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Comment combattre le terrorisme islamiste

Comment combattre le terrorisme islamiste

par | 24 septembre 2017 | Géopolitique, Politique

Ivan Blot, ancien député, haut fonctionnaire, ENA, écrivain, conférencier, essayiste…

♦ Désigner correctement l’ennemi : le terrorisme islamiste est un mode d’action du mouvement révolutionnaire islamiste né en Egypte avec Sayid Qutb et au Pakistan avec Al Mawdudi. Ben Laden, par exemple, fut un disciple de l’érudit Sayid Qutb. L’islamisme révolutionnaire veut faire la révolution, comme les communistes autrefois. Cette révolution doit être mondiale et violente. Leur idéologie est une interprétation révolutionnaire du Coran qui s’appuie sur les citations les plus violentes. Comme toute révolution, l’islamisme coupe les têtes : le révolutionnaire est fanatisé et perd tout sens moral sauf pour défendre sa cause.

Déradicaliser les combattants djihadistes est une idée d’ignorants : peut-on déradicaliser Lénine ou Pol Pot ? Nos ennemis sont des révolutionnaires avec une doctrine très élaborée et une pratique violente. Il faut combattre la doctrine et réprimer la pratique : il faut les deux !


L’immigration, terreau de l’islamisme révolutionnaire. Théorie des cinq cercles

Mao tsé toung disait : « Le bon révolutionnaire doit être parmi les prolétaires comme le poisson dans l’eau. » Le révolutionnaire islamiste, le djihadiste, ne peut pas être efficace sans le terreau de l’immigration. Il n’y a pas d’attentats en Pologne parce qu’il n’y a pas d’immigration en Pologne. Tout seul, le djihaddiste est impuissant. C’est une erreur de dire : il y a les méchants djihadistes et les bons musulmans pacifiques. La réalité est plus complexe.

Il faut distinguer cinq cercles au sein de la population musulmane en France :

-le premier cercle est composé des auteurs d’attentats, quelques milliers de personnes à surveiller étroitement ;

-le deuxième cercle est composé de gens qui ne tueront jamais mais apportent une logistique : une voiture, un appartement, un peu d’argent, etc. ;

-le troisième cercle est celui des gens qui ne tuent pas, n’aident pas mais sont convaincus par l’idéologie révolutionnaire islamiste ; ils voudraient que la France applique la loi islamique, la charia, et ils ne condamnent pas les attentats. Des études poussées ont montré que cela fait un tiers des musulmans en France, soit 2,5 millions de personnes. Le problème est donc gigantesque, comme celui des communistes ou des nazis autrefois : cette idéologie a un enracinement populaire réel. On n’a pas affaire à des loups solitaires ou des fous isolés ;

-le quatrième cercle, peut-être trois millions de personnes, est composé de gens indifférents ;

-le cinquième cercle est composé de musulmans hostiles à l’islamisme révolutionnaire, soit sans doute trois millions de personnes.

On ne peut donc pas traiter le terrorisme sans contrôler le phénomène migratoire. Il faut stopper toute nouvelle immigration et organiser le retour de tous ceux qui sont favorables à l’idéologie islamiste, donc beaucoup de monde. Aurait-on toléré en 1938 trois millions d’Allemands persuadés des bienfaits du nazisme ? Notre problème est identique mais on refuse de le voir faute de courage. On fait courir des risques à la population tout entière et on décourage les musulmans antirévolutionnaires, antidjihaddistes, en les laissant à la disposition des fanatiques.

Faiblesses de notre société sans idéal

L’idéologue fondateur de l’islam révolutionnaire Sayid Qutb s’est radicalisé en voyageant aux USA de 1948 à 1950 ; il déclara la guerre à une société qui lui parut individualiste, matérialiste, sans idéal et sans spiritualité. Il est vrai qu’en Russie, où le patriotisme et les valeurs traditionnelles dominent, la plupart des musulmans se disent patriotes et sont loyaux. Ce ne sont pas des immigrés de fraîche date mais ils sont présents depuis le Moyen Age.

Face à une idéologie qui réchauffe les cœurs jusqu’au fanatisme, des idées purement abstraites comme la laïcité, la constitution, la république, n’ont pas de prise. Les hommes meurent pour leur famille, leur patrie ou leur dieu, pas pour des idées abstraites. Seul le patriotisme et l’attachement aux traditions françaises (dont l’héritage chrétien) peuvent faire barrage à l’attraction de l’idéologie révolutionnaire islamiste chez des jeunes.

Cinq réponses face à l’islamisme révolutionnaire

1/ Il faut renforcer le dispositif répressif et pour cela renforcer les effectifs des services secrets et des forces de l’ordre. Le nombre d’activistes dangereux a beaucoup augmenté et les effectifs de nos forces sont devenus insuffisants.

2/ La mobilisation de la jeunesse. Il faut rétablir le service militaire et organiser en son sein une formation antiterroriste, intellectuelle et pratique. La lutte des spécialistes professionnels ne suffit pas.

3/ La mobilisation démocratique. Il faut aussi développer une vraie garde nationale (*) formée de citoyens volontaires comme cela a existé en France de 1789 à 1871 avec des moyens beaucoup plus importants qu’aujourd’hui. Cette garde pourrait relayer l’armée dans des missions comme « Sentinelle » et donner au pays une conscience militaire plus élevée, car les islamistes révolutionnaires nous ont déclaré la guerre, donc nous sommes en guerre, alors que les pouvoirs publics négligent d’en tirer toutes les conséquences.

4/ Il faut redonner aux Français un cœur patriotique. L’amour de la patrie, comme l’amour de ses parents, n’est pas une idéologie mais un sentiment moral propre à renforcer l’unité nationale, alors que les idéologies divisent.

5/ Il faut élargir la coalition internationale antiterroriste à d’autres pays, dont notamment la Russie qui a également une grande expérience sur le sujet.

Préalable aux réformes

Le préalable à ces réformes est de comprendre la nature de l’ennemi, un mouvement révolutionnaire, islamiste, certes, mais comparable aux mouvements révolutionnaires terroristes d’autrefois. Face à un tel mouvement, la répression physique est indispensable mais ne suffit pas ; il faut une mobilisation des cœurs (le patriotisme actif) et des intelligences (connaître les sources et les grandes lignes de la doctrine de l’ennemi dont on ne parle jamais : qui connaît Sayid Qutb ?).


Ivan Blot
24/09/2017

(*) A l’heure actuelle, la France dispose bien d’une Garde nationale. Voulue par le président François Hollande, ce dispositif, qui regroupe les réserves opérationnelles et dont la création a été annoncée le 12/10/2016, est amené à monter en puissance pour faire face au terrorisme.
(En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/10/12/la-garde-nationale-nouveau-label-des-reserves-operationnelles_5012062_3224.html – fYJ72deiePTVkGs5.99) (ndlr)

Correspondance Polémia – 24/09/2017

Image : 02 mai 1790, formation de la Garde Nationale de Puteaux

 

Ivan Blot

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