre civilisation.

A l’encontre de cette idéologie, l’argumentation la plus souvent employée est dépourvue de sens quant à l’objectif visé et tourne même à l’absurde. Exhiber la laïcité conduit à renoncer à ce que représente pour ce que nous sommes la religion de nos ancêtres. La question de l’immigration avec ce qu’elle entraîne comme bouleversement culturel doit être posée au regard de ce qu’est l’identité des peuples européens fruit d’une histoire multimillénaire qui les a façonnés. Face à ces incontournables réalités, la discrimination positive qui consiste à donner un avantage à un individu parce qu’il est d’origine immigrée, en vertu d’une inégalité sociale dont il souffrirait, n’est qu’un travers idéologique.

Ainsi, en s’appuyant sur la raison, la pure construction intellectuelle qui nous soumet est simple à détruire.

Intervention de Guillaume Bernard – Le système Macron, ce qui le caractérise

Guillaume Bernard a débuté son intervention par une double question :

  • Qu’est-ce que le système Macron ?
  • Quel régime politique signifie-t-il ?
En marche vers un régime tyrannico-oligarchique - Guillaume Bernard au Forum de la Dissidence 2019

Il faut observer en premier lieu qu’Emmanuel macron n’est pas le seul responsable de la situation présente. Elle est l’aboutissement d’une évolution qui a commencé bien antérieurement, aux environs de la décennie 1990 avec l’effondrement du régime soviétique. Certes, les origines sont antérieures mais c’est durant cette décennie que les caractéristiques de ce système se sont affirmées.

Il convient donc dégager un certain nombre de ces caractéristiques :

  • la plupart des attributs de la démocratie sont maintenues, élections, débats… ;
  • pourtant, il y a une répression, parfois très brutale, des manifestations ou le refus entêté de la démocratie directe à travers le référendum d’initiative populaire ;
  • mais le pire est que nous nous orientons de manière subreptice vers un régime de type tyranno-oligarchique exerçant un totalitarisme mou.

Il en découle trois questions :

  • celle de la tyrannie
  • celle de l’oligarchie
  • celle du totalitarisme

La tyrannie

L’usage de ce terme, comme il a été dit dans d’autres interventions, est préférable à celui de dictature. Qualifier par ce vocable la situation présente serait injuste à l’égard de ce que fut la dictature de la Rome antique, c’est-à-dire confier de manière temporaire à une personne les pleins pouvoirs lorsque la patrie est en danger, dans l’intérêt du bien commun.

La tyrannie est l’exacte inverse de la dictature. C’est un régime corrompu qui détourne le pouvoir de ses fins, c’est-à-dire la défense du corps social.

Alors en quoi le macronisme confine-t-il à la tyrannie ?

Deux notions permettent d’appréhender cette interrogation :

  • la post-démocratie, concept développé en Angleterre par Colin Crouch
  • la gouvernance.

La post-démocratie signifie que les décisions ne sont pas prises par le corps politique ou sa représentation mais par des institutions supranationales en concertation des entreprises transnationales devenues anationales.

La gouvernance remplace peu à peu la notion de gouvernement. Là, c’est encore plus important que le passage à la post-démocratie. Un gouvernement s’appuie sur des choix politiques en fonction d’un diagnostic. Ces choix se fondent sur un ensemble d’éléments au regard de la morale, de la philosophie, de l’expérience historique. Au contraire, la gouvernance prétend supprimer les choix politiques au nom du fait qu’il n’y aurait qu’une seule solution, technique, scientifique, car elle serait la seule à être efficace.

Une telle conception de la solution tend notamment à s’imposer au travers des institutions européennes.

Post-démocratie et gouvernance contribuent donc à détourner le pouvoir de sa finalité qui est normalement la défense du corps politique. La post-démocratie, c’est la négation du peuple, c’est le fait qu’il faudrait être ouvert et non pas fermé. La gouvernance signifie que les experts, les sachants doivent avoir voix au chapitre parce qu’ils connaissent la solution acceptable tandis que les autres qui forment le peuple doivent être guidés par les premiers.

L’oligarchie

En l’occurrence, il s’agit d’une oligarchie, non d’une aristocratie.

Les élites sont supposées être issues du peuple, du meilleur du peuple. Pourtant les élites actuelles se sont désolidarisées du peuple. Elles renient leur appartenance au peuple. Ce sont ces élites mondialisées qui prétendent lui imposer leur volonté. Elles se replient aussi bien idéologiquement, avec le multiculturalisme et le transhumanisme, que territorialement et socialement avec les ghettos dorés. Ce sont donc de fausses élites. Si elles sont techniquement bonnes, elles sont déracinées ; en fait nulles en histoire ou en philosophie. Elles ont été formées pour être des exécutants, non des décideurs. Elles représentent une technocratie capable de maintenir un système mais incapable de dynamisme, d’innovation et d’anticipation. Il s’agit bien d’une oligarchie car les individus qui la compose défendent des intérêts de classe, non le bien commun. Au lieu d’être capable de se sacrifier pour le peuple, d’être les plus vertueuses, les plus adonnées au bien commun, ces fausses élites se détournent du peuple, l’abandonnent.

Le totalitarisme mou

Il doit être vu au travers de cinq éléments.

La désolation

Dans ce système nous retrouvons le concept clé retenu par Hanna Arendt dans sa définition du totalitarisme : la désolation. En effet, les populations sont en perte de repères à cause du multiculturalisme qui est le cas des autochtones et de la non-assimilation des immigrés. Cette non-assimilation est voulue.

Le déracinement des uns et la non-assimilation des autres rendent le peuple, pour une grande partie de celui-ci, en perte de repères. Le peuple devient alors particulièrement influençable. C’est le concept de désolation, au cœur du totalitarisme selon Hanna Arendt.

L’atomisation

A côté de cette désolation, il y a une atomisation des corps sociaux qui ne trouvent leur unité voire leur survie que grâce à l’intervention de la puissance publique. Celle-ci distribue des prestations financières et octroie des droits à certains groupes sociaux ce qui est reconnaître une forme de communautarisme.

La chosification et la marchandisation de l’être humain

Un autre élément constitutif de ce totalitarisme mou est la chosification et la marchandisation de l’être humain, exprimées par tous les travaux sur l’embryon, la PMA ou la GPA et le droit à l’enfant. Cette chosification relève aussi bien de la bioéthique que de l’économie comme ces délocalisations où les salariés sont invités à suivre l’entreprise dans sa nouvelle implantation.

La volonté d’omnipuissance de la puissance publique

Nous constatons une propension de la puissance publique à intervenir dans tous les domaines : réécriture de l’histoire, redéfinition de la nature humaine… Il faut s’interroger sur la légitimité de la puissance publique à légiférer sur certaines questions. Celles-ci peuvent parfois relever de la morale ou de la coutume.

Aujourd’hui, le principe qui court est que le législateur peut intervenir dans tous les domaines quels qu’ils soient. Il en ressort que Léviathan peut imposer n’importe quoi.

Une doxa officielle

Il existe une doxa officielle qui se prémunit de la concurrence, par exemple en évinçant de la sphère publique, la question religieuse et qui impose ses propres dogmes : les valeurs républicaines.

La surveillance idéologique

Celle-ci commence par l’endoctrinement scolaire.

La réduction de la liberté de pensée

Elle est liée d’abord aux médias qui ne cherchent pas toujours à manipuler l’opinion mais qui cachent la réalité.

Les groupes de pression communautaristes

Ils dénient ce qui est permis de penser en raison de leurs propres intérêts : si vous me critiquez dans mes actes, c’est que vous portez atteinte à mon être.

Il apparaît que ce totalitarisme mou n’est pas un totalitarisme d’Etat, c’est un totalitarisme diffus utilisé par l’Etat.

En conclusion, il convient d’observer que nous sommes face à un pouvoir corrompu au sens aristotélicien. Il bénéficie à une oligarchie qui est une fausse élite car elle n’est pas issue du peuple et elle ne sert pas le peuple. Nous sommes donc dans un contexte d’une nouvelle lutte des classes, concept échafaudé par François Guizot. Dans son acception, il opposait les productifs, ouvriers entrepreneurs… aux improductifs, l’armée et le clergé. Le concept fut repris par Marx pour marquer l’opposition entre les prolétaires et les bourgeois.

Sans être un parangon de la lutte des classes, il faut constater qu’une société qui ne fonctionne plus comme un organisme social connaît cette lutte des classes. Cette nouvelle lutte des classes qui caractérise la société présente dresse d’un côté ceux qui subissent l’insécurité qu’elle soit matérielle et physique, économique et sociale, culturelle et morale et de l’autre ceux qui profitent de cette insécurité, les élites mondialisés et ceux qui contribuent à cette insécurité, l’immigration non assimilée.

Au regard de ce constat, il faut être attentif à ce que tout ce qui s’oppose à Macron et à ce qu’il représente n’est nécessairement souhaitable. Il y a des alliances contre nature, auxquelles il faut s’abstenir de participer parce qu’elles vont à l’encontre de ce que nous défendons : l’ordre naturel des choses.

Intervention de Clément Galant & Romain Espino Génération Identitaire

Clément Galant et Romain Espino, membres dirigeants de Génération identitaire ont rappelé à l’auditoire les principales actions que l’association avait menées ces dernières années pour alerter l’opinion sur la vague migratoire. L’une de ces premières actions fut l’occupation, le 20 octobre 2012, de la mosquée de Poitiers, alors en construction, avec l’affichage d’une banderole Souviens-toi de Charles Martel.

Clément Galant et Romain Espino ont évoqué les deux manifestations les plus emblématiques de Génération identitaire ces deux dernières années, à savoir : la mission Defend Europe en Méditerranée en 2017 et le blocage symbolique de la frontière franco-italienne dans les Alpes en 2018.

La défense des frontières c’est possible ! Génération identiraire au Forum de la Dissidence 2019

Defend Europe

Clément Galant a présenté les grands traits de l’intervention menée en mer Méditerranée et destinée à éclairer les populations européennes sur les agissements des ONG immigrationnistes et la manière dont elles favorisent le passage d’immigrants clandestins d’une rive à l’autre de la mer.

La mission Defend Europe a débuté en mai 2017 lorsqu’une quinzaine de militants venus de toute l’Europe se sont réunis à Catane pour interdire l’arrivée du navire de SOS Méditerranée, l’Aquarius. Il s’agissait de mettre en évidence le véritable objectif des différentes ONG qui opèrent dans cet espace maritime. En l’occurrence, le but poursuivi n’est pas humanitaire mais politique : submerger notre continent par des populations africaines. Il fallait donc faire ressortir que les milliers de victimes dus à cette traversée de la Méditerranée était la conséquence de cette fin politique. Dans le moyen d’action, il apparaît que les ONG agissent de concert avec les passeurs opérant sur les côtes de la Libye par des systèmes de communication entre les deux parties. Les ONG se comportent ainsi comme des taxis à vocation idéologique. Par leurs menées, ces ONG contribuent à la fortune des passeurs qui est l’un des moyens de financement du terrorisme islamique.

Defend Europe a réalisé un clip sur l’arrivée du bateau de SOS Méditerranée, diffusé sur les réseaux sociaux, avec l’ouverture d’une cagnotte pour financer une mission sur cette mer séparant l’Afrique de l’Europe. Les sommes réunies, au-dessus des espérances initiales, ont permis la location d’un navire, le C-star et son équipage, sri-lankais, afin d’arrêter l’action des ONG pro-migrants. La mission qui rassemblait une dizaine de militants a duré une trentaine de jours au cours desquels fut exercé une surveillance quotidienne, 24 heures sur 24, des navires des ONG.

A la fin, le bilan s’est avéré positif par la communication que la mission et ses observations ont autorisé. Entre autres, des ONG se sont retirées, ainsi MSF a cessé son partenariat avec SOS Méditerranée et le gouvernement italien a interdit l’accès à ses ports des navires concernés.

Le blocage symbolique de la frontière franco-italienne dans les Alpes

Romain Espino a commenté une autre action saillante, le blocage de la frontière franco-italienne dans les Alpes pour lequel une banderole déployée Frontière fermée, vous ne ferez pas de l’Europe votre maison…  caractérisait l’esprit de cette manifestation. Là, l’action visait des immigrants clandestins, déjà présents en Europe qui bénéficient de la complicité de passeurs mus par des motifs idéologiques. La visée était de montrer qu’il était possible pour les responsables politiques de contrôler les frontières et donc de défendre leur peuple.

Dans la conduite de l’action, il faut observer que sur le terrain, les militants ont plutôt reçu un bon accueil des forces de l’ordre. Comme conséquence positive, cette action a eu pour effet la décision du gouvernement de renforcer les effectifs pour la surveillance de la frontière.

Malgré des résultats favorables et, à l’évidence, une compréhension d’une partie au moins de l’opinion, les conséquences judiciaires et en termes de liberté d’expression ont été lourdes.

Censure et répression judiciaire

Concernant la liberté d’expression, ce fut la censure à travers la fermeture des comptes sur les réseaux sociaux et l’occultation du mouvement par les médias.

Mais le tribut le plus écrasant a été d’ordre pénal avec les dures condamnations prononcées à l’encontre de militants de Génération identitaire. Si l’opération menée dans les Alpes, l’a été dans le plus grand calme sans contrevenir à l’ordre public, des poursuites ont été néanmoins engagées par la justice sous le chef d’accusation de Ayant exercé une activité dans des conditions de nature à créer dans l’esprit du public une confusion avec l’exercice d’une fonction publique du fait que les militants incriminés étaient vêtus de blousons bleus.

A l’issue du procès en première instance devant le tribunal correctionnel, trois responsables de Génération identitaire dont Clément Galant et Romain Espino ont été condamnés chacun à six mois de prison ferme, cinq ans d’inégibilité, cinq ans de privation de droits civiques et familiaux et 75 000 euros d’amende ; l’association Génération identitaire ayant été condamnée pour sa part à une amende de 75 000 euros. Il s’agit des peines maximales prévues par le code pénal.

Au vu de ces condamnations, il apparaît que le gouvernement a fait une erreur magistrale de deux points de vue :

  • s’agissant d’un Etat fort, d’un grand Etat, en réprimant à ce niveau, par le biais de la Justice, un petit mouvement de jeunesse politique, ce gouvernement a montré que ce petit mouvement avait sans doute raison dans son analyse et même dans ses solutions par rapport à l’immigration ;
  • la condamnation a engendré un soutien massif non seulement des sympathisants de Génération identitaire mais de la part d’un horizon plus large et aussi de l’univers politique de droite quelle que soit sa tendance partisane.

Une autre conséquence quant à la liberté d’expression est la clôture des comptes sur les réseaux sociaux, ceux-ci étant une arme pour la liberté d’expression. Cette censure a touché non seulement ces comptes mais ceux des médias qui ont évoqué les actions de Génération identitaire.

Pour suivre encore les activités du mouvement, il faut observer qu’il dispose encore d’une page sur l’application Telegram et d’un site internet. Or Génération identitaire a besoin de réunir des fonds pour assurer les frais des procès en cours, 17 au total.

Intervention de Maître Frédéric Pichon

Maître Frédéric Pichon, cofondateur du collectif des avocats contre la répression policière a débuté son intervention par une citation de Camille Desmoulins : Ce sont les despotes maladroits qui se servent des baïonnettes : l’art de la tyrannie est de faire les mêmes choses avec des juges. La question de la soumission de la justice au pouvoir politique n’est donc pas nouvelle. Cette constante de l’histoire doit amener à relativiser quelque peu les problèmes présents. Pour autant, il faut constater l’incroyable recul, depuis quelques mois, des libertés publiques et de la liberté d’expression. Mais en aucun cas il ne faut verser dans un quelconque fatalisme qui conduirait à une démobilisation. Tout procès ne conduit pas nécessairement à une condamnation et lorsqu’il y a condamnation, ce doit être considéré comme une victoire politique et morale. Maître Frédéric Pichon a précisé que pour sept procès intentés devant la 17ème Chambre correctionnelle contre Riposte laïque dont il était le défenseur, il a gagné ces sept procès.

Ne pas céder aux intimidations du pouvoir ! - Maître Pichon au Forum de la Dissidence 2019

Une réflexion sur la justice

L’exemple précédent amène à une réflexion sur la Justice pour laquelle il convient déjà d’établir une distinction entre les magistrats du siège et les magistrats du Parquet, ces derniers étant aux ordres du pouvoir. Concernant les magistrats du siège, ceux-ci sont théoriquement indépendants. Mais il est nécessaire d’être conscient qu’à côté de la censure, il existe l’autocensure. La magistrature ne doit pas être vue ni commun un bloc ni comme un corps au sein duquel la sensibilité politique influencerait les décisions. Ainsi des magistrats considérés plutôt comme penchant vers la droite rendent parfois des jugements qui paraissent inspirer par l’autre bord. C’est cela l’autocensure, un manque de courage. En revanche d’autres magistrats connus pour des opinions les classant à gauche font preuve d’une parfaite rigueur intellectuelle dans les décisions rendues. Ceci démontre qu’il ne faut jamais renoncer et qu’il est impératif de présenter une défense fortement argumentée : c’est le rôle incontournable de l’avocat.

Quant à la condamnation qui forge une victoire politique, celle subit par les trois membres de Génération identitaire pour leur action dans les Alpes est à cet égard emblématique. En prononçant des peines maximales, la Justice a suscité l’indignation jusque dans les rangs de parlementaires Les Républicains. Si la Cour s’en était tenue à des peines modérées pour ne pas prononcer une relaxe, l’écho aurait été quasiment inexistant.

Aller jusqu’au bout de la procédure

Dans tous les cas, il est nécessaire de se battre jusqu’au terme de la procédure en se pourvoyant en cassation si nécessaire. Christian Vanneste et Eric Zemmour ont ainsi remporté un succès judiciaire. De ce fait les décisions des Cours d’appel n’ont pas fait jurisprudence. Certes cela à un coût mais cela peut éviter des condamnations parfois lourdes et l’opprobre sociale.

La meilleure défense c’est l’attaque

L’erreur serait de plaider l’excuse liée à des problèmes personnels ou autres. Au contraire, face à une juridiction de province et à des avocats de la partie adverse enserrés dans leurs certitudes idéologiques, l’attaque est la seule attitude qui vaille. Mettre en cause les lois et les présupposés idéologiques qui forment leurs convictions les déstabilisent. Même si le procès est perdu, il n’y a pas alors de déshonneur.

Notre courant de pensée n’est pas dans le camp du parti de l’ordre

Par principe il faut défendre la liberté d’expression quels que soient ceux qui en sont les victimes. Il faut observer que les Gilets jaunes n’étaient que de pauvres gens, objet d’une répression brutale. Les armes utilisées pour le maintien de l’ordre sont en fait des armes de terreur judiciaire. Il ne faut donc pas hésiter dans la stratégie de défense à recourir à la défense de rupture. Ainsi, la personne blessée lors de la manifestation des Gilets jaunes, le 16 novembre 2019 a refusé d’être entendue par l’IGPN dont les enquêtes n’aboutissent pratiquement pas. Mais cette stratégie de rupture doit être menée avec élégance et courtoisie dans la forme tout en étant extrêmement ferme sur le fond. Ce fut la méthode dont a usé Jacques Vergès qui met très mal à l’aise les magistrats.

En conclusion, il ne faut jamais renoncer à se battre mais aller jusqu’au bout de la procédure avec le conseil d’un avocat qui soit un avocat politique, qui ne craint pas de mettre en cause la légitimité des poursuites. Soljenitsyne disait : Celui qui résiste ne tombe pas, il n’y a que le fuyard qui tombe.

Intervention d’Anne-Laure Blanc, présidente de Solidarité pour tous

L’association Solidarité pour tous a été fondée au printemps 2013 au moment des manifestations de protestation contre l’instauration du mariage pour tous. Il s’agissait d’offrir une assistance aux victimes de la répression policière et judiciaire lors de ce mouvement de contestation. Cette assistance portait, entre autres, sur le choix des avocats, c’est-à-dire des conseils courageux, en empathie avec leurs clients. Comme il ne fallait pas compter sur l’aide juridictionnelle gratuite, le plus souvent accordée aux voyous de toute espèce, l’association a fait appel à la générosité du public permettant de distribuer plusieurs dizaines de milliers d’euros grâce aux dons recueillis.

A l’automne 2013, avec Jour de Colère, Solidarité pour tous a étendu autant qu’il lui était possible le domaine dans lequel l’association exerce ses actions de solidarité. Ainsi, les Hommens, les Veilleurs, les Identitaires en ont bénéficié.

Pour montrer dans la pratique la réalité des actions menées, Anne-Laure Blanc a cité quatre exemples.

La solidarité avec les victimes de la répression - Anne-Laure Blanc au Forum de la Dissidence 2019

Anne-Sophie Leclère

Cette candidate aux élections municipales de Rethel, exclue du Front National à la suite de l’affaire, avait partagé sur les réseaux sociaux une caricature de Christiane Taubira la représentant à côté d’une guenon. Après sa mise en examen et sa condamnation par le tribunal de Cayenne à neuf mois de prison ferme, cinq ans d’inégibilité et 50 000 euros d’amende, l’association a proposé à l’ancienne candidate le soutien de Maître Jérôme Triomphe qui a obtenu, après trois ans de procédure, en septembre 2016, une peine ramenée à 3 000 euros d’amende avec sursis. Anne-Sophie Leclère a retrouvé sa dignité et une certaine sérénité à défaut du soutien du Front National.

Samuel Dufour

Samuel Dufour a été poursuivi par la justice à la suite de la mort de Clément Méric, le 5 juin 2013. Bien qu’il n’ait porté aucun coup lors de la rixe mortelle qui avait entraîné le décès de ce dernier. Clément Méric s’en était pris, lui et ses camarades, au groupe que formaient notamment Samuel Dufour et Esteban, l’auteur des coups, il fut condamné par la cour d’assises de Paris à sept ans de prison ferme du fait de sa participation à la rixe. L’avocat de Samuel Dufour a obtenu sa remise en liberté quatre mois après la condamnation.

Samuel Dufour a fait appel de la condamnation, assisté par deux nouveaux avocats. Compte-tenu de l’importance des frais qu’implique une défense devant la Cour d’assises, même si ces avocats ne sont pas mus par l’argent, Samuel Dufour a obtenu l’aide de Solidarité pour tous. Le procès en appel s’est ouvert le 9 décembre devant la cour d’assises de l’Essonne.

Florina Lignier

Florina Lignier a été grièvement blessée (perte de l’œil gauche) le 8 décembre 2018, avenue des Champs Elysées, au cours de la manifestation des Gilets jaunes. Elle manifestait en particulier contre le pacte de Marrakech. Elle se trouvait non loin du drugstore Publicis auquel s’en prenait un groupe de casseurs. Bien que non violente et totalement distincte de ce groupe elle a reçu en plein visage une munition tirée par un membre des forces de l’ordre.

Auteur d’un livre Tir à vueelle relate son calvaire, Florina Lignier a bénéficié d’une aide de Solidarité pour tous pour couvrir ses frais d’avocat pour l’action judiciaire qu’elle intentée pour obtenir réparation.

L’ICES

Il s’agit de l’Institut catholique d’études supérieures de la Roche-sur-Yon dont douze étudiants avaient taquiné des LGBT qui participaient à un village associatif. Cette action, assez enfantine, a donné lieu à des poursuites judiciaires. Lors du procès, dans ses réquisitions, le procureur a demandé des condamnations de 2 à 8 mois de prison avec sursis et entre 200 et 300 heures de travaux d’intérêt général. Le tribunal a prononcé des peines maximales de deux mois de prison avec sursis et 240 heures de TIG (la majorité étant condamné à 100 heures de TIG) et 100 euros d’amende.

Le plus choquant est encore l’attitude de la direction de l’ICES qui a transmis à la police les noms et les adresses des étudiants qu’il lui avait été possible d’identifier. Trois étudiants considérés comme meneurs ont été exclus de l’établissement et les autres ont été sanctionnés par des travaux d’intérêt général à l’intérieur de celui-ci.

Solidarité pour tous a organisé une collecte au bénéfice des étudiants condamnés.

Le 5ème Forum de la dissidence a attribué le prix du Trouillard d’or au directeur de l’établissement, Eric Delabarre.

A travers ces exemples, il s’est agi d’illustrer la démarche de Solidarité pour tous qui consiste à ne pas céder aux intimidations et à organiser la riposte. Voilà pourquoi, il est nécessaire de recueillir des dons pour assurer un soutien matériel à ceux qui, notamment isolés, n’ont guère de moyens pour se défendre. Au-delà de ce soutien matériel, il y a le soutien moral : savoir que derrière nous, il y a du monde, cela aide !

Intervention de Vincent Badré

Vincent Badré est l’auteur de l’Histoire politisée ? et de l’Histoire Fabriquée ? En tant que professeur d’histoire, il a témoigné de la manière dont les choix en termes de thèmes à étudier ont de profondes implications politiques. Si le choix est nécessaire, celui-ci peut être plus ou moins juste et honnête. Vincent Badré s’est proposé de le démontrer au moyen de quelques exemples.

Combattre la propagande à l'école - Vincent Badré au Forum de la Dissidence 2019

La réforme des programmes d’histoire

Au regard des nouveaux programmes d’histoire décidés en 2010 durant la présidence de Nicolas Sarkozy, Dimitri Casali, qui avait lancé une pétition recueillant 27 000 signatures, a montré que la part dévolue à Louis XIV et à Napoléon avait été largement dépréciée au bénéfice de l’étude des royaumes africains esclavagistes. Avec l’appui d’intellectuels de tous bords comme Jacques Julliard, Pierre Nora et d’autres, la démarche a abouti à une nouvelle orientation des programmes destinés aux élèves de première et de terminale d’enseignement général. Ils mettent en avant la nation, la continuité et la chronologie. Ainsi, s’agissant de la Révolution, l’intitulé donné au programme est La Révolution française et l’Empire une nouvelle conception de la nation. Néanmoins, ce changement d’approche se heurte à la résistance de certains inspecteurs pour lesquels l’histoire ne saurait être étudiée de manière linéaire. Il n’empêche que dans la pratique, la lecture des nouveaux manuels montre l’évolution en cours. S’agissant par exemple de l’histoire de la Méditerranée médiévale, il est indiqué qu’il y a eu une attaque de Théssalonique en 904 par les Arabes qui précède donc les Croisades. Un tel fait n’était pas mentionné auparavant. Il était oublié que le jihad précédait les Croisades.

Pour les programmes géographie, au sujet de la démographie, citant le Japon, il était observé le vieillissement de la population en y adjoignant un commentaire selon lequel l’immigration pourrait être une solution. Il faut noter que le procédé ne relève pas de l’affirmation directe mais de l’insinuation ce qui est beaucoup plus insidieux.

A cela s’ajoute les programmes de spécialité que doivent suivre les élèves qui se destinent à ceux qui souhaitent s’orienter vers le droit, les sciences politiques, les écoles de commerce, l’histoire, la géographie, les études littéraires. Pour un certain nombre de thèmes, ces programmes de spécialité s’inscrivent dans une orientation idéologique. Ainsi, les enseignants sont tenus de faire une leçon d’une vingtaine d’heures environ sur la question des frontières. Au regard de celles-ci, sous l’Empire romain, la frontière ne doit pas être seulement vue comme un rempart contre les Barbares mais aussi dès cette époque comme des zones d’échange. Tout cela pour s’achever sur l’étude des espaces transfrontaliers européens.

Un autre aspect de ces programmes de spécialité qui démontre leur orientation idéologique est la réflexion sur la démocratie. A travers un schéma figurant dans un livre, Vincent Badré a montré comment est mis en exergue une certaine conception de la démocratie avec une présentation des défauts de la démocratie directe et de la démocratie représentative et de tous les avantages de la démocratie déléguée européenne. Par ailleurs, au chapitre sur les riches et les pauvres en particulier dans la société actuelle ont été substitués deux chapitres : l’un sur le patrimoine ; l’autre sur l’enjeu de la connaissance. Nous serions entrés depuis 1965 dans une société de la connaissance, une société presque transhumaniste puisqu’il n’y aurait plus de pauvres puisque tout le monde est connecté à internet.

L’Histoire et la vérité

Vincent Badré a insisté aussi sur un point essentiel : la notion de vérité. Est-il possible d’affirmer qu’il y a en histoire une vérité ou une vérité qui est opposée à la thèse officielle ou jusque-là reconnue ? Citant un article sur la naissance de l’islam, l’auteur de celui-ci y présente une hypothèse qui se veut une alternative possible sans pour autant prétendre à l’authenticité. C’est là une démarche fort satisfaisante pour l’historien qui montre qu’il y a beaucoup à gagner à lire les historiens universitaires. L’universitaire a cet atout qu’il approfondit les recherches. il n’affirme pas par rapport à la question étudiée (l’exemple est en l’occurrence celui de l’islam) qu’il existe une autre solution mais sa recherche a pour objectif d’analyser les faits pour mieux sérier la connaissance historique.

L’histoire et la politique

Une histoire soucieuse d’objectivité dans la mise à jour de la connaissance permet indirectement de penser la politique. Il existe en particulier un point important qui est la notion des proportions. Ici, Vincent Badré a cité comme référence un article portant sur le nombre de soldats de la Grande armée de Napoléon du début à la fin de la campagne de Russie. Si les proportions relatives aux pertes durant cette campagne ne sont pas prises en compte, il s’avère difficile de comprendre la suite des évènements. Or la société, aujourd’hui, est très tournée vers les proportions lorsqu’il s’agit d’évoquer les discriminations, elle l’est beaucoup moins dans d’autres cas. Mais pour comprendre cette société présente, il est indispensable de conduire un raisonnement en termes de groupes et de proportions en occultant aucun des aspects.

Bien sûr, les proportions ne constituent que l’un des éléments de l’analyse historique, certes essentiel. Un autre domaine important tient aux choix personnels comme facteur à considérer dans cette analyse historique. Sonia Mabrouk, journaliste d’origine tunisienne, en constitue une intéressante illustration. Elle a notamment publié un article dans le Figaro intitulé : Remettons l’église au centre du village. Elle traduit par-là les raisons d’un engagement en montrant, d’une part, une appropriation culturelle de sa société d’accueil et, d’autre part en prenant l’église comme bâtiment, non comme institution, elle présente cette église comme la garantie d’une certaine sociabilité au cœur du village.

Alors, l’historien, ayant intégré ces différentes données, est alors en mesure d’exposer ses propres convictions par rapport à un thème particulier vu dans toute sa complexité. Ainsi le populisme ne saurait être considéré comme une masse indistincte mais comme une manifestation qui recouvre un ensemble de phénomènes qui touchent à la souveraineté, à l’économie, aux enracinements et sur la manière de les faire revivre.

L’histoire et les sources d’information

Tout cela montre que celui qui s’engage dans le monde intellectuel doit approfondir la connaissance et l’expression subtile et nuancée de ses propres convictions comme celles de ses adversaires. Cela suppose, ce qui est l’une des grandes difficultés de l’époque présente de trouver des sources d’information alternatives. Les deux livres publiés par Vincent Badré l’Histoire politisée ? et de l’Histoire Fabriquée ? visent à répondre à cette préoccupation.

  • L’Histoire Fabriquée ? consiste à présenter les explications fournies par les manuels scolaires à toute une série de questions considérées comme difficiles et, face à ces explications, apportées des éléments de réponses au travers de références à des livres ou à des résumés.
  • L’Histoire politisée? cherche à comprendre le fonctionnement des polémiques.

En conclusion, Vincent Badré a présenté des sources d’information possibles par rapport à l’histoire : les livres de Jean Sévilla, les manuels dirigés par Dimitri Casali, les sites Mythes et antimythes, Herodote.net.

Intervention de François de Voyer

L’intervention de François de Voyer, président du collectif Audace, a porté sur la Convention de la droite, réunie le 28 septembre 2019, dont Polémia était partenaire.

Le succès de la Convention de la Droite - François de Voyer au Forum de la Dissidence 2019

A l’origine de la Convention

L’origine de cette Convention remonte à l’hiver 2019, avant les élections européennes du 26 mai, face à un sentiment d’abandon et de découragement. Tout semblait alors figé, aucune surprise n’étant à attendre de ces élections. L’idée est alors venue à François de Voyer, Erik Tegnér du collectif Racine et Jacques de Guillebon du magazine l’Incorrect d’organiser une convention à l’image de la CPAC américaine (Conservative Political Action Conference) dont la dernière réunion avait eu lieu à Washington du 27 février au 2 mars 2019 et à laquelle participa Marion Maréchal (accompagnée par François de Voyer).

La CPAC, annuellement réunie, reflète le dynamisme de la vie associative américaine. L’étude de cet exemple a permis de montrer comment l’élection de Ronald Reagan en novembre 1980 avait été préparée par des années de combat culturel tels que les mènent Polémia, Audace et d’autres associations. Ce combat culturel des conservateurs américains a débuté avec la défaite de Barry Goldwater en 1964, la pire dans l’histoire du parti Républicain. Tout un mouvement associatif a alors émergé dont la CPAC est devenue le rendez-vous annuel. Ces diverses composantes couvrent un spectre idéologique très large allant des libertariens qui prônent la légalisation du marché de la drogue au Tea party aux options très conservatrices. L’objectif poursuivi à travers un tel rassemblement est de définir d’un commun accord un programme de gouvernement.

Partant de cette référence américaine mais aussi de l’antécédent que fut la réunion organisée en 2016 à Béziers par Robert Ménard, qui s’avéra certes un échec, l’idée d’une convention de la droite fut donc lancée. Son intitulé a été l’objet d’une réflexion au regard de l’opportunité de mettre en exergue un clivage gauche-droite assurément peut être moins pertinent qu’il ne l’a été mais qui globalement détermine encore les oppositions actuelles. En effet, Emmanuel Macron, dans son action, se pose en progressiste. Il s’agissait donc de se présenter comme une alternative à cette conception par l’établissement d’une première synthèse entre les trois associations initiatrices du projet : l’Incorrect, Racine, proche alors des Républicains et le cercle Audace. Autour de celles-ci gravitent un ensemble de composantes.

Marion Maréchal : « Le premier grand défi, le plus vital, est le Grand Remplacement ! »

Un socle doctrinal et des objectifs pour la Convention de la droite

En premier lieu, il s’est agi de déterminer un socle doctrinal pour ce projet de convention ce qui fut fait à travers une déclaration d’indépendance par rapport au progressisme, au multiculturalisme et au libre-échangisme. Le but était de s’affranchir de cette soumission dans laquelle se complaît la droite traditionnelle.

La vision d’ensemble ainsi posée, quels étaient les objectifs assignés au projet ?

  • Un rendez-vous annuel régulier, lieu de débats et d’échanges.
  • Abattre les digues partisanes.

En fait, malgré la diversité des intervenants et de leurs rattachements partisans dont Les Républicains et le Rassemblement National, cette volonté de conduire à un rapprochement entre les différentes composantes de la droite n’a absolument pas été souligné par les médias.

  • Mettre en lumière le caractère ringard d’Emmanuel Macron et ce qu’il représente.

En quoi la Convention a-t-elle été une réussite ?

Malgré l’absence de moyens, la réussite de la Convention tient d’abord à son écho médiatique dans les semaines qui l’ont précédée.

Puis la relation qui en a été faite par les médias, très négative, mettant l’accent sur le discours d’Eric Zemmour, a permis de reprendre l’initiative par rapport à ce discrédit en se posant en défenseur d’une liberté d’expression bafouée par ces médias. Il faut souligner que cette défense de la liberté d’expression pouvait s’appuyer sur la présence parmi les intervenants de Raphaël Enthoven quelle que soit par ailleurs la qualité de son propos.

Eric Zemmour : « La société progressiste est une société liberticide » [Discours intégral]

En elle-même, la tenue de cette Convention et de son succès, deux mille personnes étant présentes face aux trente intervenants Elle a rassemblé une douzaine d’association dont Polémia, l’Institut Vauban, Contribuables associés… Il faut souligner que c’est grâce à ce tissu associatif que l’idée d’un tel rendez-vous de la droite pourra être pérenniser sachant que la victoire finale ne pourra s’inscrire que dans la longue durée.

En termes de publicité donnée à l’événement, s’il y eut ces critiques particulièrement acerbes des médias audiovisuels, en revanche, il a suscité une centaine d’articles de presse et sur les réseaux sociaux il a fait l’objet de soixante-mille tweets le jour-même. De plus, cette Convention, marquée notamment par ce discours d’Eric Zemmour a coïncidé avec l’arrivée de celui-ci sur CNews.

Si cette Convention fut un grand succès médiatique et idéologique, pour autant il ne se profile pour la droite aucun effet électoral à court terme. Cela tient à deux démons :

  • le démon de la pureté

En l’occurrence pour différents courants constitutifs de cette droite, au regard de leurs propres conceptions, les idées développées ne vont jamais assez loin. Néanmoins, il faut observer que les plus jeunes, les moins de quarante ans sont beaucoup moins sensibles à ces débats.

  • le démon de la division

Il est dû aux querelles de chapelles qui font qu’une large partie du temps est employée aux critiques internes.

La droite doit donc se rassembler pour la préparation à partir de 2021 de l’élection présidentielle de l’année suivante.

Intervention de François Bousquet

Pas de résistance sans courage ! - François Bousquet au Forum de la Dissidence 2019

L’intervention de François Bousquet fut une ode au courage : Le courage, c’est la vertu au-dessus des vertus. Et de préciser : C’est quoi, une vertu ? La vertu, c’est la qualité propre de l’être portée à son point d’incandescence… Je ne suis pleinement homme qu’à la mesure de mon courage.

François Bousquet s’interroge alors sur le sens du courage dans notre société présente : De quoi avons-nous peur ? Que risquons-nous ? Il n’y a plus d’enfer glacé des camps, rien. Toutes nos Bastilles sont mentales. Ce n’est plus la police politique qui vient frapper à la porte au petit matin, mais l’huissier avec des convocations devant le juge et des avis à payer.

Le contexte n’est donc pas celui de la terreur physique qu’exerçaient les tyrannies idéologiques du XXè siècle, mais il tient, d’une part à la menace du juge avec ses condamnations pécuniaires, voire privatives de liberté, avec sursis (au-delà possiblement) et d’autre part, au carcan d’une pensée hégémonique : L’espace vital de l’adversaire a tout colonisé. C’est son atmosphère que nous respirons, son langage que nous utilisons, ses milices que nous subissons. Nos idées ont été expulsées de l’espace public, elles ne fonctionnent plus que comme des concepts repoussoirs, pour ne pas dire repoussants… Pas un des qualificatifs médiatiques employés à notre encontre qui ne soit péjoratif, dépréciatif ou répulsif.

Un regard vers les quelques décennies passées montre quel a été le recul de nos idées sous les prétextes les plus variés. Loin de nous les années quatre-vingt où des intellectuels renommés, parties prenantes de notre école de pensée, siégeaient à l’Académie française, étaient des membres affichés du conseil scientifique du Front National, trônaient au Figaro Magazine, porte-avions idéologique de la Nouvelle droite dont le chef de file Alain de Benoist était récompensé par le Grand Prix de l’essai de l’Académie française.

La réalité présente s’appelle la « spirale du silence ». La spirale du silence, c’est le principal risque qui pèse sur les idées dissidentes : se rétracter sur elles-mêmes jusqu’à disparaître de l’espace public, puis de l’espace privé, puis de la conscience du sujet. Jusqu’à la mort lente, jusqu’à l’ensevelissement.

Cette spirale du silence s’autoentretient. Face à cela, il y a le courage : Lui aussi s’autoreproduit, lui aussi gagne en intensité, lui aussi se démultiplie, comme dans les boucles de rétroaction : l’action du courage sur lui-même produit un surcroît de courage, et ainsi de suite. Il a des effets auto-entraînants. Le courage appelle le courage, la victoire appelle la victoire.

En actes, le courage signifie l’engagement : C’est choisir, prendre parti, discriminer, s’engager sans retour. Et François Bousquet cite Jean Raspail et Le Camp des saints. Il ajoute : Car celui qui ne s’engage déserte de fait. Un tel homme n’a rien compris… L’Européen conséquent, le Français digne de ce nom, n’a guère le choix qu’entre investir ou s’investir, payer de sa personne ou payer de ses deniers, donner ou se donner, du temps ou de l’argent, ce qui revient finalement au même.

De tels moments de passivité, d’abandon ont des précédents dans l’histoire. François Bousquet cite à cet égard la phrase prononcée par Saint Augustin dans un sermon qui suit le sac de Rome en 410 : « Les temps sont mauvais, les temps sont difficiles, voilà ce que disent les gens. Vivons bien, et les temps seront bons ! C’est nous qui sommes les temps ! Tels nous sommes, tels sont les temps. »

Donc, Tout, sauf la passivité ! Tout, sauf l’indifférence ! Tout, sauf le désengagement, l’homme démissionnaire, l’abstentionniste !

Si dans certaines circonstances, une forme de clandestinité, de pseudonymie peut se justifier du fait des fonctions exercées, en revanche la généralisation encourage le climat général de fatalisme, d’impuissance, de défaitisme, si bien qu’ils valident la stratégie de neutralisation de notre adversaire… On perd tout à tout cacher.

Il faut être conscient que le rapport de force idéologique, totalement en notre défaveur, nous place dans l’obligation de sortir de l’ambiguïté. Cette ambiguïté qui ne s’exerce qu’à notre détriment nous condamne à ne jamais être explicite, à ne jamais quitter les registres de l’implicite.

Pour bousculer la parole dominante qui s’érige en référence, il faut formuler notre énoncé de référence par un discours véritaire, sans filtre, brut, sinon brutal. Nous devons donc développer des stratégies d’influence et de contre-influence dans des univers totalement inamicaux, au sens de Carl Schmitt.

Nous devons donc nous afficher et nous affirmer dans un monde où ni nos vies ni notre intégrité physique ne sont menacées. Sans s’avancer à découvert, il est vain d’espérer quoi que ce soit. Des minorités, tels les homosexuels, sont sorties de leur clandestinité et elles ont gagné. C’est à notre tour de sortir du placard, la prudence ne paie pas, elle fait des épargnants.

Conclusion de Jean-Yves Le Gallou

Le réveil des peuples face aux dictateurs - Jean-Yves Le Gallou au Forum de la Dissidence 2019

En premier lieu, Jean-Yves Le Gallou a observé que le message essentiel de la journée tenait à la conclusion de l’intervention de François Bousquet, celui du courage.

Dans le prolongement cette vertu mise en avant, le président de Polémia s’est proposé de décliner les voies de la Résistance au vu de la situation présente, face à Emmanuel Macron :

  • Résistance électorale
  • Résistance numérique vis-à-vis de la censure
  • Résistance par les actes

Résistance électorale face à Macron

Emmanuel Macron n’est que l’incarnation d’un pouvoir oligarchique hostile, fabriquée en quelques mois, cette incarnation peut être détruite aussi en quelques mois au profit d’une autre.

Quoique puissent annoncer les médias pour l’élection présidentielle de 2022, l’hypothèse d’un duel opposant Emmanuel Macron à Marine Le Pen n’est pas la plus probable. D’une part, les supputations de ces médias deux années avant les précédentes échéances ne se sont jamais révélées exactes. Le seul cas d’une reconduction d’un duel de second tour, en 1981 (Giscard-Mitterrand), a tourné au désavantage du candidat sortant. L’hypothèse semble donc peu probable. Ceci, parce que Emmanuel Macron apparaîtra, à un moment, à ceux qui l’ont soutenu, multinationales, banquiers, groupes de médias, comme un obstacle à leurs intérêts. Alors, il sera liquidé médiatiquement en quelques jours ou en quelques semaines. Il est encore plus facile d’éliminer médiatiquement quelqu’un par ce biais que de le fabriquer.

Il convient de remarquer que ceux qui se positionnent pour l’élection présidentielle de 2022, Valérie Pécresse, Xavier Bertrand, François Baroin, même Nicolas Sarkozy se présentent comme opposés à Emmanuel Macron, contre lui, mais en réalité, ils sont tout contre Macron, c’est-à-dire dans le même périmètre idéologique. Ils deviennent alors de simples produits de substitution. Leur élection, quelle que soit la personne, signifierait la même dictature du politiquement correct. Pour autant, l’histoire étant le lieu de l’imprévu comme le remarquait Dominique Venner, il peut arriver des évènements susceptibles de modifier la donne politique.

Résistance numérique

En termes de liberté d’expression la période 2005-2016 fut particulièrement faste avec le développement d’un internet libre qui a permis des avancées politiques importantes notamment au Royaume-Uni et aux Etats-Unis : le Brexit et l’élection de Donald Trump. A partir de là une censure, privée a été développée sur Internet et les réseaux sociaux. Ainsi Twitter a censuré un moment l’expression du président des Etats-Unis. Autre exemple, une manifestation récente des identitaires n’a réuni que peu de monde car la fermeture de leurs comptes sur les réseaux sociaux leur ont interdit de l’annoncer.

Pour autant, il ne s’agit pas de verser dans un quelconque pessimisme car l’histoire montre que la censure finit toujours par être contournée. A cet égard, il faut tout d’abord remarquer qu’Internet repose, à l’origine, sur une logique de décentralisation. Il existe une multitude de pôles qui émettent, reliés par une infinité de canaux, ce qui rend le système très difficilement contrôlable. Ce qui a modifié cette logique originelle, c’est la centralisation des réseaux sociaux autour de trois groupes mondiaux : Google-Youtube, Facebook, Amazon. Ces groupes sont devenus des monopoles qui servent des intérêts et une idéologie particulière.

Ces intérêts correspondent à ceux de l’Etat profond américain et de l’idéologie californienne, lesquels ont la volonté de diffuser leur idéologie. Il faut donc contourner les réseaux de transmission qu’imposent ces groupes par un retour à la logique décentralisée, initiale ; ceci par la création de sites internet situés dans des paradis numériques qui se feraient connaître au moyen de fils d’information comme des newsletters ou par Telegram, messagerie cryptée, non susceptible de censure.

Résistance par les actes

Il s’agit d’être plus actif et plus courageux. Il n’est pas demandé de faire autant que nos ancêtres qui ont dû participer à des guerres et aux assauts qu’elles impliquent mais seulement de faire dans ses actes un peu plus que présentement. L’image est celle de deux escaliers parallèles, l’un étant un escalator, l’autre l’escalier tel qu’il a toujours existé avec les marches à monter. Prendre le second exige un effort physique. Au sens figuré, cette image signifie que lorsqu’une décision est à prendre, il faut choisir la voie la plus difficile :

  • s’il vous est proposé d’être inscrit sur une liste électorale, il faut accepter plutôt que refuser ;
  • si vous hésitez à participer à une manifestation, vous y participez ;
  • si, dans un contexte professionnel, amical, familial vous entendez une conversation politiquement correcte, vous marquez votre distance ;
  • par vos questions, vos interrogations, vous obligez un interlocuteur à préciser son propos.

S’agissant par exemple d’un propos sur la sécurité énoncé de manière générale, vous faites préciser qui sont les auteurs des actes délictuels en cause. Une telle demande amène les parties prenantes à la conversation à libérer leur parole.

Il faut aussi aider financièrement les associations.

Si dans la vie professionnelle, la libre expression n’est pas toujours aisée, il faut reconnaître le caractère protecteur du statut de la Fonction publique. Si bien qu’il ne faut jamais plier, ne jamais faire acte de repentance, ne jamais s’excuser, au contraire, il faut réaffirmer son propos.

S’il est parmi d’autres un élément important dans la Convention de la droite, c’est le déplacement de la fenêtre d’Overton. Cette fenêtre d’Overton représente l’espace des idées considérées comme acceptables.

La fenêtre d'Overton, démonstration : comment rendre le cannibalisme socialement acceptable ?

Il apparaît donc que la dissidence, à l’instar du sport, repose sur l’entraînement. Il s’agit d’assurer la promotion de nos idées, d’intervenir partout en refusant de se soumettre à une diabolisation qui rendrait tel ou tel infréquentable.

Il faut être un bloc de résistance, un bloc de dissidence

Nous sommes face à une situation particulièrement instable au regard de laquelle le système dominant ne tient que par une répression accrue comme le montre celle exercée à l’encontre des manifestations des Gilets jaunes.

Il est certain que le réveil des peuples triomphera des dictatures comme le prouve les évolutions intervenues en Russie, en Hongrie, en Pologne, en Allemagne où, compte-tenu des particularités liées à son histoire du siècle précédant ces évolutions s’avèrent difficiles, en Italie où les démocrates ont constitué une nouvelle coalition pour s’opposer à des élections. Mais la France n’évolue que par explosion, en témoigne son histoire. Aucune de ces explosions n’est intervenue depuis Mai 1968, ce qui montre l’importance de la charge explosive que recèle la société française.

Comment cette charge se manifestera, nul ne peut le prévoir. Mais la probabilité d’une déflagration sociale est très importante. Il faut s’y préparer, cultiver la dissidence, se placer dans un esprit de résistance pour permettre un jour le grand bouleversement et le grand redressement.

Michel Leblay
19/05/2023
1re publication : 10/12/2019

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