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Autant en emporte le vent – Censure autodestructrice

Autant en emporte le vent – Censure autodestructrice

Par Laurence Maugest, essayiste ♦ La censure d’Autant en emporte le vent a levé la tempête dans le paysage médiatique la semaine dernière. Mais, en définitive, les protagonistes de cette censure sont pris à leur propre piège. Ils sont, en quelque sorte, dupés car ils ne savent pas « lire un film », l’analyser et réfléchir dessus. Leur idéologie inhibe tant leurs capacités de réflexion qu’ils brûlent ce qu’ils devraient adorer.
Autant en emporte le vent est avant tout un film historique, témoin d’une époque. Il est donc bien difficile de le visiter avec en tête les idéologies que l’on nous rabâche actuellement. Je vais pourtant m’y risquer afin de tenter de le disculper.


Ce n’est pas ce chef-d’œuvre qui est raciste et sexiste mais sa censure

  • Autant en emporte le vent n’est pas raciste

Mama a des qualités remarquables ; plus intuitive que Mme O’Hara, la mère même de l’héroïne, elle n’est jamais dupe des manigances de la petite peste qu’est Scarlett. Elle a une autorité évidente sur les filles de la maison, elle mène la danse et la capricieuse Scarlett, en définitive, lui obéit.

À un des moments clés du film où Scarlett est agressée par des Yankees, c’est un Noir seul qui s’interpose et lui sauve la vie.

Le film sait aussi dénoncer les abus de certains Blancs sur les femmes de couleur. M. et Mme O’Hara le prouvent en se débarrassant, de façon expéditive, du régisseur de la plantation qui a abusé d’une jeune femme noire.

  • Autant en emporte le vent est un film féministe

Mme O’Hara est celle qui prend les décisions importantes dans le couple. On le constate tristement dans l’état de perdition dans lequel nous retrouvons son mari à sa disparition.

Mélanie Hamilton témoigne d’un courage et d’un aplomb remarquables lors de l’intrusion d’un déserteur yankee dans les murs de Tara. En dépit de sa nature calme, docile et d’épouse conciliante qui aurait pu attirer l’attention des chasseurs de sexisme, cet acte héroïque l’empêche définitivement de figurer dans la liste de leurs proies.

Belle Walting, la prostituée, devrait en imposer à nos libertaires sectaires. Elle vit comme elle l’entend. C’est une grande dame, bien identifiée ainsi par Rhett Butler car, si elle n’est guère pudibonde par métier, elle est profondément pudique et généreuse.

Terminons par Scarlett, elle-même, qui revendique sa liberté tout le long du récit. Elle manipule les hommes qui mangent (presque tous) dans sa main. Mais, où donc ont-ils la tête ces coupeurs de têtes actuels ? L’ont-ils perdue ? Cette femme est l’incarnation même de la femme libérée, la preuve en est qu’elle va jusqu’à se bâtir sa propre prison. En voilà une qui ne se laisse pas asservir par la maternité. Elle vit sa vie en fonction de la situation dramatique évidemment. Mais, elle arrive à ses fins matérielles en se conduisant « comme un homme », avec un courage et une ténacité remarquables ; elle devrait figurer sur l’écusson de Ni putes ni soumises.

La censure contre l’intelligence

C’est certainement une erreur, ils n’ont pas véritablement voulu censurer ce film. C’est une conclusion qui s’impose en se rappelant l’amour que Scarlett porte à sa terre, qui devrait faire sauter de joie les écolos jamais loin des antiracistes et des féministes. À moins qu’il ne s’agisse pas du même genre de terre. Il est vrai que la terre enracinée qui est source de survie ou de famine et qui use les mains est loin du terreau et des paillages sophistiqués des jardins suspendus.

De plus, il est possible que nos écolos perdent leur penchant pour leur vert horizon lorsque l’amour de la terre vient du père. Ce qui est le cas pour Scarlett, digne fille d’Irlandais. Toute idée de filiation et de transmission par le sang leur est tout simplement insupportable. Voilà un objet de censure digne d’eux.

En voulant faire disparaître des écrans et de nos mémoires tous ces beaux personnages de femmes et ces exemples de solidarité entre Noirs et Blancs, les inquisiteurs modernes témoignent, encore une fois, de leur vindicte assassine, irréfléchie ou, pire, stupide. Cela prouve, s’il faut encore en témoigner, que l’idéologie massive est la plus grande destructrice de la subtilité donc de l’intelligence.

Cette analyse ne doit pas nous faire perdre de vue que le plus grave dans tous ces bouillonnements médiatiques demeure le pouvoir des censeurs.

Ceux-ci cherchent délibérément à anéantir notre culture collective, pire, notre inconscient collectif, tout ce qui nous fait.

Néanmoins, nous pouvons espérer car, comme nous l’avons vu ici, la bêtise des censeurs est grande et il se peut que sortent grandis de ce triste épisode quelques qualités bienvenues : la grandeur de l’homme, quelle que soit sa couleur, et de la femme lorsqu’ils défendent leur terre et leur histoire.

Laurence Maugest
18/06/2020

Source : Correspondance Polémia

Laurence Maugest

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