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Darmanin outré : les royalistes ne sont pas républicains

Darmanin outré : les royalistes ne sont pas républicains

par | 15 mai 2023 | Politique

Darmanin outré : les royalistes ne sont pas républicains

Par Pierre Boisguilbert ♦ C’est entendu, avec une complicité médiatique massive, le pouvoir tente un contre-feu à son impuissance face à la violence d’extrême gauche. Il s’agit donc de traquer les activités de l’ultra-droite, ceux qui seraient à la droite de l’extrême droite, faut le faire. C’est le fameux équilibre un cheval-une alouette. Et cela trompe encore du monde !

L’autre but poursuivi plus personnellement par Gérald Darmanin est d’accrocher quelques casseroles même indirectes à Marine Le Pen. Qui a dit que le régime était hostile aux casserolades ? Certaines l’arrangent.

Gérald Darmanin contre Giorgia Meloni… pour mieux attaquer le RN ?

Dans sa stratégie de présidentiable putatif en l’absence obligée de Macron et pour devancer Wauquiez à droite, il se doit de diaboliser le Rassemblement national. Pour le moment, il a surtout été le meilleur communicant de l’Action française. « Darmanin, reviens, l’Action française en a besoin. » Environ 600 personnes ont défilé le dimanche 14 mai à Paris à l’appel du mouvement royaliste Action française pour rendre hommage à Jeanne d’Arc, au lendemain de la levée de l’interdiction de la manifestation par le tribunal administratif. Un rassemblement qualifié de « nauséabond » par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. Au-delà de l’expression vomitive, il a dénoncé des attaques « inacceptables » contre la République lors de ce rassemblement du parti royaliste Action française en l’honneur de Jeanne d’Arc. Et c’est là qu’on est stupéfait. Darmanin ne savait pas que les royalistes étaient antirépublicains. Il a donc encore bien du chemin à faire pour comprendre l’histoire du pays. La république admet au nom de la démocratie la contestation de sa nature même… c’est tout à son honneur. Mais la république n’est pas la démocratie et il y a des monarchies bien plus démocratiques que notre république. Et il y a des monarchies qui acceptent la contestation républicaine. On en prendra un exemple français. Sous le régime de la Monarchie de Juillet, plusieurs courants politiques s’affrontent. Il s’agit à la fois de courants favorables au régime, le parti du Mouvement et le parti de la Résistance, et des tendances qui s’y opposent, que ce soient d’une part les légitimistes et les bonapartistes ou d’autre part les républicains. Ces derniers cependant ont une liberté très limitée et surveillée.

Mais le plus amusant, c’est l’indignation des médias. Comment peut-on admettre un mouvement qui conteste la république et continue à la nommer « la gueuse », un terme péjoratif et vendéen d’origine mais attribué presque toujours à Maurras, dont tout le monde parle mais que presque plus personne n’a lu. Mais ce sont les mêmes qui, pendant les cérémonies de la mort d’Élisabeth II et le couronnement de Charles III ont cherché désespérément des républicains partout. Ils en ont trouvé et se sont délectés de propos mettant en cause le système monarchique. Ils ont le droit, eux, de vouloir abolir la monarchie et d’instaurer une république. Ce n’est pas, encore une fois, la démocratie qui est mise en cause. C’est en Grande-Bretagne une minorité. Minorité encore ceux qui veulent remettre un roi sur le trône de France. Mais vouloir abolir la république, c’est apparemment plus grave que vouloir abolir la monarchie même si certaines restaurations ont installé des démocraties dans des pays dictatoriaux.

Rien n’est jamais simple, surtout pour ceux qui confondent tout pour instrumentaliser par la caricature leur projet politicien au risque de se ridiculiser soi-même.

Pierre Boisguilbert
15/05/2023

Crédit photo : Action française

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