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Hongrie. Qui veut accréditer la théorie du complot ?

Hongrie. Qui veut accréditer la théorie du complot ?

par | 10 avril 2018 | Europe

Par Tarick Dali, contributeur de La Droite libre ♦ On voudrait accréditer la thèse que George Soros est l’instrument universel et unique d’un complot visant à faire de la planète entière le vassal d’une mondialisation obligatoire venue des États-Unis, qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Durant tout ce début de printemps, les journalistes français qui, jusqu’à ces dernières années, se foutaient comme d’une guigne de la Hongrie, y ont consacré des doubles pages entières.


On aurait pu s’en réjouir, tant ce petit pays danubien est attachant et tant son histoire récente a montré combien il savait défendre sa liberté et son identité. Sans remonter à Kossuth ou au comte Andrassy, dont les médias français ignorent les noms, c’est la Hongrie qui a défié l’empire soviétique en 1956 d’abord, dès le milieu des années 1980 ensuite, avec, parmi les résistants, un certain Viktor Orbán qui avait eu le culot de fonder son parti des Jeunes démocrates, le Fidesz, au nez et à la barbe du régime de parti unique. Les journalistes qui l’agonissent d’injures aujourd’hui, ignorent tout aussi certainement que c’est la Hongrie qui, dès le printemps 1989, avait ouvert le rideau de fer, rendant inéluctable la chute du mur de Berlin quelques mois plus tard.

Malheureusement, rien de tout cela dans les colonnes des journaux français. À l’unisson, tous répètent que la Hongrie est dirigée par un dictateur malfaisant qui a fait de George Soros sa tête de turc mais qu’on allait voir ce qu’on allait voir. Les sondages sont moins clairs, le Fidesz a perdu une élection partielle, il se pourrait même qu’il descende au-dessous des 27 % l’obligeant à une coalition. Il suffisait pourtant de rechercher les sondages en question pour constater que tous donnaient entre 48 et 52 % au Fidesz. Très exactement le résultat final.

Le dimanche même des élections, radios et sites web pointaient du doigt une participation exceptionnelle, signe évident d’une mobilisation pour faire tomber Orbán. Et quand les résultats tombent, on lit même cette phrase extraordinaire dans un quotidien : « Le résultat promettait de décevoir les électeurs de l’opposition qui s’étaient rendus en masse aux urnes pour tenter de susciter un changement ». L’auteur de ce chef d’œuvre est tellement conditionné par son obsession qu’il n’a même pas imaginé que si Orbán avait obtenu 49 % des suffrages exprimés, 4 points de plus qu’il y a quatre ans, avec une participation supérieure de 7 points, c’est peut-être parce que ce ne sont pas forcément les opposants qui se sont rendus aux urnes en masse. Ou, à tout le moins, qu’il n’y a pas tant d’opposants que ça.

Non. Si les citoyens Hongrois qui avaient choisi le résistant au communisme, une première fois dès 1998, ont décidé, cas unique depuis le retour de la démocratie en 1989, de reconduire la législature actuelle pour la troisième fois consécutive, c’est, comme le dit un prétendu analyste, « que la majorité des électeurs n’a pas accès à toutes les informations nécessaires pour voter ». Ceux qui votent Orbán ne peuvent être que des ignorants. On eut aimé pourtant que, dans les pages consacrées largement à la Hongrie ces temps derniers, lire que le pays était calme, qu’il n’y avait ni attentats, ni zones de non droit, que le chômage y était inexistant et que le lac Balaton et Budapest étaient noirs de touristes. Le même “analyste”, dans un hebdomadaire, insiste sur le fait que Orbán, décidément très fort, joue sur les peurs pour remporter les élections.
Écrire de pareilles billevesées, les réitérer au-delà même de la réalité tangible, et n’entendre que de très rares voix discordantes incite, effectivement, à se demander si c’est possible sans être organisé. Tant qu’à faire, pourquoi pas par George Soros ?

Tarick Dali
10/04/2018

Source : La Droite libre

Crédit photo : Georges Soros par Niccolò Caranti [CC BY-SA 3.0], via Wikimedia Commons

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