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Extrait du dernier rapport du jury du concours de l’ENA

Le billet de Polémia du 31/03/2017. Extrait du dernier rapport du jury du concours de l’ENA, qui révèle des consignes de mansuétude pour les candidats qui ne maîtrisent pas le français à l’écrit et à l’oral.

Le niveau d’exigence baisse au concours de l’ENA aussi

Résumé : Le président du jury du concours 2016 de l’ENA avoue avoir donné pour consigne de ne pas trop pénaliser l’orthographe défaillante des candidats. Le jury a également relâché son niveau d’exigence sur la maîtrise de la langue française à l’oral. Le tout afin d’éviter toute discrimination et de procéder à des « recrutements innovants ». Un faux nez de la discrimination positive en faveur des immigrés et de la discrimination négative corrélative des Français de souche bien élevés.

Le rapport du jury du concours 2016 de l’Ecole nationale d’administration vient d’être rendu public [1]. Le président du jury, l’inspecteur général des finances Thierry Bert, y fait certains aveux sur les coulisses de ce concours.

L’orthographe étant un « marqueur social », il ne faut pas trop pénaliser les fautes

Il indique avoir donné des consignes pour ne pas trop pénaliser l’orthographe défaillante. Les pénalités pour fautes d’orthographe ont été limitées à deux points au maximum. Selon Thierry Bert, l’orthographe a évolué et serait « souvent un « marqueur social » ». Par conséquent, il faudrait « relativiser son importance si l’on veut pratiquer des recrutements innovants ». Il concède néanmoins « qu’une orthographe trop défaillante (ou une syntaxe trop inappropriée) » peut indisposer…

Pour éviter toute discrimination, il faut accepter que la langue française soit mal maîtrisée

Les candidats qui ne maîtrisent pas la langue et la culture françaises bénéficient d’un autre coup de pouce. Lors d’un séminaire, les membres du jury se sont vus inculquer les règles de non-discrimination. Des conseils pratiques leur ont été donnés pour que la notation ne souffre pas de « « biais » subjectifs (…) pouvant naître au sein du jury du fait, par exemple, des origines sociales ou culturelles des candidats ».

Et Thierry Bert confie que cette quasi-thérapie de groupe du jury a porté ses fruits. Les membres du jury ont ainsi évité de privilégier des candidats avec lesquels ils se verraient bien travailler… Ce qui conduit probablement à recruter des personnes inadaptées ! Ils se sont également interdits de, je cite, « s’agacer de tel ou tel tic de langage qui peut provenir de l’origine sociale ou géographique ».

Le jury ne craint pas de se contredire en affirmant que les candidats sont excellents mais décevants

Pour autant, le niveau des candidats reçus resterait élevé. Tout au moins, le président du jury salue la richesse des profils des candidats reçus. Mais il déplore que, lors des oraux, de nombreux candidats peinent à tirer des leçons de leurs expériences et manquent de connaissances aux épreuves techniques. Il semble que la baisse de niveau touche jusqu’à l’ENA.

Carl Hubert,
22/03/2017

[1] http://www.ena.fr/content/download/25915/472159/version/1/file/Rapport%20du%20pr%C3%A9sident%20des%20jurys%202016.pdf